Nouvelle séroïne !
Salut toi ! Quand j'avais ton âge, je croyais que les héros de l'histoire étaient toujours des rois et des romans perruques,
qui prenaient de très, très grandes décisions.
Personne ne m'avait vraiment parlé des femmes qui avaient, elles aussi, changé le monde.
Et puis un jour, j'ai découvert Olympes de Gouges.
Olympes n'était pas née dans un château, elle n'était pas riche, elle n'avait pas de pouvoir.
Ce qu'elle avait, c'était une idée simple et immense.
Pourquoi les femmes ne rêtaient-elles pas les mêmes droits que les hommes ?
À une époque où les femmes n'avaient même pas le droit de parler en public, Olympes s'est élevée.
Elle a écrit, affiché, crié sa colère et son espoir.
Elle a défié les puissants, elle a défendu les opprimés.
Mais elle a aussi payé très cher son courage.
Elle a ouvert une brèche dans laquelle d'autres plus tard se sont engouffrés.
En écrivant cette histoire, je n'ai pas voulu raconter une leçon d'histoire.
J'ai voulu raconter une vie courageuse, un chemin dangereux,
une voix qu'on a voulu faire taire et qui continue pourtant de raisonner aujourd'hui.
Parce que parfois, il suffit d'une seule voix pour commencer à changer les choses.
Et peut-être, après avoir écouté cette histoire, ce sera la tième.
L'histoire de notre héroïne commence à Montauban en 1747.
Dans cette ville du sud-ouest de la France, Anne-Olympe Mouisset sait qu'elle n'est pas faite pour les règles écrites par d'autres.
Elle a choisi d'aimer Pierre Gousse à un artisan respecté,
son passé par l'église ni par la mairie.
Dans leur petite ville, ça fait jaser.
Peu importe, leur amour est plus fort que les regards et les rumeurs.
Un an plus tard, le 7 mai 1748, Anne-Olympe met au monde une fille, Marie.
Marie Gousse.
Ce bébé, naissant mariage officiel, porte déjà une sorte de défi au monde.
Anne-Olympe élève sa fille avec tendresse, mais surtout avec une idée simple.
Marie grandit avec cette phrase dans le cœur.
Chaque fois qu'elle voit un homme prendre une décision à la place d'une femme,
chaque fois qu'elle entend quelqu'un dire, c'est normal, elle sent une colère froide montée en elle.
Elle n'a que 6 ou 7 ans quand elle se demande pour la première fois.
Pourquoi les filles ne peuvent-elles pas choisir leur vie comme les garçons ?
A cette époque, poser ce genre de question peut vous mettre dans une situation très compliquée.
Mais Marie n'a pas peur.
En France, au 18e siècle, une femme n'a presque aucun droit.
Elle ne peut pas voter, elle ne peut pas signer un contrat sans l'accord d'un homme.
Elle doit obéir à son mari ou à son père si elle n'est pas mariée.
À Montauban, tout le monde connaît Marie Gouze.
Pas parce qu'elle est la fille d'un Olympe, non, non.
Parce qu'elle pose beaucoup de questions, beaucoup trop de questions pour certains.
Pourquoi les filles n'ont-elles pas le droit d'aller à l'école comme les garçons ?
Pourquoi c'est toujours les hommes qui commandent ?
Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas devenir mère, médecin ou écrivain ?
Les adultes répondent parfois avec un sourire gêné.
D'autrefois, avec un francement de sourcils sévères.
Parce que c'est comme ça.
Et c'est la pire réponse possible pour Marie.
À la maison, elle aide sa maman, elle rit avec ses copines, elle court sur les bords du tharn.
Mais elle sent qu'elle n'est pas faite pour rester silencieuse,
pour rentrer dans les cases qu'on veut lui imposer.
Parfois, elle s'imagine écrire des livres
ou prononcer de grands discours devant des foules.
Puis, elle redescend sur terre.
Elle est une fille, et ici, être une fille, c'est surtout apprendre à se taire.
À l'âge où d'autres pensent à se marier ou à coudre leurs trousseaux,
Marie pense à autre chose.
Elle, elle veut choisir sa vie.
Mais dans ce monde-là, une jeune fille n'a guère le choix.
Un jour, on la convoque.
Un mariage est arrangé pour elle.
Marie a seulement 16 ans.
Au 18e siècle, en France, une fille de 16 ans est considérée comme une adulte.
Souvent, elle est mariée dès cet âge, sans avoir son mot à dire.
Le mariage n'est pas une affaire d'amour, c'est une alliance entre famille,
une question d'argent et de réputation.
Les parents de Marie décident de sa destinée.
Elle doit épouser Louis Yves Aubry qu'elle rencontre le jour de leur fiançaille.
Il a plus de 30 ans, et elle, 16.
Il est sérieux, travailleur, respecté, tout ce que les familles veulent.
Mais Marie, elle, ne veut pas d'un époux qu'on lui impose.
Elle rêve d'indépendance, d'aventure, d'écrire sa propre histoire,
pas de porter un nom qu'on lui impose.
Alors qu'elle devient Madame Aubry, quelque chose se brise en elle, pour toujours.
Comme si on avait fermé une porte à double tour sur ses rêves.
Pendant un an, elle vit sans amour, sans passion.
Pour toi, elle fait ce qu'on attend d'elle, tenir la maison et sourire en société.
Elle donne naissance à un petit garçon, Pierre.
Pour lui, quand il la regarde, elle trouve la force de tenir.
Et puis un jour, tout bascule.
Louis Yves Aubry, ton malade, est meur.
Elle a alors 17 ans et devient veuve avec un petit garçon.
Dans le malheur, elle voit une opportunité unique.
La liberté.
Veuve, elle peut refuser de se remarier.
Et c'est ce qu'elle fait, malgré les pressions de son entourage.
Pas question de devenir à nouveau la propriété d'un homme, non.
Pas question de renoncer à son droit de choisir.
Un matin, Marie se promène dans les rues de Montauban.
Il fait beau.
Et en regardant le ciel, elle se dit.
C'est décidé.
Je te quitte, Montauban.
Paris, j'arrive.
Là, où peut-être une femme peut devenir plus qu'une épouse.
Quand Marie pose enfin les pieds à Paris, elle n'a pas peur.
Elle a déjà survécu au pire.
La prison invisible du mariage et le poids écrasant des traditions.
Du haut de ses 18 ans, Pierre blotit contre elle
et le cœur battant comme un tambour,
elle franchit les portes de la capitale.
À Paris, les rues grouillent de môles.
Marchands, braillant leurs marchandises.
Artisans, penchés sur leurs ouvrages, écrivent un rêveur.
Voleurs à l'œil rusé.
Mandions, tendant la main.
Nobles roulant en carrosse dorée.
Partout, la misère frôle l'opulence.
Le courage croise la peur.
Et dans l'air, flotte une promesse.
Tout est possible.
Paris, c'est l'endroit où tout peut arriver.
Surtout pour ceux qui osent.
Marine et personne ici.
Une jeune veuve sans titre, sans argent, sans relation.
Mais elle a quelque chose que beaucoup n'ont pas.
Une soif de liberté et une volonté de fer.
Elle comprend vite qu'à Paris,
l'apparence compte autant que les idées.
Elle abandonne donc son nom de naissance, Goose.
Qu'elle trouve trop simple, trop banale.
Elle se rebaptise au l'âme de Gouges.
Un nom nouveau, éclatant,
un nom taillé pour les affiches et les livres.
Je suis au l'âme de Gouges.
Personne ne lui a appris à lire vraiment.
Ni à écrire comme il faut, qu'importe.
Au l'âme d'évoire les livres,
assiste aux représentations de théâtre,
écoute les philosophes discutés dans les salons.
Elle ne s'arrête jamais.
Chaque mot nouveau, chaque idée rencontrée,
est une nouvelle arme de plus
pour aller au bout de son rêve.
Un jour, je serai écrivelle.
Elle veut écrire pour éveiller,
pour secouer, pour changer.
Petit à petit, elle réussit à se faire un nom.
Un soir, dans un salon parisien,
elle se lève, le visage durcit par la colère.
Comment oser-vous parler de liberté,
alors que vous envoyez des hommes noirs
mourir dans vos colonies ?
La liberté est-elle une couleur ?
Dans la salle, des messieurs bien installés
dans leurs fauteuils croisent les bras,
irrités.
La traite est nécessaire à l'économie, madame.
Alors vous êtes riche du sang d'innocent.
En 1782, elle écrit des pièces de théâtre
qui parlent de justice, d'égalité,
de révolte contre l'injustice social.
Elle est soutenue par madame de Montesson,
une femme de lettres françaises.
Olympe de Gouges propose une pièce audacieuse
en trois actes.
Zamoré et Mirza, où l'heureux naufrage.
Elle y dénonce un système économique
fondé sur l'enchaînement, la vente
et l'exploitation d'êtres humains
en raison de leur couleur de peau.
Son histoire met en scène un couple d'esclaves en fuite,
secourus par deux jeunes français,
porteurs d'un message universel.
La liberté, l'égalité et la fraternité
pour tous, blanc et noir, réunis.
A l'époque, aucun auteur n'avait encore osé
aborder un tel sujet sur une scène de théâtre.
C'est une première, un véritable acte de courage littéraire.
Le soir de la représentation,
certains quittent la salle furieux, clacant les portes.
Jugez scandaleuse et provocante,
la pièce sera bien inscrite au répertoire
de la comédie française,
mais elle restera interdite de représentation
pendant plus de dix ans,
malgré l'insistance acharnée de son autrice.
Dans les salons de la capitale,
Olympe fascine autant qu'elle dérange.
Elle prend la parole avant qu'on le lui la donne.
Elle veut montrer l'exemple à toutes les femmes.
Alors on l'admire pour son courage
et on la méprise pour son insolence.
Certains rient en mur murant.
Une femme qui pense pouvoir changer le monde,
n'importe quoi.
Et puis quoi encore ?
Olympe, elle, ne rit pas.
Elle sait que son heure viendra.
Elle continue de fréquenter les cercles d'intellectuels et décrivains
sans jamais avoir reçu une vraie éducation.
Elle est autodidacte.
Cela veut dire qu'elle a tout appris par elle-même
simplement grâce à sa détermination.
1789 sonne la nouvelle année
et la France est au bord de l'explosion.
Le peuple est épuisé,
les impôts sont lourds,
la famine menace.
Louis XVI, dépassé, convoque les États généraux.
Une grande réunion,
où les trois ordres, la noblesse, le clergé et le peuple
doivent proposer des solutions.
Partout dans le pays,
les Français remplissent des cahiers de doléances.
Une liste de plaintes et de rêves
d'un avenir meilleur.
Le 5 mai à Versailles,
les États généraux souvent,
mais très vite, le peuple se rebelle.
Quelques semaines plus tard,
le 14 juillet,
le peuple de Paris attaque la Bastille.
C'est la révolution qui commence.
Olympe de Gouges assiste à cette agitation
avec une excitation qu'elle n'essaie même pas de cacher.
C'est le moment Pierre,
le moment de faire éclater la vérité
comme un grand coup de tonnerre.
Vite, allo imprimer des affiches,
collongler sur les murs.
Olympe écrit des pamphlets enflammés
qu'elle distribue au passant.
Ils sont une arme pour ceux qui n'avaient pas le pouvoir,
mais qui avaient des mots.
Mais rapidement, elle comprend une chose.
On parle de liberté, d'égalité,
de fraternité,
mais seulement pour les hommes.
Où sont les femmes ?
Les femmes, elles, doivent continuer à se taire.
Or de questions.
Elles n'ont toujours pas le droit de voter,
pas le droit de s'exprimer dans les assemblées.
Même leurs voix dans les rues sont étouffées
par les cris plus forts que les hommes.
Le 5 octobre 1789,
les femmes du peuple encolaire marchent sur Versailles
et, parmi elles, Olympe.
Le lendemain, la famille royale
est contrainte de quitter le château.
Le roi, lui-même,
s'est incliné devant les femmes.
Un soir,
dans un petit salon où elle est invitée,
Olympe explose.
Au milieu des philosophes et des avocats en perruques poudrées,
elle se lève d'un bon.
Messieurs, vous criez pour votre liberté,
mais vous refusez celle de vos mères,
de vos sœurs, de vos épouses.
Nous parlons des droits naturels de l'homme.
Et la femme,
n'est-elle pas aussi un être humain ?
Un lourd silence s'impose dans la pièce.
Personne n'ose répliquer.
Cette nuit-là,
Olympe fait un choix qui va changer son destin.
Elle écrit son propre manifeste.
Un texte pour proclamer que les femmes
aussi naissent libres,
que les droits humains ne sont pas réservés aux hommes.
Même si cela doit lui coûter sa liberté,
ou sa vie,
sous la lueur d'une bougie assise devant une étroite table en bois,
elle écrit, avec détermination,
des mots nouveaux,
des idées brûlantes.
C'est ainsi que la déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne
prend vie.
Dans son petit bureau, Olympe écrit sans relâche.
Chaque mot est une gifle
contre l'injustice.
Et au-dessus de la feuille,
elle murmure pour elle-même.
La femme n'est libre,
et demeure, égal à l'homme en droit.
Elle relève la tête, les yeux brillants.
Et je l'écris,
que cela plaise ou non.
Autour d'elle, des amis des connaissances
la supplie de faire attention.
Olympe, tu vas te mettre tout paris à dos.
Mieux vaut me faire des ennemis,
que rester une complice.
Elle écrit un préambule, puis 17 articles.
À chaque article,
elle tord le texte officiel de 1789
pour le retourner
contre ses créateurs.
Là où il est écrit l'homme,
elle écrit la femme.
Là où il est dit citoyen,
elle ajoute citoyenne.
Elle accuse les hommes d'avoir trahi
les promesses de la Révolution.
Elle demande que les femmes puissent voter,
héritées, divorcées,
prendre la parole en public.
Elle ose même dédier son texte
à Marie Antoinette.
Dans sa lettre, elle lance.
Madame, vous êtes une femme
avant d'être une reine.
Soutenez-nous.
La déclaration terminée, Olympe n'attend pas.
Elle imprime des dizaines de copiques,
elle distribue elle-même dans les rues,
dans les cafés, aux abords de l'Assemblée.
Partout, elle lit les mêmes regards.
Moquerie, colère, incompréhension.
Un jour, alors qu'elle distribue ses textes,
un homme riche en perruques s'approche,
l'air méprisant.
Allez donc chez vous, bonne femme,
et occupez-vous de vos casseroles.
Olympe, sans hésiter,
lui lance en pleine figure.
Et vous, allez donc apprendre
ce qu'est la justice avant de parler d'égalité.
Olympe n'est pas du genre
à choisir ses combats. Elle les prend tous,
même ceux qui font peur aux autres.
Elle ne s'arrête pas.
Elle attaque aussi le mariage traditionnel,
cette prison dorée où tant de femmes
perdent leur nom, leur liberté, leur vie.
Je veux que chaque femme
puisse choisir d'aimer, de se marier
ou non. Et si le mariage
devient une chaîne,
qu'elle puisse la briser sans honte.
Olympe dit du mariage que c'est le
tombeau de la confiance et de l'amour.
Alors elle imagine un contrat social
d'égalité entre époux,
qui protégerait aussi les enfants
en cas de séparation.
À une époque, où divorcée est une
érésie, elle propose rien de moins
qu'une révolution intime.
Olympe comprend ce que beaucoup
ne veulent pas voir.
Tant que l'injustice existe
quelque part, la liberté
est un mensonge partout.
Elle ne minute pas pour elle seule.
Elle minute pour toutes celles et tous ceux
que le pouvoir oublie.
Mais dans l'ombre, ses ennemis
se multiplient.
Les révolutionnaires voient d'un mauvais oeil
cette femme qui écrit par les dénonces
sans peur.
Dans la rue, on l'interpelle.
Prenez garde, madame de Gauche.
Ici, une plume peut coûter la tête.
Olympe sourit
froidement et répond.
Alors qu'il vienne la chercher.
Tant que je peux écrire, je suis libre.
1793
commence dans un pari qui tremble
sous la terreur.
Paris ne chante plus la liberté.
Dans les rues, on dénonce ses voisins,
on murmure à l'ombre des murs,
on monte sur les échafaux
pour avoir parlé trop fort.
Olympe, elle, continue.
Elle écrit, elle affiche,
elle crie son amour de la justice
à travers toute la ville
et critique ouvertement Robespierre.
Ses amis sont nombreux,
certains changent de trottoir en la voyant passer,
d'autres glissent toujours
des avertissements pressés.
Tais-toi, Olympe.
Jamais.
Ce terre s'est mourir avant l'heure.
Un soir d'été,
alors qu'elle distribue encore des tracts
contre la violence du gouvernement révolutionnaire,
des soldats l'arrêtent.
Sans explication.
On la jette dans une cellule sombre, humide.
Juste une paille assale
et un petit soupirail
d'où filtre un tout petit peu de lumière.
Le lendemain, au tribunal révolutionnaire,
on l'amène devant les juges.
Le procès est une farce.
Pas d'avocats, pas de défense.
Le juge, un homme à la perruque
mal ajusté, la fixe durement.
Olympe de Gouges,
vous êtes accusé d'avoir semé le trouble
par vos écrits.
J'ai seulement semé des graines de liberté.
Le juge s'insurge.
Vous êtes ennemis de la République.
Non, monsieur.
Je suis l'ami de la vraie République.
Celle qui n'oublie ni les femmes,
ni les pauvres,
ni les esclaves.
Olympe est condamné à mort,
non pour un crime, mais pour avoir trop parlé.
Pour avoir défié Robespierre
et dénoncé la terreur, et pour avoir transgressé
l'interdit suprême.
Être une femme qui pense,
une femme qui agit.
Dans la salle,
quelques murmures d'admiration traversent la foule.
Mais personne n'ose la défendre.
On la reconduit à sa cellule.
Seule.
Abandonnée.
La nuit avant son exécution,
elle demande une flume du papier.
Le géolier hésite,
puis dit tant de quoi écrire.
Olympe écrit ses derniers mots
avec une main tremblante,
mais un esprit clair.
Je meurs.
Ma vie s'achève.
Mais mes idées continueront de marcher sans moi.
Ce 3 novembre 1793,
le temps est lourd et le ciel gris
comme du plomb place de la révolution
à Paris.
Dans les rues,
les parisiens s'agglutinent autour de l'échafaud.
Certains viennent pour voir,
pour juger,
pour oublier leur propre peur.
Parmi eux,
nul ne tend la main à Olympe de Bouge
quand on la fait monter dans la charrette.
Elle a refusé un dernier repas.
Elle a refusé qu'on lui bande les yeux.
Debout.
Chiaire.
Elle regarde la foule censillée.
À côté d'elle,
un bourreau lui glisse à l'oreille.
Tu regrettes la citoyenne ?
Olympe tourne lentement la tête vers lui.
Je regrette seulement
de ne pas avoir pu leur ouvrir les yeux
avant qu'on me ferme les miens.
Olympe, sans les regards sur elle,
certains de eux aiment
d'autres admirations secrètes.
Elle se parle à elle-même, tout bas.
Ils peuvent tuer mon corps,
pas mes mots,
pas mes idées.
Elle monte les marches seules,
d'un pas ferme,
sous les huées et les cris.
Devant la foule,
juste avant de poser la tête sous la lame,
elle crie.
Enfant de la patrie,
vous vengerai ma mort.
Le bourreau abaisse la lame.
Un instant plus tard,
le corps de l'âme de Gouges
rejoint ceux de tant d'autres
tombés sous la terreur.
Mais dans l'ère de Paris,
ce jour-là,
il y a plus qu'un silence.
Il y a une promesse,
celle que ces mots, eux,
continueront de circuler.
Alors,
chers nouvelles héroïnes,
les siècles ont passé,
et le nom de l'âme de Gouges
traverse les murs des écoles,
de ton école, au collège.
Ils s'invitent dans les livres d'histoire,
ils s'élèvent dans les débats.
Ces ennemis ont cru que la lame
pouvait faire taire ces idées.
Ils avaient tort.
Ces mots sont plus forts que la pierre,
plus vives que la peur.
Ils vivent encore et doivent continuer
de vivre des siècles et des siècles.
Partout, où l'injustice
tente de s'imposer,
son nom surgit.
Au l'âme de Gouges,
comme une femme libre,
une femme debout,
une femme éternelle.
Aujourd'hui, on lit ces phrases
comme des appels de courage.
La femme a le droit de monter sur les chafaux.
Elle doit avoir également
celui de monter à la tribune.
On étudie sa déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne
et l'on comprend que, bien avant que le mot féminisme
ne soit inventé,
elle en avait déjà dessiné la lumière.
Dans les rues, sur les places, dans les salles de classe,
une certitude voyage encore.
Le courage d'une seule
peut réveiller des milliers.
Et ce jour-là,
sur les chafaux,
elle était la plus courageuse de toutes.
Alors,
à chaque fille qui osent lever la main,
à chaque femme qui refuse
d'obéir à ce qu'on lui impose,
à chaque être humain qui croit
en un monde plus juste,
au l'imble souffle encore
au creux de l'oreille.
N'attends pas quand t'accords ta liberté.
Prends-la.
Nouvelle sérône.
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