
"Les métamorphoses d'Adèle"
Durée: 12m6s
Date de sortie: 30/11/2020
durée : 00:12:06 - Une histoire et... Oli - Pour Oli, l'écrivain Pierre Ducrozet a imaginé l'histoire magique d'Adèle que vos enfants vont adorer écouter, et vous aussi sûrement.
Bonjour, je suis Pierre Ducroset et je vais vous raconter l'histoire des métamorphoses d'Adèle.
Tout commence dans un sous-bois dans lequel le vent se glisse. Adèle marche sur le chemin,
elle a sept ans et elle est partie faire un tour dans cette forêt à côté de chez elle dans
les pyrénées avec ses parents et son frère. Adèle aperçoit un petit sentier qui plonge sur le côté
en plein cœur de la forêt. Les arbres sont plus hauts là-dedans, un grand silence règne et l'avance.
Et vous avez vu cet insecte là sur la plante ? Pas de réponse, elle se retourne, personne.
Oh, je les retrouverai bien, pense-t-elle, et elle poursuit son chemin. La forêt devient plus épaisse,
l'odeur des pains plus forte. Elle sent que son cœur s'accélère, elle est en train de se perdre,
de s'aventurer seule et elle se sent étonnamment bien, très bien même. Adèle se penche vers un
champignon, une plante inconnue, une trace de pas. Et tout à coup, un craquement de branche.
Elle s'arrête, s'agroupit, et là, elle voit la masse de poils marrons, les quatre larges pattes.
Un ours est à quelques mètres d'elle. Adèle ne bouge plus, son cœur lui remonte dans la glotte,
c'est une oursonne. Et comme Adèle, elle a dû s'égarer, elle n'a rien à faire ici, toute seule.
Adèle s'approche, l'oursonne est magnifique, ses poils épais, son corps large, son musoure
renifle dans la terre, elle a l'air de chercher quelque chose, et alors elle relève la tête,
et elle voit Adèle. L'oursonne et la fille se regardent. Adèle sent que sa peur lentement s'apèse.
On lui a toujours répété que les ours sont dangereux, qu'ils peuvent vous tuer,
mais elle, ce qu'elle voit, c'est une boule de poils imposante, c'est vrai, mais qui a l'air plutôt sympathique.
Elle fait un pas en avant, l'oursonne aussi, elles sont toutes proches à présent. Adèle avance une main,
l'oursonne, une pâte, elle se touche. Et alors quelque chose se produit. Adèle ferme les yeux,
en instant, elle reprend son souffle, et lorsqu'elle les rouvre, tout a changé. Elle regarde autour d'elle,
elle se sent lourde, elle regarde sa main, c'est une pâte, elle est devenue une oursonne.
Elle se mette à crier, et c'est un grognement d'ours qui fait trembler les arbres. Adèle a peur,
tout est si différent à l'intérieur d'elle, elle sent son coeur qui cavale, son ventre,
est plus grand qu'un lac, et elle est recouverte de poils. Qu'est-ce qu'elle fait là-dedans,
comment est-ce possible ? Elle doit être en train de rêver, elle voudrait se pincer,
mais elle ne peut pas, alors elle passe une griffe sur sa pâte gauche, et non, elle ne se réveille pas.
Alors elle avance, une pâte, puis l'autre. Elle commence à s'habituer, à être dans ce corps,
et c'est pas si mal finalement, c'est douillet, agréable, c'est chaud. Elle se met à courir très vite,
elle se lève sur ses deux pattes arrière, elle lance de grandes grilles, et se roule dans les feuilles.
On peut faire plein de trucs marrants quand on est une oursonne. Tiens, maintenant,
elle va essayer ce que font d'habitude les ours dans les documentaires à la télé, griffer les arbres.
Elle cherche un beau sapin et pose ses deux pattes sur le tronc. Elle sort, ses griffes,
c'est génial, elle sent qu'elle s'enfonce sous les corces, l'odeur du bois monte à ses narines,
elle ferme les yeux. Lorsqu'elle les rouvre, tout a changé, elle n'est plus une oursonne,
elle est immense, elle sent ses pieds se glisser dans la chaleur de la terre, ses bras se déployer dans
l'air, elle sent son corps qui s'allonge, elle est devenue un sapin. Elle est immense à présent,
c'est incroyable, elle essaie de se calmer, de reprendre son souffle, mais comment on respire
quand on est un arbre ? Elle n'a plus dieu, elle n'a plus de tête, elle n'a plus de torse.
C'est vraiment bizarre tout ce qui lui arrive, mais c'est aussi amusant finalement de sentir
toutes ses formes et toutes ses matières autour d'elle. Elle sent son écorce toute dure, ses
immenses racines de plus en plus fines qui s'enfoncent dans la terre molle et chaude,
elle sent qu'elle s'élève haut dans les airs, elle voit les autres sapins autour d'elle,
elle les salue en bougeant une branche, elle monte encore et elle est dans le ciel.
Elle reste là haut un moment, c'est incroyable d'être un arbre, elle voit les nuages,
les oiseaux qui flottent autour, il y en a un justement qui descend vers elle,
c'est une ireonde elle, elle reconnaît son plumage bleu et rouge, son bec noir,
elle vient se poser sur une de ses branches. L'ironde elle saute d'une branche à l'autre,
pose son bec sur son tronc et se met à pique et tout à coup tout tremble partout,
après quelques secondes Adèle ouvre les yeux, oui elle en a à nouveau,
elle tourne la tête, elle est devenue l'ironde elle, ça ne s'arrêtera donc jamais,
elle regarde devant elle le sapin qu'elle était il y a une seconde encore,
elle sent son corps si petit maintenant mais plus maniable aussi, elle a froid,
ses quelques plumes ne la protègent plus autant que les courses d'avant,
oui mais sous ses plumes repliées elle a deux grandes choses merveilleuses, des ailes,
elle les sort, elle les agite un peu comme ça pour voir,
elle s'envole de quelques centimètres avant de retomber sur la branche,
elle a un bec aussi, comment s'en servir, tiens elle va essayer de dire quelque chose,
un son aigu et magnifique comme du cristal blanc arrive à ses oreilles,
elle fait un clin d'œil au sapin et se prépare pour la grande aventure,
elle déploie ses ailes et s'envole, elle qui avait toujours eu le vertige,
elle ne sent plus rien, elle est dans le ciel, c'est dingue,
elle sent l'air frais, lui caresser le cou, les pattes, elle croise de grands oiseaux
qu'elle salue des ailes, un vautour mais aussi de plus petits comme elle,
des moineaux et des pivets, elle plane avec ses deux ailes parallèles,
elle se laisse porter par les courants, c'est la grande vie,
elle vole haut si haut qu'elle se fait prendre par des courants d'air glacés alors elle redescend,
c'est pas une altitude pour unir on d'elle, à d'elle on oublierait presque que ce matin
encore, elle était une petite fille et ses parents alors, ils doivent la chercher partout,
tiens peut-être qu'elle pourrait les voir d'ici et leur faire un petit signe,
ou suis-je d'ailleurs se demande à d'elle, ah là-bas, oui, ça doit être notre ville,
je reconnais la cathédrale, tiens et ça c'est la maison,
Adèle pique du nez et vient se poser sur le toit, elle repose un peu ses ailes,
c'est fatiguant quand même de voler, une demi-heure plus tard, sa mère et son frère
apparaissent devant l'entrée, Adèle s'approche, Théo regarde l'irondelle d'un air indifférent
et continue son chemin vers la maison,
la nuit arrive, Adèle est désespérée, elle a adoré cette aventure mais ça suffit maintenant,
elle ne veut pas être enfermée à jamais dans ce tout petit corps emplumé et elle a froid et
elle a faim, elle s'envole et va poser ses pattes sur le rebord de la fenêtre de sa chambre,
elle regarde son bureau, ses photos, son lit, elle glisse son bec sous le cadre en bois de la fenêtre
et pousse de toutes ses forces, rien ne bouge, elle pousse à nouveau, son bec se casse presque
mais la fenêtre se lève, elle entre à l'intérieur,
c'est quand même un peu bizarre de marcher dans sa propre chambre à hauteur d'oiseau,
elle saute sur le lit, se glisse sous les draps, il fait chaud, tout est doux,
elle ferme les yeux et une ireondelle s'endort dans le lit d'Adèle,
à l'aube sa mère pousse la porte de la chambre et découvre Adèle emmêlée dans ses draps,
ma chérie, mais où t'étais passé ? Adèle ouvre un œil, regarde sa mère, sa couverture,
puis ses mains, ses pieds, elle est redevenue elle-même, qu'est-ce qui t'est arrivé, demande sa mère,
oh, rien de spécial dit Adèle, je me suis fait des nouveaux amis, non c'était pas mal,
on fait des crêpes là parce que j'ai trop faim, la mère regarde Adèle d'un drôle d'air,
ma fille est étrange quand même, une fois le grand petit déjeuner avalé,
Adèle retourne dans sa chambre, elle s'approche du miroir, elle regarde son visage, ses dents,
sa bouche, elle se rapproche encore, elle voit la peau, son petit nez, les plis, les creux,
en fait je suis un oiseau, je suis une ursonne, je suis un arbre, en sadelle,
il faut simplement s'approcher un peu plus du miroir pour bien le voir.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, Oli ?
Non, il n'y en a autre.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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