C'est l'histoire de Milidae.
Coucou, c'est moi Milidae. Dans le salon de thé et des mains, on se bouscule pour déguster
de délicieux thé. Mais en cuisine, les théières font grise mine. On ne parle que des thé et
jamais des théières. Ça ne peut plus durer. Tu es bien installée ? Je vais te raconter.
Dans le salon de thé et des mains, les gens du monde entier se bousculent pour venir boire une
tasse de thé en été. C'est le rendez-vous incontournable près de la plage. Vous avez
une tasse de thé à la rose. Et cette saveur qui explose, je me sens toute chose. Sur les étagères,
en cuisine, l'atmosphère n'est pas aussi légère. Si les clients du salon avaient ton du l'oreil,
ils auraient entendu soupirer et ronchonner. Mais ils sont trop occupés à s'iroter leurs thé.
Quand arrive la fin de journée, chacun rentre dans sa maison et ma ferme son salon.
Quelques minutes se passent dans le silence le plus total. Puis, une petite voix, toujours la même,
s'agace. « Lumière ! Quelqu'un peut allumer ? » « Moi, j'arrive pas ! » « Oui, c'est normal. Tu
ne peux pas éclairer. Tu n'es pas une lumière. Tu es une petite théière. Il n'y a que moi,
qui peut illuminer le salon. Se vente la lumière. Ah là là ! Ah, sans moi, vous resteriez dans le
noir sans rien voir. Bon, je ne vous fais pas attendre plus que ça.
Ah, merci, trouvez-mable ! » Réplique la petite théière à poids. « Ah là là là là ! Oh,
moi, j'en peux plus ! On a travaillé comme des forcenés toute la journée. Et évidemment,
personne ne pour nous remercier. Et il n'y en a que pour l'été. » « Calme-toi ! Calme-toi ! »
Murmure et la théière en verre. « Ce n'est pas bon pour la santé de se mettre en colère. Je vais te
faire un thé au jasmin. Ça va te faire, tu viens. Sans moi, c'est doux, parfois.
Ah, c'est vrai que ça sent bon, les thé au jasmin. Ah, mais dis donc, je n'avais pas remarqué. Avec
toi, la théière en verre, on peut admirer les feuilles de thé infusées. Oh, c'est drôle,
mon beau, à regarder ce thé qui devient de plus en plus foncé. Oh, t'es vraiment une
théière extraordinaire, hein ! Oh, merci. C'est gentil. » « Oui, bon, on ne va pas en faire
tout un plat non plus. » « Ça gasse la théière en argent. » « Moi, je ne suis pas transparente comme
toi, mais regardez ce que j'arrive à faire. Allez, c'est ma tournée. T'es à la mente pour tout le monde. »
« De l'eau bouillonnante, quelques morceaux de sucre. Mais attention, vous n'avez encore rien vu.
Est-elle une mongole fière ? » « La théière en argent s'envole dans les airs. » « Puis, se penchant
délicatement, elle verse de très haut le thé à la monte dans des petits vents. » « Wow, bien
visée. T'en as même pas renversé. Toi, la théière en argent, t'as un sacré talent pour verser le thé. »
« Applaudi, la petite théière en faisant claquer son couvercle. » « Oh, je sais, je sais. » « Réplique toute fière la théière en argent. »
« Oui, bravo ! Bravo, bravo ! » « S'exclame la théière en porcelaine. » « Mais on n'est pas obligés non plus de faire un numéro pour verser le thé.
Personnellement, j'attache une grande importance à l'élégance. »
« Je sais monter Earl Grey à la bergamotte dans des tassons en porcelaine à sortie à ma tenue. »
« Et je tiens à ce qu'on boive monter de manière distinguée en gardant les petits doigts à lever. »
« Ah oui, trop stylé. Mais ce n'est pas un peu risqué, parce que la porcelaine s'est fragile tout de même. »
« Je remarque la petite théière à poids. » « Ah oui, les risques du métier chez nous, les taillères en porcelaine, c'est de se retrouver et toutes cassées, toutes ébrachées déclarent la théière en tremblant. »
« C'est pour ça que moi, la théière en acier, je me mets devant dès que je vois des petits maladois avec moi, pas de risque de casse. Mais je les préviens et je répète tout le temps. »
« Je fais enfuser mon ténoir dans une noix à 90 degrés. Alors faut surtout pas le renverser. »
« Ah ça oui. » « Réponds la petite théière à poids. »
« On est quand même incroyable nous les taillères. »
« Et chacune a son style et ses manières. Toi, la théière en acier, tu es vraiment la plus forte. »
« C'est vrai que je suis du jour en acier musclé. »
« Ce ventre, la théière en acier. »
« La théière en argile. »
« Je suis réputée pour mémoriser le thé. »
« Eh oui, je suis une théière qui se souvient. »
« Je n'oublie rien. »
« J'utilise toujours la même thé, qui s'imprégnait au moi et dévoile ainsi ses arômes délicats. »
« Il faudrait quand même qu'on rappelle tout ça Emma. »
« Sans nous, les théières, eh bien le salon thé n'aurait pas autant de succès. »
« Bon, je me charge de lui en parler. »
Le lendemain, quand Emma revient, la théière à poil lui raconte tout.
Emma sourit, réfléchit puis déclare.
« Vous avez entièrement raison mes théières chérie. »
Quelques temps plus tard, de nouveaux bruits résonnent dans le salon de thé.
Mais ce ne sont pas les théières qui ronchonnent,
ni les clients qui s'extasient devant un nouveau thé qu'ils viennent de goûter.
Non.
Ce sont des bruits de perceuse, de marteau.
Emma a décidé d'exposer les théières sur tous les murs du salon.
« Waouh, c'est génial ! »
S'exclame la petite théière à poids.
« Maintenant, on me regarde vraiment. Il y en a même qui comptent mes poids. »
« Un, deux, trois, c'est trop cool ! »
« Oh, et moi, je suis carrément dans une vitrine avec mes petites tasses. »
« Oh, c'est beau couture la classe ! »
Se réjouit la théière en porcelaine.
Désormais, quand les clients entrent dans le salon,
ce sont les théières qu'ils vont en premier et pas les thé.
« Euhh, ils ne faudraient quand même pas nous d'oublier ! »
Bougonne les thé dans les boîtes à thé.
« Ah mais non, il n'y a pas de danger ! »
Les rassurent la petite théière à poids.
« En revanche, il y a un truc que je ne comprends pas. »
« Pourquoi Emma a accroché ce tableau ? »
« C'est une peinture qui représente un arbuste. Mais qu'est-ce qu'il vient faire là, celui-là ? »
« Bah c'est notre papa ! »
« Bah c'est notre papa ! »
Réplique au citoulité, atterrée.
« Votre papa ? »
S'étonne la théière à poids.
« Bah oui, un oléthé ! On revient à un touche du théier ! »
« C'est un arbuste, on feuille aromatique ! »
Et sans théier, il n'y aurait pas de thé.
Alors fait quand même un petit peu normal qu'il y ait une peinture de lui accroché au mur.
« Ah mais bien sûr ! Mais comment on pouvait deviner que vous venaient du théier ? »
« On ne l'a jamais vu, nous, cet arbuste. »
Il aurait quand même pu passer nous saluer son porte la petite théière à poids.
« Bah il peut pas ! Les théiers ne vivent pas ici ! »
« Ils poussent en Chine, en Inde, au Kenya et au Sri Lanka ! »
« Ah d'accord, alors je comprends mieux. »
« En même temps, si personne ne nous le dit, on peut pas deviner »
Fait remarquer la petite théière à poids.
« Mais le principal, c'est que maintenant, on est tous là dans le salon des mains. »
« Les théés, le théier et nous, les théiers extraordinaires. »
Et ça vous dirait un petit thé pour fêter ça ?
« Oh non, l'histoire est déjà finie ! »
« T'en fais pas ? Tu peux retrouver Milide en t'abonnant à son podcast. »
« Les histoires de Milide. »
« Mais oui, le podcast est disponible gratuitement sur Apple Podcasts, Spotify, la RTS et toutes les plateformes de streaming audio. »
« C'est super facile, il suffit de taper dans la barre de recherche les histoires de Milide. »
« Tu peux y écouter toutes ces aventures. »
« Il y en a une nouvelle chaque dimanche matin. »
« Yes, trouves-tu bien ? »
Alors, ça t'a plu ?
C'était « Sa Chauffe chez les théières » écrit par Christine Tompéi.
Allez, ciao bisous !
Voilà, c'était l'histoire.
L'histoire de Milide.
« Sa Chauffe chez les théières »