"Baïla, la petite Louve"

Durée: 11m48s

Date de sortie: 17/12/2019

durée : 00:11:48 - Une histoire et... Oli - Vos enfants aiment qu’on leur raconte des histoires ? La série audio de France Inter "Oli" est de retour ! Idéale pour ces soirées d'hiver, bien au chaud et se retrouver pour de bons moments.

Prends-moi un père.
C'est Oli. O-L-I-O-I.
La bibli des petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je m'appelle Adeline Diodonné et je vais vous raconter l'histoire de Baila, la petite louvre.
Dans un pays lointain, un pays sauvage, un pays de glace et d'hiver, de lac gelé et de forêt blanche, vivait Baila, la petite louvre.
Tout le monde aimait Baila parce qu'elle était courageuse et forte, loyale et gentille, mais surtout, Baila racontait des histoires extraordinaires qui captivaient toute la meute.
Le soir, après la chasse, tout le monde se réunissait autour de Baila pour écouter ces histoires qui faisaient parfois peur, parfois rire, parfois pleurer.
Racconter des histoires était la chose que Baila préférait faire au monde.
Mais Baila, la petite louvre, avait un problème, un gros problème qui lui gâchait la vie.
Baila faisait beaucoup, beaucoup de proutes.
Elle n'y pouvait rien, c'était plus fort qu'elle. Elle faisait des proutes tout le temps et a grand fracas, surtout pendant la chasse.
Dès que le groupe approchait un troupeau de reine, dans le silence watté de l'hiver, furtif et silencieux comme seuls les loups savent le faire,
caché derrière des buissons de murs sauvages, au moment où ils s'apprêtaient à passer à l'attaque, Baila, la petite louvre, faisait un proutes fracasants
et cela faisait un tel vacarme que tous les reines fuyaient et les loups rentraient bredouille.
Et le soir, leur ventre vide gargouillait et il n'avait plus le coeur à écouter les histoires de Baila.
Baila se désolait.
Que vais-je devenir ? Un loup doit chasser pour être utile à la meute.
Chacun doit trouver sa place et je ne trouve pas la mienne.
Sa maman lui caressait le front et lui disait, ma fille, tu es merveilleuse et gentille et loyale et courageuse.
Je suis fière de toi. Je sais que tu trouveras ton chemin. Tu dois juste écouter ton coeur.
Baila m'armonnait.
Écoute ton coeur, écoute ton coeur, c'est très gentil mais en vrai, qu'est-ce que je dois faire ?
Et elle se mort fondée car plus que tout, elle souhaitait trouver sa place et vivre heureuse avec ceux qu'elle aimait.
Gourit, son grand-père, voyant sa petite fille toute triste, lui dit, viens Baila, il est temps que je te révèle un grand secret.
Et il l'emmena se promener sur la rive du lac gelé.
Baila, tu souffres d'une malédiction. L'esprit de la forêt est en colère et il t'a puni.
Mais je n'ai rien fait, lui répondit Baila.
Si, tu as certainement fait quelque chose de mal. Tu ne sais pas quoi et je ne sais pas quoi non plus,
mais l'esprit de la forêt ne punit jamais un loup sans raison.
Ah bon ?
Bah je suis désolée alors. Tu crois que je peux demander pardon à l'esprit de la forêt, même si je ne sais pas ce que j'ai fait de mal ?
Oui, tu peux. Mais il va falloir faire plus que ça. Il va falloir lui offrir un cadeau.
Ah oui ?
Oui, et je sais lequel.
Tout au fond de la forêt, au pied de la montagne, près de la tanière de l'ours,
vite un lapin blanc. Il te faudra le trouver, lui prendre ses oreilles et les offrir à l'esprit de la forêt.
Mais si je lui prends ses oreilles, il ne pourra plus rien entendre, c'est pas très gentil.
Si tu veux lever la malédiction, tu n'as pas d'autre choix. Par maintenant, il trouve le lapin blanc.
Alors Baila se mit en route.
Elle commença à marcher dans la forêt blanche et silencieuse, la forêt qui semblait endormie, sous l'épaisse couche de neige.
Elle avait peur, parce que les loups n'ont peur que de deux choses, des humains et des ours.
Il n'y avait pas d'humain dans cette forêt. Mais un ours, oui, il y en avait un.
Intérim ! Baila ne l'avait jamais rencontré et aucun loup de la meute ne l'avait jamais rencontré.
Mais chacun avait entendu des histoires effrayantes à son sujet.
Et personne ne voulait croiser sa route.
Baila marcha longtemps, si longtemps que bientôt la nuit arriva,
et elle se retrouva à marcher seul dans l'obscurité et la peur lui fit mal au ventre.
Elle fit un prout si fracassant qu'elle en sursauta elle-même.
Elle se mit à frissonner et continua de marcher,
la queue rentrée entre ses pattes et les oreilles couchées sur sa tête.
Elle pouvait maintenant apercevoir la masse noire de la montagne s'élever devant elle.
Elle n'était plus très loin de chez l'ours. Il ne fallait surtout pas le réveiller.
Elle devrait passer devant l'entrée de la caverne en silence, puis trouver le terrier du lapin blanc.
Elle marcha le plus délicatement possible pendant de longues minutes encore en direction de la montagne.
Quand elle fut arrivée au pied de celle-ci, elle vit la grotte qui menait vers la tannière de l'ours,
un trou noir, comme si la montagne avait une bouche et qu'elle l'avait ouvert en grand pour dévorer Baila.
Elle se faufila sur la pointe des pattes, le ventre serré par la peur,
et c'est là qu'elle fit le plus gros prout de toute sa vie.
Le sol tremble là, les oiseaux s'envolèrent et la neige vibra sur le sol chelis.
Qui a pété ?
Une terrible voix s'éleva de la grotte, et Baila nous a plus bougé, paralysée de terreur.
Elle entendit des pâles lourds, effrayant, et elle ferma les yeux.
Il est pas s'approcher tout près d'elle.
C'est toi qu'a pété ?
Elle ouvrit les yeux et elle vit un ours gigantesque qu'il a regardé.
Baila savait bien que ce n'était pas la peine de mentir.
Alors elle répondit d'une toute petite voix.
Oui, c'est moi. Je suis désolé.
Mais c'est pas normal de pété comme ça. C'est quoi ton problème ?
L'ours n'avait pas l'air si méchant que ça.
Alors elle lui expliqua.
J'ai été punie pour une faute que j'ai faite. Je ne sais pas laquelle.
Mais je dois trouver le lapin blanc, lui prendre ses oreilles,
et les offrir à l'esprit de la forêt pour qu'il me pardonne et qu'il lève la malédiction.
L'ours éclata de rire.
D'un grand rire d'ours qui raisonna dans toute la forêt.
Et la plaine, et la montagne, et il se tenait les côtes tellement il riait,
et ses jambes se pliaient, il se roula dans la neige, se tortilla,
et ses yeux se mirent à pleurer.
Et bah il a se dit que rien, jamais, ne pourrait arrêter ce grand rire d'ours.
Entre deux, ok de rire, il applaudit.
Et il enfonça son museau dans la neige pour essayer de se calmer,
puis il applaudit encore.
Un lapin blanc apparu bientôt en sautillant.
Ses petits yeux rongifonés par le sommeil.
Que se passe-t-il ici ? Tu m'as appelé Pedro ?
Lourde se redressa, et s'acite avec peine en essuyant les larmes qui lui coulaient sur les joues.
Oh, Esteban, voici une demoiselle qui voudrait te prendre tes oreilles
pour en faire cadeau aux esprits de la forêt.
Le lapin s'approcha de Baila.
Tu veux mes oreilles ?
Baila se sentit soudain très confuse,
et il commença à se demander si son grand-père ne lui avait pas raconté des bêtises.
Elle bat le buscia.
Oui, enfin je crois, c'est pour lever la malédiction.
Le lapin la regarda un moment, puis il dit, d'accord, prends-les.
Mais Baila ne savait pas comment on prenait les oreilles d'un lapin.
Ça ne va pas te faire mal ?
Si, bien sûr que si. Je vais avoir très très mal. Je vais même sans doute mourir.
Mais tu en as besoin pour régler ton problème. Pas vrai ?
Baila était de plus en plus embêtée. Elle n'avait pas envie de faire de mal au lapin.
Lourde Pedro lui dit,
Eh ben, qu'est-ce que t'attends ? Vas-y !
Mais le cœur de Baila lui murmura que ce n'était pas juste,
que les esprits de la forêt n'avaient pas le droit de lui demander une chose aussi moche,
et que s'il avait quelque chose à lui reprocher, il n'avait qu'à lui en parler directement,
et qu'elle préférait encore faire des prouts toute sa vie, plutôt que d'obéir à des esprits aussi idiot.
Alors elle dit, pardon de vous avoir dérangé, je vais rentrer chez moi.
Et elle fit demi-tour et se mit à marcher en direction de la meute.
Tu as déjà essayé de manger des pommes ?
C'était la voix du lapin.
Baila se retourna.
Ah non, je suis un loup. Les loups ne mangent pas de pommes.
Moi je crois que tu devrais essayer.
Et il a rejoint-i tant quelque bon, et lui t'en dit une belle pomme juteuse.
Baila renifla, et l'odeur de la pomme lui rappela un peu celle de la rivière au printemps.
Elle croqua.
Ça n'est pas mauvais du tout.
Essaye de remplacer la viande par des pommes pendant quelques jours.
Tu verras bien.
Baila remercia Esteban et Pedro, et elle repartit vers les siens.
Elle rejoignit la meute au petit matin épuisée par son voyage.
Elle raconta son aventure à la meute, et chacun fut très impressionné qu'elle ait rencontré l'ours,
qu'elle lui-même parlait, et qu'il ne l'ait pas mangé.
Son grand-père la sermona,
tu n'as pas donné les oreilles du lapin aux esprits de la forêt, ils ne te guériront pas.
Mais Baila suivit les conseils d'Esteban.
Elle mangea des pommes pendant une semaine, puis pendant deux semaines,
et ses problèmes de proutent disparurent.
Et elle n'eut plus besoin d'aller chasser avec les autres.
Elle passait ses journées à flanner, à se promener, à rencontrer les animaux de la plaine,
et à manger des pommes.
Parfois, elle allait rendre visite à ses amis.
« Esteban ! »
Pedro et Esteban.
« Tu m'as appelé Pedro ? »
Et le soir venu, toute la meute était heureuse de se retrouver autour du bivouac
pour écouter les histoires drôles et merveilleuses de Baila,
la petite louvre qui mangeait des pommes.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, au lit.
« Non, une autre. »
Au lit.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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