Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vont vous raconter la deuxième et dernière partie de Mon Père
est un chef, une histoire imaginée par Cecilia Dorey.
Un jour, quand je suis rentré de l'école, Pam a annoncé qu'il avait perdu son boulot.
Comme il avait le moral dans les chaussettes, j'ai cherché une solution pour lui redonner
le sourire.
Et j'ai trouvé.
Je l'ai inscrit au championnat de cuisine amateur.
Cette idée est un peu folle.
Je l'ai eu en découvrant ses livres de recettes de quand il était jeune.
Avec sa mémé, il partageait la même passion pour la cuisine.
Mon plan a regonflé pas à bloc.
Le concours vient tout juste de commencer.
Va-t-il monter sur le podium ? Et pourquoi pas gagner ?
Ça y est ! Le chronomètre géant accroché au mur lance le décompte.
5, 4, 3, 2, 1.
Tous les candidats soulèvent la cloche et découvrent l'ingrédient mystère avec lequel ils vont
devoir imaginer un plat.
J'essaie de voir ce qui se cache dessous.
On dirait des espèces de boules couvertes de centaines de picons pointues comme des aiguilles.
Je demande à ma mère.
C'est quoi ces trucs bizarres ?
Ce sont des oursins.
Des oursins ? Mais génial ! Papa a déjà cuisiné !
Ah oui ?
Mais oui, je l'ai lu dans son livre de recettes de quand il était jeune.
Il avait préparé un flanc aux oursins.
Soudain, mon père tape dans ses mains et fonce en direction des cuisines.
Il va chercher les ingrédients nécessaires à la préparation de sa recette.
Il allait à un super inspiré et rempli son panier à toute vitesse.
Quand il revient, il place les oursins sur son plan de travail et les ouvre en un tour
de main.
Par contre, autour de lui, c'est un peu la pagaille.
Une fille tourne son oursin dans tous les sens comme si elle cherchait le mode d'emploi.
Un autre se pique avec et le fait tomber par terre.
Il y en a même un qui copie carrément sur mon père pour tenter de décrypter le système
d'ouverture.
Petit à petit, un boucan vaille la salle.
Les candidats éminces, haches et décortiques.
Leur lame tape contre les planches à découper.
Tout à coup, j'entends un cri qui vient du fond de la salle.
Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi ce bruit ?
Je crois qu'un candidat vient de se blesser avec son couteau.
J'aperçois alors à un monsieur qui slalombe entre les plans de travail la main enveloppée
dans son tablier.
Il va où comme ça ?
Il va se faire soigner au poste de secours.
Bah, le concours.
Ah, le concours, c'est fini pour lui.
Mon père sort une poêle et une grosse cocotte qu'il remplit d'eau.
Il y jette des pommes de terre, des carottes et des rondelles de poireaux.
Dans sa poêle, il fait chauffer de l'huile d'olive, il fait revenir ses oursins.
Un peu partout dans la salle, les préparations mijottent et un fumet se dégage des cuisines.
Ça sent les oignons caramélisés, le beurre et la mer.
S'il n'était pas 10h du matin, ça pourrait presque m'ouvrir l'appétit.
Soudain, au milieu de la salle, une flamme géante jaillit d'une casserole.
Cramponnée à son manche, le cuisinier tente de maîtriser sa flambée.
Il se couvre sa casserole n'importe comment, de bas en haut, de droite à gauche,
mais rien à faire.
La flamme grossit encore.
Tout le monde se tourne vers lui.
Il devient un haut si rouge que son torchon et finit par éteindre le feu en passant sa casserole sous le robinet d'eau.
Sa recette est fichue.
Il jette son tablier et sort rouge comme une tomate.
Mon père, lui, est toujours aussi concentré.
Il goûte son plat et se gratte la barbe.
Il goûte une fois de plus, ajoute un brin de persi, deux fois un moulinet de poivre,
trois fois une pointe de crème.
Les dernières minutes défilent sur le chronomètre.
Les candidats s'agitent dans tous les sens comme une fonte milliard qu'on vient de déranger.
ULTIME ETAPE, LE DRAISSAGE.
Chacun va chercher des assiettes plates carrées au val ou creuse.
Il y en a pour tous les goûts.
Mon père choisit trois bols bien larges.
Il plonge sa louche dans sa cocotte et verse une préparation fumante à l'intérieur.
Plus que quelques secondes.
Il se coure énergiquement son siffon et dépose une sorte de mousse jaune dans ses bols.
Tout à coup, une sonnerie retentie dans la salle.
C'est la fin de l'épreuve.
Tous les candidats lèvent les mains au ciel.
Ils ont à peine le temps de souffler que les jurys débarquent.
Ils sont trois.
Le premier est une montagne de muscles d'au moins deux mètres, avec une grosse moustache
et un regard de tueur.
Il y a aussi une petite dame toute ridée avec de grandes lunettes rondes et un type superchique
qui porte un costume trois pièces à carreau.
Une table est dressée juste à côté de nous.
Les jurys s'y installent trop bien.
Je suis au premier loge.
Un à un, les candidats amènent leur assiette pour la dégustation.
Mon père passe en cinquième.
Il présente son plat.
Velouté de hérisson de mer de chez Mime et sa chantilly au curcuma.
Je n'en crois pas mes oreilles.
Quoi ?
Pas à fait de la soupe.
C'est pas de la soupe, c'est involouté.
Et pas n'importe lequel.
C'est la fameuse recette de sa mémé.
La dame aux lunettes goûte la première.
Elle trempe sa cuillère dans son bol et aspire bruyamment la soupe.
Les yeux plissés et la bouche en cul de poule, elle me fait penser à ma prof de maths.
De la buée vient se former sur ses lunettes, si bien que je n'arrive pas trop à savoir
si elle sourit ou si elle fait la grimace.
C'est maintenant, autour de monsieur, costume trois pièces.
Il se penche au-dessus de la cocotte en agitant bizarrement ses narines.
Puis il prend sa cuillère et goutte du bout des lèvres, à croire qu'il n'aime pas les oursins.
La montagne de muscles s'approche.
À côté de lui, mon père a l'air tout gringalé, on dirait un agne-yau à côté d'un bœuf.
Il ne s'embête pas, il prend carrément le bol et engloutit d'une traite la préparation bouillante
en s'en mettant plein les moustaches.
Il marque une pause et fixe mon père droit dans les yeux qui soutient courageusement son regard.
Plus personne ne bouge, plus personne ne parle, comme dans les films de Cowboy.
Enfin, la petite dame brise le silence en glissant en rapide.
Merci avant d'appeler le candidat suivant.
Mon père repart comme il est venu, la tête haute.
Ma mère me glisse à l'oreille.
C'est bon, tu peux reprendre ta respiration.
C'était...
Un temps en souhait.
Ouais, c'est exactement ça.
Le défilé des candidats continue.
Certaines assiettes sont super classes, comme dans les grands restaurants.
Ça me rassure pas trop.
Quand tous les plats ont été dégustés, les trois jurys se retirent pour délibérer.
Ça dure une éternité.
Enfin, ils reviennent.
Costume 3 pièces, tient une enveloppe dans la main et un micro dans l'autre.
Les candidats se mettent au garde-à-vous.
C'est l'heure du verdict.
Monique, c'est le nom de la candidate qui termine troisième.
Pas grave, de toute façon, cette place est la pire.
Puis, le nom du deuxième gagnant retentit.
Il s'appelle Isaac.
J'essaie de me rassurer comme je peux.
Ça doit être super rageant de finir sur la seconde marche du podium.
Le jury est sur le point d'annoncer le nom du grand gagnant.
Je croise tout ce que je peux croiser, et même les orteils.
Dans ma tête, je me répète en boucle le nom de mon père,
Fabian Legoc.
Fabian Legoc.
Fabian Legoc.
Et j'entends...
Fah, on a gagné !
Ni !
On a perdu.
La grande gagnante s'appelle Fanny.
En même temps, on ne gagne pas avec de la soupe.
Mon père nous rejoint.
Il essaie de garder le sourire, mais je le connais par cœur, il est vraiment déçu.
Je me sens responsable, cette histoire de concours,
c'était mon idée alors je tente de lui remonter le moral.
Eh pas ! Je suis sûr que ta mémé, elle aurait été fière de toi.
Surtout que tu as présenté sa recette.
Tu te souviens de ça ?
Bah oui, c'est pas comme si tu me l'avais raconté mille fois
l'histoire de la soupe de hérisson de ta mémé.
Eh bien moi, je la connais pas cette histoire,
et je serai à curieux de l'entendre.
Je me retourne.
Montagne de muscles est là, juste derrière moi.
Il n'a plus du tout une tête de teur, il sourit même.
Ah, moi que ce soit un secret de famille.
Pas du tout, c'est une recette de ma grand-mère.
Elle habitait au bord de la mer,
et elle m'emmenait souvent à la pêche à pierre à macer des oursins.
Le soir, elle nous préparait sa soupe de hérisson, comme elle disait.
Je m'en suis inspiré en y ajoutant ma touche personnelle.
La chantille au curcumeur apporte de la fraîcheur et un arôme poivré,
et l'amertume du persi équilibre bien le plat.
C'est malin et c'est bon, très bon même.
J'ai rarement goûté un velouteau aux oursins comme le vôtre.
J'ai encore une question.
Vous vous voyez où dans un an ?
Deux mois se sont écoulés depuis le concours.
Ce matin, on est tous assis à table autour du petit déjeuner.
Alors, pas ? T'es prêt pour ta première jeunée de cours ?
Bois.
Tiens, un café bien noir pour te réveiller et tenir jusqu'à ce soir.
T'as mal dormi ?
Ouais, je suis un peu stressé.
Ça fait des années que je suis partant à l'école.
Je suis sûr que ça va être génial, ta formation de cuisinier.
Et puis, quand tu seras diplômé,
tu pourras intégrer la brigade du chef montagne de muscles.
C'est quand même hyper motivant.
Arrête de l'appeler comme ça, Noa.
Et puis, comme disait Mamé-Mé,
il ne faut jamais mettre la charrue avant les beaux.
N'empêche que, si il t'a fait cette proposition,
c'est qu'il croit en toi.
Et nous aussi.
Mon père avale d'une traite de son café,
tape dans ses mains et se lève.
Il a l'air prêt à conquérir le monde des fournots.
Alors, qui avez-vous pensé de la suite et fin de l'histoire ?
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Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.