Bonjour à tous !
Aujourd'hui, je vais vous raconter une nouvelle histoire.
Elle est écrite par Faustine Bolaar.
Ça s'appelle « Une histoire de coquille ».
Encore une histoire est un podcast réalisé par Alexandre Ferreira,
produit par Benjamin Nulert et raconté par Céline Calmaï.
Bernard, ne rentre pas trop tard, mon chéri.
Ça fait deux heures que tu joues dans les verges.
Tu vas avoir mal au cœur.
Bernard, Bernard !
Oh, ce n'est-il.
À chaque fois que le petit bonhomme entendait ce prénom dans la bouche de sa maman,
il se demandait ce qui avait bien pu se passer dans la tête de ses parents.
N'appelle pas un petit garçon de Bernard, bon sang.
Léo, Louis, Charlie, Enzo, je veux bien.
Mais Bernard, c'est un prénom grand.
Seulement voilà.
Dans la tribu de Bernard,
tous les hommes portent le même prénom,
depuis des générations.
Avec en plus un même nom de famille, l'Hermit.
Notre Bernard est un petit Bernard l'Hermit.
Vous savez, ces petits crustacés
qui se promènent avec leur maison coquillage sur le dos
et qui l'on s'amuse à ramasser l'été sur la plage
pour les montrer aux enfants dans la paume de la main.
Les Bernard-Hermit ressemblent à des petits crabes rigolos
avec un chapeau pointu.
Ils ne sont pas très mignons,
mais ils ne sont pas moches non plus.
En fait, ils sont surtout très joueurs.
Ils adorent passer des heures à glisser entre les rouleaux
avec leurs petites coquillons.
D'ailleurs, ce jour-là, Bernard, contre la vie de sa maman,
avait décidé de passer toute sa journée
à faire des roulades dans les vagues.
Il faut dire qu'il a une super technique.
Juste lorsque la mer se retire
et avant que la vague ne revient ni nonder le rivage,
il plante sa tête dans le sable,
serre ses fesses et tout son corps
pour se tenir droit comme un couteau,
laissant sa carapace au vent,
pendue vers le ciel,
comme pour défier l'océan.
Tu n'arriveras jamais à me décrocher !
C'est-il vers les flots ?
Sauf qu'à tous les coups,
la puissance de l'eau finit par faire basculer Bernard.
Et c'est là que démarrent les folles montagnes russes.
Sa tête d'un côté s'épincent de l'autre,
ses yeux qui font un grand huile.
Bernard rigole à plein poumon
et ce duel avec la mer peut durer une éternité.
Bernard, chérie,
rentre vite sous le rocher, il est tard maintenant.
La nuit est en train de tomber.
Le ton de sa maman se fit un peu plus sévère.
Une dernière vague et je rentre m'avant !
Cria-t-il pour la rassurer.
Mais c'était sans imaginer l'hora de marier
qui allait s'abattre sur lui.
Une vague énorme,
aussi grande qu'une baleine,
aussi impressionnante qu'un immense nuage noir,
s'effondra sur le petit aventurier.
Cette fois, Bernard compris que les choses allaient mal tourner pour lui.
Et en effet, il fait tout de suite emporter
dans le tourbillon d'une gigantesque machine à la vie.
Rien à voir avec les roulés boulet qu'il amusait d'habitude.
Non ? Cette fois, il mangeait du sable
et se cognait contre des cailloux.
Bernard ne voyait plus rien qu'en soudain,
un bruit assourdissant lui fit perdre connaissance.
Son petit corps inert fut emporté vers le large,
bien loin d'écri un quiet de sa maman.
Bernard ! Bernard ! Bernard !
Quelques heures plus tard,
Bernard, un peu sonné,
se réveilla avec une sensation étrange.
D'abord, il découvrit le paysage autour de lui.
Pas de sable doré, pas d'embrun,
Bernard avait échoué au milieu d'un posant rocher couleur granite.
Mais que faisait-il là ?
Loin des siens, du brouhât, des enfants heureux.
Mais surtout loin de ses parents.
Le petit crustacé avait peur.
Une autre sensation s'emparade lui.
Le froid.
Bernard se sentait... tout nu.
Par habitude, il commença alors à se recrogviller
pour aller se réchauffer au fond de sa petite maison en coquillage.
Mais à peine avait-il commencé à se contorsionner
qu'il réalisa qu'elle n'était plus là ?
Il avait perdu sa coquille.
Mais que vais-je faire sans nulle part ou ma brité ?
Je ne ressemble plus à rien sans ma carapace.
Qui va me reconnaître ?
Comment veux-je retrouver mon chemin ?
Son goissant-il.
Le petit bonhomme, tout des habillés, se sentait bien vulnérable.
Et se mit en tête remplacé au plus vite, son armure nacreée.
Il observa autour de lui et son attention fut attirée
par une sorte de coque ovale et très noir.
Rien à voir avec son habituel couvre-chef évidemment.
Mais dans l'urgence, Bernard se dit que cette maison,
pas très attrayante, ferait momentanément l'affaire.
Il s'approche à lentement,
vérifia que cet hôtel de fortune était bien vide de tout habitant
et se glissa discrètement dans la coque sombre.
Il s'apprêtait à refermer la porte de cet étrange établissement
qu'en soudain il entendit.
Psst !
Tu fais quoi là ?
Ben, je m'abrite. Je suis perdu, je suis en Bernard Lermitt,
mais je ne retrouve plus ma coquille.
Tu es qui toi ?
Je suis une moule, moi, répondis d'agressivement l'individu.
Et tu n'as rien à faire dans cette coque.
Quand ma mère va te voir, elle va être très en colère.
Tu n'es pas nénautre, tu ne nous ressembles pas.
Va-t'en avant d'avoir de sérieux problèmes.
Mais je ne veux de mal à personne !
répondis Bernard en s'exclusant.
Je suis désolée.
Laissez-moi simplement passer la nuit ici
avant d'aller chercher mes parents.
Non, non ! Va-t'en, l'étranger.
Tu vas faire peur à tout le monde avec tes pince
et tes écailles sur ton dos.
Nous ne voulons pas de toi sur notre rocher.
Bernard compris que cet abri n'avait rien d'accueillant.
Il ressortit son petit corps tremblotant de la coquille de moule
et partit chercher un autre jitte pour l'héberger.
Après un long moment à crapper sur les rochers,
Bernard finit par arriver devant une grosse mare.
Des algues sombres empêchaient de juger de sa profondeur.
Il observa quelques ronds à la surface,
certainement des ondes d'une activité sous-marine.
Soudain, il vit des petites antennes sortir de l'eau.
Salut toi, Thierry Holo !
Tu es quoi ?
Bonjour, je suis un Bernard Lermith.
Et toi, tu es quoi ?
Je suis une crevette. Je m'appelle Violette.
Bernard rougit comme un Omar.
S'il avait cru qu'un jour,
il se retrouverait à parler à une fille tout nu.
Discrètement, il s'emparade un petit morceau d'algues vertes
qui traînaient à côté et se cachait un peu derrière.
J'ai perdu ma coquille et j'ai perdu mes parents.
Je n'ai nulle part où aller.
Tu peux m'aider ?
Oh, tu sais...
Il lui répondit tristement Violette.
Ici, on n'aime pas trop les gens différents.
Mes parents ne voudront jamais te porter secours.
Si au moins tu avais des antennes,
je pourrais te faire passer pour un cousin lointain,
une langoustine peut-être.
Mais là, avec toutes ces minuscules pince,
ils vont penser que tu vas leur voler leur déjeuner.
Je suis désolée.
Tu sais, moi, je voudrais bien t'aider.
Mais parfois, quand les gens me peurnt,
ça les rembête.
Je comprends.
répondit Bernard.
En tout cas, merci Violette
de m'avoir expliqué et surtout,
fais attention à toi.
Touchée par la gentille yassine attendue de cette jolie crevette,
Bernard repartit le cœur un peu plus léger
à la recherche de sa maison.
Celle de son dos, évidemment,
mais surtout celle de son cœur,
car sa famille commençait vraiment à lui manquer.
Quelques temps plus tard,
au bout du bout des rochers,
Bernard débarca dans la jungle.
Il n'avait jamais vu ça.
Des herbes plus hautes que les vagues de son océan.
D'un verre presque fluressant,
ils se sont émuscules au milieu des fougères géantes
et déroncent aux ombres inquiétantes.
Devait-il vraiment s'aventurer dans cette sinistre forêt ?
« Hé, salut l'ami ! »
entendit-il soudain.
« Euh, bonjour. Je m'appelle Bernard.
Enfin, je suis un Bernard Lermith.
Pardon, mais il vous est où ?
Je ne vous vois pas.
« Je suis d'à côté de toi ! » répondit la voix un peu sourde.
« Dans la coquille là, je suis d'un escargot.
Je m'appelle Marcel.
Pardon si tu ne comprends pas bien quand on se parle,
mais ne arrêtes pas de bâver depuis ce matin.
Ça doit être la pluie qui arrive.
Du coup, je ne bouge pas, sinon je glisse.
Mauvaise journée.
Pour moi aussi.
Pourquoi tu es alors si triste, M. Lermith ?
Vous pouvez m'appeler Bernard.
Je suis malheureux car j'ai perdu ma coquille et mes parents.
J'ai froid et je ne sais pas comment retrouver ma plage.
« Adjom, M. Lermith, Bernard, moi, ça m'est aidé ! »
Le gros escargot siffla un grand coup.
« Hé, copains ! Vous pouvez rapporter la coquille de Pierreot ?
« Euh, mais c'est qui Pierreot ? » lui demanda timidement Bernard.
« C'est un copain à nous, mais il est tombé sur un corbeau, une sale histoire.
Sa coquille n'est peut-être pas une première main.
Ce l'a dit, elle est très bien entretenue,
avec une marque rose devant, du plus bel effet.
C'est une petite fille qui lui a mis du feutre un jour en organisant une course.
Pierreot l'avait gagnée.
« Sacré Pierreot ! »
« Toujours premier, jamais peur de rien.
« Qu'est-ce qu'il vous manque si tu savais ?
« Bon, bon, bref, sa coquille te portera chance, fais-moi confiance.
« D'accord, c'est très gentil à vous. Merci beaucoup.
« Bon, d'accord, y a un petit gant. Tu vas voir, ça va aller.
D'interminable minute plus tard, Bernard vit enfin arriver
une colonie d'escargots rondouillards portant sur leur dos
une coquille vide avec une marque rose.
« Elle est magnifique ! » cria Bernard avec enthousiasme.
« Je peux l'essayer ?
« Allez pour toi, copain ! » lui répondit Marcel.
« Ça m'arrange en plus, car c'est quand même très vénant
de te parler comme ça. Enfin, tu vois quoi, on voit tes fesses. »
Tous les escargots éclatèrent de rire ensemble.
Bernard aussi.
Cela, lui, faisait tellement de bien de plaisanter comme ça avec des copains.
Les escargots furent descendre de leur dos la grosse coquille de Pierreot
et l'offrir avec émotion au petit vagabond.
Bernard jeta un œil dedans et fonce à s'installer dans sa nouvelle cachette d'ouillette.
Quelques secondes plus tard, il ressortit enfin sa tête et ne cache pas son euphorie.
« Elle est géniale ! Yuvie ! Merci à tous ! »
Non seulement les escargots étaient heureux de voir revivre la belle carapace de Pierreot,
mais surtout ils trouvaient le petit énergie mène assez drôle et attachant,
à tel point qu'ils décidèrent de l'aider un peu plus encore.
« Nous allons te ramener sur la plage, là, ne t'en sais pas.
Tu n'as qu'à nous suivre, c'est par là ! »
Les escargots prirent la direction du nord.
Doucement, tout doucement.
À leur côté, portant fièrement sa nouvelle coquille à la marque rose,
Bernard commença tout de même à s'inquiéter de la lenteur de ses sauveteurs.
« À ce rythme-là, ma mère va pouvoir améter toutes les torales avant que je sois rentrée. »
Pensa-t-il. Soudain, il lui vint une idée.
« Hé, Marcel, t'as déjà fait du redéaux escargots ? »
« Non, c'est quoi ? »
« Bon, ben monte sur mon dos et tu vas voir. »
Marcel grimpe à péniblement sur la coque à la marque rose de son nouvelle année.
Il dû s'y reprendre plusieurs fois, tant il bavait et glissait le long de la paroi.
Enfin, arrivé en haut, épuisé, il compris qu'il n'avait rien pour s'accrocher.
« Bernard, je fais comment pour me tenir maintenant ? »
Lui demanda-t-il et soufflait.
« Tu débrouilles ! C'est pour ça qu'on appelle ça ! »
« À rodeaux ! »
Bernard partit comme une fusée dans la direction indiquée par les escargots.
Sur son dos, Marcel peinait à ne pas se faire éjecter.
« Ah, ah, j'ai besoin de... j'ai besoin de la voisine, Bernard ! Tu vas trop vite ! »
« Ah, c'est... c'est garçon virage ! Non, t'as un récon ! »
Riait-il.
A peine dix minutes plus tard, Bernard reconnut une odeur.
Le bonheur Yod est si familier.
C'était la mère. Ils avaient retrouvé son rivage.
« Ça y est ! On est chez moi ! »
Hurla-t-il fou de bonheur.
Bernard fonça immédiatement dans la direction du rocher de sa famille,
oubliant le pauvre Marcel, qui s'efforçait toujours de ne pas tomber.
À quelques mètres de sa maison, il ralentit en apercevant sa maman.
« Bernard ? C'est... c'est bien toi ? »
Lui demanda-t-elle hésitante.
« Oui, maman, c'est une longue histoire. Mais grâce à Violette, à Pyrrho, à Marcel et aux autres, je veux faire entrer ! »
« Marcel ? »
« Ah oui, pardon. C'est lui, Marcel, là-haut sur mon dos. »
Récisa-t-il.
« Euh... bonjour, madame. »
L'ansale escargour un peu vert.
« C'est vous qui avez sauvé mon fils ? » demanda-t-elle.
« Il fait sauver tout seul, madame. Orvanf, vous n'auriez pas un petit peu nôt,
car je crois que vous venez vomir, moi ! »
Bernard et sa maman éclatèrent de rire, en s'embrassant tendrement.
« Ah ah ah ! »
Leur câlin fut long, doux et rassurant.
« Maman, j'ai peur de ce qu'on va dire les autres maintenant.
Je ne le ressemble plus avec ma grosse coquille d'escargaux.
Ils vont certainement me rejeter et même se montrer méchant avec moi. »
« Mais non, mon fils ! » répondit-elle avec une voix enveloppante.
« Je te ressemble à toi déjà, c'est l'essentiel.
Tu es unique ! »
Et ils ne te rejettront pas, car le plus important, ce n'est pas l'enveloppe extérieure,
mais bien l'intérieur de ta coquille.
« Et moi, je te trouve très beau avec sa petite tête d'escargaux, » rajouta-t-elle.
Marcèle, la tête dans son verre d'eau, approuva vigoureusement.
La sœur de Bernard vint à son tour embrasser son frère.
« Wouhou ! » crie Attalante découvrant avec sa nouvelle allure.
« Ben quoi ? » demanda Bernard, inquiet.
« Mais elle est dément, ta marque rôtre sur le devant, là.
Je suis hyper jalouse.
Tu es trop stylée, Bernard. Tout le monde va adorer.
Bienvenue à la maison, frérot. Tu nous as manqués. »
La maman de Bernard lui adressa un ton au clin d'œil.
La coquille de Piero lui avait bien porté chance.
Sa plus grande force serait désormais sa différence.
Voilà, c'était une histoire de coquille,
histoire écrite par Faustine Bolaar.
Et on remercie la Châtame Famili.
Et un podcast réalisé par Alexandre Ferreira
produit par Benjamin Muller et raconté par Céline Kalman.
Merci à Chloé Levoix pour sa participation au montage dans cet épisode.
Si ça vous a plu, n'hésitez pas à mettre un petit commentaire
ou plein d'étoiles sur les différentes applications de podcasts.
A bientôt !