Mon père est un chef

Durée: 11m22s

Date de sortie: 04/05/2023

Ce jour-là, quand il rentre de l’école, Noah sent qu’il se passe un truc bizarre. Déjà parce que ses parents sont là, alors qu'ils sont toujours au travail. Aussi, parce qu’ils sont plantés comme des piquets dans la cuisine en faisant une drôle de tête, surtout son père...


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Cécilia Dorai. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Montage et mix :Studio Module. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Quentin Laville.

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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vous vous racontez, mon père est un chef, une histoire écrite
par Cecilia Dorey.
Ce jour-là, quand je rentre de l'école, je sens direct qu'il se passe un truc bizarre.
Déjà parce que mes parents sont là, alors que d'habitude je suis tout seul.
Et aussi parce qu'ils sont plantés comme des piquets dans la cuisine en faisant une
drôle de tête.
Surtout mon père.
Ma mère s'installe à table et me dit...
Noa, on est rentrés de bonheur aujourd'hui parce qu'on voudrait te parler.
C'est bien ce que je pensais.
Il se passe quelque chose.
Voilà, ce matin mon patron m'a convoqué dans son bureau et il m'a remercié pour
toutes mes années de loyaux-service.
Bah ça c'est parce que t'es un super chef de chantier, pas !
Noa, remercier dans le monde du travail, ça veut pas juste dire merci.
Bah ça veut dire quoi alors ?
Ça veut dire merci et au revoir.
J'ai perdu mon travail.
Mais c'est provisoire, ton père va retrouver du boulot, c'est sûr.
Tous les chantiers ont besoin d'un chef de chantier et des chantiers, j'en ai croisé
une bonne dizaine sur la route.
Ma mère, elle a un super pouvoir.
En une phrase, elle redonne le sourire à mon père et calme mes inquiétudes.
Finalement, c'est peut-être pas si grave de perdre son travail.
Au début, mon père est hyper actif, il a toujours les mains occupées.
Noa, viens voir, j'ai refait tous les joints de la salle de bain.
Ils étaient dans un état et puis j'ai redonné un coup de blanc dans la buandrie.
Et tu pourras vérifier, il n'y a plus une seule porte qui grince.
Résultat, une semaine après, la maison est comme neuve.
Et comme il n'y a plus de bricolage à faire, mon père tombe dans l'aspirale de l'ennui.
Il me fait un peu penser à moi en cours de maths.
Sauf que moi, ça dure qu'une heure alors que pour lui, les jours défilent et son orale flanche.
D'ailleurs, après l'école, je le retrouve sur le Péron dans le même état que ce matin.
Salut Pa ! Quoi de neuf ?
Bah, tu sais rien de neuf.
T'es toujours en robe de chambre ?
Bah oui, pourquoi ?
Bah, parce qu'il est 17h.
Ah ouais ?
Déjà ?
Il a la voix cassée, comme quelqu'un qui a parlé à personne de la journée.
Je file dans la cuisine en espérant qu'il ait épargné le stock de barre chocolatée.
Mais au vu du nombre d'emballages qui traînent sur la table, je finis par attraper une banane un peu trop mûre.
Mon père est déjà assis dans le canapé.
Je m'installe à côté de lui.
On reste là tous les deux dans le silence avec un bruit de fond, moi qui mâche ma banane.
Le lendemain, c'est samedi.
Comme ma mère est floriste, elle part tôt et rentre tard, ce qui annonce de longues heures en tête à tête avec mon père.
Le week-end dernier, c'était pas la fête.
On n'a rien fait, si ce n'est à attendre le retour de ma mère qui est rentré particulièrement tard.
Du coup, aujourd'hui, j'ai préparé toute une liste d'activités spéciales perfices.
Papa, on va faire un tour en vélo ?
Oh non, je suis pas motivé.
Bon bah, on se fait un frisbee dans le jardin ?
Bof.
Ok, on oublie le sport.
On n'a qu'à cuisiner un truc pour Spiny.
Noa, insiste pas.
Allez !
De toute façon, il n'y a rien dans le frigo.
Mais quand on cherche, on trouve. C'est toi qui n'est toujours ça.
Comme il ne bouge pas, je cherche moi-même et je trouve de quoi faire des crêpes.
Ça changera des barres chocolatées.
Je motive mon père qui finit par enfiler son tablier par-dessus sa robe de chambre.
Alors qu'il casse les oeufs, il me semble apercevoir un début de sourire derrière sa barbe broussailleuse.
Quand j'étais petit, ma mémé disait toujours, rien de tel qu'une bonne crêpe quand on a le moral dans les chaussettes.
Elle avait l'air sympa ta mémé.
C'était la meilleure. Elle m'a transmis tellement de choses.
Quoi, par exemple ?
Par exemple, ma passion pour la cuisine.
Toi ? Passionnée pour la cuisine ?
Bien sûr.
Tu sais, avant d'être chef de chantier, je voulais être chef de cuisine.
Tu plaisantes ?
Non, non.
T'as qu'à aller cheter un oeil dans le grenier.
Il y a une vieille malle avec mes cailles de recettes à l'intérieur.
Aussitôt dit, aussitôt fait, je fonce dans le grenier et fouille dans le bazar.
Je finis par dénisser une vieille malle poussiéreuse avec le nom de mon père écrit dessus.
En soulevant le couvercle, je débuce que les fameux caillés.
Quand je redescends, on mange nos crêpes tout en disant les recettes qu'il a consignées à l'intérieur.
Et rien que les noms m'impressionnent.
Flans d'oursin moelleux et son fumet de céléry,
canard au porto et sa poêlée de lentilles corail,
crabes en coque accompagnées d'une soupe au fenouil.
Pas d'idon. C'est super impressionnant.
C'est que j'étais doué à l'époque.
C'est clair. T'aurais pu en faire ton métier ?
J'aurais bien aimé, mais mes parents n'étaient pas d'accord.
Pourquoi ?
Parce qu'ils disaient qu'une passion et un travail étaient deux choses différentes et qu'il ne fallait pas mélanger.
Alors t'as laissé tomber ta passion et t'es devenu chef de chantier ?
Non, non, je me suis inscrit à un concours culinaire.
Je voulais prouver à mes parents que j'étais capable, j'ai travaillé comme un malade, mais...
Mon père referme son caillé et je comprends que ses efforts n'ont pas suffi.
La conversation s'arrête là et son sourire disparaît.
Le dimanche matin, j'empreinte l'ordinateur et j'effectue des recherches.
Au bout d'une heure, je trouve mon bonheur et en quelques clics, le tour est joué.
Le soir, j'attends qu'on soit tous réunis à table pour faire mon annonce.
Papa ? Je t'ai inscrit à un concours.
Un concours ? Un concours de quoi ?
Bah... De cuisine.
Ma mère avale de travers et mon père devient blanc comme un âge.
Pendant une seconde, j'ai l'impression d'avoir commis une bêtise.
Mais très vite, ma mère active son super pouvoir.
Génial, c'est quoi ce concours ?
C'est le championnat de France de cuisine amateur.
Les sélections régionales ont lieu dans un mois.
Mon père reste silencieux et frotte frénétiquement son énorme barbe.
On dirait moi, comme mon prof de maths m'interroge au tableau.
Je continue d'en balancer.
Papa, ce concours, on va le préparer ensemble.
Tu dis toujours qu'à dans la vie, il faut avoir des objectifs.
Eh ben voilà, j'en ai trouvé un.
On commence demain à mon retour de l'école, ok ?
C'est une super idée, Noa.
Et puis ça va rappeler des souvenirs à ton père, n'est-ce pas ?
Ce sera l'occasion de prendre ta revanche.
Mon père a quiès, vite fait.
Je vois surtout qu'il ne veut pas me faire de peine.
Je me suis peut-être un peu emballé avec cette histoire de concours.
Le jour suivant, quand j'arrive à la maison, j'entends du bruit dans la cuisine.
Je pousse la porte et là, wow !
Papa, tu t'es habillé et tu t'es même rasé.
On ne peut pas se permettre d'être négliger en cuisine.
La rigueur, c'est la règle numéro un pour être un bon chef.
Mon père enfile son habillé et mentant un deuxième rire pour moi.
Le concours est dans un mois, tu dis ?
Alors on n'a pas une minute à perdre.
La règle est simple.
A partir d'un panier d'ingrédients surprises et d'un temps imposé,
mon père va devoir sortir un plat unique et savoureux.
Ensemble, on établit un plan d'attaque.
Ma mémé disait toujours, une bonne recette, c'est d'abord de bons ingrédients.
De l'huile de coude, un peu de présentation et en avant les papilles.
Et concrètement, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'une recette se construit en quatre étapes.
Inspiration, création, dressage et dégustation.
Et concrètement, ça veut dire quoi ?
Concrètement, on flanne sur les marchés et chez les petits producteurs du coin
qui nous font découvrir des produits de saison plein de saveurs.
On prépare chaque jour une recette différente pour améliorer la technique de mon père.
Ma mère nous file un coup de main pour composer de belles assiettes.
Avec son œil de fleuriste, elle a le sens du détail et elle sait harmoniser les couleurs.
Enfin, on prend place tous les soirs autour de la table en mode critique gastronomique.
Alors ? C'est comment ?
C'est super bon, pa !
Quoi ? Juste bon ?
Ah non, pas juste bon ! C'est très très bon !
C'est tout, juste très très bon !
Mon père goûte à son tour, mais lui, il se montre bien plus bavard à l'égard de son plat.
Alors, voyons voir.
Ouf, déjà ça manque de sel.
La cuisson du poisson est bonne, il est bien accréé.
Ah, la sauce, c'est pas encore ça ! Elle pourrait être plus onctueuse.
Par contre, les légumes ont du goût, ils sont bien croquants.
Petit à petit, mon père retrouve son savoir-faire.
Il s'améliore à vue d'œil, enfin, plutôt à vue de bouche.
Et surtout, il a définitivement rangé sa robe de chambre au placard.
Après des heures et des heures de préparation, on est prêt.
Enfin, il est prêt.
C'est le grand jour.
Exceptionnellement, ma mère a fermé son magasin pour nous accompagner au concours.
On débarque tous les trois dans une salle de réception immense qui fourmille de cuisiniers.
On passe par l'accueil pour récupérer le numéro de dossard de mon père qu'il colle sur sa veste de cuistot.
Oh, c'est la classe ! Tu ressembles à un sportif comme ça.
C'est pas faux. Mais tu sais, un concours de cuisine, c'est pas si différent d'une course.
On a une épreuve pour gagner.
Et tu sais ce qui compte pour gagner ?
Euh, alors, l'inspiration, la création, la dégustation...
Ah non, non, non, non ! L'odrissage et la dégustation.
Mon père éclate des rires. Visiblement, je n'ai pas bien retenu la leçon.
Même si ce ne sont pas des maths.
Ce qui compte, c'est l'entraînement. Et comme j'ai eu un super entraîneur, je ne suis pas inquiet.
Tu parles de ta mémie ?
Non. Je parle de toi, Noa.
Je deviens rouge comme une tomate. Mais mon père le voit pas.
Il est trop occupé à s'installer à son poste de cuisine.
Ma mère et moi, on prend place dans les gradins.
Une fois ci, j'ai sacrément la boujotte.
Il faut dire que mon cœur tombourine à l'intérieur de ma poitrine comme si c'était moi qui concourait.
C'est bon, Noa. Détends-toi. Tout va bien.
Regarde ton père. Il rayonne.
Je lève les yeux et je croise son regard.
C'est vrai qu'il allait re-reux.
Il me fascine avec son pouce et je lui réponds en formant un V avec mes doigts.
Je suis fier du chemin que l'on a parcouru.
La compétition commence et je me fiche bien du résultat.
Je sais que, quoi qu'il arrive, tout ira bien pour nous.
Voilà, l'histoire est finie.
Avec l'équipe, on aimerait beaucoup que vous nous disiez ce que vous avez pensé de cette histoire.
Dites-le-nous par mail à l'adresse eloarobaztelming.com, sur Instagram,
ou pour celles et ceux qui nous écoutent sur Spotify en cliquant sur le bouton Répondre,
situé sur la page de l'épisode.
Merci d'avance. Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.
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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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