La photo mystère

Durée: 14m33s

Date de sortie: 05/01/2023

Louise adore collectionner les photos ratées des photomatons. Un jour, elle tombe sur une photo parfaitement réussie, commence alors une enquête pour comprendre pourquoi elle a été mise au rebut.


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Laurent Bazart.

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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires, les petites histoires, les petites histoires de Tellming !
Coucou les enfants ! Aujourd'hui, Karine Arnaud vous racontait la photo mystère.
Assises sur son lit, Louise contemple un album garni de photos prises dans des photomattons.
En bande, encarrés ou grand format, elles ont tout un poids commun.
Elles sont ratées.
Sauf aux yeux de Louise qui leur trouvent quelque chose de drôle, de beau ou de touchant.
L'alarme de sa montre l'attire de sa contemplation.
« Oh ! C'est l'heure ! » Louise bondit de son lit et replace son classeur sur une
étagère bourrée de livres dédiées à la photo.
Elle attrape son sac à dos et file à travers un couloir tapissé d'assez de portes-trèses
et de paysages pour vous offrir un tour du monde.
Elle laisse un mot pour ses parents sur le tableau de l'entrée.
« Partis chassé, je serai de retour pour le dinner.
» Elle attrape son skateboard, ferme la porte, prend un peu des lents et dévalle la
ronde d'escalier du nabil glissade qui la propulse dans la rue.
Le temps est parfait pour sa mission du jour, ensoleillé avec juste ce qu'il faut de nuages
et de vents pour ne pas souffrir d'une chaleur étouffante.
Premier arrêt, un photomaton à trois rues de chez elle, nichée dans la devanture en
bois d'un ancien salon de coiffure.
Celui-ci est vintage, c'est-à-dire qu'il offre des photos avec un grain spécial qui
donne l'impression que chaque photo vient tout droit du passé.
En arrière de temps, il est devenu une véritable attraction qui attire les touristes et les
curieux si bien que Louise y trouve à coup sur un trésor.
Avec une pointe d'excitation digne d'une exploration, elle se plante devant la poubelle
encastrée dans le photomaton, sort une clé et l'ouvre.
Il y avait déjà une cinquantaine de prises jetées.
Alors qu'elle en ville dégant avec sérieux, un grand blon à franges aussi épais qu'une
feuille de papier s'extirpe de la file d'attente et s'approche de Louise, un sourcil levé.
« Euh, que faites-vous, mademoiselle ? »
« Je cherche des photos. »
« Vous les avez jetées par une advertence ? »
« Nope, je chasse les photos ratées. »
« Comme c'est curieux ou plutôt exotique ? »
« Pouf, pas plus que de collectionner des insectes, des jouets ou des cartons. »
« Au moins ces collections valent quelque chose. »
« Un moment raté peut se révéler parfait. »
« Plait-il ? »
« Une photo peut être ratée pour vous, mais pas pour moi. Elle peut renfermer un trésor.
Ah ben, tenez, regardez celle-ci. »
« On ne sait pas qui est le plus effrayé, le maître ou son chien. »
Ce photomaton a le don de surprendre tous ceux qui laissaient pour la première fois.
A peine a-t-on à insérer une pièce que la première photo se déclenche.
Résultat tout le monde s'y reprend pour le plus grand bonheur du propriétaire et le mien.
« Grâce à vous, je ne me ferai pas avoir. Merci pour l'astuce. »
Encouragé par cette première découverte, Louise est file au deuxième photomaton de sa tournée.
Celui-ci se trouve dans une gare de bus et de tramway, juste à côté des guichets.
Dans cette ruche de gens pressés, rares sont ceux qui ont le temps de s'y arrêter.
D'autant plus que l'intérieur est couvert de graffiti.
Comme elle s'y attendait, rien n'a signalé, ni dans le bac, ni par terre.
Peut-être dans la poubelle remplie juste à côté.
Louise enfile ses gants comme une experte avant de se lancer dans un tripatouillage en règle des déchets.
Après quelques secondes d'efforts odorants, elle aperçoit trois photos grand format.
La première est désespérément noire.
La deuxième donne l'impression qu'une bombe de lumière a été photographiée.
Tout le contraire de la troisième, c'est un portrait parfaitement réussi.
Celui d'un homme, avec son chapeau vissé sur la tête, sa cravate parfaitement ajustée et son costume noir,
il a l'air d'un gangster tout droit sorti d'un vieux film.
Mais ce n'est pas cela qui saisit Louise.
C'est cette petite flamme qui crépite dans ses yeux, soulignée d'un léger sourire.
Elle a l'impression qu'il ne la lâche pas du regard.
Cette photo n'a rien de raté.
Mais pourquoi il l'a jeté ?
Elle hésite un moment avant de la laisser.
Elle n'a pas sa place dans sa collection.
Le troisième photomaton est à moins de 20 minutes de là, coincé entre un cinéma et un serrurier minute.
Rien.
La poubelle voisine est vide, enfin presque.
Il y a juste un rectangle de papier.
Louise plonge dedans sanguant et l'extirpe.
Ah ça alors ?
Elle retrouve le même bonhomme, dans la même position sur les quatre photos prises à la volée.
C'est impossible.
Comment fait-il ?
Alors que son cibouleau turbine à plein régime, une idée l'interrompt.
Elle se rue vers le comptoir du serrurier.
Excusez-moi, les poubelles ont été changées il y a longtemps ?
Une demi-heure, quelque chose comme ça.
Alors il l'aisé là peu de temps avant moi.
Aussi, ça se trouve, son prochain arrêt sera peut-être le même que moi.
Sans perdre une minute, Louise file à travers les rues si vite qu'elle frolle une foule de gens
qui grommèlent ou lui hurlent de faire attention.
La pauvre s'excusent à tue-tête, prétextant une urgence.
Ce photomaton là se trouve à l'entrée d'un passage abritant une enfilade de magasins et de restaurants.
À l'intérieur, quelqu'un se fait prendre un photo.
Aveuglée par l'excitation, Louise tire le rideau sans aucune hésitation.
Non mais ça va pas.
Oh bah désolé madame, je pensais pas trouver quelqu'un.
Le rideau est détiré pourtant, vous avez ruiné mes photos.
Je vais vous payer une entreprise.
Vous les jeunes, vous vous croyez vraiment tout permis.
Louise lui tend un billet qu'elle lui arrache de la main et tire sèchement le rideau.
Pendant que la pauvre femme essaye de reprendre son calme pour reprendre sa session,
quatre photos sortent du photomaton.
Elles forment une BD parfaitement comique de ce qui vient de se passer.
Pour Louise, c'est une nouvelle pièce de choix à ajouter à sa collection.
Peut-être, en découvrira-t-elle une autre dans la corbeille posée à un pas de l'à.
Et maintenant vous fouillez les poubelles, oh quelle jeunesse.
Je cherche la photo d'un homme, celui de cette série, regardez.
Oh mais c'est ce gentil réparateur, il était là il y a pas cinq minutes.
Non, content d'avoir réparé la machine,
il m'a donné quelques conseils pour qu'une simple photo de photomaton met en valeur toute ma beauté.
Impossible, c'est Isham qui répare tous les photomatons de la ville.
Peut-être elles sont remplaçant, oh qu'est-ce que j'en sais, oh mes photos sont sorties.
J'ai bien fait de suivre ces conseils, quand dites-vous.
Que les photomatons ne font pas de miracle et qu'elles ressemblent à une vieille gargouille.
Mais Louise se contente d'un simple, vous êtes très belle,
qui expédit son interlocuterie sur un petit nuage.
Louise n'a pas une minute à perdre.
Si l'homme mystère était là il y a cinq minutes, elle devrait pouvoir le rattraper.
Pour éviter un slalom de l'enfer, Louise emprunte la voie de bus déserte.
15 minutes plus tard, elle arrive essoufflée en sueur au pied d'un centre commercial.
Et là, elle la perçoit.
Devant le photomaton, une sacoche de réparateurs en bandoulière s'y flottant,
attendant patiemment le développement de sa photo.
Excusez-moi.
Que puis-je pour toi, jeune fille ?
Vous remplacez, ychame ?
Je te m'en pardon.
Ne faites pas le malin. Qu'est-ce que vous trafiquez avec les photomatons ?
Mais rien du tout. Je me prends juste en photo.
En laissant vos photos derrière vous, c'est quand même curieux.
Puis-je savoir de quel droit tu as récupéré les photos que j'avais jetées ?
Je collectionne les photos ratées.
Ah, ça traite de bizarre les autres, mais ça oublie de se regarder en face.
Maintenant, je te prierai de me laisser tranquille.
Satisfait de lui avoir cloué le bec, l'homme mystère s'en va.
Pauvre fille être reste plantée là, honteuse de s'être fait un film.
Le portrait sort, parfait une fois encore, et d'un coup, Louis a un déclic.
S'il se prend en photo juste pour le plaisir, que fait-il avec une sacoche de réparateurs ?
Elle court à travers la grande allée du centre commercial en vingt.
L'homme s'est volatilisé.
Je parie qu'il va aller à la gare.
C'est là que se trouve le photomaton le plus proche.
Si elle se dépêche, elle pourra même arriver avant lui.
Elle se rue dehors et fonce sur son skateboard.
Elle enchaîne, cela l'homme, saut de banc, de marche et même de chien,
pour finir par une magnifique glissade sur la rampe d'un escalier.
Malheureusement, lors de l'atterrissage, la planche se brise et la pauvre Louise
est déjectée droit dans un buisson.
Électrisée par son objectif, elle se relève d'un bon
et se précipite dans la gare sous le regard des passants à Uri.
Personne ne photomattant.
Est-elle arrivé trop tard ?
Non, l'homme mystère apparaît, mais il la voit et s'en fuit.
Même si la chute se rappelle douloureusement à elle,
Louise serre les dents et se lance à sa poursuite.
Il file droit dans une ruelle, puis bifure qu'à droite, puis à gauche,
puis encore à gauche et à droite.
Les poumons en feu, Louise doit s'arrêter en instant.
Aucune chance qu'elle leur attrape.
Abattue, elle marche jusqu'à la dernière rue où l'homme mystère s'est engouffré.
C'est une impasse au bout de laquelle se trouve un vieux photomaton
délabré qu'elle n'avait jamais repéré.
Et il y a quelqu'un à l'intérieur.
Louise s'approche sur la pointe des pieds.
Un demi-tour à droite, un quart de tour à gauche,
un tour complet dans le bon sens, deux tours dans l'autre.
Un nuage de fumée s'échappe de la cabine.
Louise se précipite et l'a disparu.
Louise s'installe sur le siège et s'empresse de répéter la même formule
en joignant le geste à la parole.
Un demi-tour à droite, un quart de tour à gauche,
un tour complet dans le bon sens, deux tours dans l'autre.
Le tabouret se dérobe et la voilà qui glisse hurlant
à plein poumon dans un toboggan souterrain.
Sa course folle se finit droit dans un gros mateladouillet.
Au bout duquel se dress l'homme mystère.
Tu es un vrai pot-col ma parole.
Si on n'avait pas répété à voix haute votre formule,
je serais pas là.
Villain Manille, je commande à voix haute la moindre de mes actions.
Bon, que vege bien pouvoir faire de toi ?
Mais c'est un Kodak Brownie ?
Et là, un Rollé Flex ?
On dirait que j'ai affaire à une experte.
Ah, on dirait qu'on est dans un musée.
Et pour cause, la vaste pièce dans laquelle il se trouve
est remplie de vitrines exposant des modèles d'appareils photo venus du fond des âges.
Il y a même un établi autour duquel est accroché
une incroyable collection d'outils pour les réparer.
Tu es la première à contempler ma collection.
En même temps, aussi bien cachée, ça m'étonne pas.
On n'est jamais trop prudent.
Réunir tous ces bijoux m'a pris une vie.
Vous êtes photographe ?
Depuis tout petit.
J'ai travaillé longtemps pour les plus grands studios photos.
J'ai toujours cherché à faire des portraits parfaits.
Mais j'avais du mal à obtenir ce que je voulais de mes modèles.
On a commencé à me traiter de photographes le plus capricieux de sa génération.
Ce genre d'étiquette colle à la peau et très vite.
Je n'ai plus jamais trouvé de travail.
Je suis désolé.
À toute chose, malheureusement, petite.
Cet échec a été l'occasion pour moi
de mettre au point un plan parfaitement magnifique
pour montrer au monde mon génie photographique.
C'est pour ça que vous réparer les photos matons ?
Tout à fait.
Je leur ai ajouté un capteur
capable de détecter et de prendre la photo parfaite
sans que personne ne se rende compte de rien.
Wow ! Et qu'est-ce que vous en faites ?
Suis-moi.
La vaste salle musée débouche sur une plus petite
dont l'un des murs est couvert d'écran.
Ce sont tous les photos matons de la ville ?
Pratiquement. Je dois finir d'installer mon système.
Dès qu'une photo parfaite est prise,
cette grosse machine là-bas l'imprime
sur un papier de très haute qualité.
Ensuite, je la glisse dans mon album.
Et le jour où j'en aurais assez,
je ferai une grande exposition
où le monde entier devra reconnaître mon talent.
Toutes ces personnes ont la même position
et la même expression que vous sur les photos ?
Incroyable non.
J'ai développé un algorithme
capable d'analyser le mouvement
ou prendre le portrait parfait.
Mais vous êtes déjà un génie ?
Avec cette technologie, vous pourriez faire fortune ?
Ce n'est pas du tout ce que je cherche.
Je veux que l'on me reconnaisse
comme le Da Vinci de la photographie.
Si vous attendez que votre album soit rempli,
ça risque de vous prendre du temps.
C'est vrai qu'obtenir ces photos
est le fruit du hasard.
Alors on est deux à en profiter.
De quoi donc ?
Du hasard.
Vous pour trouver la photo parfaite,
moi pour dénicher des pépis traités.
Peut-être que l'on pourrait faire une exposition ensemble.
Moi qui pensais que tu allais me dénoncer ?
Non, mais il faut tout expliquer au fabricant de photomaton.
Je suis sûr que ça leur plaira.
Imaginez la publicité que ça leur ferait.
J'aime ton audace.
Reste à trouver un nom pour notre événement.
Et si on l'appelait ?
Le hasard fait bien les choses.
H-E-L-L-O
à Robase
T-A-L-E-M-I-N-G
Et si vous avez une idée d'histoire qui vous trotte dans la tête,
n'hésitez pas à me la partager.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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