
Comment parler de harcèlement scolaire à hauteur d'enfants ?
Durée: 4m45s
Date de sortie: 02/11/2025
durée : 00:04:45 - franceinfo junior - Alors que le jeudi 6 novembre sera la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, les enfants de franceinfo junior interrogent Nora Tirane, fondatrice de l'association "Marion, la main tendue".
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Avec les enfants de France Info Junior et leurs questions comme chaque dimanche, aujourd'hui
ils s'intéressent au harcèlement scolaire à quelques jours de la journée nationale de lutte
contre le harcèlement scolaire, justement Estelle For vous en parlez avec eux et avec votre invité.
Bonjour Nora Tirane.
Bonjour.
Vous êtes la fondatrice de l'association Marion, la maintendue qui lutte contre le harcèlement
à l'école. Vous l'avez créée après la mort de votre fille Marion qui s'est suicidée à
13 ans après avoir été harcelée. Selon les derniers chiffres du ministère de l'éducation,
en moyenne, près d'un élève par classe et victime de harcèlement, alors on va parler de tout ça.
Avec vous Nora Tirane et avec nos jeunes auditeurs. Bonjour.
Bonjour. Je m'appelle Diane et j'ai 12 ans.
Bonjour. Je m'appelle Victor et j'ai 9 ans.
Alors déjà les enfants, pour commencer j'ai envie de vous demander c'est quoi pour vous le harcèlement ?
Victor.
Nora Tirane.
C'est d'abord et toujours des violences, c'est-à-dire une logique de domination. Et tu es très
bien d'idiane, la répétition, ça c'est important, ça veut dire que c'est plusieurs fois, ça ne veut pas
dire que c'est tous les jours, ça ne veut pas dire que c'est tout le temps. Ces violences elles sont
physiques. Victor, c'est quoi des violences physiques ?
Quand tu tapes la personne.
Exactement, ce sont beaucoup des coups, des balayettes, des violences psychologiques,
quand vous avez dit ça blesse mentalement, ce sont des mises à l'écart, d'être tout seul,
de faire courir des rumeurs, des insultes, ce qu'on appelle les violences verbales. Et puis
surtout, c'est fait par un groupe. Même s'il y a un meneur ou une meneuse, il y a toujours des
suiveurs et il y a surtout les témoins qui pour la personne victime, que moi j'appelle la cible,
alors vous imaginez cette cible à qui on fait du mal pour la détruire, elle se dit toute ma classe,
toute mon école, tout le monde est contre moi. Victor ?
Si t'embêtes quelqu'un, mais que cette personne va éri quand la personne elle l'embête,
est-ce que c'est du harcèlement ?
Oui, parce qu'en fait, ce qui se passe, déjà t'as le mot embêté, c'est pas quelque chose de très
positif, et est-ce que tu crois que la personne elle rit ? Parce que c'est drôle, parce qu'elle a peur
et qu'elle se protège.
Elle a peur et elle se protège.
Exactement. On dit toujours, on s'intéresse toujours aux enfants qui subissent à et c'est normal,
mais je crois qu'il faut parler à celles et ceux qui disent, c'était pour rigoler.
Moi je peux souvenir de rigolade où je suis à terre, en sang, où je suis toute seule à la cantine,
donc il faut se mettre à la place de l'autre. Vous avez sans doute entendu parler de l'empathie.
L'empathie, c'est quand tu te mets à la place de l'autre et que tu vois si c'est bien ou pas bien.
Voilà, tu te mets à la place de l'autre.
Quand on est victime ou témoin de harcèlement, c'est ça qui est important, c'est en parler,
même si on peut avoir peur, même si on peut ressentir de la honte.
Donc ce qu'il faut faire, c'est verbaliser.
Moi adulte, de référence et de confiance, je te confirme que c'est du harcèlement et que ça doit s'arrêter.
Après, la personne qui vit ça, elle doit être accompagnée.
Alors on parle des victimes, c'est évidemment important,
mais aussi comment éviter que son enfant devienne un harceleur ?
Alors c'est très important parce qu'en fait, je dis souvent, sans agresseur, il n'y a pas d'agression.
Bah ce qu'on doit dire aussi à son enfant, c'est que je veux que tu sois ni bourreau ni harcelé.
Et en tant que parent, c'est de lui dire, moi en tant que parent, je ne veux pas d'un enfant qui se moque,
d'un enfant qui frappe, ça fait partie de l'éducation.
Donc ça c'est important de leur dire.
Et puis si l'enfant, il est harceleur et que vous êtes convoqué,
il faut demander à l'établissement que votre enfant soit sanctionné.
Parce qu'on lui dit que tu as fait ses graves, ses répréhensibles,
et ça a valeur éducative pour les autres.
Ici, on sanctionne.
Et puis surtout, il faut dire aux parents, vous savez, quand vous avez un enfant harceleur,
peut-être qu'il est en train de vous dire une souffrance.
Peut-être que lui-même, pardon, est harcelé.
Peut-être qu'il est en train de crier quelque chose.
Donc c'est ça aussi accompagner son enfant.
Si vous, vous avez une solution pour arrêter le harcèlement, Victor.
Je dirais aux enfants d'arrêter d'harceler les autres.
Pas d'y révoir les autres, parce que dans une classe de 30, il y a 5, 6 harceleurs.
30 moins 6, ça fait 24.
24, c'est plus fort que 6.
Ben moi, je leur demanderais pourquoi vous harceler,
mais peut-être qu'ils ne me répondraient pas.
Mais au moins, t'auras posé la question et ce serait une petite graine dans leur tête.
Bravo.
Je vous invite à devenir des élèves ambassadeurs et des copains vigilants.
Vous avez besoin d'avoir un alter ego, quelqu'un d'autre dans votre cours de récré,
dans votre environnement, qui a un regard aimable.
Donc on a travaillé tous ensemble.
Merci beaucoup, Nora Tirane.
Vous êtes fondatrice de l'association Marion La M'Intendue.
Je rappelle qu'il existe aussi un numéro de téléphone gratuit
et anonyme pour les témoins aux victimes de harcèlement.
C'est le 30-18.
Merci à vous, Estelle For, France Info Junior,
à réécouter sur franceinfo.fr et sur l'appli Radio France.
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"franceinfo junior" est un rendez-vous d'actualité qui propose une lecture pédagogique de l'actualité, présenté par Estelle FAURE Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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