Bonjour à toutes et tous, vous écoutez Léonore et la Fontaine de Juvance, épisode 2. Si la
ville de Forge-Laisot est aujourd'hui différente du village où vivait Léonore au 17e siècle,
elle a toutefois conservé son côté champêtre, avec de magnifiques espaces naturels en plein
cœur de la ville. Le bois dépiner, qui s'étend sur plus de 80 hectares de lande,
de marée et tétan, est un véritable havre de paix où se promenit est picniqué au beau jour.
Le dernier week-end de juillet s'y déroule la fête du cheval avec des concours
hypiques et des spectacles équestres. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer.
Retrouvons à présent Léonore pour la suite de ses aventures. Bonne écoute !
Dans les profondeurs de la terre, coulent nos millénaires. Preciose et guérisseuse,
l'eau vive se fait soudain qu'apprécieuse. Quel est donc cette étrange mystère ?
Léonore et Martin grimpe quatre à quatre et les escaliers qui mènent à l'étage du pouvant.
Léonore n'a pas perdu de temps depuis les révélations de son oncle. Elle s'est
empréciée d'aller chercher Martin et de le mettre au courant de toute l'histoire.
À cette heure de la matinée, les enfants sont certains de trouver frère Toque dans sa chambre.
Le plus âgé des frères Capucin, qui vient d'avoir 104 ans, se repose habituellement dans sa chambre.
La porte est ouverte. Martin et Léonore entrent timidement.
Par la fenêtre entre ouverte, les enfants entendent les rires et les discussions
des promeneurs dans les jardins. Dans son fauteuil, une couverture sur les jambes,
frère Toque semble somme nolé.
Frère Toque s'est endormie, constate Martin.
Flutte ! Ce n'est pas de chance ! dit Léonore.
Je suis persuadée qu'il peut nous aider à comprendre ce qu'il se passe avec la fontaine.
Qu'est-ce qu'on fait ? On attend ?
demande Martin. Léonore se rapproche de frère Toque en tout sautant légèrement au-dessus de son épaule.
Soudain, celui-ci se redresse tel un diable à ressort dans sa boîte.
J'ai un écoton ! C'était j'alors de déjeuner !
s'écrit le vieux frère.
Euh... Pas tout à fait ! bafouille Léonore.
Oh ! Bonjour, ma petite Léonore ! Mais qui se cache derrière toi ?
Bonjour, frère Toque ! dit Martin en s'avançant.
Frère Toque ! Nous sommes désolés de vous déranger pendant votre sieste.
Mais je ne dorme pas ! Je ne dorme jamais ! affirme frère Toque.
Martin et Léonore se regardent d'un air amusé.
Dans ce cas, nous aimerions avoir des informations sur la fontaine de jouvence.
Enchaîne Léonore en attrapant un petit abourré pour s'asseoir devant frère Toque.
Vous étiez en fond lorsque les sources de forges ont été découvertes ?
Oui, oui. Je devais avoir à peu près votre âge.
En ce temps-là, forges étaient bien différentes.
Il n'y avait que des lents de sauvage et des maricages.
Se souvient-ils ?
L'endroit devait être un festé moustique.
Grimas Martin.
Oui, oui.
À cause de beaucoup de gens attraper la fièvre des marais.
C'est pourquoi les villageois décidèrent d'asséchir les maricages.
Et c'est comme ça que les sources de forges ont été découvertes ?
Continue Léonore pour accélérer le récit de frère Toque.
Oui, oui. Mais au départ, on ne pensait pas que ces oranges comme de la soupe à la citrouille
avaient été vertu magiques et personne ne voulait en boire.
Se souvient frère Toque en glissant.
Martin approuve d'un signe de tête.
Sa mère l'oblige à en boire un grand verre chaque matin,
sous prétexte qu'elle donne une sondée de fer.
Mais beurk, ils détestent leur goût métallique.
Frère Toque, vous souvenez-vous si la fontaine a déjà cessé de couler ?
L'interroge à nouveau Léonore.
Non, non, jamais.
L'eau a toujours jaillie de terre puissante et indomptable.
C'est grâce aux esprits de la nature.
Il ne faut pas les contrariés.
Quel esprit de la nature ? demande Léonore étonné.
Les gardiennes des sources, quand j'étais jeune,
elles venaient souvent s'asseoir près de moi.
Et je ne les ai jamais revues.
Peut-être faut-il être un enfant,
pour les voir, ou peut-être les âges imaginés.
Dipensivement Frère Toque.
Léonore et Martin se regardent perplexes.
Vous souvenez-vous d'autres choses au sujet des sources ?
Il y a bien cette légende que ma mère racontait pendant les veillées.
Un jour, un très vieux cheval fut laissé en pâture près des sources.
Quand son propriétaire va le chercher,
celui-ci avait miraculeusement rajeunis.
Il était redevenu un jeune poulain vigoureux.
Incroyable ! s'exclame Martin.
Oui, oui, au moins quand je le confonde avec une autre histoire.
Mame et moi, me jouent parfois des tours, les enfants.
Mais peu importe, j'ai bu ces autres toutes.
Ma vieille regarde des mois.
À 104 ans, je suis aussi alerte qu'un jeune homme.
Afinot, il se lève d'un beau,
et danse joyeusement en s'appuyant sur sa canne.
Allez maintenant, à table !
L'enstile en se dirigeant vers le réfectoire.
Resté seul dans la chambre, les enfants demeurent à un moment silencieux.
On va déjeuner nous aussi !
propose Martin qui commence à sentir son ventre gargouillé.
Pas question ! répond Léonord.
Allons plutôt à la bibliothèque pour étudier les documents concernant Forge.
Ces fables et ses légendes sur les sources sont bien jolies,
mais ce qu'il nous faut, c'est des preuves scientifiques.
Si tu es à l'extrémité du couloir, la bibliothèque est une pièce agréable,
dont les deux grandes fenêtres donnent sur la campagne environnante.
C'est l'endroit préféré de Léonord pour lire, étudier et révasser.
Pendant les longues journées d'hiver, impossible de l'en déloger.
Les mathématiques, la botanique, l'astronomie, les inventions farfelues des savants,
tout l'intéresse.
Comme Léonord et la bibliothèque a attitré et autoproclamé de la bibliothèque,
elle sait où s'enranger les livres sur Forge.
Elle s'empare de plusieurs volumes et s'installe à son bureau.
Léonord s'intéresse d'abord aux questions géologiques.
Les livres confirment ce que Frère Tocque leur a raconté.
Les marécages à sécher, la découverte providentielle des sources.
Martin, est-ce que tu savais que notre fontaine est alimentée par trois sources ?
demande Léonord.
Allongé à Plavantre sur un tapis élimé,
Martin lève mollement les yeux de son livre sur les légendes du pays de Bré
et secoue négativement la tête.
Je me demande si le problème ne vient pas de la nappe phréatique.
continue Léonord.
Une nappe fantastique !
s'exclame Martin sous d'un attentif.
Non, une nappe phréatique.
C'est comme un grand réservoir d'eau potable
qui se trouve sous la terre et qui allume les sources et les rivières.
Le triste ce livre explique que la nappe peut être assaieque
si il n'a pas assez plu.
Le printemps a pourtant été humide.
rappelle Martin.
Frère Ortus était d'ailleurs très content pour son potager.
Effectivement.
reconnaît Léonord à contre-coeur.
La jeune fille se plonge à présent dans la lecture d'ouvrage médico,
notamment celui sur un certain docteur Cousineau, médecin du roi.
Les minéraux présents dans les eaux, les guérisons miraculeuses,
le régime à adopter pendant la cure, la meilleure heure pour prendre les eaux,
tout y est détaillé avec précision.
Intéressant, mais cela ne nous avance pas beaucoup.
Soupire la jeune fille qui semble presque découragée.
Oh, Léonord, écoute ça !
s'exclame brusquement Martin.
Une légende raconte que chacune des sources de forges
est placée sous la protection des trois fées.
Celle-ci vivrait au cœur de la forêt de Bray.
Frère Tock nous a parlé des gardiennes des sources ce matin,
ce sont peut-être ses mains de cés.
Oui, peut-être.
Hésite Léonord.
Mais Martin, les fées, ça n'existe pas vraiment.
Je ne sais pas.
Réponds Martin Pansif.
Et puis on n'a pas vraiment d'autres pispes.
C'est vrai.
Reconnais Léonord.
Qu'est-ce que tu proposes ?
On pourrait rendre visite à mon amie Lisette qui vit dans la forêt.
Elle semble s'intéresser aux esprits de la nature et tout ce qu'il semble surnaturel.
Peut-être pourra-t-elle nous aider ?
Martin avait dit cela sur un ton qu'il voulait dégager,
mais ses joues avaient rosi malgré lui.
Martin connaissait Pellisette.
Il l'a percevée quelques fois au marché vendre du bois avec ses parents,
mais il n'osait pas lui adresser la parole.
Elle était plus âgée que lui d'un an au moins,
et elle l'impressionnait beaucoup.
Excité par leur découverte,
Léonord et Martin quittent la bébillauté carotte.
Ils dévallent les escaliers,
se fouffilent dans le réfectoire pour faire main basse sur du pain et du fromage,
puis sortent discrètement du couvret.
Personne ne leur prête attention car la pièce de théâtre est sur le point de commencer.
Sur la scène,
trois coups de bâton sont frappés sur le plancher
pour signaler le début de la représentation et faire taire le public.
Frère Tocque est assis au premier rang,
à côté du cardinal de Richelieu dont la cape en velo rouge brodait de fil d'argent
contraste avec le modeste manteau du vieux frère.
Les enfants remontent le sentier qui longe les sources,
traversent le village quasi désert de forge,
puis pénètrent dans la mystérieuse forêt de bré.
Le feuillage des grands arbres centenaire
forme une voûte translucide au-dessus de leur tête.
Lorsque Léonord et Martin arrivent à la cabane de Lisette,
la jeune fille est occupée à fondre du bois.
Ses longs cheveux rous semblables à des flammes,
tourbillones autour d'elles quand elle lève sa hache au-dessus de son épaule.
Au son de la voie de Léonord, Lisette se retourne.
Heureuse de se retrouver,
les deux amis tombent dans les bras l'une de l'autre.
Puis, en moins de deux, Léonord et Martin
mettent Lisette au courant de la situation au village.
« Les sources de forge sont bien sous la protection des faits des eaux,»
confirme Lisette.
« Alors elles existent vraiment,» demande Léonord stupéfait.
« Bien sûr, elles vivent au cœur de la forêt, au rocher des faits,»
« J'en étais sûre,» s'exclame Martin.
Lisette lui sourit.
« C'est là-bas que j'ai trouvé Attique,» ajoute Lisette en sortant de sa poche une drôle de bestiole.
« Oh, un Lésard, ce n'est pas un Lésard, mais une salamande t'a acheté,» dit Léonord.
« Martin, fais attention, elles sont venimeuses.
« Pas du tout,» sofu ce que Lisette.
« Ce sont des histoires, les salamandres sont contraires des animaux très doux.
« Tu peux la toucher si tu veux,» dit Lisette en s'approchant de Martin.
De plus près, Martin distingue mieux la peau noire et mouchetée de jaune de la salamande,
et celle rose et constellée de tâches de rousseurs de Lisette.
« Elle est adorable, on dirait un dragon miniature,» sourit Martin.
Interrompant ses amis, Léonord demande à Lisette de les accompagner au rocher des faits.
« Il faut qu'elle parle au fait des eaux au plus vite.
» Lisette accepte volontiers la mission.
Le trio s'enfonce plus profondément dans la forêt, jusqu'à une petite clérière
où herbe folle et fleurs sauvages entourent une cascade.
L'endroit, au réholé d'une lumière blanche, semble hors du temps.
Léonord et Martin ont l'impression d'avoir pénétré dans un sanctuaire,
où seul le champ des oiseaux se fait entendre.
Les enfants n'osent plus prononcer un mot.
Lisette s'approche de l'eau et invoque les faits dans une langue mystérieuse.
Les enfants attendent quelques minutes en silence.
Rien ne se passe.
Puis brusquement, l'eau de venteuse se met à frémir à gros bouillons,
comme si des légumes cuisaient dans un chaudron gigantesque.
Sous les yeux médusés de Léonord et Martin,
trois minuscules faits émergent des eaux, chacune dans sa bulle.
Les faits des eaux existent bien.
Vont-elles pouvoir les aider ?
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À très vite !