"Le poisson d'argent"

Durée: 12m6s

Date de sortie: 16/06/2019

durée : 00:12:06 - Une histoire et... Oli - C’est une île qui n’existe plus, mais on a écrit son histoire. On l’appelait l’île miraculeuse. Nul ne savait comment elle avait surgi des eaux et nul ne connaissait son nom véritable. Elle était comparable à toutes ces choses que l’on ne peut expliquer mais qui existent et font rêver.

Prends-vous un père.
C'est Oli.
O.L.U.C.
La bibli, les petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je m'appelle Nina Bouraoui
et je vais vous raconter la lumineuse histoire du poisson d'argent.
C'est une île qui n'existe plus, mais on a écrit son histoire.
Posée sur l'océan, au large du sud de l'Afrique,
elle était si petite qu'elle ne figurait sur aucune carte.
Vu d'avions, on aurait pu la confondre avec le dos d'une baleine.
Le ciel l'avait éclaté.


Elle est choisie et la protégée.
Elle brillait dans l'azur, disparaissait dans la nuit.
On l'appelait Lille Miraculeuse.
Nul ne savait comment elle avait surgit des eaux.
Et nul ne connaissait son nom véritable.
Elle était comparable à toutes ces choses que l'on peut expliquer,
mais qui existent et font rêver.
Elle était aussi petite que le monde évaste,
aussi étrange que les étoiles qui semblent ressusciter
quand la lune succède au soleil.
Elle avait sa légende.
Il y a bien longtemps, des pêcheurs s'y installèrent.
L'un d'eux se faisait appeler Monsieur Aux,
parce que lui non plus, comme Lille, n'avait pas de poisson.
Il n'avait pas de nom, pas d'histoire.
La nature était son seul royaume.
Il disait être l'homme le plus libre de la planète,
le pêcheur le plus chanceux du monde,
le marin le plus conblé.
Il adorait son île.
Il disait y être arrivé un jour de grande tempête.
Elle l'avait recueilli, nourri, abrité.
Les autres pêcheurs avaient eux aussi échoué
un beau jour sur cette terre qu'ils appelaient la Terre promise.
Ils y faisaient si bon vivre que chacun d'entre eux décida,
d'y emmener sa famille, rester sur le continent,
sans rien dire à personne.
Ils étaient peu nombreux, le destin les avait choisis.
L'île n'était pas un simple banc de sable perdu dans l'océan.
Bien que petite, elle possédait une mini palmoret,
une mini orangere,
un mini cours de douce,
des mini-maisons au toit de chôme qui protégeait du vent
et de la chaleur les habitants qui se partageaient ce mini-territoire
dans la douceur et dans la paix.
Une seule chose manquait, le feu.
Les pêcheurs de l'île miraculeuse n'en voulaient pas.
Ils en connaissaient l'existence, mais le craignait,
à juste titre.
Bien souvent, dans les autres compréhés,
le feu déclenchait la guerre.
Et sur l'île, la guerre n'existait pas.
Les pêcheurs faisaient sécher les poissons au soleil.
Ils ne souffraient pas du froid, les orages étaient rares,
et quand on baît la pluie, on la célébrait.
La vie sur l'île était paisible.
C'était un paradis où chaque jour qui passe est un jour heureux.
Mais au fil du temps, une chose vint à manquer.
Une chose indispensable que seul le feu peut apporter.
Une chose qui rassure, entoure,
scintille, la lumière.
L'obscurité devenait de plus en plus pesante,
surtout pour les enfants.
Les jours semblaient trop courts,
les fêtes étaient moins joyeuses,
la lune et les étoiles ne suffisaient plus.
Parfois, la mer faisait peur.
On l'entendait sans l'avoir, grande et menaçante.
La nuit était un second pays recouvrant le pays du jour.
Les pêcheurs refusaient de céder.
Il n'y aurait pas de feu sur le rile.
C'était un voeu, une promesse que chacun respectait.
Un matin, comme tous les matins,
monsieur Haut partit avec son petit bateau de bois à la pêche.
Il alla plus loin que d'habitude.
C'était une belle journée.
Le eau bétémo, le soleil pâle,
le vent juste assez fort pour entraîner l'embarcation vers le large.
Monsieur Haut jeta l'encre dans le passage des Irondelles,
un couloir clair entre deux falaises.
Il déplia son filet, qu'il avait lui-même traissé
avec des racines et de l'écorce.
Cela d'ailleurs avait été un long travail de patience et de minutie.
Mais monsieur Haut savait attendre.
C'était sa première qualité.
Il jeta son filet aussi loin que possible.
En ton nom, le filet fit bondir des dizaines de petits poissons hors de l'eau.
Puis il s'allonga pour profiter du matin radio,
de la douceur, que seule la nature peut parfois t'offrir.
Le filet était tombé là où personne ne pouvait se rendre.
Les heures passées, lente et chaude,
des oiseaux sauvages brisaient le silence.
On aurait dit que l'azur crépitait.
Percé par les flots,
monsieur Haut, à demi-éveillée,
fut traversé de songe aux étranges.
Ce n'était pas vraiment des rêves, pas vraiment des pensées.
Mais une spirale de couleurs dansant sous ses paupières,
fragment rose, rouge et doré.
Quelques heures plus tard, en remontant son filet,
monsieur Haut se félicita de sa pêche heureuse.
Les habitants de l'île miraculeuse se récomblaient.
Entrayant les poissons, relâchant ceux qui étaient trop petits,
séparant les coquillages des algues,
scrutant son butin inespéré,
monsieur Haut fit une curieuse découverte.
Un poisson qui n'avait jamais vu auparavant attirât son attention.
Ce n'était pas une sardine, ce n'était pas un lançon,
ce n'était pas une sol, ni même une petite ray.
Cela ne ressemblait à rien de ce qu'il avait eu coutume de voir jusqu'à présent.
Le poisson brillait, d'une lumière intense, presque trop forte.
Ce n'était pas à cause de ses écailles, il n'en avait pas.
Ce n'était pas à cause de sa couleur, il était gris.
Il y radiait, comme éclairé de l'intérieur.
Intrigué, monsieur Haut décida de le garder vivant
dans un petit saudot qu'il cala entre ses pieds pour ne pas le renverser.
Plus l'embarcation approchait de l'île, plus le poisson brillait.
D'une lumière rare et dense, les habitants de l'île vertent à sa rencontre,
les dents à apporter sont filés.
Monsieur Haut tenait entre ses mains le poisson lumineux,
comme l'en tien un trésor.
Il déposa le poisson dans un enclos d'eau salée,
à un aquarium creusé dans la terre qui faisait le bonheur des enfants.
Le poisson se fofinit entre les coquillages et les coraux.
Il n'était pas très gros, mais il n'était pas trop petit non plus.
La taille parfaite se dit monsieur Haut, fier de sa trouvaille.
Il appela tous les habitants à le rejoindre.
Ce fut une immense surprise.
Le poisson dégagait une telle lumière que l'on ne pouvait pas le regarder trop longtemps.
Mais il était impossible de s'en détacher.
Plus les heures avancées, plus il brillait.
Il devint plus fort que le soleil, une flamme dans ses sous-lots.
La nuit tomba et ce n'était plus la nuit.
Le poisson éclairait l'île d'une lumière surnaturelle.
C'était plein et rond, c'était grand et centré,
c'était fou et sans danger, c'était magique.
Monsieur Haut lui donna quelques grains de blé, du plancton.
Le poisson pria encore plus fort.
La lumière semblait surgir de la terre, belle et blanche, elle répondait à la lune.
Une nouvelle joie s'installa sur l'île.
On riait danser autour de l'aquarium.
La nuit devint à nouveau légère et douce.
La mer n'était plus menaçante, vêtue d'un voile phosphorescent.
Les enfants n'avaient plus peur de s'endormir.
Leur rêve serait à présent éclairé.
Les jours passèrent et le poisson de Monsieur Haut ne cessait de diffuser sa lumière.
Il devint le cœur et l'âme de l'île miraculeuse.
Chaque habitant veillait sur lui.
On a grandi l'enclos, on planta un palais tuvié pour la sève, la force, la vie.
L'eau était pure, lavé par les pluies.
On déposa de nouvelles branches de corail. C'était beau.
Le poisson explosait chaque nuit d'une brillance sublime,
dont personne ne trouvait le mot exact pour la qualifier.
Qu'il échappe à toute définition, le rendait unique.
Les habitants avaient trouvé leur feu et aucune guerre n'éclaterait.
Il arrivait parfois que l'on entend d'un léger sifflement.
On disait que le poisson chantait avec le vent.
Rien n'était si paisible, rien n'était si serein.
On raconte que les petits poissons d'argent que l'on trouve parfois dans nos maisons
sont les fils et les filles du poisson de Monsieur Haut.
Si tu les regardes attentivement dans l'obscurité,
tu verras qu'ils brillent à leur tour, perpétuant ainsi l'histoire de l'île miraculeuse.
Et voilà, c'est fini. Et maintenant, au lit.
Non, il n'autre.
Oui.

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Kids & Family', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere