
"Le loup qui préférait les carottes"
Durée: 12m31s
Date de sortie: 16/06/2019
durée : 00:12:31 - Une histoire et... Oli - Il était une fois un jeune loup qui vivait dans la forêt avec son père et ses trois frères. Un soir, alors que Papa Loup avait passé deux heures aux fourneaux à faire mijoter le lapin qu’il avait attrapé plus tôt dans la journée, il appela la meute de sa grosse voix d’Alpha.
Prends-en, père.
C'est Oli.
O.L.U.
La bibliothèque des petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je suis Aurélie Vallogne
et je vais vous raconter l'histoire du loup qui préférait les carottes.
Il était une fois
un jeune loup qui vivait dans la forêt
avec son père et ses trois frères.
Un soir, alors que Papa loup avait passé deux heures au fourneau
à faire mijoter le lapin qu'il avait attrapé plus tôt dans la journée,
il appel à la meute de sa grosse voix d'alpha.
Attends !
Pendant que ses frères se bagarraient
pour s'obtroyer les plus jutes morceaux,
Petit loup garda les lèvres pincées,
la tête baissée,
essayant de se faire le plus discret possible.
Si les choses se passaient comme à la coutumée,
cela ne lui serait pas très compliqué.
Dans cette famille, il avait souvent le sentiment d'être invisible.
Cependant, une fois les premières bouchées englouties,
Papa loup releva le museau de son assiette
et pose un regard interrogateur sur Petit loup.
Tu ne manges pas ?
Le jeune loup esquiva ton quillepu.
Je n'ai pas faim aujourd'hui.
Je ne veux rien savoir, continua Papa loup.
Tu finis ton assiette.
Sinon, je te la ressers demain au petit déjeuner.
Prenant son courage à deux pattes, Petit loup lâcha.
Papa, je n'aime pas ça.
Papa loup posa brutalement ses couverts sur la table.
Qu'est-ce que c'est que ces histoires ?
Voilà qu'il fait la fine bouche maintenant.
Tu pinais sur mon lapin aux olives ?
Tu sais combien de temps ça m'a pris ?
Petit loup, laisse à échapper un maigre filet de voix.
Oui, j'imagine, mais Papa, tu sais bien quand même que je n'aime pas la viande.
Papa loup grogna.
Toujours à faire des manières, toi.
Regarde tes frères et comporte-toi en loup en centre bonsoir.
Un loup qui refuse de manger de la viande.
On aura tout vu.
Tu me fais honte, Petit loup.
Que vont-t-ils dire les voisins ?
Sauf que Petit loup n'était pas un loup comme les autres.
Pas comme ses frères, ni comme son père.
Il était différent et depuis toujours.
Moi Papa, je préférerais manger des carottes.
Des carottes ?
Répéta Papa loup, manquant de s'étrangler ?
Les carottes, c'est pour les faibles.
Pour ceux qui acceptent de se faire dévorer dans la vie.
Toi, tu es un carnie fort.
Tu dois faire honneur à ton rang et à ta famille.
Tes frères mangent de la viande.
Ton père mange de la viande.
Ton grand-père mange de la viande.
Ton arrière grand-père aussi.
Notre ligne est sanguinaire, ne s'arrêtera pas avec toi.
Et si besoin, je te ferai recopier 100 fois.
Je ne serai pas une d'emmol.
C'est compris ?
Petit loup baissa honteusement la tête.
Il avait vraiment hâte d'être grand,
pour décider et faire ce qu'il voulait.
Mais ce serait encore long.
Il n'avait que 7 ans en année de loup.
S'il te plaît Papa,
ne me force pas,
t'ont-a-t-il à nouveau ?
Je ne fais pas exprès.
Papa loup se dressa soudain sur ses grandes pattes
et approche à son œil noir.
Tout près de Petit loup,
les babines retroussées.
Tu arrêtes ton cinéma tout de suite.
Et tu mets un bout dans ta bouche,
sinon c'est moi qui m'en charge.
La gorge de Petit loup se serra.
Il savait que Papa loup ne plaisantait pas
et qu'il ne parviendrait pas à l'attendre.
Petit loup piqua le morceau le plus petit qu'il trouva
et l'enfouille lentement dans sa gueule.
Allez, mâche !
Petit loup essaya tant qu'il puit d'écraser
ce boussin qui ne lent puis de l'engloutir,
mais rien à faire.
Le bout de viande passait immanquablement
de sa joue gauche à sa joue droite
pour revenir dans la gauche,
avant de retourner dans la droite,
sans parvenir à descendre.
Il essayait pourtant de toutes ses forces,
mais la boule était coincée.
Ah vall, maintenant !
Qu'est-ce qui se passe ?
Ne me dis pas que tu as fait une boule !
S'écria Papa loup.
Petit loup secoue à la tête énergiquement.
Non, il ne lui dirait pas.
Papa loup et les frères l'échèrent les restes du plat,
puis se lever de table visiblement repus.
Papa loup ajouta.
Je te préviens, Petit loup.
Tu ne sors pas de table tant que tu n'as pas fini ton assiette,
même si cela doit prendre la nuit.
Petit loup resta seul,
à scruter le monticule de viande dans son assiette.
La bouche pleine de cet énorme boule
qu'il lui mettait l'estomac au bord des lèvres.
Petit loup resta si longtemps
à couder ainsi sur la table
qu'il finit par s'endormir tout à fait.
Lorsque Petit loup se réveilla,
la nuit était tombée,
et il faisait très froid.
Il s'était assoupi quelques heures devant son assiette.
Sa bouche patteuse
ne s'était toujours pas défaite de son morceau de viande.
Je tend un œil inquiet autour de lui,
il se leva discrètement pour cracher,
puis s'éloigna pour enterrer le reste de son ojo.
Il vint ensuite se blottir le ventre vide
près de ses frères.
Quelques minutes plus tard,
alors qu'il essayait tant bien que mal
de trouver le sommeil,
un grand de l'enterrifiant le réveilla.
Papa loup et ses frères
continuaient de dormir à point ferme.
Alors Petit loup se recoucha.
Mais ce grognement surgit à nouveau.
Petit loup très saillit,
avant de se rendre compte qu'il s'agissait de son ventre,
qui criait
« FAMIN ! »
Il n'avait rien avalé depuis plusieurs jours,
et il ne pourrait pas tenir le rythme des longues journées de marche en famille
sans un petit quelque chose à se mettre sous la dent.
Il se leva silencieusement
et pénétra dans la forêt sombre
à la recherche de baies, de fruits,
ou tout autre aliments qu'il dévorait en cachette depuis des années.
Plus il s'enfonçait parmi les arbres,
et plus l'obscurité rendait difficile sa poursuite.
Les yeux écarchiaient,
Petit loup était à la fu.
Il ne cherchait plus de quoi se rassiasier,
il sursautait au moins de bruit,
scrutant les prédateurs.
Tout à coup,
il vit deux yeux rouges,
qui s'allumèrent devant lui.
Tétanisé,
Petit loup s'arrêtait net.
Petit loup n'était pas trouillard,
mais pas courageux non plus.
Il valait mieux courir que guérir.
Lorsqu'il clignât des yeux,
il découvrit l'objet de son épouvante.
Un minuscule apin blanc.
Ce dernier,
se retrouve en néané avec la gueule de Petit loup,
tourne à la tête,
et finit d'être invisible.
Ne bougeant plus,
une oreille pourtant bien longue.
Petit loup,
qui avait toujours préféré les rongeurs en amitié qu'en ragout,
dit de sa timide voix.
N'est pas peur,
je ne te ferai aucun mal.
Je ne mange pas de lapin,
je n'aime pas la viande.
En entendant la voix roque de Petit loup,
le lapin détaillat derrière un talu,
puis repassa une tête intriguée.
Ça n'existe pas,
les loups végétariens,
c'est une ruse.
Toute ta meute va débarquer,
et vous allez me dévorer.
Mais non, pas du tout, dit Petit loup.
Je suis tout seul.
Et pour tout te dire,
je me suis perdu,
et je commence à avoir peur.
Et j'ai froid aussi,
et très faim surtout.
Je cherchais quelques glands, mais il ne reste plus.
En vérité,
je rêverais de manger
le petit lapin tremblé comme une feuille.
Des carottes.
Des carottes ?
Je sais où trouver,
mais c'est impossible de les attraper.
J'ai déjà essayé,
ma famille aussi,
mais eux ne sont jamais revenus.
Le terrible fermier les a enfermés
dans un clapier,
il va en faire un ragout de carottes.
Il ne me fait pas peur, ton fermier,
répondit fièrement Petit loup,
poitreuil en avant.
C'est lui qui devrait trembler
devant un loup féroce comme moi.
Montre-moi où se trouvent les carottes,
je les attrape et je m'occupe du fermier.
Ensuite, nous partagerons le butin.
Roooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo.
C'est qu'il n'était plus du tout pureu,
ce jeune loup,
surtout quand il s'agissait de carottes.
Arrivé devant le potager,
Petit loup glissait sous le grillage
et s'approcha ventre à terre
des belles fans de carottes.
Il commença à les ramasser,
une à une, le plus vite qu'il put.
Il avait quasiment fini de tout saisir,
lorsque les aboiements du chien de garde
finirent par réveiller le fermier.
Ce dernier sorti en trompe de sa maison,
armait d'une grande paix
de la pincée de la pincée,
et asséna aussi tôt un énorme coup,
manquant de peu Petit loup.
Celui-ci qui avait toujours eu l'agilité d'un danseur,
esquiva le premier coup,
puis le deuxième, et tous les autres,
parvenant à se diriger vers le clapier.
Il libérat tous les lapins prisonniers,
et un, et deux, et trois, et quatre, et cinq, et six, et sept.
Une vingtaine passats sous les encouragements de lapins blancs,
qui les hâtait de le rejoindre sous le grillage.
Passé un à un vers la sortie,
Petit loup se fouffila en dernier,
la gueule pleine des belles carottes,
sous le regard courossé du fermier,
qui avait perdu à la fois son sang-froid et son repas.
Une fois à l'abri dans la forêt,
Petit loup partage à comme promis les carottes
avec Petit Lapin,
et ses frères à grandes oreilles.
Ils firent le plus grand festin
qu'aucun d'eux n'avait jamais fait,
ni même jamais osé rêver de leur vie.
Les péripéties de la journée
eurent bientôt raison d'eux.
Et après s'être installé confortablement
sur le ventre rebondi du loup,
les petits lapins sombrèrent dans un doux songe,
fait de carottes,
de légumes,
et de pelles qui dansaient.
Petit loup aurait dû rentrer chez lui,
retrouver son père et ses frères
avant qu'il ne s'inquiète.
Mais il redoutait la punition.
Il savait que les menaces de Papa loup
passeraient à exécution,
et que jamais il n'écouterait Petit Loup,
ni n'accepterait ses différences.
Petit Loup n'avait pas choisi d'être ainsi
alléché par les carottes,
de préférer la compagnie des lapins
à celle de ses congénères sanguinaire.
Alors, sans plus réfléchir,
Petit Loup se laisse apporter
par les ronflements de ses nouveaux amis lapins
qui, eux, ne lui voulaient que du bien.
Il dormait paisiblement
depuis de longues très longues minutes
lorsque Petit Lapin
vint le mur muré à l'oreille.
Psss, psss...
Petit Loup souleva une lourde paupière.
Quoi encore ?
On a mangé toutes les carottes !
répondit le lapin.
Tiré de sa réverie, Petit Loup
ouvrit un oeil inquiet et rétorque.
Mince ! Je n'y avais pas pensé.
Mangera quoi demain ?
Et dans un souffle coquin,
Petit Lapin chuchota alors.
Je sais.
Moi, j'ai toujours rêvé de manger du tout aussi.
Et voilà.
L'histoire est finie.
Et maintenant, Oli.
Non, une autre.
Oli.
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Oli
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