
"Le croissant de nuit"
Durée: 10m29s
Date de sortie: 18/10/2023
durée : 00:10:29 - Une histoire et... Oli - Voici une histoire parfaite pour développer l'imagination et la créativité de votre enfant, même si il en a déjà beaucoup. Celle de Lucie Rico, pour Oli, les emmène dans un monde féérique, celui qui rappellera votre enfance.
Bonjour, je suis Lucie Ricot et je vais vous raconter l'histoire du croissant de nuit.
Tu t'appelles Alice, tes grands-parents s'appellent Papi et Mamée,
ce qui est plutôt banal pour des grands-parents.
Mais ils ne sont pas du tout banals, ils sont même extraordinaires.
Ils organisent les meilleures courses de grins de poussière,
savent grimper très haut dans les arbres,
te préparent des tarts au soleil
et ils font parler les peluches qui disent des gros mots très drôles.
C'est même eux qui ont trouvé Toupis,
ton ami pingouin qui se promène partout avec toi.
Tu les vois d'habitude six fois par an, à chaque vacance,
et ce sont toujours les meilleurs moments de ta vie.
Mais là, c'est la fin des vacances et ça te rend triste.
La prochaine fois, c'est dans beaucoup trop longtemps.
Tu as demandé à ta mamie pourquoi tous les gens que tu aimes
ne pouvaient pas être au même endroit en même temps.
Elle t'a répondu, on est toujours un peu là tu sais,
en te faisant un clin d'œil.
Comme tu n'avais pas l'air convaincu, elle a ajouté,
et puis on t'enverra des cartes postales.
Moi, tu n'as jamais vu une carte postale faire la course contre des marmottes
ou dire crotin à roulettes.
Quand ta mère démarre pour te ramener chez vous,
tes grands-parents courent après la voiture en faisant des signes bizarres,
de plus en plus grands, comme s'ils te faisaient une danse de robot.
Puis ils disparaissent au coin de la rue.
Au coin de tes yeux, une petite larme nait.
Tu chasses la larme et colle ton front contre la vitre.
Ils te manquent déjà.
Tu entends ta mère essayer de te parler, mais tu ne veux pas entendre,
tu boudes.
Tu regardes le paysage, mais il court plus vite qu'un départ.
Les arbres en bord de route disparaissent rapidement, l'un après l'autre.
Tu ne peux pas t'y accrocher, alors que les montagnes à l'horizon se déplacent plus comme des tortues.
Tu te retiens à cet espace que tu connais,
la forêt où vous construisez des cabanes avec mami,
la montagne dans laquelle vous cherchez des trésors
et où vous parlez avec des marmottes, avec papy.
Mais bientôt, la forêt disparaît aussi et des champs de patate pourri leur emplace.
La lune, elle, ne disparaît pas.
Cette nuit, elle a choisi la forme de croissant, celle que tu préfères.
Tu pourrais la croquer, elle aurait un goût de bonne humeur le matin.
Ta mère tourne à droite, et tout à coup, un truc bizarre se passe.
La lune, elle aussi tourne à droite avec toi.
Elle te suit.
Toi, tout juste si elle ne te fait pas un clin d'œil.
Elle est en plein milieu de la fenêtre de la portière, toute brillante.
Elle se balance comme la voiture, comme si elle limitait pour jouer.
D'habitude, tu détestes ce qui t'imite,
comme ton cousin qui répète tout ce que tu dis et qui te suit partout.
Comme Marte, qui copie tes dessins à l'école,
tellement que tu t'amuses à dessiner des crottes et des dragons au dent plein de carri vert.
Mais là, tu ne sais pas trop.
Est-ce que tu peux détester la lune ?
Tu espères qu'elle va arrêter de te suivre parce qu'elle t'inquiète un peu.
Mais la lune n'arrête pas.
Quand ta mère accélère, la lune aussi.
Quand vous tournez à droite, la lune tourne,
aussi agile que si elle était sur un skateboard volant.
Quand vous êtes pris dans un embouteillage, elle s'arrête, suspendue, comme ça, dans le ciel.
Maman te parle, mais tu ne répond pas.
Tu n'as pas entendu sa question et tu t'en fiches.
Tu étais occupée à surveiller la lune.
Quand elle te dit, ce que tu peux être dans la lune,
tu as un doute.
Est-ce que la lune est là pour t'emmener ?
Où ce sont ces habitants qui adorent les farces ?
Tu imagines des lune, des drôles de bonhomme tout gris en forme de croissant,
et la lune est leur vaisseau.
Peut-être ils connaissent même ton prénom.
Ils pilotent la lune comme une voiture et veulent t'emmener jouer avec eux.
Tu ne vas pas te laisser faire.
La lune s'est beaucoup trop loin de chez tes grands-parents,
et c'est même pas sûr que tu puisses y recevoir des cartes postales.
Pas question.
Tu sors ta meilleure technique, la grimace monstrueuse.
Tu t'es beaucoup entraînée, personne n'y résiste.
Tu prends ton œil droit, ta langue, et tu transformes ton visage.
La lune semble faire comme toi.
Elle se cache derrière quelques nuages et ça lui donne une nouvelle forme,
comme un gros verre de terre luisant.
C'est super chic comme aide grimace les nuages.
Tu dois reconnaître que c'est une bonne adversaire.
Tu essaies encore, cette fois tu tires ta langue en écartiant les yeux
et en utilisant tout pis pour te faire une crête.
Elle te répond, en faisant, encore avec l'aide des nuages,
une forme de tête d'hipopotam.
D'accord, à ce jeu-là elle gagne.
Tu aimerais bien qu'elle t'apprenne ses tours,
mais tu as d'autres idées.
Tu te mets à chanter super fort,
il paraît que ça fait pleuvoir,
et si des gros nuages de pluie apparaissent, elle va partir.
Tu chantes.
Au clair de la lune, mon ami Pierrot.
Le plus faux possible.
La lune ne réagit pas, alors tu sors les grands moyens.
Tu ouvres ta fenêtre et tu cris.
Grosse boule, moisie, grand pâté sans bras, croissant pourri.
Ta mère s'énerve, remonte ta fenêtre, ça va pas,
décidément Alice qu'est-ce que tu as ?
Tu pourrais demander à ta mère si elle aussi voit que la lune vous suit.
Mais tu lui en veux et tu es têtu, alors tu demandes.
Maman, arrête-toi vite, j'ai envie de faire pipi.
Ta mère soupire, mais vous vous arrêtez dans une station-service.
Tu enlèves ta ceinture, tu sois de ton siège aussi vite que tu peux.
La lune aussi s'est arrêtée dans le ciel et te fixe encore.
Tu lui rends son regard avec tes yeux les plus féroces.
Il faut la semer.
Alors tu te mets à courir, ta mère crie de l'attendre, mais tu ne l'écoutes pas.
Tu fais le tour de la station le plus vite que tu peux.
Ton cœur bat fort, tu cours, tu cours jusqu'à trouver une cachette.
Sous un toboggan d'une petite herbe de jeu, juste derrière la station.
Tu t'accroupis en boule comme un hérisson.
Maintenant, si tu restes immobile assez longtemps, la lune ne te trouvera pas et tu seras tranquille.
Au loin, ta mère t'appelle, elle a l'air inquiète.
Alice ! Alice ! Alice !
Et tout à coup, tu ne vois plus personne.
Ni ta mère, ni la lune.
Dans ta course, tu as même oublié de prendre tout pis.
Tu es seule, cachée et c'est la nuit avec tous ces bruits bizarres de nuit.
Et si ta mère était repartie sans toi, maintenant tu n'auses plus sortir.
Tu relèves juste un peu la tête.
Face à toi, tu vois les vitres de la station-service et au milieu, le reflet de la lune un peu de travers.
D'ici, elle ressemble à un grand sourire.
Finalement, tu es plutôt contente qu'elle ne t'est pas laissée toute seule.
Elle t'éclaire comme une superveilleuse et derrière elle, dans la vitre de la station-service,
tu vois ta mère qui te cherche sous les rayons de saucisson.
C'est comme si la lune avait voulu que tu la retrouves.
Tu lui fichotes.
Merci, Lulu !
C'est le petit surnom que tu viens de lui trouver et tu cours rejoindre ta mère.
Dans la voiture, tu te laisses bercer.
Tout pide te sert d'oreiller.
Tu imagines tes grands-parents se servir de la lune comme d'un miroir géant pour te voir où que tu sois.
C'est le moyen qu'ils ont trouvé pour ne jamais s'éloigner.
Tu te dis que chaque nuit, ils apparaîtront pour jouer avec toi.
La lune te sourit maintenant.
Tu peux fermer les yeux, elle ne te quittera pas.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, Oli.
Non, une autre.
Oli est un podcast original de France Inter.
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Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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