La Maxi Histoire
Irma, mécanicienne, taxi et magicienne
Musique
Amaré au port de la ville de Trinidad,
le trimaran des Duchemins tangue doucement au gré de la Houle.
Sacha, qui veut tout savoir de chaque pays,
lit un livre sur l'histoire de Cuba.
Oscar joue au domino contre Mamangane.
Papa Jim, lui, veut découvrir pourquoi l'éolienne du trimaran ne fonctionne plus.
Il enlève une vis, puis une deuxième, enlève une pièce et...
Zut, zut et crotte.
C'est grave ? demande Mamangane.
Papa Jim montre un morceau de plastique à la forme étrange.
Cette pièce est cassée. Je ne sais pas si elle peut être réparée.
Je suis sûr qu'on ne trouvera pas de pièces de rechange ici, à Cuba.
N'ét'inquiète pas, papa, dit Sacha.
Dans mon livre, il est écrit que les Cubains sont les champions du monde des réparations.
On a vraiment besoin de l'éolienne ? demande Oscar.
L'éolienne recharge nos batteries comme nous sommes en mer.
dit Mamangane.
Elle nous permet d'être autonomes en électricité.
Oula ! fait Oscar.
Sans ma veilleuse, je ne peux pas dormir la nuit, moi.
Papa Jim demande un travailleur s'il connaît quelqu'un capable de réparer son éolienne.
L'homme dit simplement...
Irma ! Irma ? C'est... c'est...
répond l'homme.
Elle est moitié mécanicienne, moitié magicienne.
Puis il a dit aux autres, il a dit qu'il est malade.
Puis il donne le numéro de téléphone d'Irma à Papa Jim, qu'il l'appelle aussitôt.
Irma répond à Papa Jim, qu'il a de la chance.
En plus d'être mécanicienne, Irma conduit un taxi et, justement, elle emmène des clients au port.
Merci, je vous remercie.
Merci, à bientôt.
dit Papa Jim.
Alors ?
dit Sacha au retour de Papa Jim.
Tu as trouvé un réparateur ?
demande Oscar.
Mieux que ça, les enfants.
J'ai trouvé une magicienne.
Elle va arriver en taxi.
20 minutes plus tard, une grande jeune femme en tenue de mécanos, portant une boîte à outils, déboule sur le trimar.
Elle est accueillie par Sacha, qui lui présente toute la famille.
Puis Papa Jim lui donne la pièce endommagée de Léolienne.
Irma la regarde attentivement, sous toutes les coutures.
Complicado, pero no imposible.
dit elle.
La pièce cassée de Léolienne est irréparable.
Et, comme le supposait Papa Jim, il n'y a pas de pièce de rechange à Cuba.
Irma va devoir en fabriquer une nouvelle.
Et si vous profitez de mon taxi pour visiter un peu Trinidad ?
propose Irma.
On peut visiter ton garage ?
demande Sacha.
Bien sûr, venez mon taxi et garer un peu plus loin.
Sur le parking, Irma ouvre la portière arrière d'une ancienne voiture et les invite à entrer dedans.
Wow, la superbeagneule !
s'exclame Oscar.
C'est une voiture.
le corrige Papa Jim.
Je dirais même plus.
dit Sacha.
C'est une vieille voiture américaine.
plus vieille que maman.
demande Oscar.
Ma voiture a exactement 83 ans.
dit Irma.
Ah oui ? Elle est en super état pour son âge.
dit Sacha.
Moi aussi.
dit Mamangane.
Tout le monde se met à rire et Irma démarre.
Le taxi quitte le port, croisant d'autres voitures anciennes aux couleurs très vives.
Sur le chemin, un vieux monsieur fait signer à Irma et elle s'arrête.
C'est un client.
dit Irma.
Le vieil homme monte dans le taxi.
Ensuite, Irma explique qu'à Cuba, les taxis font toujours le même trajet.
Et sur ce trajet, les gens montent et descendent où ils veulent.
Si jamais les gens aient un endroit précis, comme en Europe, cela leur coûterait trop cher.
Pour les Cubains, les sens sont hors de prix.
Le taxi entre dans une petite rue, ou quatre hommes,
tous habillés d'une chemise bleue et coiffés d'un chapeau de paille, jouent de la musique.
C'est là que descend le vieux monsieur.
La musique, c'est de la samba ?
demande Mamangane.
Non, non !
dit Irma.
Ça, c'est de la rumba !
Le taxi s'arrête trois rues plus loin devant un bâtiment d'effraîchis.
Deux voitures sont garées devant.
Sous un petit préau, sont entassés des cartons remplis d'un bricabra d'objet de toutes sortes.
C'est mon garage !
dit Fierment Irma.
À peine sorti du taxi, elle fouille dans un carton et en sort un vieux jouet en plastique.
Avec ça ?
dit-elle en souriant.
Je vais refaire votre pièce cassée.
Le garage est très modeste.
Il y a des étagères débordantes d'un peu de tout.
Contre un mur, des pneus, des bidons et une vieille armoire qui penche d'un côté.
Mamangane prend en photo Irma qui coupe délicatement le jouet en deux.
Puis elle limme certaines parties, mesure et persintrou,
comparse ce qu'elle a fait avec la pièce cassée de Léolienne et reprend des mesures.
La bouche ouverte, les deux chemins regardir ma transformée petit à petit le vieux jouet en pièces de rechange.
Un instant, Mamangane en oublie de prendre des photos.
Je comprends pourquoi le monsieur du port disait que c'était une magicienne.
Chuchotte, papa Jim.
Quand on la regarde, ça a l'air tellement simple.
Dis Sacha.
Comment tu as fait Irma ?
Demande Oscar.
C'est quoi le truc ?
Quel truc ?
Demande Mamangane.
Mais si, le truc, dans la magie, il y a toujours un truc.
Le truc ?
Dis-t-Irma en montrant ses mains.
C'est qu'il n'y a pas de truc.
À Cuba, on fait de la vraie magie.
Wow !
Faites Oscar les yeux brillants.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org