"La part des ancêtres"

Durée: 10m56s

Date de sortie: 13/12/2018

durée : 00:10:56 - Une histoire et... Oli - France Inter a lancé le projet Oli, une série de podcasts à destination des enfants, où des auteurs imaginent un conte original pour enfants et le racontent eux-mêmes au micro ! Pas question ici de ressortir des contes célèbres de Grimm ou Perrault...

François-Père
C'est Oli, O, L, I, O, I
La Bible, les petits
Je suis pas petit
Je crois
Bonjour, je suis Leonor Amiano
Je vais vous raconter la part des ancêtres
Ce soir, comme la veille et la van veille
Sao observe sa mère
Après le dîner, elle ne lave qu'une partie des assiettes et en laisse deux
Un contestablement sale, bien en évidence sur les vieilles
Mais pas aussi qu'on procède dans la journée
Le matin, jamais sa mère ne la conduit pas
A l'école avant d'avoir soigneusement fait la vaisselle
Sao le sait bien
Elle craint toujours d'arriver en retard
À midi, Sao déjeune chez sa grand-mère qui habite tout près de l'école
Et là, une fois le repas terminé, ce sont ses cousines qui font la vaisselle
Sao n'a le droit que de sécher les cuillères parce qu'elle est encore trop petite
Enfin ça, c'est ce que disent ses cousines
Sao a déjà six ans
Il y a longtemps qu'elle s'habille et nous s'élassait toute seule
À l'école, elle est dans la classe des grands
Autant dire qu'on ne la lui fait pas
Alors ce soir, Sao veut savoir et demande
Maman, pourquoi tu ne laves pas toutes les assiettes après le dîner ?
Sa mère, qui connaît bien le regard de Sao quand elle est déterminée à ne rien lâcher
Promet de lui répondre aussitôt qu'elle se sera lavé les dents et misolie
Elle viendra l'embrasser comme tous les soirs
Alors, elle lui dira
Quelques minutes plus tard, Sao s'est poumonne pour faire savoir qu'elle estolie
Quand sa mère la rejointe enfin, elle est étendue sous la moustiquaire
L'œil vif, bien décidé à faire mordre la poussière au marchand de sable
Si d'aventure, l'envie lui prenait de passer trop tôt
Sao aime ce moment où sa mère vient lui donner un dernier baiser
Elle entre dans la chambre, vérifie que les persiennes sont bien fermées derrière les rideaux
Sa s'y est prédèle sous la moustiquaire et son parfum envahit tout l'espace
Il y a aussi sa voix à cette heure-là
Toujours plus douce, une voix de veuille lourde qui ne gronde pas, ne refuse pas
En dépit des efforts de Sao, cette voix a le don de convoquer le marchand de sable
Ce farceur vient alors lui celler les paupières jusqu'au matin
Pour éviter de s'endormir avant d'avoir entendu la réponse à sa question
Sao se redresse et vite te posait la tête sur la poitrine de sa mère
Il y a sur la peau de sa mère une puissance mystérieuse qui appelle le sommeil
Or ce soir, il n'en est pas question
Pas avant que Sao ait obtenu l'explication
La révélation tente attendue mérite toute son attention
Et elle ne lui sera offerte qu'une fois
Si Sao a le malheur de fermer les yeux, sa mère dira
« Tu t'es endormie, tu es encore trop petite pour m'écouter »
La fersera alors remise au calandre bantou
Cette filoute de maman lui a déjà fait le coup
La foi où Sao voulait savoir pourquoi il fallait jeter dans les toilettes
les mèches de cheveux coincées entre les dents du peigne
Puis quand elle a voulu savoir pourquoi
il ne fallait pas répondre si une voix l'appelait de loin
et qu'elle ne savait pas qui c'était
Et encore quand elle a demandé pourquoi les grandes personnes versaient toujours
la première goutte de chaque boisson sur le seuil de la maison
Chez eux, c'est son père qui le fait
Il ouvre une bouteille, se dirige solennellement vers l'entrée de la demeure
Marmonne des paroles incompréhensibles, puis
d'un geste sec, il verse
La valeur d'une gorgée, pas davantage
Même avec le champagne qui se répand parfois tout seul
le père de Sao procède ainsi
Personne ne boit avant et personne, jamais, ne dit pourquoi
Pour Sao, bien des questions restent sans réponse
Elle doit souvent attendre l'heure du coucher
pour espérer que ses parents lui révèlent un peu des mystères de leur monde
Ce soir, la fillette se tient droite
Les yeux enfoncés dans ceux de sa mère qui la regardent avec un sourire
Un piège de plus se sourient
Un agent du marchand de sable
Sao reste concentré sur son objectif
Bientôt, sa mère commence
Te souviens-tu ma chérie
Que ton père et moi avons reçu nos amis à dîner il y a peu ?
Sao hausche la tête
Ce genre-là, elle a mangé des beignets de maïs
C'est préféré
Il y avait aussi de ses frites de fruits à pain
que son père tient toujours à préparer lui-même
Il les soeur en bombant le torse
et en racontant toujours la même histoire
Celle du pécheur qui lui a transmis la recette un après-midi
non loin des chutes de la lobée
Bien sûr, Sao se souvient de ce dîner
C'était un samedi
Elle a eu le droit de veiller un peu plus tard que d'habitude
Eh bien, poursuit sa mère
Nous avons versé sur le seuil de la maison
la première goutte de chaque bouteille ouverte
Tu as voulu savoir pourquoi
Mais tu t'es endormie juste au moment où j'allais te l'expliquer
Je vais te le dire ce soir
Ainsi, deux énigmes seront résolus
Peut-être davantage
Les mystères ressemblent à des poupées gigoïes
Chacun en contient un autre
Plus petit en apparence
Mais plus solide aussi
Sao écoute
tandis que sa mère poursuit
La première gorgée de chaque boisson
et les restes du dernier repas
sont
la part des ancêtres
Sao a déjà entendu parler de ces fameux ancêtres
Mais elles ne se les représentent pas
Alors demande-t-elle
On donne à boire et à manger
à des fantômes
Sa mère rit en se coin la tête
Mais non
Les fantômes n'existent que dans les livres et dans les films
Ceux qui y croient disent qu'ils sont morts
Nos ancêtres, eux, sont bien vivants
Sao l'avait prévu
Ce mystère en contient d'autres
On lui a souvent dit qu'elle était une vieille âme
Un esprit revenu de l'autre monde
Son nom ne lui a été donné que 9 jours après sa naissance
D'abord il fallait reconnaître l'ancêtre
qui s'était logeé dans son corps de nourrisson
Au terme de ces 9 jours
On n'avait reconnu personne
La lignée se perd dans la nuit des temps
Et les ancêtres sont innombrables
On allait pas y passer 9 mois
Or elle lui fallait un nom
Alors son père l'a baptisé Sao
Comme le fruit d'un arbre du pays
Un fruit à la peau sombre
Tira en parfois sur le violet
Comme celle de Sao quand elle se met en colère
Où qu'elle est très émue
Sao ne s'est jamais interrogée à ce propos
Elle n'est pas une ancêtre
Même si elle est dans la classe des grands
Plus que jamais ce soir elle en est convaincue
Il ne lui viendrait pas à l'idée de lapper la première gorgie
Versée sur le seuil de la maison
Ni de racler le fond des assiettes au milieu de la nuit
Sao voudrait voir les ancêtres
Sa mère répond que ce n'est pas donné à tout le monde
Le jour
Les ancêtres n'apparaissent que dans les rayons les plus éclatants du soleil
Qui qu'on voudrait les apercevoir
Devraient regarder en face l'astre éblouissant
Et sans cligner des yeux
Le soir
Les ancêtres n'entrent dans la maison
Que quand tout le monde fait dos-dos
Ils endossent un manteau tissé dans le bleu de la nuit
Si bien qu'on ne peut les voir
Ma chérie, dit la mère
Pour s'assurer de la présence des ancêtres ou de leur passage
Il ne faut pas se fier au regard
Il faut écouter les choses plus que les êtres
Allez, dors maintenant
Sao emporte dans ses rêves 1000 questions
Elle les posera demain
Voilà, l'histoire est finie
Et maintenant, au lit
Non, il n'y a rien
Oui

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Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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