Bonjour à tous, bonjour les enfants, j'espère que vous allez bien.
Aujourd'hui je suis très heureuse de vous raconter une nouvelle histoire qui a été
écrite par une amie à moi qui s'appelle Hélène Zélanis.
L'histoire s'appelle Alistès au pays des neiges éternels.
Encore une histoire est un podcast réalisé par Alexandre Ferréra raconté par moi,
Céline Calman, et produit par Benjamin Muller.
Alistès est une petite fille de 8 ans, à la fois sérieuse et rêveuse.
Elle est bonne élève, mais souvent les appréciations de ses professeurs dans ses
bulletins scolaires sont les mêmes.
Bon élève, mais à la tête ailleurs.
C'est vrai qu'elle a souvent la tête ailleurs.
Elle habite dans un grand immeuble d'une ville toute grise, mais elle ne rêve que
d'une chose toute l'année, voir les montagnes.
Sa chance, c'est que ses grands-parents ont un petit appartement, dans une station de
ski appelée « Légé ». Rien que ce nom l'a fait rêver.
« Légé, Légé ». Elle ne sait même pas comment ça s'écrit, et peu importe d'ailleurs.
Pachou et Manette, c'est comme ça qu'elle appelle ses grands-parents.
L'invite a passé une semaine de vacances avec eux, et chaque année, il lui offre ce
magnifique cadeau des cours de ski.
Elle adore ça, dévaler les pentes, sentir le vent sur son visage, sentir les skis crisser
sur la neige fraîche.
Elle sait aussi que chaque année, elle se fait des nouveaux amis, et est en pire si
elle les perd de vue à la fin de ses jours.
Elle garde à chaque fois des souvenirs plein la tête.
Piu-piu, ourson, flocon, première étoile, deuxième étoile.
Elle a mis toute sa précieuse collection de médailles dans une petite boîte en métal.
Et toute l'année, quand elle imagine ses prochaines vacances, elle l'ouvre, vide sa boîte sur
son lit, regarde chaque médaille, et a presque l'impression de respirer l'air des montagnes.
Cette fois, ça y est, nous sommes le 27 février.
C'est le grand jour.
Pachou et Manette vont sans doute, comme d'habitude, klaxonner en bas des limobles
pour prévenir qu'ils sont là.
Et aussi parce que c'est impossible de se garer dans la ruelle.
Papa, maman, j'y vais.
Pachou et Manette sont là.
Ciao !
Sois prudente, viens ici que je te fasse un gros bisou.
Et donne-nous tes nouvelles, hein.
Oui, oui, au revoir les parents.
Et à dans une semaine.
Pès attrape sa petite valise et hop, direction la montagne.
Elle dévalle les escaliers à toute vitesse.
Oh là là, mais qu'est-ce que tu as grandi ?
Et dans la voiture, Pachou et Manette l'attendent, comme d'habitude, avec un délicieux sandwich
pour le trajet.
Tiens ton sandwich, ma chérie.
Un yaourt à boire et un jus de pomme sans oublier le paquet de bonbons qui pique.
Et tiens ton paquet de bonbons préférés.
Oh merci Manette, merci Pachou.
C'est ça, les vraies vacances.
Sur la route, Alistès reconnaît à chaque fois l'épéage et certaines grandes stations
services.
Mais ce qu'elle attend avec le plus d'impatience, c'est la sortie de l'autoroute.
Car cela veut dire que les jets ne sont plus très loin.
Au fil des kilomètres, le paysage change et dans la vallée, c'est encore plus marquant.
Des maisons grises, on passe à celles en bois, mais toujours pas de neige à l'horizon.
Ma chérie, tu es prête à fermer les yeux ?
demande Manette.
Ça va tourner.
Oui oui, je sais.
Je sais aussi ce qu'il y a au bout, la récompense.
La voiture a alors débuté la montée.
Les routes en l'accent qui font un peu mal au cœur.
Alistès a l'habitude, elle ferme les yeux et se laisse bercer jusqu'à ce que la
voiture ralentisse.
Elle ouvre un œil, puis deux et les voilà.
Les cimes enneigées, c'est comme si tout le reste n'existait plus, comme si ce long
voyage était passé en une fraction de seconde.
C'est vrai que la route a été longue et qu'il est déjà tard, mais Alistès profite
de chaque seconde.
Même fatiguée, elle s'imprègne du moindre bruit, comme celui qu'elle adore, celui
de la clé qui tourne dans la serreur de la porte de l'appartement.
Ce bruit qui sonne le vrai début des vacances de ski.
Mon lit !
A chaque vacance, Alistès dort dans le lit superposé.
Avant, elle dormait en bas, quand elle était plus petite, mais maintenant qu'elle a bien
grandi, elle a le droit de dormir en haut.
Ce soir-là, Alistès s'endort légère, en pensant en l'an demain.
La nuit est passée très vite.
Alistès a ouvert les yeux tôt le matin, réveillé par la lumière du jour, qui est
passée entre les rideaux épais de sa chambre.
Il a neigé et une mars-pélicule blanche recouvre les toits des chalets, la route et
les pistes au loin.
Youpie ! Pachou, malette, il a neigé, il a neigé ! De la neige fraîche, de la neige
fraîche, c'est la meilleure !
Elle fonce dans la cuisine et retrouve ses grands-parents, qui lui ont préparé de
bonnes tartines grillées et un chocolat chaud.
Il ne faut pas traîner, car le cours de ski commence à 9h30.
Alistès enfile l'ensemble rose qu'elle a hérité de sa cuisine.
Ouf, il lui va encore ! Elle file au magasin de ski pour récupérer tout le matériel.
C'est un peu la course, c'est vrai, mais ce n'est pas grave.
Elle a tellement attendu ce moment.
Ce jour-là, le soleil brille et il n'y a pas un nuage dans le ciel.
Alistès a retrouvé les autres enfants devant le panneau troisième étoile.
Salut, moi je m'appelle Alistès.
Salut, moi c'est Gaspard.
Moi je m'appelle Lucien.
Et moi c'est Julie.
Ils ont l'air plutôt sympa, même si avec le masque sur les yeux, c'est un peu difficile
de deviner à quoi il ressemble.
Salut, moi c'est Nenès.
C'est moi qui vais être votre monneau pendant une semaine.
Bon, j'ai ma combi rouge vif.
Impossible de me rater.
Allez les enfants, on y va.
C'est parti comme ça à la fil indienne, derrière lui.
Je m'arrange toujours pour être la première et suivre exactement la trace de Nenès.
C'est vrai que ça va toujours vite pour commencer, mais d'habitude je tiens le rythme.
En tout à coup, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais ce qui se sont croisés.
Peut-être que je n'ai pas vu la bosse.
Et pas, la chute.
Je suis restée au sol quelques instants.
Ma tête tournait un peu.
Nenès m'avait rejoint et s'inquiétait de savoir comment j'allais.
J'ai dit, ça va.
Je me suis relevé, mais j'avais quand même bien mal au genou.
Dans ma tête, je priais pour que ce soit juste un bleu.
Les pistes qui ont suivi, ça a été vraiment dur.
Je me répétait, j'ai pas mal, j'ai pas mal, j'ai pas mal.
Mais quand même, j'arrivais difficilement à tourner.
Et quand l'heure du déjeuner est arrivée, j'ai dit au monneau que j'avais vraiment mal au genou.
Allô ?
Il a appelé mes grands-parents, qui m'ont emmené au centre médical.
Et là, un gentil docteur tout bronzé m'a dit.
Alistès, on va faire une radio.
Ça a pris deux minutes. Il est revenu avec un drôle d'air.
Vraiment désolé, ma petite, mais ta semaine de ski s'est terminée.
Tu t'es fait une petite fracture du tibia.
Tu as de la chance, tu échappes au plâtre, mais il va falloir porter une atel et marcher avec des béquilles.
Pendant au moins un mois.
Je ne voulais même pas croire ce que j'entendais.
C'était pas possible.
Cette semaine que j'avais tant attendue, se terminait déjà.
Non, ce n'était pas possible.
Mais qui m'avait fait ça ?
Mais pourquoi ?
Pourquoi est-ce que j'avais fait une mauvaise action pour être punie de cette manière ?
Et je pleurais.
Je pleurais.
Je pleurais.
Sans pouvoir m'arrêter.
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Mes grands-parents ne savaient plus quoi faire pour me consoler.
Ils m'ont amené manger une crêpe et m'ont promis qu'on reviendrait l'année prochaine.
Non, tout est gâché.
Mes vacances sont terminées.
C'est trop injuste.
Voilà ce que j'arrêtais pas de me répéter.
L'après-midi, Pachu et Manette m'ont installé sur une chaise longue, en terrasse,
face aux montagnes enneigées.
La vue était absolument magnifique.
Et là, je crois que je me suis endormie.
J'étais légère comme une plume,
et j'allais partir à la saut de la montagne.
Là, juste devant moi,
je voulais à tout prix voir les neiges éternelles.
La route fut longue,
mais tout me semblait facile.
J'ai escaladé la montagne comme si j'étais une professionnelle.
Au loin, un bouc d'impassés,
j'ai même vu des traces de pâtes de loups
et des terriers de marmottes.
Je grimpais, je grimpais sans m'arrêter.
Il ne faisait pas si froid.
Le soleil brillait,
et on avait l'impression que la montagne
était recouverte de paillettes sentillantes.
Et puis je suis arrivée tout au sommet,
et j'ai crié,
je suis la reine du monde !
J'avais enfin atteint les neiges éternelles
et réalisé mon rêve.
Des montagnes et des sapins à perte de vue,
pas une remontée,
pas un skieur,
pas un chalet.
Mais moi,
Alice, Tess, 8 ans,
j'étais la reine des alpinistes.
Et finalement,
je l'avais décroché ma troisième étoile.
...
Voilà, c'était Alice Tess
au pays des neiges éternelles,
histoire écrite par Hélène Zélanie.
Encore une histoire
est un podcast réalisé
par Alexandre Ferréra,
raconté par Céline Calman
et produit par Benjamin Muller.
Elle était trop bien, cette histoire.
Je vais me la réécouter encore et encore et encore.
Parce qu'elle est trop, trop bien !