Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vous voit raconter la nouvelle maison de Baptiste, une histoire
d'Andorris.
Baptiste détestait la maison, avant même de l'avoir vue.
Depuis, dès mois, ses parents ne parlaient plus que de travaux, de déménagement et
de cartons.
Au début, Baptiste avait posé des questions.
Mais plus l'été approchait et moins il voulait en entendre parler.
Quittait l'école ? Les copains ? Le club de Hannes ? Bah, l'appartement.
Tout ça pourra lui vivre à la campagne au milieu des champs.
Très peu pour lui.
Il l'avait clamé au effort, mais ça avait fait sourire les parents qui ne l'avaient
pas prise au sérieux.
Alors, Baptiste avait fait l'autruche.
Il était parti chez PpMEMÉ au bord de la mer pendant un mois et avait tenté d'oublier
tout ça.
Seulement voilà.
Septembre est arrivée et sur lequel l'agar inconnu où ses parents sont venus le chercher,
Baptiste ne peut plus nier l'évidence.
Cette grande Baptiste, là, en haut de la colline, c'est son nouveau chez lui.
Ses parents guettent sa réaction dans le rétroviseur tandis que la voiture arpente le chemin
cerné par de vieux marronniers tristes qui perdent déjà leur feuillard.
Alors, mon chéri, est-ce que ça te plaît ?
Tu verras, ta chambre est au premier et elle est beaucoup plus grande que l'ancienne.
Baptiste observe la façade de la grande maison carré.
C'est une vieille bicoque, massive, plus haute que large avec un toit pointu et des fenêtres
anciennes, de grosses cheminées de briques rouges et un double escalier en pierre qui
rejoint le péron.
Une seule conclusion s'impose.
Maintenant qu'il sait à quoi elle ressemble, il la déteste encore plus qu'avant.
Je préférais l'appartement.
Tu dis ça, mais tu vas voir.
Tout est si joli à l'intérieur.
Les parquets sont luisants, les escaliers escultés.
On dirait presque que cette maison est un château.
On dirait surtout qu'elle va tomber en morceaux.
Et le jardin ? T'as vu le jardin ? Il est très grand, il y a plein d'arbres.
Tu pourras en profiter et jouer dehors autant que tu veux.
Mais moi, j'aime pas jouer dehors.
La campagne pleut tout le temps et c'est sûr qu'il y a de la boue partout.
Et puis tout seul, il n'y a rien à faire.
Mais tu ne seras pas seul longtemps ? Demain, c'est la rentrée.
Pense à tous les super copains que tu vas rencontrer.
Oui, mais moi, j'aimais mieux mes anciens copains, ceux de l'école et du club de hondes.
J'ai pas envie d'être ici. J'avais pas besoin d'une chambre plus grande.
Maintenant, Baptiste, ça suffit.
Tu fais ta mauvaise tête, mais cette maison est formidable.
C'est surtout pour toi qu'on l'a achetée et je suis sûr que tu t'y feras.
Avant une semaine, tu seras ravi d'être là. J'en mettrai ma main à couper.
Baptiste se tait, mais il n'en pense pas moi.
Moi, cette maison, je l'ai pas demandé.
La grande porte en bois peint ne l'impressionne pas.
Il la franchit en faisant la grimace.
Quand maman lui parle du carrelage, Baptiste hausse les époules.
Il boudre, se tait, et traîne des pieds,
soupire à fondre l'âme sur le canapé du salon,
et quand vient enfin l'heure du dîner,
il touche à peine ses gnocchiers et garde sa mine renfrognée.
Tu ne manges pas ?
Pas fin.
Beaucoup en peu fini, là, cette comédie. Oui.
Allez, c'est l'heure d'aller au lit. Il y a école demain, après tout.
C'est pas du tout une comédie, ce serait plutôt un film d'horreur.
C'est vrai que la nouvelle maison, elle fait en plus un petit peu peur,
surtout maintenant qu'il fait nuit.
Dehors, le vent de l'automne rugit dans les arbres,
et il fait grincer toute la toiture.
Baptiste n'est pas insuré.
Décidément, tout dans la maison est trop grand et trop sombre pour lui.
Les plafonds sont hors d'atteinte et cachent sûrement des araignées.
L'escalier sent la vieille cire, et il est très glissant.
Rien ne lui plaît.
Chaque marche, craque sous ses pas.
La rembarde n'a pas l'air solide.
Les tuyaux de la salle de bain font un boucan d'enfer,
quand ils décident de s'en servir.
Et pour couronner le tout, sa chambre est glacée.
Baptiste se demande à quoi ses parents pensaient
quand ils ont décidé de déménager.
Lorsque maman vient lui dire bonne nuit,
elle tente de le réconforter.
C'est toujours difficile de changer de maison,
mais réfléchis à tout ce que tu pourras faire ici.
Y a un immense grenier qui pourrait devenir ta salle de jeu,
et dehors tu pourras faire des cabanes.
Allez, souris petit poussin, y a temps à découvrir.
Moi je me moque du grenier, j'ai pas à faire des cabanes.
Ma chambre est pleine de couronnets,
et il fait trop sombre dans l'escalier.
Je veux pas dormir ici, je suis certain que c'est hanté,
tout ce que je veux c'est rentrer,
retrouver mes copains et mon ancien chambre.
Mais enfin mon poussinet, c'est pas possible.
On a payé beaucoup d'argent pour acheter cette maison,
et ni papa ni moi ne voulons retourner en ville.
Est-ce que tu te rends compte de la chance
que tu as d'avoir une belle maison comme ça, rien que pour toi ?
Mais j'en veux pas à moi de cette maison,
et ce sera jamais chez moi parce que chez moi c'est l'appartement,
je voulais rester là-bas.
Baptiste essaie de ne pas pleurer,
mais rien de ce que dit maman ne parvient le consoler.
Allez dors mon tistou,
je suis sûr que ça ira mieux demain, tu verras.
Mais une fois la lumière éteinte,
les ombres du marronnier derrière les stores de la fenêtre
font danser des silhouette monstrueuses sur l'imond de papier peint.
Baptiste se cache sous la couette.
Il a peur que des araignées se soient glissées dans son lit,
et il est presque persuadé qu'il ne dormira pas de la nuit.
Quant enfin, il trouve le sommeil, c'est pour enchaîner les cauchemars.
Il rêve que la maison le dévore,
et que le jardin est un labyrinthe auquel il ne peut échapper.
Lorsque son réveil sonne au matin, Baptiste a pris sa décision.
Papa et maman peuvent bien rester ici s'ils le veulent,
mais lui, il rentre à la maison.
Baptiste, viens prendre ton petit déjeuner, c'est l'heure.
Dans le sac d'école que maman a préparé hier,
Baptiste ajoute son doux-dou et quelques affaires sans se faire remarquer.
Pendant le petit déjeuner, il dérobe quelques brioches
et une petite bouteille de lait.
Il est paré pour le voyage.
Baptiste, tu viens, on va finir par être en retard pour ton premier jour.
Mais qu'est-ce que tu fabriques ?
Oui, oui maman, voilà, j'arrive, j'arrive.
Tandis que ses parents l'accompagnent sur le chemin de l'école,
Baptiste est quand même un peu inquiet.
Ce n'est pas très gentil de s'en aller s'en prévenir.
Quand ils s'apercevront qu'il est parti,
ses parents ne vont-ils pas s'inquiéter ?
Et puis, ils racontent souvent qu'il faut être prudent
et que c'est très dangereux de s'en aller seul quand on est un enfant.
Mais Baptiste refuse d'y penser.
Ma tempi pour eux.
Il fallait pas déménager dans cette stupide maison.
C'est de leur faute après tout si je m'en vais et qu'il m'arrive quelque chose.
Mais quand même, cette idée lui fait un peu peur.
Presque plus que la vieille maison.
Et puis, Baptiste aime ses parents.
Ça le rend un peu triste de les abandonner.
Il a beau chercher, il ne trouve pas de solutions satisfaisantes.
T'es bien silencieuse, Matin, mentiste ou ?
T'es timide maintenant ?
Les autres enfants ne vont pas te manger ?
C'est vrai que dans la cour,
il y a plein d'autres enfants qui le regardent avec curiosité.
Baptiste voit bien qu'il parle de lui.
Qu'est-ce qu'il leur prend exactement ?
Il se sent gêné et en colère.
Ça ne lui donne que plus envie de partir
qu'on le regarde comme une bête curieuse.
Oui vraiment, c'est décidé.
Il partira d'ici à la fin de journée.
Seulement voilà, lorsque seule la récréation,
il se fait aborder par une coalition de petits courageux
chargés de poser des questions.
C'est à lui, moi c'est Samira.
Toi t'es le nouveau Baptiste, c'est ça ?
James qui est là-bas et dit que t'habites la vieille maison sur la colline
et que ce sont tes parents qui l'ont acheté.
Vous voulez savoir si c'est vrai ?
Euh... Oui ? Pourquoi ?
Un trop cool !
J'arrive pas à croire que t'habites dans le manoir.
Et t'y as déjà dormi !
Et il est comment à l'intérieur ?
On dirait un décor de film.
Moi j'aimerais trop vivre là-bas.
Est-ce que c'est vrai qu'elle est hantée ?
Baptiste est un peu...
sidéré.
Il découvre que sa maison fait rêver tout le canton.
On lui prête plusieurs fantômes
et deux ou trois crimes non résolus
qui sont sans doute tout inventés.
Mais ça n'empêche pas les enfants d'en parler avec excitation.
Baptiste est la star de l'école.
Il répond aux questions et se laisse prendre au jeu.
Quand il raconte sa chambre affreuse et puis l'ombre des maronniers,
tout le monde le trouve très courageux.
Moi j'aurais jamais pu.
Est-ce qu'on pourra venir chez toi juste pour visiter ta chambre ?
C'est qu'il reste des cartons, on n'est pas encore installés.
C'est pas grave, on attendra !
Alors on pourra te rendre visite, s'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît !
D'accord, d'accord, d'accord.
Je demanderai si on peut.
Lorsqu'arrivent l'heure des parents,
Baptiste n'a pas vu le temps passer et il a oublié ses projets.
Retourner à l'appartement ?
Quel drôle d'idée !
Il n'y pense plus du tout après cette folle rentrée.
Papa est surpris de le voir agiter la main
pour saluer ses nouveaux copains.
Bah alors ?
Tu t'es fait de nouveaux amis ?
Je te l'avais bien dit !
Ouais, c'est pas mal.
Je suppose que je pourrais m'y faire.
S'il y a un club de handball, bien sûr.
On te trouvera ça, Montistou.
Finalement, t'es content ?
Tu ne déteste plus la maison.
Ouais, je suppose qu'elle a de bon côté.
Et puis, j'ai jamais dit que je la détestais.
C'est vrai qu'en remontant l'allée,
Baptiste la trouve un peu changée.
Ses pignons peints lui donnent l'air noble
et ses fenêtres sont très jolies.
Peut-être qu'avec un peu de bonne volonté,
ça pourrait même lui plaire de vivre ici.
Tu sais papa, elle n'est pas si terrible en plein jour.
Elle est même un peu jolie.
Mais si tu veux que je reste, j'y mettrai deux conditions.
Des conditions, rien que ça.
Et lesquelles s'il te plaît ?
Mais d'abord, on va reprendre ma chambre.
Ah, je pense que ça peut se négocier.
J'ai le matériel qu'il faut si tu veux.
Tu pourras choisir la couleur et on le fera ensemble.
Ah oui alors ?
Et t'as deuxième condition ?
Qu'est-ce que c'est ?
De pouvoir inviter des copains.
Autant que tu veux, Montistou.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.