Bonjour à tous !
Aujourd'hui, je vais vous raconter une nouvelle histoire.
Ça s'appelle « L'école de Léon », un livre signé Search Block aux éditions Albin Michel Genès.
Oui, je sais !
On ne dit pas « L'école à Léon », mais « L'école de Léon ».
C'est Karine qui me l'a dit. Et Karine, c'est ma maîtresse.
Elle est très belle, parce qu'elle a des cheveux très longs de princesse.
J'ai eu maîtresse maintenant, parce que je vais à l'école.
À l'école maternelle.
C'est en haut de la rue où il y a ma maison.
C'est pratique, parce que le matin, on a juste à monter.
Et le soir, à descendre.
Avant, j'allais à la crèche.
Mais voilà, maintenant je suis grand, je n'ai plus de couches,
alors je vais à l'école depuis la rentrée.
La rentrée, c'est le premier jour où on va à l'école.
C'est-à-dire que le matin, il faut se lever.
Maman me dit, debout mon Léon, il faut se réveiller.
Mais moi, je le réponds.
Laisse-moi dormir. Laisse-moi dormir.
Je ne peux pas sortir de mon lit.
J'ai encore sommeil, parce que, évidemment,
hier soir, je me suis levée pour un petit bibron d'eau,
un petit câlin avec maman, une petite cassette et un petit bisou de papa.
Mais maman me dit, allez Léon, lève-toi.
Aujourd'hui, c'est la rentrée. Il ne faut pas être en retard.
Je finis par me lever. Je m'habille.
Enfin, maman m'aide un peu.
Je prends un bon gros petit déjeuner et, zo, on est partis.
Sur le chemin, je suis un peu inquiète.
Mais maman et papa me disent que je vais me faire plein de copains.
Et puis, je serai avec mon grand frère.
Allez, mon Léon, on y va maintenant.
Et c'est là que tout a commencé.
En arrivant, on nous a mis un écriteau autour du cou.
Tous les enfants, on avait, comme des étiquettes dans un magasin.
Peut-être qu'on allait nous vendre.
Mais papa m'a expliqué qu'il y avait mon nom dessus
et aussi le nom de ma maîtresse.
À l'intérieur, on a dit bonjour à Mme Rouget, la directrice.
Bonjour, Léon.
Et on est allés dans ma classe.
C'est la classe des petits de Karine.
Et là, c'était l'horreur.
Il y avait plein d'enfants qui pleuraient,
des vrais sirenes de police
et plein de parents qui essayaient de les consoler.
Et au milieu, comme sur une île,
il y avait Karine avec ses cheveux très longs de princesse.
C'était ça, l'école.
J'ai serré la main de maman
et j'ai senti comme si je pleurais à l'intérieur
pour pas que ça se voit.
Mes parents ont discuté avec Karine
et ont fait le tour de la classe.
Puis, ils m'ont dit au revoir.
Là, j'ai vu une petite larme au coin de l'œil de maman.
Pour les mamans non plus, ça n'a pas l'air drôle la rentrer.
Et puis, ils sont partis.
Toute la journée, on a fait plein de choses.
On a collé des gomettes.
Karine nous a chanté des chansons.
On a goûté, sauf ceux qui n'ont fait que pleurer.
Puis, le soir est arrivé.
Maman est venue me chercher.
Ouf !
Je lui ai dit, maman, tu vois, c'est fini l'école.
Je n'ai plus besoin d'y retourner.
Maman m'a répondu que l'école, c'était tous les matins.
Et j'ai pensé, aïe aïe aïe.
Alors, c'est tous les jours la rentrée.
Mais maintenant, j'aime mon école.
Il y a beaucoup d'adultes pour s'occuper des enfants.
Mme Rouget, la directrice.
Coralie, la maîtresse musicienne des petits grands.
Ronaldo, le maître bricolot.
Anne, la grande maîtresse des grands.
Karine, ma maîtresse.
Marie-Lise, la maîtresse jardineuse.
Yolande, la gardienne.
Sylvie, qui aide les maîtresses.
Rashida, la femme de la cantine.
Et Nathalie, qui aide Rashida.
Et puis, j'ai beaucoup de copains.
César, mon copain de bagarre.
Madame Lucie Jeceto.
Margot, Félix.
Louise, Madame Bobo.
Monsieur Marius dans la lune.
Marcel, qui ne tient pas en place.
Antonin, le roi des bêtises.
Zoé et sa tétine.
Elodie, qui est toujours amoureuse.
Tout ce qu'on a le droit de ne pas faire.
On ne se bat pas.
On ne se griffe pas.
On n'apporte pas de jouer à l'école.
On n'arrache pas les plantes.
On ne monte pas sur le toboggan quand il est mouillé.
On ne monte pas sur les lavabos.
On ne joue pas avec l'eau.
On ne bouge pas les toilettes avec du papier.
On ne se pousse pas dans les escaliers.
On ne glisse pas sur la rampe.
À l'école, il y a plusieurs classes.
Des classes de petits, de petits moyens,
de moyens grands et de grands.
Mon frère, il est moyen grand.
Sa classe est en haut.
La mienne est au bout du couloir.
Quand j'arrive, j'accroche mon manteau.
Là où il y a ma photo.
Je fais un bisou à maman et hop au boulot.
Dans la classe, on choisit son activité.
Pour aller jouer au garage, je mets le collier bleu.
Il y a une couleur de collier par activité.
Mais au garage, il y a déjà César.
César, c'est mon copain.
Sauf que là, il a pris la camionnette rouge.
Celle que justement je veux.
Carine arrive et nous sépare.
Elle nous explique qu'à l'école, on partage les jouets.
Et que chacun pourra avoir la camionnette à son tour.
Ça s'appelle la vie en société.
N'empêche, on est toujours autant en vie.
Après, on s'assoit tous autour de Carine.
On dit des cantines et on mime avec les doigts.
Jamais on ne vit, jamais on ne verra
La famille dorti, bougera près
Les rats, le papa
Torti et la maman
Torti et les enfants
Torti et les enfants, toujours au pas.
Ensuite, c'est l'heure de la gymnastique.
On fait des parcours.
Il faut être courageux parce que parfois, c'est très dangereux.
On apprend l'équilibre.
Puis, c'est la collation.
Aujourd'hui, c'est moi qui fais la distribution.
Il y a des gâteaux et une brique de lait pour chacun.
Après, on va à la récré.
A la récré, je retrouve mes copains.
On prend des petits vélos et on crie, on crie, on crie.
Quand on rentre dans la classe, on dessine.
Et on joue à la pâte à mot de lait.
Puis, on va faire pipi et se laver les mains avant d'aller déjeuner.
La cantine, c'est sérieux.
Je mange de tout parce qu'ici, manger, jouer, apprendre, c'est mon travail.
Après, on fait la sieste dans le dortoir, avec le doodoo qui reste à l'école.
Parce qu'on est fatigué d'avoir beaucoup travaillé.
Puis, on se rhabille.
C'est pas facile.
Il ne faut pas se tromper de pied.
Et Karine nous raconte des histoires.
Un des francs qui se balançait sur une toile de toile de toile de toile de toile
T'as le monde, tellement, tellement d'amison que tu t'accous.
Baaah, d'aah.
Enfin, c'est l'heure des mamans.
Ça veut dire que les mamans arrivent pour nous chercher.
Mais parfois, ce sont les papas, les mamies ou sabrinas.
En tout cas, l'école est finie.
Alors je rentre à la maison.
Dans mon école, j'ai des amis.
Parfois, je pleure.
Parfois, je rit.
Dans mon école, je grandis.
Voilà, c'était l'école de Léon.
Un livre signé Serge Block aux éditions Alba Michel Genès.
Encore une histoire, un podcast réalisé par Alexandre Ferréra
raconté par Céline Kalman sur une idée de Benjamin Muller.
N'hésitez pas à vous abonner sur notre chaîne de podcasts,
à me noter ou demander-le à vos parents.
Ça nous encourage beaucoup pour la suite.
Bientôt, une nouvelle histoire.
Je vais la ressaire.