Bonjour à tous, voici le troisième épisode de notre nouvelle série,
« Bienvenue à Abra Kadha Park ». Une histoire proposée en partenariat avec la
Fondation Ronald McDonald, dont la mission est de prendre soin des familles d'enfants
hospitalisés. Une histoire écrite par Benjamin Muller, interprétée par Selin Kalman,
et réalisée par Alexandre Ferreira, avec la collaboration du docteur en psychologie
Benedict Minge, l'illustration est signée au maï. C'est parti !
Souvenez-vous, dans l'épisode précédent, la première visite à Abra Kadha Park n'a pas été de
tout repos pour Sacha et Inès. Tom a encore du mal à s'en remettre. La nuit suivante,
il ne parvient pas à trouver le sommeil et repense sans cesse à ses bruits de pas si
bizarres. Il n'arrête pas de poser cette question à Sacha. « Si ce n'était pas le chat,
tu faisais ses bruits. C'était qui ? J'en sais rien ? » lui répond son cousin. « Mais c'est
sûr que c'est bizarre. » Bizarre ? Surnaturale, oui. Les jours suivants,
les enfants ne retournent pas au parc. La règle fixée par les parents d'Inès,
c'est très clair. Ils sont les gardiens de ce lieu magique et ce sont donc eux qui imposent
leur règlement. Un jour de parc par semaine et seulement le dimanche. En attendant de pouvoir
y retourner, les enfants passent une semaine de rêve entre la piscine, les ballades en vélos,
les parties de cartes au milieu des oliviers et surtout les jeux de société. « On se fait une
bataille ? Qui aime jouer à la bataille ? » La semaine passe très vite. Tom pense souvent à ses
parents. Il lui manque, bien sûr, mais il a quand même conscience d'avoir beaucoup de chances d'être
ici. Le samedi soir, le papa et la maman de Sacha invitent ce dînes pour un grand barbecue
dans le jardin. Au programme, cuisses de poulet, poisson frais, brochettes et surtout pour les enfants,
planification milimétrée de la journée du lendemain. Inès se charge de l'organisation.
« La semaine dernière, c'est toi Tom qui a choisi l'attraction. C'était cool, mais demain on
change. Sacha, c'est ton tour. Qu'est-ce que tu choisis ? » « Écoute, j'ai réfléchi toute la
semaine. Je propose qu'on aille dans le palais des énigmes. Déjà parce que j'adore et puis en
plus on est sûr qu'il n'y a pas de bruit bizarre. Le palais des énigmes ? » demande Tom. « Qu'est-ce
que c'est ? Mais pas peur » le rassurinette. « Le palais des énigmes, c'est comme un grand château
où dans chaque pièce tu dois répondre à une énigme ou résoudre un problème. » Ce qui
t'ouvre la porte suivante. « Si tu réussis à ouvrir les trois portes, alors tu gagnes. »
« Trop bien, j'adore » s'entousiait ce mot-tom. « Ouais moi aussi, mais c'est hyper dur » ajoute Sacha.
« Avec Inès, on a jamais réussi à aller jusqu'au bout. Mais cette fois-ci, ça ne va pas être pareil.
Vous avez super Tom avec vous. » À ce moment-là, le papa d'Inès, d'un air curieux,
se rapproche des enfants. « De quoi parlez-vous ? » demande Tille. « On organise notre journée de demain,
évidemment papa. » Réponse à fille. « Ah oui justement, ajoute Tille. Demain,
vous ne pourrez pas aller au parc. On fait des travaux. » « Oh non, oh non papa, non ! »
C'est Gosi Inès tellement déçu. « Je rigole ! » « Ah je rigole ! » s'empresse de rectifier le papa
d'Inès. « Bien sûr que vous pouvez y aller demain. En plus il va faire très beau. Vous allez vous
éclater ! » « Papa ! Elles sont nulles tes blagues ! » réagit Inès avec le sourire. « Il fait toujours des blagues
comme ça ! » précise-t-elle à ses amis. « Quand j'étais petite, il m'avait fait croire que les poissons avaient
bu toute l'eau de la mer et qu'on ne pouvait plus aller à la plage. J'y avais cru, et lui ça le faisait rire.
Le lendemain, enfin de matinée, les enfants arrivent au parc, surexcité, comme vous pouvez l'imaginer.
Ça t'est déjà arrivé à toi d'être surexcité par un événement ? Comme la veille de ton
anniversaire par exemple, surexcité à tel point que tu n'arrives pas à t'endormir. Ou alors tout
simplement de te sentir remplis de joie, comme si une explosion de joie se passait en toi. C'est
agréable, non ? Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il existe énormément de formes différentes de joie.
Il y a la joie collective. Vivre un grand moment, un plusieurs, ça peut être encore plus fort.
C'est un peu ce que vive en ce moment Tom, Sacha et Inès.
Les enfants pénètrent une fois encore dans le parc. Inès branche le courant et tous les
trois prennent la direction du palais des énigmes. « Je passe devant, » dit Sacha. « Les
énigmes changent à chaque fois. Notre maximum avec Inès, c'est la deuxième porte. On était
contents, mais évidemment, au rêve d'ouvrir la troisième et de gagner. T'es motivé Tom,
comme jamais. Allons-y ! » La première pièce est toute rose. Il y a des petits canapés sur le côté,
de couleur rose également et sur une table basse, une télévision. Elle salume au moment où Sacha
ferme la porte. Un visage apparaît, celui d'un vieil homme, avec les cheveux blancs et une longue
barbe blanche. Il ressemble au père Noël, mais habillé avec un t-shirt rose. Il prend la parole.
« Visiteurs, bienvenue dans le palais des énigmes. Rors sont celles et ceux qui réussissent à sortir
d'ici en ayant répondu à toutes les questions. Êtes-vous prêts pour la première ? »
Tom sert les points. Il est très concentré. « Ne vous inquiétez pas, elle est très facile ! »
dit l'homme. « On peut me trouver au fond d'un bateau de pêche, mais également au milieu
d'un cours de tennis. Qui suis-je ? Vous avez 30 secondes ! » « Je suis au fond d'un bateau de pêche.
« Un poisson ? » dit Tom. « Une carapèche ? Oui, mais je suis également au milieu d'un cours de tennis.
« T'as déjà vu un poisson dans un match, toi ? » rigole Sacha. « C'est un filet, bien sûr ! » dit Tinesse.
Le vieil homme ouvre grand les yeux. « Bravo ! Vous pouvez entrer dans la nouvelle pièce ! »
« J'aurai la prochaine ! J'en suis sûre ! » se rassurent-ils.
La configuration de la deuxième pièce est différente. Elle est toute jaune. Il y a du sable au sol et les murs
sont recouverts de photos de champs de tournesol. Ici, aucune télé, mais un vieux poste de radio.
Une fois la porte fermée, celui-ci s'allume. Et cette fois, une voix de grand-mère se fait entendre.
« Deuxième question ! Concentrez-vous ! » dit la voix. « Pendant une course de vélo, si je suis troisième,
et que je double le deuxième, à quelle place je me trouve ? » Tom a un grand sourire. « Facile ! On est premier, on est en tête ! » dit Tinesse.
« Attends, attends, attends ! » l'arrête s'achat. « Je ne suis pas si sûre ! Réfléchissons ! Je suis troisième ! »
Cela veut dire que devant moi, il y a deux cyclistes, on est d'accord. « Oui, c'est ça ! »
« Si je double un des deux, il en reste toujours un devant moi, non ? » « Euh, oui ! » répond Tom. Il comprend son erreur.
« Donc je suis deuxième ! Oui, c'est ça ! » reprend Inès. « On est deuxième ! On est deuxième ! »
crée-t-elle face au poste de radio. « Bravo ! » dit la vieille voix. « Vous n'êtes plus qu'à une bonne réponse de la victoire ! »
La porte s'ouvre. Sacha et Inès ont le sourire au lèvres. Mais Tom, pas du tout.
« Je suis nul ! » pense-t-il. « Je ne trouve rien, aucune réponse ! » Tom se sent honteux et a envie de quitter le jeu.
« Maintenant je me tais ! J'en ai marre de répondre des bêtises ! » pense-t-il.
La troisième pièce est toute bleue, mais un bleu vif, magnifique. On se croirait dans le ciel.
Ici, pas de canapé ni de sable au sol, mais une moquette très moelleuse.
Ça donne presque envie de se jeter dedans, comme dans une piscine.
Le long de l'un des murs, il y a une petite table, bleue évidemment, avec dessus, un rétro-projecteur.
Quand Inès ferme la porte, celui-ci s'allume automatiquement et projette sur le mur bleu le visage d'un enfant, qui doit avoir, 7 ou 8 ans, l'âge de Tom.
Voici la dernière énigme. Si vous trouvez, vous remportez la partie, et vous pourrez dire au monde entier que vous avez résolu le mystère du palais des énigmes.
Voici la question. Si deux flamands roses pèsent à eux de 8 kilos quand ils sont sur leur deux pattes, combien peste-t-il s'ils se mettent chacun sur une seule pâte ?
Ah, c'est des mattes, j'adore !
Cris Inès.
On va gagner, je le sens. Tom.
Tom n'ose rien répondre. De peur de dire une bêtise.
Bon, c'est une division.
Lance Sacha.
Sur deux pattes, il font 8 kilos. Ça veut dire que chaque animal fait 4 kilos quand il est sur ses deux pattes.
Oui, c'est ça.
Ajoute Inès.
Donc sur une pâte, on divise par deux. Chaque flamand rose pèse 2 kilos. Et donc à eux deux, il pèse 2 plus 2 kilos, soit 4 kilos.
Tu valides, Sacha ?
Oui, oui, c'est ça. On va gagner.
Dit-il.
On va gagner.
Sacha s'approcha du boîtier pour valider sa réponse. Quand Tom lui saute dessus.
Attendez, attendez !
Au style.
Je sais que jusqu'à maintenant, j'ai répondu à côté. Mais là, j'ai l'impression que vous vous trompez.
Ah bon ? Ok, explique-nous.
Dit Inès, sans tromper croit.
Bah, à l'énoncé, c'est si deux flamand roses pèsent à eux deux 8 kilos, quand ils sont sur leurs deux pattes.
Combien peste-t-il s'ils se mettent chacun sur une seule pâte ?
Bah, c'est un piège. Qu'ils soient sur une pâte, sur deux pattes, ou qu'ils soient assis, ils pèsent toujours le même poids, non ?
Par exemple, toi, Sacha, quand tu sois sur une ou sur deux jambes, bah tu pèses pareil, non ?
Sacha écarquit les yeux.
Mais tu es raison ? Evidemment, c'est un piège.
Oh là là, on a failli tomber dedans.
Enchaîn Inès.
Donc ils pèseront toujours 8 kilos. Voilà la réponse.
Dit Tom.
On valide ?
Oui, on valide.
Répondant cœur Sacha et Inès.
8 kilos.
Crit Tom devant la machine.
Le petit garçon projeté sur le mur fait un grand saut sur lui-même et se met à crier.
Bravo ! Vous avez gagné ! Vous êtes arrivés au bout du palais des énigmes.
Inès et Sacha sautent dans les bras de Tom avec tellement de passion qu'ils tombent par terre.
Bravo Tom ! C'est grâce à toi qu'on a gagné. T'es trop fort mon cousin.
Ajoute Sacha.
Tom, lui, est passé en quelques secondes d'un état de découragement et même de fébrili-té
à un grand moment de bonheur, de fierté, en un mot de joie.
Ils sentent qu'il est en train de devenir tout rouge, comme lorsqu'il est vraiment très heureux.
La dernière porte s'ouvre et les enfants sortent du palais des énigmes.
Trois enveloppes sont devant cette porte.
Sur chacune d'elles est inscrit le prénom de l'un des enfants.
Mais comment est-ce possible ? Il y a nos noms inscrits dessus.
S'interroginesce.
C'est étrange, oui.
Reprends Sacha.
Il n'y a personne ici. Et pourtant quelqu'un vient de les déposer.
Tom prend son enveloppe, l'ouvre, et à l'intérieur,
il y a un ticket avec écrit dessus.
En ce jour du 16 juillet, Tom réussit l'exploit
de vaincre les mystères du palais des énigmes.
Ce ticket, on est la preuve, à jamais.
Génial !
Hure le Tom, tellement fier.
On dit souvent qu'on éprouve de la joie
après avoir accompli quelque chose, réussi une mission.
Que l'on se sent fiers de soi.
Et bien Tom, à ce moment précis, est très fier de lui-même.
Et il a bien raison.
La joie est un sentiment très furtif, mais terriblement plaisant.
Ouais, génial !
Reprends Sacha, qui a lui aussi senti qu'il est gagnant, comme Inès évidemment.
Mais quand même, qui a déposé ça là ?
Et qui a su qu'on allait gagner aujourd'hui ?
J'en sais rien ?
Mais vous savez quoi ?
Ce n'est pas ce qui va me gâcher le plaisir d'avoir gagné.
Voilà, c'est la fin de ce troisième épisode
de notre série Bienvenu à Abra Kadha Park.
Une histoire écrite par Benjamin Miller,
avec l'aide du docteur en psychologie, Benedict Mingey.
Histoire racontée par Céline Kalman,
réalisée par Alexandre Ferréra,
et illustrée par Omaï.
Une histoire proposée en partenariat
avec la fondation Ronald McDonald,
dont la mission est de prendre soin
des familles d'enfants hospitalisés.
Alors maintenant, je baderais ça à toi,
qui a écouté cette histoire.
J'ai un petit jeu à te proposer.
Tu vas voir les personnes autour de toi,
tes proches, tes amis, ta famille,
et tu leur demandes
quelle a été jusqu'à aujourd'hui ta plus grande joie dans la vie ?
Ça peut être la naissance d'un enfant,
réussir un examen,
avoir gagné une compétition,
une coupe, une course, un concours.
Tu peux aussi prendre un papier et un crayon
et tenter de dessiner tes plus grandes joies dans la vie.
Tu peux aussi essayer d'imaginer une histoire
où les personnages connaîtraient les joies
que ton décrit est proche.
Ça te dit ?
Ça, ça sera une histoire sympa.
Je suis certaine.