
La mère Eugénie Brazier, la première cheffe étoilée
Durée: 15m16s
Date de sortie: 01/12/2025
durée : 00:15:16 - Les Odyssées - Aussi entière que le lait qui sort du pie de la vache, cœur chaud et caractère gratiné, Eugénie Brazier est l’une des plus grandes cheffes cuisinière du monde !
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Je ne sais pas vous mais moi à la projet fête de Noël, j'adore me mettre derrière les fournants.
Prenez une tweet, une tweet de norvège, sucrée salée, et puis plongez dans l'huile.
Ah, elle est vive, elle m'a bouillantée.
Je n'ai rien, pas ces amours, pas pas, tout est puché, allumez votre fou.
Peut-être un peu, peut-être un peu moins, ou bien alors, dégustez qu'elle s'y dé...
Je suis vraiment tout ratée.
Dis donc, Lord, c'est cauchemar en cuisine ou quoi ?
Sans une fête ?
Vous avez de la peau de saucisson en place des yeux ? C'est moi, génie brasier.
Le méroger ? Yopé, je suis sauvé.
Allez les gars, hop hop hop, on s'installe.
Roupez-moi ces échalotes, beurrez-moi ces poêles et faites chanter les champignons.
Aussi entière que le lait qui sort du pied de la vache, coeur chaud et caractère gratiné,
je suis le méroger, l'une des plus grandes chefs cuisinières du monde.
Plus haute, il faut tout, plus haute !
Première fois, mais en 1933, à obtenir deux fois trois étoiles,
aux trèves prestigieux guide Michelin, cette force de la nature a su imposer son talent
dans un monde entièrement dominé par les hommes.
Ça part, cinq sous-scores, Romain !
Faut dire que rien ne l'arrête.
De poissons ?
Au cours de sa vie, elle aurait, paraît-il, préparé une de cent cent mille volailles !
Que n'est-ce le gratin ?
J'ai faim.
Poulard de demi-deil !
Fond d'articé au foie gras ?
Laissez-vous remercier par le beurre, la crème !
Oh la ciété simple, bien garnie et ultra savoureuse !
Vite vite, verbrasié ! Faites monter la béarnaise !
Oh purée ! Elle va nous régaler !
Le 16 octobre 1914, le ciel se couvre sur la ville de Lyon.
Une tornade est à l'approche.
Et quelle bourrasque !
Attendez, attendez ! Je n'ai pas une tempête qui arrive, mais c'est une jeune femme !
Eugénie, 18 ans et toute ses dents, avance d'un pas assuré.
Va, va reste à voir !
Le regard archi intense, les joues rouge vif, oh ma parole !
Elle brûle d'un feu ardent !
C'est pas pour rien que je m'appelle Brasié.
La gamine va vite, son cœur bafort.
Pourtant, il est déjà un peu fêlé.
Eugénie débarque dans la campagne, où elle vient de laisser son fils Gaston à une nourrice.
Sans pépette et avec le père qui s'est carapaté, entre nous, elle n'avait pas vraiment de choix.
Corias éveillante, Eugénie a trouvé une place de bonne à tout faire, chez les Milia, une famille de riches industriels.
Faire reluire l'argenterie, ça m'enchant pas des masques, mais faut bien nourrir mon fiston.
Nourrir ?
Pour se donner un peu de courage, Eugénie pense fort à la soupe de sa mère, celle qu'elle lui a portée toute chaude,
lorsqu'à cinq ans déjà, la petite gardait les cochons au champ.
Des poires au cuit d'endulé avec quelques blancs d'œufs et lupins qui a trempé longtemps.
Inoubliables.
À dix ans, à la mort de sa mère, son père l'a placé dans une autre ferme.
Là-bas, il y avait toujours de quoi s'occuper.
Après la traite des vaches le soir, Eugénie préparait des tartes et des gauves tous les vendredis.
Ça nous faisait toujours une petite fête.
Oui !
Bon, allez, je crois que je suis arrivée.
Dans la luxueuse maison de la famille Milia, Eugénie se démène de l'aube jusqu'à...
Eh ben, jusqu'à l'aube, hein !
Mais d'une endroit, elle repasse à l'époussette, elle lave, elle récure !
Elle repasse à l'époussette, elle lave, elle récure, elle lave, elle récure, elle lave, elle récure !
Non mais il y a combien de marges dans cette barraque ?
Jusqu'au jour où...
MIRAQUE !
On la colle derrière les fournains.
Eugénie découvre la cuisine bourgeoise.
Ajouter des champignons ou des truffes à la place de l'eau des cuissons.
Et pour le poisson, toujours monter une bonne sauce au lendemain.
Les années passent et la jeune cuisinière assure comme une bête.
Bien plus, mais alors...
Bref, la cuisine en fin de compte est assez simple.
Il faut avoir un peu de goût, bien s'organiser et surtout, il faut faire.
Et à Lyon, il y a de quoi ?
En ce début de XXe siècle, Luc de Nôme, comme l'applège à dissler Romain,
est la capitale de la gastronomie.
Il faut dire que de merveilleuses victuels arrivent de tous les côtés.
Volaille de la Bresse,
rouge bife du charolais,
abricot de la volée du rôme,
poisson de la meudite uranée,
trousse noire de la drôme,
tome du jurant...
Bref, de quoi faire jubiler les papiers ?
À condition, bien sûr, de savoir les faire chanter toutes ces saveurs.
Certaines y arrivent, à la perfection.
L'air non, les mères Lyonnais.
Elles viennent à la campagne, dans des familles souvent très pauvres, comme Génie.
Elles ont d'abord cuisé-nés pour des familles bourgeoises,
avant de monter leurs propres affaires.
Une épaule où les femmes n'ont pas le droit d'avoir un compte en banque,
ni de travailler sans l'autorisation de leur mari ?
La vache ! Faut s'accrocher !
Femmes de caractère, femmes de poigne.
Elles se démènent et ouvrent peu à peu des bouchons.
Bonjour messieurs, bienvenue.
Des bistros populaires et chaleureux, sans chichis,
où l'on se régale avec des places simples et pas chères,
mais toujours ultra savoureuses.
Mesdames messieurs, je vous en prie, prenez place.
Une seule règle, de bons produits qui viennent du coin, est toujours méga frais.
Ce genre de cuisine, ça parle bien à Génie.
En plus, il y a moyen de se faire un peu plus de bousses.
Euh, pardon.
De flouze.
Plein de ressources, la jeune femme réussit à se faire embaucher sur la mère Fillon.
Oh, son blague ! C'est la plus célèbre de toutes ces fameuses mères lyonnaises.
Je suis prête à m'accompagner à pas d'éducation.
Prévi, Génie se taille une belle réputation.
Celle qu'on appelle désormais « mère brasier » a déjà ses habitués.
Faut dire qu'elle est sacrément sympa.
Au dragon, une bonne brasserie, où elle cuisine aussi quelquefois,
et il y a toujours des fêtards qui se pointent à l'heure de la fermeture.
Mère brasier, on est venus pour vous.
Nos estomacargoos, ils vous partaient déjà.
Allez, rien que pour vous.
Et chaque fois, Génie ressort ses casquettes.
Merci, mère brasier, merci.
Sa turbine, sa turbine et ça vaut le coup.
La jeune femme arrive enfin à intervenir son gaston.
Accroche-toi, mon fiston. Je ne sais pas où on va exactement, mais on y va.
Dis donc, et si le temps a été venu de monter sa propre affaire ?
Avec ses petites économies,
Génie achète un local en place entre villes, au XIIe Royale.
Un matin, on installe l'enseigne rouge et blanche.
Mère brasier !
Qu'est-ce qui nous arrive, Lord ?
C'est... c'est émouvant, quoi.
Remettez-vous, ma vieille, remettez-vous.
Ok, ok.
Le dimanche 10 avril 1922, ses jours d'ouverture.
Son premier menu, la mère brasier la soignée aux petits oignons.
Petite langoustes maillonnées en entrée,
des pigeons, des petits pois paysanes avec des carottes.
Douze heures.
Chignons impeccables, fiers mais un peu nerveuses.
Génie ouvre la porte.
Personne.
Non, c'est dimanche.
Les gens n'ont pas envie de se presser, c'est normal.
Très heures.
Très heures 30.
Quatorze heures.
Le restaurant reste désert.
Dis donc, maman, on aurait peut-être dû ouvrir une mercerie par un restaurant.
La douche n'est pas froide, elle est glaciaire.
Desespérée, Génie tient bon.
Étant mieux, car le soir, elle affiche harcicomplée.
Bonjour, mesdames.
Entrez, je vous en prie.
Les jours passent et ça ne descend plus pas.
Génial !
Oui, mais on a un problème, l'or.
Les chaises.
On en a jamais assez.
Heureusement, il y a de la solidarité entre commerçantes.
Dès que sa voisine pâtissière voit passer du monde, elle envoie sa fille.
Lucy, vite, vite, vite, apporte des chaises à madame Brasier.
Oh, ça fait chaud au coeur.
Merci.
Et Génie régale ses clients, il n'y a qu'à voir leur tête.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, madame.
Alors, il est comment, Scratan Macaroni ?
Je me régale, c'est absolument délicieux.
Oh, c'est divin.
C'est merveilleux.
Il n'y a pas de mot.
Et vous, monsieur ? Ça vous plaît ici ?
Oui, mais je suis accro.
C'est une troisième déjeuner que je m'envoie aujourd'hui.
Et ce n'est pas le dernier.
Après mon décès, j'ai une autre table réservée pour 14h15.
À la bonne heure !
Dis donc, l'or, vous n'avez pas fini dans qui qu'il aimait clients ?
Oups ! Allez, suivez-moi. On va se glisser en cuisine.
J'envoie de quenelles sans ce tortuable. Bien goûter !
Le restaurant s'est agrandi et eugénie en poche à du monde.
Tabuée blanche sur 12 blanches.
La mer brasier rouge comme une pivone.
S'agit d'une pile électrique.
Plus fin, la muscade.
Ton jus doit être filant et brillant. Re commence.
Bon, dieu, la quenelle doit flotter comme un nuage, pas couler comme un pavé.
Alors oui, elle crée pas mal.
Une cuisine, ça se dirige.
Allez, allez, plus vite, on se dépêche !
Mais je vais te dire, aucun de ces cuissons n'a jamais rendu sous ta billet.
Chef, chef ! Vous entendez que Melchandre bien m'a casserole ?
Ma foi, on l'aime Eugénie. Et on l'a respecte.
La poularde pour la trois !
Ça part !
Voilà, parfait, comme ça.
L'une de ses grandes spécialités, c'est la poularde en demi-d'œuf.
Une belle bête garnie sous la peau de fines tranches de truffe.
Après avoir assaisonné la poularde, faut bien l'infisler
pour qu'elle garde sa forme pendant la cuisson.
Et franchement, faut voir Eugénie.
Ficelle autour du cou, elle serre les oeufs, les cuisses, délicatement, mais vigoureusement.
On dirait qu'elle se chute un bébé.
J'adore ça, l'angébé-voulagne.
La cuisine ?
Oui, c'est aussi une affaire de geste.
En 1929, la mer Brasier ouvre un deuxième restaurant
à 30 km de Lyon, dans les montagnes, au col de la Luaire.
Et là aussi, youpie, ça se presse au portillon.
Alors ça c'est sûr, on va vraiment déguster.
4 ans plus tard, le prestigieux Guilmichelin
desserne trois étoiles à chacun de ces deux restaurants.
Ma parole, 3 plus 3.
Oh !
On passe à fait 6, une première dans le monde de la gastronomie.
Devenue une légende, les clients arrivent désormais de partout
pour découvrir ces canelles, ces fonds d'artichaut au foie gras et tout le reste.
Un maradjard, lui aurait même offert de cuisiner dans des casserelles en or.
Poff ! Je vais vous dire, c'est dans les vieilles marmites qu'on mijote les meilleures sauces.
Eugénie demeure la même.
La seule chose qui compte, c'est le travail.
Levé à 5 heures, couché habitué,
la mère brasier déteste les gens qui se la conduisent.
Alors quand sa famille vient la voir,
ni une ni deux, elle les met à la plonge.
Alors ça, pas qu'ils se tournent les avoir dans les pattes, hein ?
Bah oui, sans blague.
Bah hier, alors, il serait pas de temps de prendre une petite éponge, non ?
Euh...
Ah non, ça va, ça va.
On enchaîne, on enchaîne.
En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate.
La viande, les oeufs, le bar, tout est rationné.
Alors trouver de bons produits, c'est de plus en plus dur.
Bah, va falloir se débrouiller, sinon je vais mettre la clé sous la porte.
Comme beaucoup de Français, Eugénie achète de la nourriture au marché noir.
C'est une sorte de marché parallèle et interdit
où on peut trouver un peu de tout à condition d'y mettre le prix.
En 1941, Eugénie est arrêtée par la police.
Elle passe huit jours en prison, alors que tous les restaurateurs de Lyon font pareil.
Humilié, blessé, cette mésaventure, elle ne l'oubliera jamais.
La paix revenue, ces restaurants continuent de battre leur plat.
Au four et au moulin, la mer Brasile a un oeil sur tout.
Ma serviette propretée, livraison, elle ne s'arrête jamais.
Jusqu'au jour, elle ass, où il faut bien ranger son tablier.
Ne plus rien cuisiner pour les autres, même pas un petit bouillon.
C'est l'enfer !
Eugénie Brasier a régalé l'humanité pendant près de 50 ans.
Comme elle, toutes les valeureuses mer Lyonnaise ont été là à mes le cœur de la vie.
Leur restaurant, pour la plupart encore ouvert aujourd'hui,
continue de me faire vibrer.
Nous, j'y réductive le gourmand.
Alors, à elle, à vous, pionnière, aventurière de la gastronomie.
Merci, merci, merci !
Leur grand bejaçon.
Depuis 2003, Eugénie Brasier a une rue à son nom.
Oh ! Dans le premier arrondissement de la ville de Lyon.
Ma foi, c'était bien la moindre des choses.
Oh oh oh ! Les Odyssey est un podcast.
Oh oh oh ! Réginal, de France en Terre.
Joyeux Noël !
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