Bonjour petit lutin, aujourd'hui tu vas écouter Zoé et le sapeur enchanté Episode 3.
Et parce que le temps de l'avant est une période de gourmandises en Alsace,
c'est l'occasion de découvrir les délicieuses spécialités dont les enfants stras bourgeois
rafole. Les peints d'épices au goût délicat de miel, les dos du bonhomme manne-le,
que l'on reçoit à la Saint-Nicolas, les criches toleux généreusement recouverts de sucre glace
ou encore les brèdes-le, ces ex-quipetits bisqueux au mille et une saveur à préparer en famille pendant
les froids de soirée de décembre. Ça sent bon la cannelle dans toute la maison.
A tes fourneaux, cas où il y attend des brèdes-le pour que Zoé et Arsène puissent
lui rendre visite et continuer la rinquette. Bonne écoute !
Les premiers floucs tombent sur la ville et elles se parent de mille lumières pour fêter Noël. Il y a de la magie
dans l'air, lève la tête vers le ciel. Entre deux étoiles, tu verras peut-être la traîne d'or
d'une fée, Illuminer la nuit.
Zoé et Arsène sortent du four, 32 petits brèdes-le en forme d'étoiles. Depuis 8h du matin, ces deux-là sont au fourneau et ont suivi la recette
de la grand-mère d'Arsène à la lettre. Grâce à ton aide, ils ont pu deviner l'incrédient mystère, la poudre de noisette.
Reste à savoir si ces brèdes-le seront suffisamment bons pour leur permettre de rencontrer le vieux Wili.
Arsène prend un petit biscuit entre ses doigts et croque dedans.
« Mh, mami Paulette est du retour, parmi nous ? » s'exclame-t-il la bouche pleine.
« C'est un régal ! » Zoé engoutte à son tour. C'est à la fois croquant et fondant et la cannelle vient chattouiller les papilles.
« Allons-t'en tout de chez, oui ! » Les enfants vident une des boîtes à bouton du père d'Arsène et rangent soignement le biscuit à l'intérieur.
Dehors, les rues sont encore tout endormies et les décorations ont l'air de flotter dans la brume au-dessus de leur tête.
Leurs respirations forment un petit nuage de buvets alors qu'ils se pressent en direction de chez Wili.
Zoé sent la chaleur de la boîte de brés de l'os sous ses doigts.
En tournant à l'angle d'une petite rue à côté de la place Clébert, les enfants arrivent à la boutique de Wili.
C'est une petite devanture en bois nichée dans une vieille maison à Colombie.
La chemine est fume et une odeur incroyable en bombe toute la rue.
« Si Noël avait un parfum, ce serait seul, c'est… »
Pense Zoé.
Les enfants jettent un coup d'œil par la fenêtre mais les vitres sont couvertes de buvets.
Ils toquent à une petite porte cachée sous un porche.
Un paque l'eau d'icot et le bruit d'une canne leur arrivent à l'oreille.
La porte s'entrevrent.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Fait une voix bourrue.
Wili, on voudrait discuter avec vous.
« Je n'ai pas discuté avec personne.
Si c'est pour un jeté de pain d'épices, cela porte d'un côté. »
Non, on ne veut pas acheter de pain d'épices.
On vient vous voir pour en savoir plus sur les faits.
« Je ne sais rien du tout. Allez-vous ! »
Zoé et Arsène se regardent.
Le vieux Wili n'est vraiment pas commode.
« Mais… mais vous avez amené des brés de l'œil ? »
« Qu'on vous accuisine et nous-mêmes ! »
De l'autre côté de la porte, il y a un petit silence.
« Et ils sont commoses ces brés des nœuds ? »
« Ils sont tout chauds. Ils sortent du four.
Et ils sentent bon la cannelle et la fleur d'oranger. »
La porte souffre un peu plus et un petit homme à la grande barbe grise
et aux oreilles pointues leur fait signe d'entrée.
Zoé et Arsène se glissent dans la cuisine.
Un immense four en pierre occupe le centre de la pièce.
Tout autour, posé en équilibre sur des étagères,
il y a des milliers de peaux remplies de plantes et d'épices.
Une odeur de miel et d'anis flotte dans toute la cuisine
et du caramel fond doucement dans de petites casserole en cuivre.
Arsène a les yeux qui pétillent et les babines qui frétillent.
Zoé ouvre la petite boîte ou s'en range les brés de l'œil
et Wili en prend.
Ils le regardent d'abord sous toutes les coutures.
Le renifle en fermant les yeux, le soupeze,
le caresse du bout de la main et le porte à son oreille.
« Mais qu'est-ce que… ?
« Chut ! Je n'entends pas ce qu'il me dit ! »
Répond sèchement Wili.
Zoé et Arsène se regardent bouche-b.
D'abord des faits dans le sapin et ensuite des brés de l'œil qui parlent,
mais où sont-ils tombés ?
Enfin Wili le porte à sa bouche et en croque un tout petit morceau.
Ils sourient.
« Hum… Est-ce que ce ne serait pas les brés de l'œil de cette chère poulette ?
Hum… Je les reconnaitrais entre mille, hein ?
Et ils ont ce petit jeune, c'est quoi qui… qui change tout ? »
« Oui, c'est son ingrédient secret. C'est de la poudre de… »
« Chut ! Malheureux, hein ! Je ne veux pas savoir !
Les ingrédients secrets sont faits pour rester secrets !
Chaque famille de cette ville a sa recette de brés de l'œil depuis la nuit des temps, hein ?
Et toutes ont un ingrédient secret, car elle tient précieusement dans un coin de ta tête, hein ?
C'est toi qui perpétuera la traduction, maintenant ! »
Arsène se sent tout à coup très fier et important.
« Bon… Bon… Maintenant qu'on a fait connaissance et que vous me paraissez dignes de confiance, si vous… »
Leur dit Willy en désignant deux fauteuils en bois clair.
Ils coupent deux belles tranches de peint d'épices fumants et les posent dans une assiette.
Arsène et Zoe n'ont jamais rien goûté d'eau si bon. Ils en oublieraient presque pourquoi elles sont venues.
Zoe reprend ses esprits et sort de sa poche la petite lettre écrite par les faits et les farfades.
« Hier soir, nous avons trouvé cet enveloppe au pied du sapin.
On voudrait tout savoir sur les faits et les farfades pour pouvoir les aider. »
Willy parcourt la lettre des yeux et relève la tête. Il a l'air grave et inquiet.
« Les faits et les farfades n'ont jamais demandé de l'aide à personne, jamais.
Même lorsqu'une terrible tempête aurait du tout leur cadeau en poussière il y a 204 ans.
Ou quand ils se sont disputés avec les lutins il y a 374 ans.
Ces petits êtres magiques se sont toujours débrouillés pour venir
illuminer le sapin et y déposer leurs cadeaux.
Tous les soirs avant Noël, depuis toujours, toujours,
rendre les enfants heureux, c'est ce qui les fait vivre.
« Alors, est-ce qu'il existe vraiment ? »
« Je suis sûr que vous n'avez jamais entendu parler de Chris Kindle et Dan Strap.
« Non, c'est qui ces deux-là ? »
« Eh bien, ce sont un frère et une sœur qui habitent dans la forêt de Roberto.
Ils sont très différents. Chris Kindle est très importante pour Noël.
Peut-être, bévou déjà remarquait des petites bougies en forme de la bouche.
« Il y a un grand détoile sur le bord de vos fenêtres.
« Ah oui ? Il y en a chaque année pendant la grande nuit des lumières.
« Eh bien, c'est Chris Kindle qui les pose et qui les allume.
Elle-même portue sur la tête une couronne de bougies.
Mais ce ne sont pas n'importe quelle bougie.
Elles ont le pouvoir de réchauffer tous les cœurs et de faire disparaître les ombres de la nuit.
Celles qui se glissent sous le lit et frais les enfants.
« Ouah ! Et on veut voir ? »
« Oui. Parfois, on peut apercevoir sa couronne brillée dans la nuit.
Elle porte un long manteau de neige.
« Et Hans Strap ? »
« Ah, lui aussi est important pour Noël. Enfin, il l'était.
« Il veillait à sa manière sur la fête.
« Mais aujourd'hui, il déteste Noël et il se terre tout habillé de charbon au fond de la forêt.
« L'odeur du pain d'épices lui donne des boutons.
« Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
« Je ne vais pas toujours raconter non plus.
« Il faut bien que vous découvriez certaines choses entre par vous-même.
« Zoe aimerait en savoir un peu plus sur Christiane Del et Hans Strap.
« Mais elle n'oublie pas que leur objectif est de savoir comment venir en aide au fuit.
« Mais les fées et les fers fadèrent, comment on peut les aider ?
« Ce sont de petites créatures très faroches.
« Elles ont le pouvoir de se rendre invisibles.
« Il est presque impossible de les approcher.
« Ils doivent passer quelque chose de très, très grave pour qu'elles aient déposé cette lettre.
« Mais peut-être que si ce sont des enfants qui viennent à leur rencontre,
« Elles ne seront pas trop méfiantes.
« Je peux déjà vous dire où les chercher.
« Elles habitent dans le parc de l'orangerie, à quelques rues à l'est d'ici.
« Elles veillent sur les cigoïnes.
« Mais je ne peux pas exactement vous dire où, je ne suis jamais allé.
« Mais j'ai quelque part une carte.
« Willi suit des yeux la ligne de ses étagères sur le mur.
« Son regard s'arrête sur un vieux livre usé à la tranche jaunie.
« Il se lève et le prend entre ses doigts.
« D'une main calme et précise, il le feuillette et l'en sort un vieux parchemin.
« Zoe reconnaîtrai ce papier entre mille.
« Il est si fin qu'il en est presque transparent.
« Et il laisse dans la pomme de la main une poudre dorée.
« Willi le déplie précautionneusement.
« C'est une carte de grande forme de couleur sans tremelle parsemée de petites traînées dorées.
« Zoe et Arsène se penchent dessus.
« Je n'y comprends rien.
« Je ne reconnais pas le parc de l'orangerie.
« Il n'y a ni le lac ni la maison Burizel.
« C'est une carte codée.
« La seule chose que j'ai comprise, c'est que les faits se trouvent à cet endroit.
« Et il y a leur signe de reconnaissance, la petite étoile d'or.
« Quelque chose est inscrite en minus que juste dessous.
« Une petite phrase.
« Le vieux Willi se gratte la barbe et sort une petite loupe d'un tiroir.
« Zoe fait glisser la loupe au-dessus de la feuille.
« Elle est bien décidée à trouver où vivent les faits.
« Grâce à l'aide du vieux Willi, Zoe et Arsène savent que les faits et les farfadés
« habitent le parc de l'orangerie.
« Mais la carte que leur a donné Willi est codée
« et une phrase mystérieuse est inscrite dessus.
« Je vais tout la lire.
« Peut-être réussir à tuer à deviner ce qu'elle signifie.
« Elle abrite des arbres venus d'ailleurs,
« des fleurs extraordinaires au millier de centheurs.
« Sous ses parois de glace, voisonne la vie.
« Au sommet de son toit, les cigones font leur nuit.
« Nous vivons ici, bien au chaud, à l'abri.
« Si tu as trouvé où habitent les faits dans le parc,
« écrivez vite ta réponse en commentaire.
« Ou envoie-nous un message, on compte sur toi.
« Ah oui, j'allais oublier.
« Si tu passes par la ville de Strasbourg,
« rends-toi à la boutique de l'office du tourisme.
« Aux personnes qui t'accueilleraient, tu peux dire cette phrase.
« Je viens de la part des faits et des farfadés.
« Et tu verras peut-être la magie opérée ?
«
Vous venez d'écouter une histoire d'envoler comptée,
une création originale écrite par Lucille Petit.
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à AroBase en volet comptée.
À très vite !