Nouvelle zéroïne.
Quand tu as été abandonné,
ça laisse une peur immense dans ton cœur
qui risque de t'accompagner toute ta vie
la peur d'être abandonné à nouveau.
Et ça, c'est quelque chose de très compliqué à gérer.
Et moi, je n'ai pas lu cette blessure.
Nouvelle zéroïne.
En fait, ma question, c'est qu'est-ce que vous diriez
des parents ou des adultes en général
qui écoutent pas forcément leur enfant
ou leur adolescent quand ils disent qu'ils ne se sentent pas bien
ou des choses comme ça ?
Il consiste à quoi le projet Imagine ?
Nouvelle zéroïne.
Nouvelle zéroïne.
Eh bien, oui, voilà, il y a telle situation.
Mais si nous tous, on s'en empart en tant que citoyen
et on fait bouger les lignes,
on peut totalement changer
et carrément faire advenir le meilleur.
Je savais pas où ça m'emmènerait,
mais quoi qu'il arrive,
à l'instant t'es, au présent,
j'avais l'opportunité de vivre une aventure.
Avant de passer à ce nouvel épisode spécial
avec Frédéric Baudos,
prends une seconde pour respirer.
Fermez les yeux et te concentrez.
Tu viens d'entendre le parcours d'une femme
qui a traversé des tempêtes, mais aussi des paillettes.
Frédéric Baudos ne parle pas pour impressionner,
elle parle pour réveiller,
pour rallumer quelque chose en nous.
Et ce quelque chose,
elle est une personne qui est une personne
qui s'est écrite.
Les élèves du Collège de Triolo
l'ont senti très fort.
Ils ont écouté,
ils ont réfléchi,
ils ont été touchés.
Alors après cette heure d'interview,
ils ont eu envie de lui poser des questions,
des vrais,
celles qu'on n'ose pas toujours formuler à voix haute.
Des questions d'adolescentes et adolescents
qui se cherchent, qui doutent,
mais qui ont envie de comprendre,
envie d'aimer, de créer,
de croire que le monde peut être beau,
malgré tout.
Alors, à ton tour,
d'écouter ces questions qui viennent du cœur.
Belle écoute.
Nouvelles héroïnes !
Nouvelles héroïnes !
Nouvelles héroïnes !
Quelles sens devenues, vous frérisseurs ?
On était donc très nombreux
et aujourd'hui,
la plupart ont des enfants,
voire même des petits-enfants,
donc la famille où on était une vingtaine d'enfants,
aujourd'hui, on doit être 80 ou 100,
quelque chose comme ça.
On est aussi disséminé un peu partout.
Il y aurait quelques-uns qui sont restés
dans le nord de la France,
mais la plupart sont un petit peu partout.
Et donc voilà, c'est une famille très large,
ils sont comme tout le monde,
c'est-à-dire, il y en a qui vont bien,
il y en a qui vont moins bien,
il y a des hauts, il y a des bas, il y a des épreuves,
la vie n'est pas un long fleuve tranquille,
c'est une famille comme les autres pour ça.
Est-ce que vous avez des enfants ?
Oui, j'ai une fille, il y a 33 ans !
Et du coup, est-ce que vos enfants,
ils sont choqués de votre histoire ?
Est-ce que ma fille est choquée de mon histoire ?
Alors comme elle a 33 ans,
ça fait un moment qu'elle la connaît quand même l'histoire.
Donc aujourd'hui, je pense pas qu'elle soit choquée.
D'ailleurs, je ne sais pas exactement
qu'est-ce que tu veux dire par choquée.
Tout le parcours que vous avez fait ?
Oui, c'est-à-dire, choquée pour toi, ça veut dire quoi ?
Déjà, vous avez été un peu abandonnée ?
Alors j'ai jamais été abandonnée.
Contrairement à la plupart de mes frères et soeurs
qui ont été adoptées par cette famille adoptive
et qui pour la plupart effectivement
avaient été abandonnées
à la naissance, ou un peu après,
qui étaient d'Orphelina, etc.
Moi, j'ai ma maman, elle est décédée il y a 2 ans,
mais ma maman, ma maman Jeanne,
elle avait des problèmes psychiatriques,
mais elle ne m'a jamais abandonné.
Et donc, c'est pour ça que je faisais les allers-retours.
À chaque fois qu'elle allait un peu mieux
je vivais avec elle,
et puis quand elle était hospitalisée,
j'ai allé dans la famille adoptive.
Et je faisais comme ça à l'aller-retour.
Donc, je n'ai pas été abandonnée.
Et c'est une grande différence.
Je pense que mes frères et soeurs,
pour la plupart,
ont été marquées
par cette blessure
qui est quasi indélébile,
qu'on ne peut partirer
qui s'appelle l'abandon.
Et alors qu'en fait, quand tu as été abandonné,
ça laisse une peur immense dans ton coeur,
qui risque de t'accompagner toute ta vie,
la peur d'être abandonnée à nouveau.
Et ça, c'est quelque chose
vraiment de très compliqué
à gérer.
Et moi, je n'ai pas eu cette blessure.
Ça ne veut pas dire que j'en ai pas eu d'autres,
mais en tout cas, je n'ai pas eu cette blessure.
Mais par vos problèmes financiers et tout,
c'est ce que vous avez vu,
c'est vos enfants et ils étaient choqués.
Quand j'ai ma fille,
à ce moment-là, voilà, je suis sortie de tout ça.
Donc, elle découvre ça quand...
Parce que c'est vrai que
on a rarement l'occasion, vous verrez,
peut-être que vous aurez envie de poser des questions à vos parents.
En tant que parent, on a rarement l'occasion
de se raconter à nos enfants.
Il est rare, finalement, on se rend pas compte.
Mais très souvent, on ne raconte pas
notre enfance, par quoi on est passé.
On n'y pense même pas, on est pris dans le quotidien,
le travail, etc.
Et c'est vrai que ma fille,
elle a découvert vraiment les choses
quand j'ai sorti mon livre.
Mais donc, elle était déjà jeune adulte.
Donc, il y a des choses, je pense,
qu'ils l'ont touchée et qui nous ont permis aussi
de creuser, parce que même dans le livre,
je ne raconte pas tout non plus.
Il y a des choses que je garde pour moi.
Et donc, on a pu en parler.
Chaque occasion que vous avez
de pouvoir partager, de parler,
d'échanger à coeur ouvert,
c'est des moments à chérir.
Ok, merci.
Pourquoi ça te questionne à ce point-là
le fait que ma fille aurait pu être
choquée par les problèmes financiers ?
C'est un peu choquant, tout votre parcours.
Donc, toi, ça t'a choquée, alors ?
Oui. Et qu'est-ce qui t'a choquée, exactement ?
Là, vous nous parlez, alors que
vous êtes passés par plein de chemins.
Et donc ?
Vous avez réussi, quand même.
Et donc, ça te fait penser à quoi, ça ?
Un héros.
Je suis trop forte.
Arrêtez, hein.
Mais est-ce que c'est encourageant ?
Parce que, en fait, moi,
si je le raconte, c'est juste pour ça.
Est-ce que c'est encourageant ?
Oui. Et donc, qu'est-ce que tu retiens de ça ?
Même si on a des difficultés,
il faut...
Tu vois, moi, j'ai le coutume de dire,
c'est jamais trop tard.
Tout est toujours possible.
Et c'est dans nos mains.
Si on rêve d'un monde meilleur,
ça a à nous de le bâtir.
Et donc, effectivement,
tout reste toujours possible jusqu'au bout.
Est-ce que, si vous faites
comme vos parents adoptifs, ou pas ?
Excellente question. Aucun de nous,
les enfants adoptés,
aucun de nous, nous n'avons adoptés d'enfants.
Et donc, c'est intéressant, parce qu'on vient
d'une famille, ou pour le coup, voilà,
nos parents adoptifs, une vingtaine d'enfants,
c'est énorme. Et aucun de nous,
nous n'avons pas fait tout le fait.
Et c'est là où je pense que c'est
important d'avoir conscience
que nous ne sommes pas tous faits
pour mener les mêmes missions.
Et c'est pour ça que c'est important,
ce moment dont je vous parle,
ce moment où il faut aller à l'intérieur
de soi et écouter la petite voix intérieure,
et sentir qu'est-ce qui vraiment nous attire,
vers quoi on se sent...
Là où on sent qu'on pourrait être utile.
Tu vois, si on ne s'était pas posé la question,
peut-être qu'on se serait dit,
« Tiens, il faut adopter, il faut faire comme
nos parents, parce que ça fait beaucoup de bien, etc. »
Or, l'adoption, c'est vraiment pas
quelque chose de facile du tout.
Et donc, s'il n'y a pas vraiment
cet appel à vivre
cette aventure humaine, il vaut mieux pas y aller,
parce que ça va être très, très compliqué.
C'est très compliqué, même pour ceux
qui ont l'appel, même pour ceux vraiment
qui se sentent attirés par ça.
Et donc, il faut vraiment
aller vers des missions dont on sent
que la récompense,
parce que quelle que soit la mission
que vous allez embrasser,
dans quelle mission vous allez vous
engager, ça va être dur.
C'est toujours des épreuves, c'est toujours difficile.
Mais à partir du moment où c'est
ce en quoi vous croyez,
vous allez vous sentir pousser des ailes.
Et vous trouverez donc toujours la force
de surmonter les épreuves, parce que
voilà, ça vous correspond vraiment.
Et vous allez trouver des solutions,
vous allez faire preuve d'imagination.
Vraiment, il y a tout ça qui va se mettre
en route. Mais surtout,
c'est que vous allez avoir la récompense
dans la mission elle-même.
Et donc, c'est vraiment très important
de bien identifier quelle est votre mission.
Après, je voudrais quand même rajouter
une chose. J'ai dit, donc pas
l'action pour l'action, ne vous précipitez pas
et posez-vous les questions.
Et si en fait, même après ce moment
d'introspection, vous n'identifiez toujours pas
une mission particulière, quelque chose
sur lequel vous voudriez vous engager.
Ne vous mettez pas martèle en tête en vous disant
oh là là, c'est pas bien, ne culpabilisez pas etc.
Ma mère adoptive, elle avait
coutume de dire, le tout
c'est pas de faire des grandes choses,
le tout c'est de faire des petites choses,
mais avec un grand amour.
Vraiment, le message que j'essaie de faire passer
avec le projet Imagine, c'est d'abord un message d'amour.
C'est-à-dire que
chacun de nous, on rêve d'un monde
de paix, d'amour,
où vraiment on vit ensemble,
un monde humain.
Mais si on veut un monde humain,
il faut déjà humaniser soi-même.
Et de même si on veut un monde de paix,
il faut déjà se pacifier soi-même.
Vous voyez, comment est-ce qu'on va être
porteur de paix si c'est le chaos à l'intérieur
et si on est toujours en pétard, vous voyez.
Donc, quoi qu'il arrive,
il faut commencer par là.
Et c'est le meilleur service que vous puissiez
rendre au monde.
C'est-à-dire qu'en fait, chacun de nous,
les progrès qu'on fait
à l'intérieur de nous
élèvent le monde, changent complètement
l'atmosphère du monde.
Chacun de nous,
chaque paque nous faisons
à humaniser nos vies,
à être beaucoup plus en paix,
à être plus ouvert,
nous changeons le monde de manière très concrète.
Donc c'est ça qu'il faut travailler.
C'est d'abord cette manière d'être au monde.
Et vraiment, je le dis souvent,
on a l'impression comme ça
qu'on est chacun séparés les uns
des autres. Quand je parlais de l'esprit de famille,
ma famille avant,
puis on verra pour les autres, comme si
le sort des autres ne nous importait pas.
Mais la réalité, c'est que nous sommes
une seule et même famille
en tant qu'humain, en tant qu'humanité.
Et donc ce qui se passe chez l'un et chez l'autre
a des conséquences pour nous.
Qu'on le veuille ou non, et qu'on le voit
ou non, quand on est conscients ou non.
Et c'est là où je dis aussi
la manière dont nous regardons l'autre,
le regard qu'on pose
sur l'autre, va l'élever
ou va le diminuer.
Va le faire sentir très très mal
ou va lui donner des ailes.
Et de même, le regard
qu'on porte sur vous. Vous voyez ce que je veux dire.
Et donc vraiment,
il y a beaucoup de questions
déjà à se poser sur
de quel visage j'offre au monde
quel regard
je vais porter sur l'un sur l'autre.
Le monde change et se transforme
à la lumière de ça. Le monde est
à l'image de ce qui est dans nos
ce qui est dans nos cœurs et dans nos esprits.
Alors il y a beaucoup de taf.
Il y a beaucoup de travail à faire.
Donc chacun de nous. Et c'est ça qui compte
plus encore que la mission. C'est avec quel amour
on fait cette mission. Et c'est
un chemin sans fin.
En fait, ma question, c'est
qu'est-ce que vous diriez des parents
ou des adultes en général, qui écoutent pas
forcément leur enfant ou leur adolescent
quand ils disent qu'ils ne se sentent pas bien
ou des choses comme ça ?
C'est vrai que je pense que beaucoup
de parents ne préfèrent pas
voir quand leur enfant est vraiment
dans une grande angoisse. Parce que c'est
difficile. Je pense que beaucoup de parents
peuvent se sentir coupables
de voir que leur enfant se sent pas
bien. Alors qu'en fait, c'est pas
forcément eux qui sont responsables
et puis quelle importance
en réalité ? Ce qui compte
c'est effectivement de se sentir
accueilli dans sa réalité,
dans la réalité du moment.
À ce moment là je suis en joie, accueillis
ma joie. Mais à ce moment-là je suis
angoissée, accueillis mon angoisse.
Mais c'est vrai que pour le parent
c'est pas toujours simple. Peut-être
aussi parce que les parents aussi
sont souvent angoissés. Vous savez, la
période qu'on vit, elle est angoissante pour tout le monde
en réalité. Et donc avoir
conscience de ça. Pour l'enfant,
ça veut dire aussi, ça va être un des
premiers moments où il réalise la fragilité
de ses parents.
Ce que on a tendance en tant qu'enfant
a pensé que nos parents
ils ont un côté un peu tout puissant
quand on est bébé. Voilà, c'est eux
qui prennent soin de nous et donc on a
l'impression que l'enfant a
cette confiance, cette confiance aveugle
dans ses parents. Et puis petit à petit, il va se rendre
compte au fur et à mesure qu'il va grandir
que ses parents ont des limites, eux
aussi peuvent avoir leurs caractères, etc.
Il y a toute cette découverte
qui va de parer d'autres.
Et donc c'est pas simple. Et donc c'est vrai
que si j'avais des parents
en face de moi, c'est vrai que j'aurais
vraiment tendance à leur dire, mais vraiment
parler avec vos enfants et parler
avec eux pour les écouter,
mais aussi pour en toute humilité
vous révéler aussi à eux.
Au-delà des masques
que l'on porte, qui sont des masques
assumés ou des masques dont on a pas
conscience. Parce qu'en fait, dans la société
on vit tous avec des masques. On a pas
la même tête quand on se lève
le matin et qu'on est en chausson, etc.
On va pas à l'école comme ça
et on va pas, vous voyez ce que je veux dire
à chaque fois, on va
mettre l'accoutrement
presque le déguisement
qui va avec le moment, mais ça fait partie
de la vie sociale. Et après il y a vraiment
le masque du mensonge. Et ça c'est
là où ça va le plus loin. Donc comment
réussir à être authentique tout en estant sociable.
Et donc ça c'est aussi quelque chose
sur lequel il faut travailler
en permanence. Mais avoir
ce discours de vérité, surtout dans
l'endroit du refuge, celui de la famille
c'est vraiment important.
Mais c'est pas si simple. Donc si jamais
vous avez des angoisses et que
vous sentez que vos parents
n'arrivent pas à vous écouter
ou prennent pas le temps,
ne les jugez pas, ne leur en voulez pas,
soyez pas en colère contre eux, et
essayez d'attirer leur attention justement
avec énormément d'amour pour dire
tu sais maman, tu sais papa
j'aimerais te parler.
Je suis angoissée mais je sais que c'est
pas forcément de ta faute, mais je voudrais en parler.
Vous réussir à trouver
ce cadre qui fait qu'on peut
avoir
ce canal
de communication, qui fait
qu'il n'y a pas de jugement, il n'y a pas de colère
mais on doit pouvoir dire
cette tristesse, on doit pouvoir dire
qui on est à l'instant T
de manière authentique, autrement c'est dur.
Et si jamais vos parents
n'y arrivent pas, alors
soutenez-vous entre copains et copines
moi dans ma famille adoptive
entre frères et sœurs
incroyable.
Heureusement qu'entre frères et sœurs on se soutenait
on se parlait, on se confiait
ça a été
sans doute vraiment, mes parents adoptifs
pouvaient pas faire des miracles non plus.
Si nous, entre frères et sœurs on n'avait pas réussi
à s'accueillir, à s'entendre, à se confier
je pense que ça aurait pas marché.
Vous êtes les gardiens
les uns des autres.
Vous êtes les gardiens les uns des autres.
Quelle belle mission ça commence par là.
Ah mais quelle bonne question.
Merci beaucoup
pour cette question.
C'est une ONG qui a une devise
qui dit de l'inspiration
et l'action. L'inspiration en tant que journaliste
j'essaye
avec des films mais aussi avec des émissions
de différents contenus audiovisuels
etc. J'essaye d'éclairer
les grands enjeux du monde
mais de manière constructive.
C'est-à-dire ne pas faire en sorte
d'en parler que de manière tragique,
dramatique qui réveille les peurs.
Pour autant ne pas raconter
comme si c'était des histoires de bizouinours
où tout va bien. Non, il faut
regarder les problèmes bien en face et il y en a
des problèmes aujourd'hui. Mais je préserve
l'espérance. Une manière constructive
de regarder les grands
problèmes du monde, d'informer
c'est de montrer qu'en fait
eh bien oui, voilà il y a
telle situation. Mais si nous tous
on s'en empart en tant que citoyen
et on fait bouger les lignes, on peut totalement
changer et carrément
faire advenir le meilleur.
Donc, ça montre que dans
le futur on peut tout à fait imaginer que ça
va aller mieux. Donc on garde
l'espérance. On va dire la réalité
d'aujourd'hui et on va se projeter
dans nous en tant que citoyen, comment on
peut s'organiser pour faire en sorte que ça
est mieux. Une fois qu'on a envie
que les gens ont envie effectivement d'agir
eh bien il faut les accompagner
dans cette culture de l'action, cette
culture de l'engagement, cette culture de la paix
et donc là on passe au pôle action
de l'inspiration et l'action. Et donc
nous avons des programmes dans les écoles
dans les universités, dans différents
secteurs, même pour les salariés
dans les entreprises par exemple. Des
programmes qui se déploient tout au long de l'année
et qui vont permettre à chacun
de faire cet effort d'introspection
de se poser des questions existentielles
vis-à-vis du monde. Quelle est ma place
dans le monde ? Comment je peux agir
moi mais aussi avec mes camarades
et donc peu à peu, eh bien
par exemple dans les classes, dans les écoles
eh bien on va peu à peu
s'engager pour telle ou telle cause
une cause qui a été choisie par la classe
entière et on va mettre en place un projet
solidaire qu'on va véritablement
de manière très concrète
faire ensemble. Et donc
c'est vraiment comment on découvre tout
un apprentissage de l'engagement
de comment on peut se sentir utile
comment on peut changer la donne
et comment on peut se
projeter dans son avenir en tant qu'adulte
citoyen responsable qui peut
véritablement changer le monde.
Pourquoi vous avez accepté la proposition
de l'américain en lieu de continuer votre rêve
d'égyptologue ? Bah il se trouve qu'en fait
au moment où l'américain vient à
ma rencontre, ça faisait donc
déjà pas mal d'années
que je faisais ses études d'égyptologie
et quelque part
j'avais donc déjà réalisé
une bonne partie de mon rêve en fait
et je sentais que je commençais
un petit peu à patogé. Et c'est marrant
parce que vraiment
le timing a été dingue, c'est-à-dire
qu'au moment où ce monsieur vient
à ma rencontre, j'étais en train
de me dire que j'avais envie maintenant
de partager mes connaissances. J'avais
vraiment une envie de pouvoir
communiquer avec les gens
être dans ce
rapport avec les gens qui m'entourent
parce que mes études
elles consistaient beaucoup à être
dans les bibliothèques
le nez plongé dans des livres très poussiéreux
il y avait un côté, je faisais
des hieroglyphes, du hieratique, du
démotique, des langues mortes
toutes ces choses qui quelque part m'enfermaient
un peu par rapport au monde
d'aujourd'hui, dans
la vie de tous les jours etc. Et j'ai senti
que j'avais un peu fait le tour
et donc
c'est venu au bon moment
même si j'y avais jamais pensé
vraiment
il se trouve que pour payer mes études
vers la fin
quand j'avais déjà pas mal de connaissances
j'avais construit une conférence
sur l'Egypte ancienne
que je donnais
soit dans des écoles etc.
même dans des maisons de retraite
je me souviens je donnais des conférences
sur l'Egypte ancienne, j'avais été acheté
des diapositifs, vous ne connaissez plus ça
maintenant, mais
il y avait des diapositifs et tout et je montrais
comme ça les diapositifs. Donc en fait j'avais vu
que j'avais, que je savais communiquer
avec les gens et j'aimais ça
j'aimais parler avec les gens
et donc d'un coup se retrouver
dans l'univers médiatique, la télé etc
ça me donnait l'occasion
de pouvoir effectivement
être dans cet échange. Donc c'était une nouvelle
aventure. En réalité
je pense que la chose à retenir c'est ça
c'est que je pense que j'avais eu une enfance tellement
empêchée, j'étais empêchée de tant
de choses que ça m'a donné
un élan
un élan vital vers vivre
des expériences. Parce que
la vie c'est ça qui est fou, c'est que la vie
c'est d'abord et avant tout une aventure
et c'est quelque chose que peu à peu
nous perdons ce goût
de l'aventure parce que nous sommes dans une société
qui nous vent
et je le dis nous vent vraiment
c'est commercial, nous fait
acheter un semblant de sécurité
un modèle de confort
parce que voilà c'est un business en fait
et à force de vouloir
acheter ce mode de vie
confortable
on devient peureux
on perd ce goût de l'aventure de l'audace
alors qu'en fait c'est dans les moments d'audace
qu'on se sent vraiment vivant. Vous voyez ce que
je veux dire. Alors je vous dis pas
pour autant de faire des trucs dangereux
tous les jours, c'est pas du tout ça que je dis
il faut pas être tête brûlée, la vie c'est précieux
et il faut la respecter et la protéger
mais de là
à juste s'enfermer
et rester dans des fauteuils
où on s'enfonce
enfin c'est pas ça la vie non plus
donc vous voyez j'ai eu une opportunité
je les saisis mais en me disant pas
que ça allait m'emmener je savais pas
où ça m'emmènerait mais quoi qu'il arrive
à l'instant t'es au présent j'avais
l'opportunité de vivre une aventure
et ça c'est chouette. Donc voilà réussir
à trouver votre chemin aussi pour
continuer que votre vie soit passionnante
parce qu'en fait la vie c'est passionnant
même si il y a des hauts et des bas
même si il y a des moments d'épreuve la vie c'est
passionnant
ma question c'est
qui est la personne la plus célèbre que vous avez intervue
ou alors je vais te dire j'ai
intervée des gens tellement célèbres
que ils sont tous je ne ferais pas faire la hiérarchie
Madonna
Coldplay
Justin Timberlake
enfin je sais pas tout plein
ma question c'est qu'est ce que vous en pensez du monde
aujourd'hui il y a du challenge
il y a du défi qu'est ce que t'en pense toi
je sais pas trop
un monde un peu monotone
pour toi c'est monotone
donc tu t'ennuies ? oui beaucoup
ah intéressant
qu'est ce que ça génère en toi
de la peine
de la peine donc toi t'es pas tellement
perturbé par l'angoisse ou la peur
non c'est plutôt l'ennui
pour moi c'est pas du tout l'ennui
mais c'est très intéressant je trouve ce que tu dis
parce que ça veut dire qu'il y a plein de choses qui raisonne pas
en toi
ou qui t'attire pas c'est ça un peu
moi tu vois je trouve que
ce que m'inspire ce monde aujourd'hui
c'est
un monde un peu chaotique mais en même temps
et c'est mon ressenti
à moi je trouve assez
passionnant parce que je vois qu'il y a le pire
comme le meilleur qui sont en même temps
et donc j'essaye
de faire partie de ceux qui combattent
pour faire que le meilleur l'emporte
quoi c'est ce que j'espère et selon
mon critère et selon ma vision
c'est comme ça que je le vois
parce que on
gagnera cette bataille que si on est très nombreux
à embrasser ça
mais le danger
il est vraiment là
mais tu vois en même temps
c'est tout à fait typique des époques de mutation
on est vraiment dans un monde
en mutation donc un monde qui se transforme
qui est dans une bascule
et donc l'ancien monde n'est pas
encore mort donc il est encore là
et il essaye de se faire entendre
parce qu'il veut pas disparaître
et le nouveau monde est en train d'arriver
et comme il est encore plein
d'inconnus et ben il angoisse
beaucoup de gens et donc voilà
il y a tout ça donc c'est passionnant parce que
tout est là
et c'est très
il se passe plein de choses chaque jour
et en même temps voilà il y a des
dangers mais aussi des opportunités
et donc il faut être très vigilant selon moi
il faut être très vigilant pour se saisir
toujours des opportunités et moi
toute ma vie elle s'est faite comme ça
en saisissant les opportunités et le projet imagine
j'ai Muriel qui est là au premier rang
qui est la déléguée générale du projet imagine
qui est vraiment au quotidien
à mener cette barque
et vraiment ah oui on peut l'applaudir
ah je suis d'accord
vraiment
et en fait c'est vrai que
on se le dit souvent le projet imagine
il se fait aussi avec les opportunités
c'est des rencontres
c'est d'un coup il se passe quelque chose et donc
sans arrêt il y a une plasticité du projet
imagine qui permet
de s'adapter à la nouvelle donne
quoi et vraiment aujourd'hui
il faut s'adapter et donc ce que je trouve
très intéressant pour toi c'est que
toi il y a cette ennui
qui génère de la peine ce qui veut bien dire
que justement ça veut dire sans doute
et peut-être que je suis à côté de la plaque
je te fais juste
ce que ça m'inspire je me dis
cette peine c'est sans doute parce que
justement t'as pas l'impression qu'il y ait les opportunités
à saisir pour toi en tout cas
ça passe visage là pour toi on dirait
et du coup est-ce que tu dirais
que ça t'empêche
de te sentir vraiment vivante
oui ça m'empêche un peu
alors tu vois c'est ça qui est beau
c'est qu'en fait je pense que
tu peux être vraiment
en gratitude vis-à-vis de cette ennui
parce qu'en fait tu vois cette ennui
il vient te donner le signe
que ça va pas que c'est pas à la hauteur
que tu dois aller viser plus haut
tu vois si t'avais pas cette ennui
tu pourrais t'en contenter
et puis laisser la vie se faire comme ça
et puis tu vas vieillir tranquillement
tu vois si je veux dire et non il y a quelque chose
qui te titille non ça me rend pas heureuse
ça me rend pas en joie
et donc il y a quelque chose en toi
il y a ta boussole intérieure ta petite voix intérieure
qui est en train de te dire non non mais
c'est pas la notre destin là il y a autre chose à bâtir
donc il va falloir encore plus
se mettre à l'écoute
parce que tu vas voir ça va se dessiner
si tu te mets à l'écoute tu vas commencer à voir
c'est vraiment une vigilance
pour voir, pour saisir d'un coup
tiens c'est peut-être plutôt ouvert là que je vais aller
tiens il y a telle possibilité
et tant que c'est pas clair
il faut continuer, continuer d'aller creuser
continuer de se mettre à l'écoute
parce que ce qui est fou
c'est qu'en fait quand vous vous mettez à l'écoute
je sais et je suis la première à le dire
ça peut paraître vraiment ennuyeux
de se mettre en silence
et d'essayer d'écouter ça peut paraître vraiment
vraiment ennuyeux
et en fait c'est intense
il y a une vie intérieure qui est intense
vous savez moi j'y pense souvent maintenant
c'est de vous rendre compte que
rien que notre corps c'est un univers entier
on parle de notre corps comme s'il était unique
notre corps c'est des millions de cellules
des millions de bactéries
des millions de trucs ensemble qui font des trucs
donc en fait il y a une vie intense
tout ça on peut aussi
se mettre à l'écoute de tout ça
donc t'as un rendez-vous
il va falloir être à la hauteur de ce rendez-vous
et donc cette ennuye te dit non non c'est pas encore à la hauteur
est-ce que ça te parle ça ?
oui
bah c'est normal tant que c'est pas là
mais en tout cas moi je te le dis
je pense que c'est une chance
que tu ne te contente pas de quelque chose de
tu vois
que tu es soif de quelque chose de plus
vivant
je trouve c'est plutôt salvateur
c'est plutôt bon signe
mais c'est pas facile
mais tout passe
je viens de dire beaucoup que vous ayez eu le courage
et la force de surmonter tout ce que vous avez vécu
parce que moi je l'ai pas
il y a encore tout à l'heure
ma petite soeur m'a dit que j'étais au fond du gouffre
et c'est en vrai
bah c'est vrai
parce que dans ma tête le monde est horrible
les gens sont cruels
et à quoi ça sert de vivre
si à la fin tu meurs
tu te rends compte que ce que tu viens de
faire là pour quelqu'un qui est au fond du gouffre
c'est énorme
tu vois tu viens de
mettre des mots sur ce que tu ressens
et tu viens de
nous les confier
est-ce que vous vous rendez compte que tous là on vient de recevoir quelque chose de tellement précieux
tu nous fais grandir
quand tu confies quelque chose
quand on confie quelque chose ça veut dire
que tu dis à l'autre
j'estime que t'es digne de confiance
je peux te partager ça
et donc rien que ça
quel cadeau
ce que tu ressens
par rapport au regard que tu portes sur le monde
je trouve ça très sain
je trouve très étrange
que beaucoup de gens
et l'air de s'accommoder du monde tel qu'il est
c'est pas normal du tout
me semble-t-il
c'est pas à la hauteur du tout
tous les jours on est dans
une société qui nous parle de paix
de vivre ensemble etc
et pendant ce temps-là
on les voit préparer la guerre
donc
moi je dis vous voyez j'ai été élevée par une maman
qui était
malade psychiatrique
et elle a été
humiliée
stigmatisée pour ça
moi je regarde le monde et je me dis
ce monde est schizophrène
il parle de paix etc et il passe son temps à faire la guerre
donc c'est qui le malade mental
là dedans donc c'est absolument normal
si on a un coeur
si on est sensible
si on a un coeur évidemment qu'on ne peut pas
supporter le monde tel qu'il existe
et on ne doit pas
parce que si on le trouve supportable
comme ça alors où est-ce qu'on va trouver les lents
l'énergie de le faire bouger les lignes
et de le transformer
il faut qu'on soit révolté il faut que ça nous
perturbe pour que ça nous donne envie
de
essayer de mener
ce combat pour la paix
ce combat pour l'amour
donc si tu veux évidemment
que les idées noires elles peuvent vraiment
nous envahir dans ce moment-là
parce qu'on se sent encore une fois tout petit
face à tout ça
et on peut se sentir très impuissant
et en même temps tu vois à chaque fois revenir
à les fondamentaux
dans ces moments-là
c'est toi vraiment de manière et vraiment tout ce que
je dis là c'est valable pour nous tous
parce qu'on a tous des moments comme ça
donc vraiment à ce moment-là
avec volonté de manière volontaire
volontairement
tu dois dire maintenant stop tout ça je le sais
et maintenant je fais barrière
à ces idées noires parce que
elles viennent grignoter
toute ton énergie elles viennent
grignoter toute ta lumière
tu vois donc il y a un moment elles peuvent pas
prendre le dessus donc c'est volontaire
tu vois et
effectivement pour faire émerger cette lumière
cette lumière elle est à l'intérieur parce qu'en fait
tu vois ce qui te révoltes
se base sur une évidence
qui est à l'intérieur de toi
cette évidence de la vie
cette évidence qu'on est ensemble
et donc il faut se raccrocher à ça
donc c'est vraiment
ce mouvement de va et vient entre
l'intérieur et l'extérieur
chaque fois que l'extérieur devient trop agressif pour toi
tu dois retrouver ta lumière intérieure
revenir à l'intérieur
donc tu ne perds pas tes convictions
tu perds pas le réalisme
avec lequel tu regardes
les choses mais par contre
et ça y aussi te nourrir
de sources d'inspiration qui vont redonner
espérance, énergie
et pour le coup je voudrais pas faire ma pub
mais le projet imagine si tu vas
sur le projet imagine tu vois on a fait des portraits
de héros de héros humbles
des hommes et des femmes
qui comme toi se révoltent
de voir les choses telles qu'elles sont et à un moment
eh bien ils vont identifier
une cause quelque chose sur quoi agir
ils vont remonter les manches et ils vont agir
et quand tu vois ce qu'ils arrivent à faire
et ce source
c'est pas des gens riches c'est pas des gens
tu vois et ils arrivent pourtant à faire des choses
vraiment miraculeuses incroyable
et donc ça va te redonner la pêche
c'est très important que tu trouves
des sources d'inspiration qui te montent que
encore une fois c'est pas trop tard tout
reste possible et n'oublie pas
voilà tout ce que tu vas
réussir à générer
en toi va éclairer le monde
et va véritablement rejaillir autour de toi
donc c'est pas forcément des grandes choses
spectaculaires on s'en fiche de ça
du spectaculaire ce qu'il faut c'est de l'authentique
et donc l'amour
et la lumière qui est en toi
il va falloir la cultiver pour qu'elle rayonne
et que
non seulement elle te fasse remonter
mais aussi elle encourage tout ce
autour de toi et donc c'est normal
ce que tu vis normal
merci
merci à toi
on va clôturer je vois les signes
j'ai coutume de dire
sur le podcast Nouvelle Zéroïne
qu'en fait on est
déjà tous les héros
de notre propre vie
donc je vais vous inviter
à fermer les yeux, à penser à quelque chose
qui vous a marqué pendant cette interview
et à la sortie
sur la petite table là-bas
vous avez des cartes d'inspiration
avec des citations
de Frédéric notamment
de l'inspiration
Nélection
et je vous invite à en prendre
il y a deux cartes
et je vous invite à prendre ces cartes postales
à écrire une idée, quelque chose
que vous retenez de cet entretien
et à le garder précieusement
sur votre bureau, dans votre sac chez vous
et voilà, et dire penser
demain dans quelques jours
et de la garder auprès de vous
je remercie le collège, le TRIOLO
merci à vous
merci à vous
bravo à vous
j'étais très honorée
vous êtes le premier collège
à intervenir sur le podcast
pour moi c'est une grande fierté
un énorme honneur
et merci à mon invité Frédéric Bodeau
merci à toi Céline
merci à la fondation qui a vécu nous
dans cet auditorium
merci à vous, bravo
nouvelle serroïne
et voilà
les questions ont été posées
les réponses ont été données
avec le coeur toujours
il y a eu des silences
des sourires
parfois des frissons
et surtout beaucoup d'émotions
parce qu'écouter Frédéric Bodeau
ce n'est pas juste apprendre quelque chose
c'est ressentir
c'est regarder la vie autrement
même un tout petit peu
alors si tu repars de cette rencontre
avec une idée en tête
une phrase
ou juste l'envie d'agir à ton échelle
garde-la précieusement
c'est ça être une héroïne de l'ombre
je te souhaite
qu'une éteincelle reste
merci aux élèves du collège
le TRIOLO
merci à Frédéric Bodeau
pour sa présence vraie et lumineuse
et merci à la fondation qui a vécu
d'avoir rendu possible cette rencontre
et merci à toi
d'avoir écouté
à bientôt
par ici pour une nouvelle histoire