Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui tu vas découvrir la nouvelle histoire d'envoler
comté, à Nathol et la Rossignolette. C'est une histoire unique en un seul épisode qui se passe
au pied d'un grand être. Bonne écoute !
C'est un petit chemin de mousse qui mène à une clérière et à l'arbre centenaire. Il est
le gardien de la forêt, des souvenirs niches dans son tronc majestueux et des histoires se
balance sur ses branches comme au ton de feuilles dans le vent.
« Hé, venez voir Manu, Muki, venez voir ! »
Dans le gis gantesque, les petits buissons et les fleurs de Coridalis et de Lupin qui tapissent
le sol. Puis, il tend l'oreille. Un petit murmure agite les herbes.
« Oh, un ruisseau ! »
Il se précipite vers l'eau qui coule et plonge son bras dans le courant,
l'onde pure ruisselle sur son poignet. Il fait chaud et la fraîcheur du ruisseau lui fait du bien.
Il s'assoit sur la mousse et tire sur les scratches de ses chaussures. Il trempe un pied dans le ruisseau.
De petits cailloux roulent entre ses orteils. Une libellule bleue azure le frôle.
Le voilà debout dans le ruisseau. L'eau lui monte jusqu'au genou et n'est pas loin de mouiller son
short. « Ah, Natolle, mais qu'est-ce que tu fabriques ? »
Lui demande une grande femme blonde qui vient d'entrer dans l'aclairrière.
Elle porte une guitare accrochée à son dos. C'est Julie, sa maman.
« Elle est trop bonne, Muki. Et en plus, la délibellule ! »
Julie s'approche et, à son tour, elle retire ses chaussures et trempe ses pieds dans le ruisseau.
Elle ramasse une petite plume blanche, tombée sur le sol et un sourire malicieux éclaire son visage.
Elle se met à raconter. « Il était une fois un renard qui avait très faim. Il trouva une
poule près d'une ferme et l'emmena près de ce ruisseau pour la manger. Il commença à la plumer,
mais le chien de la ferme arriva. Le renard, pris de panique,
jeta la poule dans la rivière. « Ah, renard, je t'y prends. Tu viens de voler une poule,
s'écria le chien en le voyant. « Moi ? Mais non, pas du tout. Ah bon ? Et que fais-ce t'a de
plus ma tes pieds, hein ? Ah, ça ! C'est une poule qui vous laisse baigner et qui m'a demandé de
vous garder ses affaires ! » Un atoll est clât de rire à la blague de sa mère. Julie le prend
par les upaules et tous les deux se mettent à chanter en regardant l'eau qui coule à leurs pieds.
« À la claire fontaine, on a l'emmené,
j'ai trouvé l'eau si belle que je me suis baignée. » Leur chan s'élève dans la clérière et s'enroulent
autour des branches de l'arbre. La voix de Julie, profondée douce, soutient celle d'Anatole.
Julie est musicienne, elle joue du saxophone et de la guitare et elle chante aussi parfois. Soudain,
le craquement d'une branche interrompt la chanson et se fait retourner à Anatole et Julie. Manon,
l'autre maman d'Anatole, se tient contre l'arbre et les regarde. « Ne faites pas attention à moi,
continuez ! » Leur souffle Manon d'une voix cassée. Voilà quelques mois que sa voix n'est plus qu'un
mur-mure un peu éraillie. Manon a perdu sa voix après un vilain rhum et celle-ci n'est jamais revenue.
Bien sûr, elle a tout essayé. Toute sorte de médicaments et de sirop, des exercices,
des vocalises, des foulards de toutes les couleurs pour réchauffer ses cordes vocales.
Mais c'est comme si sa voix s'était envolée. Elle n'est devenue qu'un mur-mure et comme
sa voix, Manon aussi s'est effacée peu à peu ces derniers mois. Car sa voix était tout pour elle,
elle a toujours chanté. Quand elle était enfant, sa maison raisonnait de son champ limpide toute la
journée. Puis en grandissant, la chanson est devenue son métier, sa passion. Elle a rencontré Julie
pendant un concert. Elles ont commencé à faire de la musique ensemble et puis elles sont tombées amoureuses.
Julie jouait et Manon chantait. « Ne vous en faites pas pour moi, continuez si vous en avez envie ! »
Mur-mure Manon. Anatole et Julie se regardent mais ils n'ont plus très envie de chanter.
Son Manon pour les accompagner ce n'est pas pareil. Ils sortent du ruisseau et viennent s'asseoir
à côté de Manon au pied de l'arbre. Un petit vent agite les feuilles du hêtre au-dessus de leur tête.
Anatole se blottit dans les bras de Manon. Avant, elle freudonnait toujours quand elle le prenait dans
ses bras. Mais maintenant, elle est silencieuse. « Je suis sûre que tu vas finir par guérir Manon. »
Chuchotte Anatole. Manon sourit et lui caresse la joue. Mais elle ne tient rien. Julie,
cherche distraitement un très flacat de feuilles dans l'herbe à ses pieds. Anatole se sent un peu
fatiguée, ses yeux se ferment doucement. Il est à la lisière du sommeil. Mais un petit champ
d'oiseau au loin le maintient éveillé. C'est comme s'il flottait entre veiller sommeil,
bercé par le champ de l'oiseau. Celui-ci se rapproche et Anatole ouvre les yeux. Au-dessus de lui,
perché sur une branche, il y a un petit oiseau au ventre gris et aux yeux noirs qui le regardent.
Anatole se redresse. Manon s'est endormi, la tête appuyée sur le tronc de l'arbre,
et Julie somnol couchée sur l'herbe. Anatole fixe l'oiseau. Celui-ci agite la
patte et lance une série de petits pépiments aigu. « Tiens, un rocignol. C'est drôle,
je dirais qu'ils vont me dire quelque chose. » L'oiseau descend de sa branche et vient se poser
dans l'herbe à quelques pas d'Anatole. Celui-ci tend la main vers l'oiseau. Mais le rocignol s'envole
et se pose un peu plus loin. Anatole se relève et s'approche de l'oiseau. Mais de nouveau,
il s'envole à quelques mètres. « Mais où veut m'emmener cette oiseau ? D'ailleurs,
je dis oiseau par habitude, mais je crois, plutôt que c'est une oiselle. Mais le rocignol, son
primage est plus clair. » Remarque Anatole en avançant vers l'oiselle. Tout à coup,
la rocignol se dresse sur ses pattes et pousse un cris trident. Anatole sursaut. L'oiselle se met
assautillée comme si elle riait. « Qu'est-ce que tu me veux ? » L'oiselle entame alors une étrange
danse devant les yeux ébaillis du garçon. Elle agit ses ailes et s'accueule en tous les sens.
« Ben ça alors, on dirait que tu es pris dans une tempête de vent ? » Loiselle hoche la tête.
« Tu comprends ce que je dis ? » Loiselle hoche la tête de nouveau. « Tu es vraiment étrange. »
Puis elle se redresse et reprend sa drôle de danse. « Je ne comprends pas. Il n'y a pas de vent
aujourd'hui. Pourquoi tu fais comme si tu étais prise dans un courant d'air ? » La rocignolette s'arrête
et va chercher quelques brindilles sur le sol avec son bec. Elle les pose en tas devant Anatole.
« Ah, on dirait un tignis ? » Puis, Loiselle se tapit sur les brindilles. « D'accord, et là tu couves,
c'est ça ? » Elle hoche la tête avec sa petite tête. Puis d'un coup d'elle, elle éparpille les
brindilles autour d'elle et reprend sa danse étrange. « Je crois que j'ai compris. Tu étais dans ton
nid et un coup de vent l'a remporté, c'est ça ? » Un pépi manclair lui répond et la rocignolette
vient se poser sur son épaule. « Et où était ton nid ? » Avec son nid, la rocignolette désigne un petit
bosquet en contre-bas. Anatole descend en direction du bosquet et se met à chercher dans les fourrés.
Il se penche et écarte délicatement les feuilles de huit sons. Par terre, il y a un petit tas de
brindilles et de pailles enroulées. « Ah là, il y a quelque chose ! » Tout doucement, il attrape le nid.
« Oh, mais il y a des œufs dedans ! » Dans le creux du petit nid, trois œufs brillent un joli bleu ciel.
La rocignolette se penche au-dessus de son nid et inspecte les œufs. Elle a l'air soulagée.
Anatole regarde autour de lui. Il cherche un endroit à briter du vent et des prédateurs pour
y déposer le nid. « Les rocignoles et rocignolettes nissent près du sol, dans de petits buissons. Et si
je me souviens bien, les deux parents couvent et nourrissent leur petit à tour de rôle. D'ailleurs,
M. Rocignol ne doit pas être bien loin, j'imagine. Je vais mettre le nid ici, ça sera parfait ! »
Dit-il en posant le nid entre deux bronches d'un petit arbuste.
La rocignolette hoche la tête et se met à chanter guément.
« Comme ton champ est beau, ça me rappelle celui de Manou, même vraiment, quand elle pouvait encore chanter. »
Loiselle le regarde d'un air interrogatif. « Elle est tombée malade et elle ne me trouve plus à voix. C'est
comme si elle s'était cassée pour toujours. Elle est très triste. »
Elle se barrait derrière les feuilles des arbres. « Ah bon, et ben, au revoir, rocignolette ! »
Fait Anatol un peu déçu en voyant s'envoler Loiselle.
Il fait demi-tour et s'apprête à retourner voir ses mamans. Mais à l'horaire de la clérière,
un champ strident lui fait lever la tête.
La rocignolette est là, perchée sur une branche. Elle tient dans son bec une plante aux petites fleurs violettes.
Un atoll tend la main vers elle. Elle plonge en piquée vers lui et dépose la plante dans le creux de sa main.
Puis elle agit de ses ailes, pousse un dernier clé et s'en va.
Un atoll regarde les petites fleurs violettes dans sa paume.
Il comprend que c'est un cadeau de la part de Loiselle, mais il se demande bien quoi en faire.
Il jette un coup d'œil autour de lui et ses yeux se posent sur Manou, toujours à soupis contre l'arbre.
Tout à coup, comme par magie, il sait ce qu'il doit faire.
Il couvre son sac à dos et prend sa gourde. Elle est vide.
Il se retourne et aperçoit le petit ruisseau.
Vite, il remplit sa gourde d'eau fraîche et pure, et plonge la petite branche aux fleurs violettes dans l'eau pour en faire une sorte de tisane.
Puis, il pose sa main sur celle de Manou pour la réveiller.
« Manou, Manou, je t'ai fait une tisane, j'aimerais bien que tu l'aies à goûte. Je pense qu'elle pourra te faire du bien. »
Sa maman ouvre les yeux. Elle voit le sourire confiant d'un atoll.
Elle porte la gourde à ses lèvres et boit une corgée du breuvage préparée par son fils.
Elle s'éclairit la gorge.
« Mais, mais, mais c'est incroyable ! Ma voix, ma voix est revenue ! Qu'est-ce que c'est que cette potion, un atoll ? »
« C'est une créature au jour de rêve qui m'a donné les recettes. »
Manou lance une vocalise dans les airs et Julie ouvra son tour les yeux.
« Ta voix ! Oui, je l'ai retrouvée ! »
Julie attrape sa guitare et commence à jouer un morceau. Manon se met à chanter pour l'accompagner.
« Je suis l'encourant, le nom des chemins. Je me jette des cauches dans le petit matin. »
« J'aime la rose et qui sourit. Au moins elle a le goût de la pluie. »
Un atoll, lui, s'assoit contre l'arbre et ferme les yeux. Il profite de l'harmonie retrouvée dans sa famille.
Tout là-haut, il croit deviner les notes mélodieuses du chant de la rose signalette qui les accompagne, pergés sur une branche.
« Je suis l'un des les plus élevéres de la vie. »
Vous venez d'écouter une histoire d'envoler-conté, une création originale écrite par Lucille Petit.
Pour nous soutenir, mettez-nous 5 étoiles sur Apple Podcast et retrouvez-nous sur Instagram à AroBase en volet-conté.
A très vite !