Bonjour à tous ! Aujourd'hui, je vais vous raconter une nouvelle histoire,
ou plutôt la première partie d'une nouvelle histoire, qui va vous accompagner tout l'été.
Ça s'appelle « Abraqadha Park ».
Une histoire proposée en partenariat avec la Fondation Ronald McDonald,
qui accompagne les familles d'enfants hospitalisés,
en construisant des lieux de vie à proximité et au sein même des hôpitaux.
Une histoire écrite par Benjamin Mulair,
interprétée par Céline Calmane,
et réalisée par Alexandre Ferréra,
avec l'aide du docteur en psychologie, Benedict Mingey.
L'illustration est signée au maï.
Bienvenue à Abraqadha Park.
Ça va être les pires vacances de ma vie.
Mais non, Tom, pourquoi tu dis ça ?
Tu vas voir, tu vas bien t'amuser.
Pfff, c'est ça, ouais.
En ce début d'été, Tom est très énervé, en colère même,
contre ses parents, qui, soi-disant,
ne peuvent pas le garder avec eux pendant les grandes vacances.
Parce que, soi-disant, ils vont devoir travailler d'arrache-pied tout l'été.
Pour soi-disant, finir les travaux de la pizzeria,
qu'ils viennent de racheter et qu'ils comptent ouvrir en septembre.
Tom a tout tenté pour rester auprès d'eux.
Il leur a proposé de les aider, de passer le balai,
de leur préparer le repas les midis,
de leur jouer de la musique pendant qu'ils travaillent.
Mais ses parents n'ont pas s'aider.
« Tu sors bien mieux chez Tata et Toto ? » répondait-il.
« Ici, tu t'ennuierais, et plus vraiment,
on n'aura pas le temps de s'occuper de toi. »
Tom est donc installé, les bras croisés et la mâchoire serrée,
à l'arrière de la voiture conduite par ses parents.
« Je vais vous faire la présentation. »
Le papa s'appelle Christophe.
Il a 38 ans.
Il était journaliste, mais un jour, il en a eu marre
et a souhaité racheter un restaurant, une pizzeria donc.
La maman, elle, c'est Sophie, 38 ans également.
Elle aussi change complètement de vie.
Elle travaillait dans la médiathèque de la ville.
Et maintenant, elle va faire des pizzas, quatre fromages.
Christophe et Sophie ont un enfant.
Tom, Tom a 8 ans.
Il est en CE2.
Dans la vie, Tom aime les animaux.
Jouer à la console,
faire des expériences scientifiques,
et cuisiner.
Il adore préparer le repas avec sa maman.
Dans la vie, Tom déteste faire ses devoirs,
les trajets en voiture et manger des brocolis.
Toute cette famille vit dans le nord de la France.
Et aujourd'hui, tout le monde est dans la voiture
pour rejoindre Saint-Rémy-de-Provence,
dans le sud de la France, très loin de chez Tom.
Son tonton et sa tata, Tom les a ne bien,
mais ils ne les connaissent pas beaucoup.
Comme ils habitent loin, ils ne se voient qu'une fois par an,
généralement à Noël.
Et c'est tout.
En revanche, Tom a beaucoup de mal avec leurs fils,
Sacha, qui a 10 ans.
Et ça, ses parents n'arrivent vraiment pas à le comprendre.
« Bon, » dit sa maman,
« on va arriver dans une petite heure.
Comme tu le sais avec papa, on d'or chez tata et ton tonton ce soir,
et on repart demain.
« Oui, oui, je sais, maman », lâche Tom blasé.
« On compte sur toi pour être bien sage ! »
Ajoute le papa, et puis arrête de faire la tête.
« Tu veux être avec Sacha, c'est un bon gamin.
Vous allez vous marrer, j'en suis sûre ! »
C'est dans ce genre de situation que Tom sent que ça boue à l'intérieur de lui.
Cette réflexion à le don d'énerver encore plus, Tom.
« Qu'est-ce qu'il en sait, papa, qu'on va se marrer ?
Pourquoi il croise savoir toujours mieux que moi ? »
Quand Tom se sent incompris,
c'est là qu'il s'énerve le plus vite,
et le plus fort,
qu'il a envie de tout casser, de hurler,
qu'il a des bouffées de chaleur,
et qu'il sent son cœur battre très fort.
« J'ai la rage ! »
Oui, voilà ce que ressent Tom,
de la rage.
Tu connais toi ce genre de moment où tu es tellement énervé,
que tu as l'impression que tu deviens tout rouge.
Elle s'appelle comment cette émotion ?
Tu as unité ?
La colère, bien sûr.
C'est dur, non ?
De se calmer quand on est en colère.
Comment s'achat va-t-il faire à ton avis pour s'apaiser ?
Respirez un grand coup ?
En parler avec son papa ?
Lui expliquer pourquoi la situation l'énerve ?
Discuter ?
Bon, pour l'instant,
Tom n'arrive pas du tout à se calmer,
ni à en parler.
Comment mon propre papa peut-il me dire ça ?
Comment peut-il penser que je vais être content de jouer avec Sacha ?
Que je n'aime pas,
et qu'il ne m'aime pas ?
Voilà, on est arrivés.
Christophe, Sophie et Tom sortent de la voiture.
Il fait beau et chaud.
Tom récupère son sac dans le coffre
et se dirige vers l'entrée de la maison.
La tête baissée
et les épaules rentrées.
Le tonton et la tata accueillent tout le monde.
Mais Tom, lui,
est encore rouge de colère.
Moi, salut, tonton et tata.
Lâche-t-il.
Pendant que les adultes s'embrassent chaleureusement,
Tom va se positionner contre la porte d'entrée,
les bras au croix.
Il ne veut parler à personne.
De toute façon,
personne ne m'écoute quand je parle.
Pense-t-il.
Tom gâte discrètement pour savoir
que le tonton est un grand grand grand.
Il se voit où se trouve Sacha.
Il redoutait de le voir,
d'être obligé de lui dire bonjour,
d'être obligé d'être sympa.
Mais à sa grande surprise,
les salutations se passent bien mieux que prévues.
Hé, Tom !
Non, Sacha, depuis le haut des escaliers.
Viens dans mes bras !
Il saute sur la ronde
et se laisse glisser jusqu'en bas.
Et surtout, plus surprenant,
Sacha prend vigoureusement
Tom dans les bras
et lui fait un énorme câlin.
Tom reste clou et sur place.
Vous avez fait bon voyage ?
Ça a été sur la route ?
Euh... Oui ?
Père Murtome.
Génial !
Allez viens, je te montre ma chambre.
On monte, tu vas voir, on va s'éclater.
Tom ne s'attendait pas
à autant d'enthousiasme.
Il se tourne alors vers ses parents
comme pour leur demander s'il peut monter.
Son père lui fait un clin d'œil.
Tom est déjà beaucoup moins énervé.
Alors voilà, ça, c'est mon lit.
Sa vie, c'est cool, hein.
C'est un lit superposé.
Explique, Sacha.
Des fois, je dors en haut, des fois, je dors en bas.
Ça dépend de mon humeur.
Mais vas-y, hein, choisis.
Tu voudras dormir ou toi ?
C'est toi qui choisis.
Ça faisait deux ans que Tom
n'avait pas vu son cousin.
Et visiblement, il avait oublié
à quel point il était sympa.
Il s'était fait toute une montagne
de ses retrouvailles, alors qu'en fait,
tout se passait très bien.
Pierre, je vais te faire visiter la maison.
Elle est super grande, on a trop de chance.
Tom suit son cousin au quatre coins de la maison
qui est effectivement et gigantesque.
Elle est tout en pierre,
avec une énorme salle de jeu à l'étage.
Babyfoot, Flipper,
Pinching Ball,
un salon avec trois canapés en face de la télé,
des chambres un peu partout
et dehors, un jardin rempli d'olivier.
Et cerise sur le gâteau,
une piscine.
Ça ressemble un peu au paradis ici.
Dis discrètement, Tom, à sa maman,
en la croisant pendant la visite.
Vous l'avez compris, Tom n'est plus du tout en colère.
La gentillesse et l'enthousiasme
de son cousin, ainsi que soyons en aide
les jeux un peu partout, l'ont bien apaisé.
Et oui, ça, il ne faut jamais l'oublier.
La colère, cette émotion si particulière,
elle ne dure qu'un temps.
Il y a toujours un moment où elle passe.
Il ne faut pas paniquer
et savoir être patient.
Ce qu'a su faire de la vie,
il est un homme.
Et maintenant, il va beaucoup mieux.
Il aurait pu en parler par exemple dans la voiture
avec ses parents.
Sans doute que s'ils leur avaient plus expliqué
pourquoi ils se sentaient rouges de colère,
ça l'aurait aidé à s'apaiser plus rapidement.
Viens voir !
Il lui chuchote Sacha.
Faut que je te raconte quelque chose !
Les deux garçons se rentrent dans le jardin
et s'assoient à l'ombre d'un olivier.
Le bruit des cigales couvre leur conversation
et étant mieux,
car ce que va révéler Sacha à Tom,
les parents ne doivent surtout pas le savoir.
Tu vois là-bas, vers l'entrée de la forêt.
Il y a une petite maison en pierre.
Euh oui ?
C'est la seule maison aux alentours d'ailleurs, non ?
Demande Tom.
Et oui, ici on est tranquilles.
Et bien, c'est la maison de ma meilleure amie.
Elle s'appelle Inès.
Elle a 10 ans comme moi.
Ce qui est absolument extraordinaire.
C'est que ses parents,
ce sont les gardiens d'une vieille fête foraine
qui se trouvent un peu plus bas dans la vallée.
Ah ! Génial !
Bon, ce qui est dommage,
c'est que cette fête foraine, elle est fermée
depuis deux ans maintenant.
En revanche, ce qui est génial,
c'est que les manèges y sont encore,
qui sont intactes.
Et que comme les parents sont les gardiens,
bah...
Bah quoi ?
Demande Tom qui boit les paroles de son cousin.
Bah, ils ont les clés.
Donc nous, bah on peut y aller quand on veut.
Une fête foraine, rien que pour nous.
Tu imagines ou pas ?
Mais c'est dingue ça.
Et on a le droit d'y aller ?
Ouais, ouais.
Ses parents sont d'accord.
Ou elle est mienne aussi.
Ce qu'ils savent pas, c'est que parfois,
quand on nante dans un manège,
il se passe comment dire
des choses surprenantes.
Surprenantes c'est-à-dire ?
Bah les manèges, ils prennent vie.
C'est comme s'ils partent que attendaient qu'on arrive
pour faire honnête les attractions.
Pourquoi tu comprennes bien ?
Dis-toi qu'à chaque fois qu'on y va,
bah il se passe des choses inexplicables.
Euh...
Bah, écoute, la dernière fois on y était,
Ines me disait qu'elle adorait manger
une barbe à papa.
On avance un peu,
et là, on tombe sur une vieille machine
de barbe à papa.
Qui s'était lancée toute seule, quoi.
Qui était en train de faire une énorme...
Vous l'avez mangée ?
Bah, évidemment, t'aurais fait quoi toi ?
Tom arrête alors soudainement de rêver,
et lance à son cousin.
Pfff, tu te moques de moi, c'est ça ?
Pas du tout, pas du tout.
D'ailleurs, tu verras par toi-même.
On y va demain. Et tiens,
c'est même toi qui décidera quelles manèges
tu veux tester, ça te lit ?
Mais euh, on ne risque rien ?
Demande Tom.
Bon là, on ne peut pas du tout.
Enfin, si, on risque juste de s'éclater.
Alors, t'en dis quoi ?
Une fois encore,
Tom est envahie par une étonnante émotion.
Mais là, il n'est plus question
de colère, mais uniquement
d'excitation.
J'en dis que...
J'en dis que j'ai trop hâte.
Mais d'ailleurs, il s'appelle comment ce parc ?
Ah, très bonne question, Tom.
Il s'appelle
A Braqadar Park.
Tu vas voir mon cousin.
Ces vacances, t'es pas prêt de les oublier.
En revanche,
toutes les choses extraordinaires
auxquelles on va assister,
c'est notre pacte.
On doit en parler à personne, ok ?
Ok ? Quant sur moi ?
Répondant, tellement pressé
de visiter
A Braqadar Park.
Voilà, c'est la fin de la première partie
d'A Braqadar Park.
Il va falloir attendre
une semaine avant de découvrir la suite.
Histoire proposée
en partenariat
avec la Fondation
Ronald McDonald qui accompagne
les familles d'enfants hospitalisés
en construisant des lieux de vie
à proximité et au sein même des hôpitaux.
Une histoire écrite par Benjamin Mulair,
avec l'aide du docteur
en psychologie,
Benedict Mingey.
Une histoire racontée par Céline Kalman,
réalisée par Alexandre Ferréra
et illustrée par Au Mayer.
Alors maintenant, je m'adresse à toi
qui a écouté cette histoire
et j'ai un petit jeu à te proposer.
Tu vas voir tes parents, tes frères,
tes soeurs, tes grands-parents ou tes amis
et tu leur demandes
« Hey, qu'est-ce qui te met en colère toi ?
La plus grosse colère de ta vie, tu te souviens ?
C'était à cause de qui ?
Et comment tu as fait pour te calmer ?
Tu peux prendre un papier,
un crayon et écrire leur réponse.
Ensuite,
à toi d'imaginer une histoire de quelqu'un
qui se mettrais souvent en colère
en utilisant celle que tu as notée sur ton cahier.
Tu peux aussi également imaginer
la manière qu'il a trouvé pour se calmer
quand il est tout rouge de colère.
Je suis sûre que ton histoire sera géniale.
Tu me l'enverras
pour que je la lise.
Bienvenue à Bracanapour.