Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires, les petites histoires, les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Karine Arnaud, on vous racontait, les lunettes de l'avenir, une histoire écrite
par Thomas.
En attendant que sa mère termine son travail, Gauthier passe l'après-midi chez son papy.
Vous connaissez sûrement Gauthier.
Mais si, un garçon avec un corps trop grand pour lui, tous mes grichons et un brin réservé,
tout le monde connaît quelqu'un comme Gauthier.
Tout comme tout le monde connaît quelqu'un comme sa soeur, Justine, aussi taquine que
sportive.
En tout cas plus sportive que Gauthier, ce qui n'est pas bien difficile.
Par contre, ce qui est moins sûr, c'est que vous connaissiez quelqu'un qui ressemble
à leur grand-père, papy surprise.
Il se fait appeler ainsi car il passe son temps à faire des blagues, des farces et
toutes sortes de canulards plus déjantés les uns que les autres.
Si Justine adore les pittreries de son pépé, ce n'est pas forcément le cas de Gauthier.
Vite à peurer et sursautant à la moindre occasion, le garçon préfère le calme et
la tranquillité.
Et ça tombe bien car c'est exactement ce que lui offre le grenier de papy surprise.
L'immense pièce, véritable congélateur en hiver et vrai four à pizza en été, est
recouverte de poussière.
Mais surtout, et c'est ce que Gauthier aime par-dessus tout, elle est remplie d'objets
étranges, des bidules si anciens que Gauthier est incapable de leur donner un âge, des
machins trop biscorgnus pour qu'on devine leur usage, des trucs tellement bizarres
qu'on se demande s'ils ne viennent pas d'une autre planète.
Depuis qu'il s'écrape à huité, Gauthier monte ici et toutes les semaines, il découvre
de nouvelles vieilleries, comme cette grosse malle en cuir cachée sous un drap et fermée
par un cadenas massif, un cadenas s'irongé par la rouille qu'il s'évanouit en poussière
rousse dès que le garçon le touche.
En sa qualité d'archéologue des débarras, Gauthier se doit d'inspecter le contenu de
sa trouvaille.
Il y a peut-être un trésor là-dedans ou alors un jouet incroyablement fou ou peut-être
un animal qui parle et qui deviendra mon meilleur ami.
Avec la méfiance qui le caractérise, le garçon soulève le couvercle et tombe sur
un tas de briques et de brocs aussi anciens qu'inutiles.
Comme par hasard.
Sous ses yeux, ont assé pelmèles, des styles au vide côtois des cahiers déchirés, des
tasses émaillées accueillent des pince à linge cassées, des photos blanchies par le
temps recouvrent même une vieille paire de lunettes, des binocles toutes tordues aux
carreaux couverts de crasse.
Curieux de voir à quoi il ressemblerait avec ses antiquités sur le nez, Gauthier se plante
devant le miroir fêlé entreposé derrière lui et les enfile.
C'est ce moment que choisit sa sœur pour surgir.
Surpris, Gauthier haute précipitamment lé l'orgnion pour échapper au moquerie de
Justine.
Mais quand il relève la tête, elle a disparu.
Comme si elle n'était jamais entrée.
Étonnant, vous ne trouvez pas ? Du moins c'est ce que pense Gauthier.
Mais le garçon n'a pas le temps d'y réfléchir davantage.
Justine, bondie à nouveau dans la pièce.
Allez morveux, dépêche-toi, maman est là.
Sa sœur n'attend pas sa réponse et redescend les escaliers en trombe.
Gauthier a les sourcils s'y froncés qu'il se touche presque.
Il fourre les lunettes dans sa poche et s'en va.
Dans sa chambre, son pyjama déjà enfilé, prêt à aller se coucher, Gauthier veut élucider
le mystère de tout à l'heure.
Il reprend les bizarres binocles, les passe autour de ses oreilles et observe la rue en
bas de chez lui.
Le défilé des voitures, toutes plus ou moins pareilles, lui fait penser aux chorégraphies
des fourmis.
Soudain, un véhicule jaune pétant se glisse dans la rie-bambelle d'automobile.
Pour y voir plus clair, Gauthier enlève les lunettes.
Mais la voiture de collection a disparu.
Le garçon a beau chercher aucune trace du bolide à l'horizon.
Mais c'est pas possible, je suis en train de devenir zinza ou quoi ?
Il va vers son lit, inquiet, quand un bruit tony truant se coule à nuit.
Il se retourne et voit la berline jaune éteinselée sous la lumière des lampadaires.
Gauthier reporte son attention sur sa découverte de la journée.
Et si, et si ces lunettes me permettaient de prédire l'avenir ?
Impossible, n'est-ce pas ?
Eh bien c'est pourtant avec cette idée délirante que Gauthier s'endort ce soir-là.
Durant la récréation du lendemain, le garçon est seul, comme bien souvent.
Il sait que sa timidité est un frein à l'amitié.
Mais aujourd'hui, autre chose le préoccupe.
Et oui, les lunettes bien sûr.
Il repense à ce qui s'est passé la veille quand un élève de CM2 vient le voir.
Hé, Gauthier, c'est ça ?
Ouais, ouais, c'est mon prénom.
Ok, cool. Notre gaule est malade. Ça te dirait de le remplacer ?
Euh... ben c'est à dire que... cool, elle est bien.
Sur le terrain de foot, tous les regards sont tournés vers lui.
Gauthier n'a pas le courage de refuser.
La partie débute est très vite.
Gauthier s'annonçait être le pire gardien qu'une école primaire est connue.
Il a peur de la balle, il se cogne contre les potos,
et quand il veut sauter, son corps se contente de trébucher.
Avec un score de 1 à 14, les joueurs de son équipe commencent à lui envoyer des regards noirs.
Gauthier, essaye d'anticiper s'il te plaît, on se fait laminé.
Anticipé, anticipé, il est marrant lui.
S'il croit que c'est si facile de prévoir ou par le ballon.
À moins que... Gauthier tâte sa poche et y sent les lunettes.
Il les pose sur son nez et observe le terrain.
Un garçon arrive vers lui, balle au pied.
Il fint à gauche, mais tire à droite.
Gauthier jette un œil par-dessus la monture.
Son adversaire vient tout juste de s'emparer de la balle.
Il s'approche du but et fint à gauche.
Bien sûr, Gauthier ne se laisse pas berner et saute à droite.
Du bout des doigts, il écarte la frappe.
Ces coéquipiers n'en reviennent pas, lui non plus.
Le restant de la partie se déroule comme sur des roulettes.
Gauthier multiplie les arrêts et le match se termine sur un score de 15 à 14 pour son équipe.
La nouvelle star des buts est portée en triomphe.
Même Clémence, la fille à laquelle il n'a jamais osé déclarer sa flamme,
le regarde avec des étoiles dans les yeux.
Pour Gauthier s'est décidé, ces lunettes ne vont plus jamais le quitter.
Comme vous pouvez l'imaginer, en quelques semaines, son quotidien change du tout au tout.
Il connaît les réponses à toutes les questions de la maîtresse,
il évite les maladresses et surtout, il ne se laisse plus surprendre par Justine et ses farces grotesques.
Tout est si simple que Gauthier a la sensation d'être d'or loté par une vie rêvée.
Mais après les semaines, ce sont les mois qui s'enchaînent.
Et bizarrement, au bout d'un moment, la bonne humeur de Gauthier disparaît comme par enchantement.
Il n'arrive pas à mettre un mot sur ce qu'il ressent.
Il a le sentiment que tout est trop ennuyeux.
Petit à petit, le garçon devient mossa des bougons, ce qui inquiète sa mère.
Un jour, tandis qu'elle le dépose chez son grand-père, elle se confie au vieil homme.
« Ah, tu vas voir, je sais pas ce qu'il a, mais j'ai l'impression qu'il a plus goût à rien.
Son état me fait penser au tien quand était si triste il y a quelques années.
Tu pourrais peut-être lui parler.
« Te bilpas, ma fille, je vais lui remonter le moral. »
Gauthier sort de la voiture et passe devant son grand-père.
Papy surprise à beau porter des lunettes aussi épaisse qu'un annuaire,
il ne manque pas de remarquer celle que Gauthier cache dans sa poche.
Aussitôt, le vieillard comprend de quoi il s'agit.
« Hé, plein, mon garçon, où tu vas comme ça ? »
« Bah, comme d'habitude, au grenier. »
« Pas cette fois.
Aujourd'hui, on a un programme bien trop chargé pour que tu rêvases parmi mon bazar.
Direction, la fête foraine. »
Papy surprise ne lui laisse pas le choix.
Gauthier monte alors dans le taco bariolé.
A peine arrivé, son grand-père le traîne jusqu'à un stand tenu par un homme à la moustache monumentale.
« Tu veux voir, c'est très simple.
Le monsieur ici présent va cacher une bille sous l'un de ces trois gobelets.
Il va aller mélanger plein de fois et ensuite, tu vas devoir deviner où est la bille, d'accord ?
« Ouais, ouais, si tu veux. »
Le moustachu commence à intervertir les gobelets de plus en plus vite.
Gauthier tente de suivre celui qui l'intéresse, mais l'homme accélère encore.
Par réflexe, le garçon plonge sa main dans la poche où se trouvent les lunettes.
Aussi vif que les claires, son grand-père lui haute son manteau.
« Il fait chaud.
Tu seras bien mieux sans ça. »
Prit au dépourvu et le regard fixé sur le jeu, Gauthier ne réagit pas.
Le moustachu s'arrête.
« Alors Gauthier, tu sais où se trouve la balle ? »
Hésitant, comme ça fait longtemps qu'il n'avait pas hésité, Gauthier désigne le gobelet de droite.
Le gérant le soulève.
« Yes ! Bravo, fiston ! T'es un craque ! »
Gauthier éprouve une fierté qu'il avait oubliée.
Son grand-père lui attrape la main et l'entraîne dans le train fantôme.
Zombies, démons et loups-garous surgissent de partout.
Gauthier est terrorisé.
S'il est surpris une fois encore, son cœur va lâcher.
Vite, il a besoin de savoir ce qui va se passer.
Il sort les lunettes de sa poche, mais papy surprise réagit au quart de tour.
« Attends, je vais t'aider à les mettre. »
Par chance, un vampire resté derrière les ramasse.
« Je vous le rends à la fin. »
Peler-autonner contre son papy, Gauthier frissonne.
De ce genre de frisson qui, quand on y prête attention, procure bonheur et amusement.
À la sortie, le vampire lui tend ses lunettes en lui décochant à un sourire effrayant.
« Ça, je te dirais, d'aller voir un film maintenant.
Il y a le dernier Mission Super-Pouvoir qui passe.
Ah oui, c'est mon dessin de mes préférés ! »
Dans la salle, le suspense s'état son comble.
Les héros sont pris au piège par le terrible Docteur mortel et ils ne savent pas comment
s'en tirer.
Gauthier attrape ses binocles et les pose sur son nez.
Mais il ne voit rien.
Quand il les retire pour comprendre ce qui cloche, il remarque qu'il s'agit de bêtes
lunettes de soleil.
À côté de lui, papy surprise se retient déclaté de rire.
Gauthier commence à y voir clair dans le jeu de son grand-père.
À la fin de la séance, le garçon veut lui demander où son trésor est caché.
Mais dans sa précipitation, il bouscule une fille de son âge.
« Oh, Clémence ! Mais si, Clémence ! Son amoureuse secrète ! »
« Je… je… je… je… Je suis désolé, je… euh… »
« Ah, t'as été voir un Mission Super-Pouvoir ? »
« Euh… oui, oui, oui… »
« T'as vu la scène avec Docteur mortel, c'était fou ! »
« On en reparle demain à l'école ? »
« Ah bah… oui, t'es… t'es… corps… »
La fillette lui fait un sourire à tomber par terre et s'en va.
Des papillons pleins le ventre, Gauthier se laisse porter jusqu'à la maison de son
pépé.
« Alors cette journée, qu'en as-tu pensé ? »
Gauthier se remémore l'excitation, les frissons et la joie.
« C'était la meilleure journée que j'ai passée depuis bien longtemps ! »
Délicatement, le vieil homme pose les lunettes de l'avenir sur la table.
Gauthier veut parler, mais la sonnette l'en empêche.
« Ce doit être ta maman, je vais lui ouvrir.
En attendant, tu peux penser à ce que tu vas faire de ça ! »
Quelques minutes plus tard, Gauthier embrasse son grand-père et grimpe dans la voiture
de sa mère.
Caché dans le coffre, Justine bondit derrière lui.
Le garçon hurle de peur, puis éclate de rire.
Papy surprise les regards de s'éloigner avant de gravir les marches menant à son
grenier.
Ils cherchent l'ancienne malle de cuir et soulèvent le couvercle.
Parmi tout un tas de babioles, les lunettes ont retrouvé leur place.
Voilà, l'histoire est finie.
Dites-moi ce que vous en avez pensé en m'envoyant un message vocal avec vos parents,
par Instagram ou par mail à l'adresse eloatelming.com.
H-E-L-L-O à Robaz.
T-A-L-E-M-I-N-G.com
Et si vous avez une idée d'histoire qui vous trotte dans la tête, n'hésitez pas à me la partager.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt !