Il est encore tout en ce matin.
Le Père Noël est allongé dans son lit et finit tranquillement sa nuit quand il est soudain réveillé
par une sonnerie. Puis deux, puis trois, quatre, cinq, six.
Ah, allô beau, qu'est-ce qui se passe ? Qui oses me réveiller aux horreurs ? Vous savez bien que je ne
suis pas du matin mais de la nuit. Bon, bah, encore faut y aller, il faut y aller.
Le Père Noël baille et s'étire dans son lit. Il s'apprête à poser un pied par terre quand il s'arrête net.
C'est lequel mon pied droit ? Je ne dois surtout pas me lever de mon pied gauche sinon je serai de mauvaise humeur toute la journée.
Voyons, voyons, ah, oui, le côté gauche c'est le côté du cœur.
Bon, bon, bon, bon. Oui, je l'attends. Il est là, non d'un petit butin.
On le reste mal que je suis malin. Allez, hop, on avant, le pied droit.
Et le Père Noël saute du lit. Bon, par où commencer ?
Le Père Noël se dirige vers la porte. Mais quand il l'ouvre, il se retrouve face à une montagne de lettres
qui le recouvrent des pieds à la tête.
Oh la la la la la la la, quel avalanche de courrier !
Ah ah ah ah ah, les enfants sont bien en avant cette année.
Ah la la la, mes petits cherébins, toujours aussi pressés.
Mais cela n'amuse pas du tout la factrice qui transpire à grosse goutte.
Ah oui, ils sont pressés, mais avec des demandes de plus en plus insensées.
Ah, que comment ça ? Vous avez lu mon courrier ?
Bien sûr que non, je ne me permettrai pas à père Noël.
Mais je laisse traîner mes oreilles.
Moi, la factrice, je sais. Je vois, j'entends.
Et croyez-moi, vous n'allez pas être déçus du voyage quand vous lirez tout ça.
En même temps, c'est votre métier.
Vous avez choisi de faire plaisir aux enfants, et moi, d'apporter le courrier.
D'ailleurs, ma tournée m'appelle.
Je dois encore passer chez le saint Nicolas et aussi chez le père foitard.
Mais pour lui, ça va, j'ai juste un petit colis à livrer.
Il a commandé des bonbons qu'il sente l'oignon.
Hahahaha, chacun ses goûts, hein.
Au revoir, père Noël.
Ah, attendez !
Que diriez-vous de prendre un petit thé de Noël avec moi ?
Désolé, j'ai des horaires à respecter.
Le courrier n'attend pas.
D'ailleurs, vous aussi, vous devriez peut-être vous activer un peu, hein, avec tout ce courrier.
Vous avez du pain sur la planche.
Et vous connaissez le dicton ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce qui peut être fait le jour même.
À une prochaine, père Noël !
Et la factrice s'éloigne au pas de course.
Quand le père Noël referme la porte,
il se retrouve seul avec tout son courrier.
Bon, je m'y mets.
Il ouvre une première enveloppe.
Il lit la lettre en buvant une gorgée de thé,
puis il manque de s'étouffer.
Il parcourt ensuite un deuxième courrier,
et là, il se met carrément à tousser.
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh.
Après la dixième lettre,
le père Noël est aussi rouge que son costume.
Oh oh oh oh oh oh oh.
Et quand il en a lu 200,
il devient aussi blanc que son pompon
et se sent plus lourd qu'un éléphant.
Oh oh oh oh oh oh oh.
Mais alors, comment veux-je faire ?
Les enfants veulent que ce soit Noël tous les jours !
Mais c'est beaucoup !
Je devrais travailler jour et nuit,
sans jamais me reposer.
Et en même temps,
je ne peux pas leur dire non.
Mais je pourrais refuser à ces petits chouchous
tellement chauds pinou.
Allez, après tout,
c'est juste une question d'organisation.
Je vais y arriver.
Le père Noël attrape alors sa calculatrice
et commence de savant calcul.
Oui, on va y aller.
Combien d'aller retourner ?
Par jour, on a pas de temps.
On ne pourrait aussi plus de reines
pour dire des centaines de traîneaux.
Moi, j'abandonne mes reines
et que je prends un traîneau superseunier.
Oh oh oh oh oh.
Le père Noël multiplie les calculs
sur des rouleaux de papier
qui déroulent et déroulent
tout en transpirant un grosse goutte.
Et tout à coup, il panique.
Il se rend compte de la triste vérité,
de l'horrible vérité.
Il ne va jamais y arriver.
C'est impossible.
Mais c'est impossible !
Le père Noël se met alors à tourner en rond comme une toupie.
Ils sont une poussée de fièvre
montée brutalement en lui.
Il a chaud.
Tellement chaud.
Alors il enlève son gros manteau.
Mais 5 minutes après, il a froid.
6 froids qu'il se met à grolleter
et court se réfugier sous 3 gros duvet.
Oh oh oh oh oh.
La la la la la.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Non non, petit sapin.
Je crois que je suis en train
de craquer.
Oui, c'est ça.
Je suis en plein craquage.
La la la la la.
Mais c'est pas vrai.
Pourtant, un père Noël, ça ne craque pas.
Je me sens complètement nul.
Je suis un père Noël
incapable de satisfaire les demandes des enfants.
Le père Noël soupire,
se gratte la tête,
puis il enlève son bonnet
et s'apprête à le manger.
Fort heureusement, il s'arrête.
Juste à temps.
Oh oh oh oh.
Oh oh oh oh.
Mais qu'est-ce que j'allais faire ?
Non, d'un petit lampion.
Ça ne tombe pas rond dans ma tête.
Il faut que je me calme.
Il prend une grande inspiration,
puis se met à souffler.
Il inspire encore, puis expire.
Et soudain,
une petite étincelle jaille dans ses yeux.
Ah mais, je sais.
Je sais.
Mais comment nier, je pas pensais plus tôt.
Je connais quelqu'un qui trouve au jour des solutions
aux plus gros problèmes.
Mais oui, bien sûr.
Mais c'est à cette personne que je dois aller parler immédiatement.
Il n'y a pas une minute à perdre.
Le père Noël est soulagé.
Il a enfin retrouvé le sourire, car il a la solution.
Mais c'est déjà la troisième nuit flocon.
Benoît mes petits lampions.