
La véritable histoire de Bernard l'ermite
Durée: 8m50s
Date de sortie: 29/06/2022
durée : 00:08:50 - La véritable histoire de Bernard l'ermite - Votre enfant aime tellement les contes et histoires qu'il vous en demande de plus en plus ? Une seule solution, et elle s'appelle Oli pour écouter ensemble le merveilleux conte de l'écrivain Adrien Bosc.
L'équipe
Producteur délégué : Léonard Billot
Réalisation : Anne Lhioreau
Mixage : Julien Chabassut
Graphisme : Sarah Debris
Bonjour, je suis Adrien Bosque et je vais vous raconter la véritable histoire de Bernard Lermitt.
C'est-tu ce qu'est un Bernard Lermitt ? Mais si tu en as sûrement déjà vu un filé à
toute allure à Marébas, ces cinq pères de petites pattes détalant sur le sable et se
figant par instant comme s'ils participaient à un concours d'un de trois soleils. Quand la
mer se retire loin, on ne perçoit plus ni le ciel ni le rivage. L'eau et l'horizon se confondent.
Tout n'est plus qu'un grand banc de sable. Lorsque tu pars avec ta pelle et ton sojaune,
ramasser les crabes, les coquillages, les moules et les bulaux, pense à t'asseoir un temps sur
la plage et contempler les allées et venues des Bernard Lermitt. C'est un drôle de crustacé avec
sa maison sur le dos. Il en change d'ailleurs comme de chemise. Il a un fausère de berlingaux et une
dégaine des scargos. Mais c'est tu d'où il vient et pourquoi il porte ce drôle de nom ? En
somme, connais-tu l'histoire vraie et tout à fait farfelu de Bernard Lermitt.
C'était il y a très longtemps, dans un minuscule pays caché par d'immenses montagnes et
dépénuages où vivait un peuple de pêcheurs. Leur village était une simple île au centre
d'un lac bien rond. Le village du lac, ainsi qu'on l'appelait, existait depuis plus de 20.999
années. Selon la légende, tous les mille ans, après la dernière pluie de l'automne et avant
les premiers flocons de l'hiver, le lac se vidrait. Il était écrit, dans de vieux livres poussiéreux,
plein de dessins étonnants et de dorures raffinées, que lorsque ce jour viendrait, on entendrait un bruit
dans la vallée. Feraient-il, puis une sorte de glouglou de tuoteries. Entre les deux rives,
à la surface de l'eau, se dessinerait alors un grand tourbillon. Et en trois jours, disait-on,
le lac serait tout à fait sec. Ainsi font, font, font, trois petits jours et puissants vont chanter
les enfants des pécheurs. On racontait que le niveau de l'eau baisserait petit à petit,
laissant apparaître toute une architecture cachée sous le lac. Des escaliers démesurés et tortueux
se dessineraient jusqu'à atteindre le fond du bassin. Alors, commencerait ce que le livre appelait
le grand nettoyage. Dans la vaste étendue plate qui s'étirait tout autour du royaume,
tous les pécheurs, munis de grands ballets brosses, iraient au bas des escaliers et pieds
nus, pantalons retroussés, gratterés, astichrés, décrasserés, brosserés, nettoirés le sol de
vases et d'algues mêlés. Ce serait, disait-on, bien dégoûtant et aussi tout à fait amusant.
En prévision de ce grand jour, chaque famille du village devait disposer dans chaque chambre
d'enfants un beau calvite pour abriter les poissons pris au piège dans le lac à sécher.
Ainsi, trouvait-on dans les chambres à coucher des enfants de petits ou de grands bocots,
de la taille d'un pot de confiture ou de celles d'un aquarelle. Toujours selon la légende,
ce serait alors après le nettoyage comme une grande loterie. Certains gaminchanceux remontraient
des poissons lunes ou des poissons chats ou bien encore d'autres espèces fantastiques,
comme le poisson arc-en-ciel, le poisson ange à fron jaune, le poisson papillon ou un poisson
phosphorescent dans les couleurs si illuminées dans la nuit. D'autres enfants, moins vénards,
ériteraient des espèces carrément laides ou franchement effrayantes, comme le cochon des
mers, tout mou, tout gélatineux, tout rappelat plat, pareil à un bonbon oublié au soleil.
Comme le poisson loup à la tête joue flûée au sourire ridicule, ou comme le poisson lompe,
le plus marrant avec son gros ventre et ses petites nageoires. Ismaël était le fils d'un
des pêcheurs du royaume. Son père lui avait donné ce prénom parce qu'il aimait beaucoup un livre dont
le héros s'appelait ainsi. C'était un petit garçon assez sérieux, qui parlait à toute vitesse,
mais il en des mots plutôt compliqués comme « Tintamar » ou « Hilaran » à d'autres mots
un peu vieillots comme « Sapristi » ou « Poulish » à d'autres mots aussi délicats qu'il aimait beaucoup
et auquel il donnait plusieurs significations. Ainsi, Orison, qui désignait dans son esprit,
tout à la fois ce qui est loin et beau, autant que ce léger piquotement d'excitation qu'on ressent
à l'approche des grandes vacances. Sur Lille, il était servi avec tous ces marins qui employaient
le long des quais comme à bord des bateaux des mots que seuls eux comprenaient. Le matin du grand
nettoyage, Ismaël, un peu rêveur et donc un peu étourdi, était arrivé le dernier dans le grand
bassin et alors plus un poisson ne restait, pas même un crustacé, pas même un tétard ou une
anguille, ni même une vive ou un plankton, rien. Triste, Ismaël marchait de long en large,
tournant et retournant autour de Lille, qui maintenant que le lac était vide, ressemblait
un village perché en haut d'une grande montagne. Il marchait et marchait, son bocal dans une main,
son épuisette dans l'autre. Il était si triste d'être le seul des enfants de pêcheurs sans poisson.
Quand soudain, Ilvie, caché entre la vase et la pierre, tout blottit contre un rocher,
une drôle de bête de la taille d'un pouce qui lui plût d'emblée.
« Ce truc bizarre fera bien l'affaire, se dit-il. Un peu de sable, trois coquillages,
un peu d'eau dans mon bocal histoire de ne pas repartir bredouille. Elle autour est jouée. »
De retour à la maison, Il exiba avec fierté sa prise. Son père, amusé, lui dit qu'il n'avait jamais vu
pareil bête. « Ce n'est ni un crabe ni une écrevisse l'ansatile. Et à vrai dire, je ne
sais pas ce que c'est. Il ajouta « Tu n'as peut-être pas remonté le plus beau des poissons,
mais tu as fait une découverte et ce n'est pas donné à tout le monde. » Et quand un explorateur
découvre une nouvelle île ou une nouvelle espèce, sache qu'il a le droit, le privilège même,
de lui trouver un nom. Alors, Ismaël, fier et content, regarda son petit crustacé qui se
cachait à l'intérieur d'un coquillage après avoir filé à toute allure d'un point à l'autre du
bocal. Et comme Ismaël aimait les noms et les mots vieillots, il choisit de l'appeler Bernard.
Puis, il associe à ce prénom qu'il trouvait rigolo, un mot délicat qu'il aimait beaucoup.
Tout comme le mot « horizon » auquel il donnait plusieurs significations, il opta pour le mot « dermit »
qui désignait dans son esprit tout à la fois le solitaire, celui qui vit reclu et caché,
et le pressentiment d'avoir trouvé un aim. Trois jours plus tard, dans le ciel, au loin,
bien loin, par de la lémontagne qui entoure le lac, on visse avancer un nuage bleu-ciel,
strillé de fine ligne blanche. À mesure que le nuage approchait, il prenait la forme d'une gigantesque
baleine. Il se mit à pleuvoir si fort et si longtemps que le lac fut à nouveau rempli,
les escaliers disparurent et les pêcheurs purent naviguer de plus belle. C'est alors que tous les
enfants relâchèrent dans l'eau leurs poissons, crustacés et autres animales qu'ils avaient
trouvé au fond du lac et accueillent quelques jours à la maison. Lorsqu'Ismaël renversa son
bocal tout au bord du rivage, il vit que Bernard Lermitt ne bougeait plus, tout à gripper contre
la paroi, bien malheureux de quitter la terre ferme et son nouvel ami. On fit une exception et
Ismaël pu garder son compagnon. C'est ainsi que l'on raconte désormais que les Bernard Lermitt
ne vivent plus au fond de l'eau. Mais entre terre et mer, souvent dans le sable, cachés dans leur coquille,
toujours à la fu, amarré basse, d'un enfant avec sa pelle et son saut et qui pourrait,
s'étant jamais, devenir son compagnon.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, Oli !
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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