Depuis la nuit des temps, dans le plus grand des secrets, les tisseurs de liens veillent sur les liens qui nous unissent les uns aux autres.
A la fois les observateurs discrets de nos vies et les ouvriers qui construisent des histoires pleines de rencontres inattendues et de découvertes incroyables.
Mais quand les liens deviennent fragiles, ils font appel à l'équipe spéciale.
Dans cette équipe, que des enfants, plein d'imaginations qui sont prêts à créer de nouveaux liens, en réparer certains ou en renforcer d'autres.
Prêts ? Alors, bienvenue chez les tisseurs de liens.
Bonjour à toutes et tous, c'est Papou Nout.
Et je suis très content de revenir vous raconter une histoire d'une tisseuse de liens.
Elle s'appelle Lou et elle, elle nous écoute du Québec.
Et je suis très heureux que tu écoutes les histoires de Papéchouk et des tisseurs de liens et que tu es voulu devenir une tisseuse à ton tour.
Lou, elle nous propose une histoire qui se passe dans le présent aujourd'hui.
Et moi, ce que je vous propose, c'est que pour vivre cette histoire, on parte à l'autre bout du monde, en Indonésie.
Il était une fois sur une toute petite île de l'Indonésie qui s'appelle Bandanera,
en pleine mer de bandas dans le triangle de Koray,
une petite famille avec une maman qui s'appelle Oka,
une enfant, une petite fille qui s'appelle Titiek,
et leur petit chien qui s'appelle Djoko,
un petit shiwawa qui n'est parfois pas très conciliant avec les autres animaux.
Toutes les deux, avec leur chien, elles vivent sur l'île.
Elles sont issues d'une famille de pêcheurs, ce qui est bien normal quand on vit au bord de la mer sur une île.
Et ça, c'était avant puisque maintenant, Oka, elle, elle travaille sur l'île dans un petit restaurant qui est fréquenté par les habitants de l'île.
Seulement, tous les vendredis, elle continue à aller pêcher toutes les deux, enfin tous les trois, puisque Djoko n'a pas le mal de mer.
Comme chaque vendredi, elles lancent leur ligne tranquillement, attendent que ça mord.
On se disons que le poisson pêché le jour fera un excellent petit plat pour le soir.
Seulement un jour, la canapèche de Titiek se fait tirer d'un coup sec,
très très fort, sauf que la canapèche est fixée en quelque sorte au bateau
et la barque qu'elles ont commence un petit peu à pencher sacrément.
Au bout de quelques instants, c'est Oka qui se penche un peu trop et plouf.
Titiek la suit, flatch, Djoko tombe à l'eau et la barque se retourne.
Quelque chose a fait chavirer la barque en tirant sur la ligne de canapèche,
et c'est alors que Titiek aperçoit au loin un éleronde d'eau fin.
Elle les reconnaît, il passe souvent par ici, ils adorent se balader au milieu des coraux,
puisqu'il y a beaucoup de petits poissons à manger pour eux.
Djoko, pas content du tout, mais alors vraiment pas du tout,
essaye de nager comme un petit chien et remonte sur la barque avec le dos à l'air,
suivi bien sûr de Titiek et sa maman Oka.
Tous les trois, ils sont complètement chamboulés, renversés par ce dos fin,
qui leur a fait un mauvais tour.
Ensemble, elles nagent en battant des pieds et en repoussant leur barque vers le rivage,
et rejoignent bientôt les rives de Bandanera, leur île.
Cette nuit-là, Titiek ne dort vraiment pas très bien.
Elles qui pensaient que les dos fins étaient justement des êtres qui aimaient bien
fréquenter un petit peu les humains, en tout cas même de loin,
et jouer devant les coques des bateaux.
Les jours passent et le vendredi suivant, il n'est pas question d'aller à la pêche.
Titiek est encore toute chamboulée, Djoko a maintenant peur de l'eau,
et Oka, la maman, a décidé de faire autre chose le vendredi.
Une balade sur l'île, une randonnée, en plein milieu de la forêt.
Seulement, comme je vous l'ai dit au début de l'histoire,
cette petite famille est issue d'une famille de pêcheurs,
et il est difficile, lorsque l'on est pêcheurs, de résister à l'appel de la mer.
Titiek est très triste.
Un jour, elle est sur un quai, les pieds dans l'eau,
en train de regarder au loin en se disant qu'elle serait bien apêchée,
qu'elle serait bien avec sa canapèche, Djoko à côté d'elle,
et Oka, sa maman, en train de s'omnoler dans la barque.
Et un navire arrive.
À son bord, deux photographes, deux dames,
avec des chapeaux d'aventurière, des grosses chaussures,
prêtes à affronter le monde, on dirait, s'arrêtent juste à côté d'elle.
Elle connaît sa langue et s'adresse à elle de cette façon-là.
« Eh bien, petite, que fais-tu au bord de l'eau avec cette air si triste ?
Tu vis sur une île magnifique, et l'océan qui l'entoure est lui aussi très beau.
» La petite fille leur répond que, il y a quelques semaines,
un dauphin-chamailleur est venu retourner leur barque,
et que maintenant, elle n'ose plus aller pêcher dans l'eau,
ni même dépasser de quelques mètres les plages qui bordent l'île.
L'une des deux photographes se penche et s'agenouille à côté d'elle.
« Tu sais, toutes les deux nous sommes des photographes... animalières.
En gros, notre métier, c'est de prendre en photo les animaux dans leur milieu sauvage.
Et tu sais, le dauphin que tu as vu, est-ce qu'il était grand ?
« Oh oui, ça c'est sûr, dit Ditiak. Et même que Djoko l'a vu au loin lui aussi,
il avait un grand-telle rond de dauphin, comme si il se moquait de nous,
il avait juste passé sa tête hors de l'eau.
Tu sais, les grands dauphins, eux, ils aiment bien jouer.
Et peut-être que, quand ils ont vu ta canapèche,
il s'est demandé si ne pouvait pas jouer avec toi,
est-ce que tu voudrais venir avec nous, juste pour voir s'ils sont toujours dans les parages,
et peut-être t'en approcher d'un peu plus près ?
Ditiak nous ne se peut pas trop dire oui, parce que là, ce sont deux femmes
qu'elle ne connaît pas du tout, et sa maman sera certainement pas très contente
si elle part avec elle.
Alors, elle décide d'aller demander à sa maman tout simplement.
Djoko la retrouve devant le pas de la porte.
Lui, il n'ose même plus sortir de la maison.
« Maman, maman, il y a deux dames qui prennent en photo les animaux
et qui me proposent d'aller voir le dauphin.
Tu sais, celui qui nous a fait chavirer la barque.
Est-ce que tu serais d'accord ? »
Aucun n'est pas très rassuré, et va à la rencontre des deux dames.
Ensemble, elle discute assez longtemps, et puis, au bout de quelques dizaines de minutes,
la voilà plus rassurée. Elle accepte.
Titiek saute de joie, puis enfin retourner sur la mer,
et cette fois-ci, avec un gros bateau, que les dauphins ne pourront pas retourner.
Djoko est même décidé à l'accompagner, tout en restant quand même très près d'elle.
Les deux photographes amènent Titiek, justement, dans la même zone,
entre les deux parties de l'île, puisque Banda Naira,
ce n'est pas une seule île, mais bien trois parties distinctes.
Titiek leur dit que c'est ici qu'elles se sont fait retourner leur barque,
et que c'est ici qu'elles viennent pêcher à chaque fois,
et qu'elles ne comprend pas pourquoi les dauphins sont venus les embêter cette fois-là.
Elle repense au moment où elle est tombée à l'eau,
en pensant qu'elle n'arriverait même pas à retourner jusqu'au rivage.
Seulement l'instant d'après, un gros dauphin apparaît.
Et saute de l'eau en les éclaboussant co-pueusement.
Une douche d'eau de mer leur tombe sur la tête.
Joko, à bois, tout en étant trempé, et Titiek rigole,
parce que c'est quand même assez rigolo de jouer avec l'eau.
L'autre photographe à qui il n'avait pas encore vraiment parlé s'approche d'elle,
et lui dit, tu vois, nous, notre bateau, il n'y a pas de canapèche qui dépasse.
Par contre, j'ai l'impression qu'il nous a vu en train d'essayer de le chercher,
et il est venu nous arroser exprès du sel et d'eau fin.
Ils aiment bien vivre dans leur milieu naturel, mais dès qu'ils peuvent jouer un petit peu,
ils aiment bien nous approcher.
Cet après-midi là, Titiek discute beaucoup beaucoup avec les deux photographe
sur les animaux qu'elles ont pu prendre en photo à travers le monde.
Elles ont arpenté tous les océans et toutes les mères du monde
pour prendre en photo des oiseaux marins, des animaux, des baleines.
Il y avait même, leur ont-elle dit, des oiseaux qui savaient affronter les tempêtes avec des ailes,
si grandes, si grandes, qu'ils pouvaient parcourir des centaines de milliers de kilomètres en une seule année.
Avec les deux dames, elle a même appris à prendre en photo des animaux.
Au bon moment, bien sûr, puisqu'un dauphin qui saute, c'est difficile à saisir,
ça dure que quelques instants.
Joko, quant à lui, est resté prudent, timide, entre guillemets,
très calme, vis-à-vis des cetacés qui s'amusaient à arroser le bateau de temps à autre.
Parce que oui, le gros dauphin qui avait retourné la barque de Titiek Eoka
n'était pas tout seul.
Et toute cette petite famille est venue autour du bateau des deux photographes
pour justement répondre à l'appel de l'appareil photo de Titiek.
Ce soir-là, lorsqu'elle rentre et qu'elle se couche, elle n'a plus peur de l'eau, plus peur d'aller pêcher.
Titiek, elle, a très envie de devenir photographe animalière un jour
et lorsqu'elle demande à sa maman si elles pourront retourner pêcher et le vendre dix suivants,
bien sûr, Eoka accepte, mais elle ajoute.
Tu sais Titiek, la prochaine fois, il faudrait mieux que tu prennes ton maillot de bain.
Merci beaucoup encore Lou pour ton histoire et ces petits dauphins farceurs.
J'espère que l'histoire vous aura plu et n'hésitez pas à partager autour de vous.
À bientôt !