Les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vous va vous raconter la véritable identité de Cap Noir,
le Justicié Masqué, une histoire écrite par Thomas.
Hé, toi, filles de l'utomphérique.
Je vous ai rien fait.
Mais alors, allez vas-y grouille.
Il faut savoir une chose sur Blues City, la nuit tombée.
C'est une ville dangereuse.
Ha, Pauquer va être fier de nous en voyant le pactol qu'on lui rapporte.
Euh, donne-nous ta montre aussi.
Non, non, s'il vous plaît, c'est à mon grand-père.
Eh ben, il avait bon goût, papy.
Heureusement, tapis dans la pénombre,
arpentant les toits, injusticiés et prêts à bandir.
Lâchez-le !
Et ce héros se nomme...
Cap Noir !
Cap Noir !
Oh, Cap Noir !
Sans chercher à se défendre,
il ne faut jamais se défendre contre Cap Noir.
Les deux malfrats prennent la fuite.
Tout de noir vêtue, le vangeur Masqué,
pousse un prof en soupir et dégaine ses suricapes.
Les étoiles ninja siffle dans la nuit,
avant d'épingler les t-shirts des deux voyous
contre le mur d'un bâtiment.
Non, non, Monsieur Cap Noir, laissez-nous,
on recommencera plus, c'est promis.
Quand les forces de l'ordre arrêtent les truants,
Cap Noir est déjà loin.
Le héros bondi de toit en toit,
déploie l'aile de cerf volant dissimulée dans son dos,
plane jusqu'un petit immeuble
et se pose délicatement à son sommet.
Il regarde autour de lui,
puis saute sur le balcon du dernier étage,
avant de s'engouffrer dans une fenêtre restée ouverte.
Arrivé dans une chambre tapissée de posters de groupes de rock,
il appuie sur un bouton caché sous un bureau couvert de caillet.
Le lit une place se soulève pour révéler une trappe.
Cap Noir haute ses chaussures à campon,
son pantalon renforcé, son gilet par balle et sa cagoule.
Apparaît alors le visage d'une fillette de douze ans.
Piu ! C'est encore une soirée bien remplie.
Épuisée, camille, car c'est comme ça qu'elle s'appelle,
sa soie sur son matelas.
Soudain, un bruit retentit dans le couloir.
Elle se met en position de combat.
La porte s'ouvre.
Ah, bobine, tu m'as fait peur.
Mais...
Bah, comment ça où j'étais ?
En train de protéger les gens, bien sûr.
Mais...
Ah, ça, je suis d'accord avec toi.
Depuis que ce fou furieux de Pocahret en ville,
j'ai plus une seule soirée de libre.
Mais non, t'inquiète pas, il est pas près de m'avoir.
Tant que mon identité reste secrète, je suis à l'abri.
Mouah !
Ouais, bah ça, je préfère pas y penser.
Imagine la catastrophe si tous les habitants de Blues City
apprenaient que le héros qui les protège n'est qu'une fillette.
Ce serait la panique.
Mouah !
Mouah !
Mouah !
Ah ouais, t'as raison.
Il est l'heure de dormir.
Mouah !
Tandis que camille s'endort paisiblement,
dans le bâtiment d'en face,
une silhouette longiligne l'observe.
Le lendemain,
camille est heureuse de retrouver son meilleur ami
à l'entrée du collège.
Eh, Lucas, ça roule ?
Ouais, ça va.
Bah t'en fais une tête ?
T'es sûre que ça va ?
Mais oui.
Je sais qu'on s'est pas trop vus ces dernières semaines.
Depuis que t'es inscrite à ce club d'échecs, t'es plus jamais là ?
Ah oui, oui, les échecs, c'est vrai.
Ah ouais, ça me prend vachement de temps.
Mais on dit ça,
on dirait qu'on allait manger une méga glace chantilly,
coulis de chocolat et supplément un mand après les cours.
Eh, c'est moi qui t'invite.
Quoi ?
Vraiment ?
Vend-elle.
Ah, cool !
Là, je dois y aller.
J'ai un doigt de mat' avec madame cœur de fer.
À toute.
Entre les cours, le repas au self et les heures de perme,
la journée passe à mille à l'heure.
Quand la sonnerie de 16h30 retentit,
Camille se précipite vers la sortie.
Alors que tous les élèves semblent avoir quitté l'établissement,
elle ne voit toujours pas son ami.
La porte du hall s'ouvre pour laisser passer un dernier collégien.
Mais ce n'est pas lui,
seulement un garçon de sa classe.
Eh, t'aurais pas croisé, Lucas, par hasard ?
Si, il m'a dit qu'il devait aller à son casier pour prendre des affaires.
Camille le sent quelque chose de louche se trame.
Quand elle arrive, le couloir est désert
et la porte du casier de Lucas est ouverte.
Méfiante, elle regarde à l'intérieur.
Parmi les manuels, une lettre s'y trouve.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Bonjour, cacami.
Ou devrais-je dire cacacap... noire ?
Comme tu peux le voir, ou plutôt le lire,
lol, je sais qui tu es.
J'ai emprunté ton petit copain pour l'emmener faire une balade.
Si tu veux le revoir un jour ou une nuit,
tu devrais nous rejoindre sur le port,
dans l'entrepôt numéro 13.
Je suis sûre que la fête que je te prépare va terriblement te plaire,
à tout à l'heure, et surtout,
n'oublie pas ton déguisement de petite héroïne signée poker.
Cette vermine ne paie rien pour attendre !
Camille arrive chez elle et soufflée.
Elle déverrouille sa cachette,
enfile l'un des costumes qui s'y trouve,
et s'équipe de ses meilleurs gadgets.
Elle fait une dernière carré à son chat,
et se hisse sur le toit de l'immeuble.
Au loin, les lumières du port vacillent dans la nuit.
Elle s'élance, saute dans le vide,
et, ouf, déplie son cerf volant.
Quand elle arrive au-dessus du hangar, indiqué par poker,
elle range son aile pour piquer brusquement vers le sol.
À quelques mètres du bitume,
elle la déploie de nouveau,
et atterrit sans un bruit devant l'entrepôt.
Elle sait que poker luttant un piège,
mais elle n'a pas le choix.
Elle entre.
À l'autre bout du bâtiment,
son ami est attaché à une chaise.
Pieds et points liés, un baillon sur la bouche,
il la regarde plein d'espoir.
Cap Noir s'avance.
Aussitôt, une dizaine de gaillards sortent de l'ombre.
Un sourire mauvais sur le visage,
ils encerquent le cap noir.
Derrière elle, la porte d'entrée se verrouille.
Elle est coincée.
Près de Lucas, un homme grand et maigre apparaît.
Poker !
Mais qui voilà, mais qui voici ?
C'est un petit oiseau qui fait cuicui.
Alors, captoire, heureux de me voir.
Relâchez ce garçon, et je ne vous ferai aucun mal.
Ce garçon, je crois que tu le connais très très très bien.
Et puis à ta place, je me préoccuperai plutôt du sort
que nous te réservons, car ce soir,
ça va être ta fête.
Attrapez-là !
Les costauds au regard vide se jettent sur la justiciaire.
Cap Noir dégaine ses gadgets.
Le premier est une bombe urticante,
qu'elle balance à la figure de l'un de ses sous-fifres.
Celui-ci se la mange en pleine poire.
Son visage gonfle comme un ballon,
et devient aussi rouge qu'une tomate.
Aveuglé, il tente de s'enfuir,
mais percute l'un de ses compères.
Les deux hommes s'effondrent.
Un autre vorien essaie de la prendre à revers.
Cap Noir se retourne,
et lui balance son spray paralyzant.
Abbas-Ordi, le type regarde ses bras
pendent de chaque côté de son corps immobile.
Autour d'elle, sept gaillards sont encore debout.
Sous sa cagoule, Camille sourit.
Elle a une idée.
Elle claque ses talons sur le sol.
Sous ses semelles, une rangée de roues apparaît.
Muni de ses roleurs à propulsion,
Cap Noir fond sur ses adversaires qui se recroquent villes.
Surpris de ne pas avoir été percutés,
il relève la tête.
Face à eux, Cap Noir les regarde.
Dans sa main, l'héroïne tient une corde.
Une corde qui passe par-dessus l'une des poutres du toit,
avant de redescendre pour s'enrouler autour des pieds des malfrats.
Cap Noir accélère d'un coup.
Ses roleurs crachent des flammes.
Le câble se tend.
La seconde d'après, les crappules se retrouvent suspendues au plafond,
comme une grosse grappe de fruits pourris.
Voilà une bonne chose de faite.
Cap Noir, au secours !
Pocair a disparu.
Camille se rue sur son ami et défait ses liens d'un coup de griffes rétractables.
Sans demander son reste, Lucas s'enfuie en courant.
Trop heureuse de le savoir s'en essouffre,
elle ne voit pas Pocair arriver derrière elle et l'assommer.
Quand elle reprend conscience, Pocair la regarde.
Un sourire terrifiant sur le visage.
Lucas a réussi à s'enfuir, mais maintenant c'est tel la captive.
Pourquoi vous faites ça ?
Parce que j'en ai marre.
Marre que tout le monde me déteste,
que personne ne s'achappécie mes traits d'esprit si brillant.
Alors aujourd'hui, je vais montrer aux habitants de Blues City que je suis une lumière.
Cette bande de raccrovées avait tort de se moquer de mon humour si raffiné.
Vous faites tout ça juste parce que les gens n'aiment pas vos blagues ?
Juste parce que les gens n'aiment pas vos blagues ?
Mais c'est à cause de ça que j'en suis là.
Avant, j'étais un coiffeur renommé, moi.
Mais quand tout le monde en a eu marre de mes jeux de mots merveilleux,
d'ailleurs, très bon nom pour un salon de coiffure,
merveilleux, et ils ont arrêté de venir me voir.
Et je me suis retrouvé à la rue.
Et vous allez faire quoi ?
Révéler ton identité à toute la ville, ma petite camille.
Lorsque ces imbéciles comprendront que c'est une gamine de 12 ans qui veille sur eux,
ça va être la panique générale.
Allez, petite souris.
Souris à la caméra.
Téléphone en main, poker lance le direct sur Snap-Tagram.
Aussitôt des milliers d'utilisateurs s'y connectent.
Sur excité, l'homme enlève la cagoule de camille tout doucement
jusqu'à ce qu'elle arrive au niveau de son nez.
Sur le chat, les gens écrivent,
« C'est pas vrai, c'est un enfant ! »
ou encore « Cap Noir est un gamin, ça c'est fou ! »
Poker s'apprête à ôter le masque pour de bon,
« Quand ! Blâme ! »
un bruit de ferrailles retentit dans l'entrepôt.
Les yeux écarchillés, poker la regarde sans rien dire.
Puis il s'écroule, la tête la première dans la poussière.
Derrière lui, Lucas apparaît, tremblant comme de la gelée,
une poêle à frire dans la main.
À ses pieds, Bobine ronronne paisiblement.
« Je… Je t'ai sauvé ? »
« Oui ! »
« Merci jeune homme. »
« Camille, arrête, je sais que c'est toi. »
« Hein ? Mais non, non, pas du tout ! »
« Quand je me suis ensuite ici, j'ai couru voir la police,
ensuite je suis allé chez toi pour tout te raconter. »
« Et c'est là que j'ai trouvé Bobine. »
Il semblait super inquiet.
« J'allais partir quand il a appuyé sur un bouton sous ton bureau. »
« C'est comme ça que j'ai découvert où tu cachais tes déguisements
et tous tes bidules de combat. »
« Ah ok… »
« Mais t'inquiète, je dirais rien personne. »
« Enfin, à condition que tu me paies des glaces chantignis
jusqu'à la femme ta vie. »
« Ah, tu penses vraiment qu'à manger. »
« Allez vite, on doit partir avant que la police me trouve ici. »
Quelques jours plus tard, Camille et Lucas sont les plus heureux du monde.
Pocair est derrière les barreaux
et la révélation à propos de l'âge de Cap Noir
n'a pas semé la terreur.
Au contraire, maintenant, ce sont des dizaines d'enfants
qui, le soir venu, déambulent dans les rues
pour aider les plus démunis et voler au secours des personnes en danger.
Il paraît que, lorsque Pocair a appris ça,
il s'est arraché les cheveux.
Marrant pour un ancien coiffeur, n'est-ce pas ?
Voilà, l'histoire est finie.
Dites-moi ce que vous en avez pensé,
en m'envoyant un message vocal avec vos parents,
par Instagram ou par mail, à l'adresse,
hello attelming.com
H-E-L-L-O, à Robaz,
T-A-L-E-M-I-N-G,
.com
Et si vous avez une idée d'histoire qui vous trotte dans la tête,
n'hésitez pas à me la partager.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.