Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Envolé Comté, le podcast d'histoire engagée
pour les enfants.
Aujourd'hui, vous allez écouter notre 31ème histoire, Halloween dans les bois vert.
Un épisode spécial en ce 31 octobre, en compagnie de notre cher sorcière Picpus et
de son chaffé Bus.
Bonne écoute !
Le vent agite doucement les branches du Grand Chêne.
Fébus, le chat s'étire mollement sur un tapis de feuilles orangées.
Des potirons de la taille d'un panda mûrissent sous les derniers rayons du soleil.
Les ombres s'allongent dans le paisible jardin d'automne.
Soudain, un gland rebondit sur la tête du chat.
Celui-ci saute sur ses pattes en feulant et court se réfugie à l'autre bout du potager
auprès de sa sorcière préférée, la Picpus.
Qu'est-ce qui t'as arrivé mon gros sac à Pus ?
Demande la Picpus de sa voix grinsante.
Elle repose la potion d'angoisse d'Hellimas avec laquelle elle asperge ses salades
et caresse le museau de Fébus avec une fleur d'armica.
L'animal ferme les yeux et se met à ronronner avec bonheur.
La Picpus soupire.
Profite du calme, matou de l'enfer.
Dans quelques heures, ce jardin sera envahi de mioches urlents, déguisées en citrouilles
ou en fantômes et gavées de bonbons jusqu'à la moelle.
Allô, yin yin yin.
Je déteste le 31 octobre et cette fête ridicule.
Des bonbons ou un sort ?
Je vous en ficherai des sorts avec vos araignées en plastique et vos têtes de squelettes en toques.
Ah ça !
Si ils veulent de la magie noire, ils vont en avoir.
Et de la vraie non d'un scarabée.
Il est grand temps de redonner ses lettres de noblesse à la fête des morts.
Un montant de croquettes.
Fébus se frotte la moustache et laisse échapper un mioulement d'approbation.
La Picpus hoche la tête et se dirige vers la grande bâtisse du manoir des bois verts.
Son chat sur les talons.
La grosse porte de la bibliothèque grince sur son passage.
Et la voilà qui parcourt du doigt les étagères.
Alors alors, Manuel, chère de poule, volume 12.
30 recettes pour fier dresser les cheveux sur la tête.
Guide de la sorcière en colère.
Sort et tour pour leur faire faire demi-tour.
Et bien, on devrait avoir de quoi faire avec tout ça.
Dans un nuage de poussière, elle se met à feuilleter les pages des gros grémoires.
Bon, pour commencer, on va mettre un peu d'ambiance dans ce manoir.
Et voilà la Picpus qui s'affaire à tous les étages de son manoir avec sa baguette et ses amulettes.
Les portes se mettent à grincer et à claquer à tout vent.
Des ombres menaçantes flottent devant les fenêtres.
La chirouette sur le toit s'affole et tourne dans tous les sens.
Des rires sardonyques descendent du grenier.
Et bétranges bruits de chêne montent de la cave.
Non, d'un jippe est à sonnette.
Cacquette une voix bien connue du fond du jardin.
Mais qu'est-ce que c'est que cette musique diabolique ?
Réplique une deuxième voix un peu pincée.
La grande silhouette de Monique, enroulée dans son boubou d'Afrique,
et celle de Babette avec sa chouette sur l'épaule se dessine devant le petit pertaille.
La Picpus se précipite à la rencontre de ses amis sorcières.
Tu as décidé de fêter Halloween avec des trolls ?
Demande Monique.
Des trolls ?
Ah, c'est sûr !
Si j'en avais deux ou trois sous la main, ça passerait l'envie au marbeau de venir me réclamer des pompeaux.
Ah, donc c'est ça le plan ?
Tu veux flanquer la frousse aux gamins ce soir ?
Évidemment.
Bien sûr, vous êtes les bienvenus.
Les mioses ne vont pas tarder à répliquer.
Observe la Picpus en regardant le soleil glissé lentement derrière le grand chêne.
Avec grand plaisir !
Répondent Babette et Monique en passant la porte du manoir.
Les trois sorcières finissent de préparer sortilets à gésées en chantement
et se postent à la fenêtre de la cuisine pour observer les premiers enfants qui s'avance au portail.
J'parais qu'ils n'arriveront même pas jusqu'ici !
Se réjouir la Picpus en voyant deux petites filles et un petit garçon hésité à avancer.
L'une des filles est déguisée en squelette,
l'autre est affublée d'un déguisement de citrouille
et le garçon porte une grande robe de sorcières violettes.
La plus grande des filles, celle qui porte un déguisement de squelette,
pousse le portail et avance d'un air déterminé dans le jardin.
Euh... T'es sûre, Annaie ?
Il a l'air un peu abandonné, ce château.
Observe le petit garçon.
Aussitôt, un hurlement de loup retentit au-dessus du manoir.
Ouah, trop bien !
S'enthousiasme, Annaie.
Loup, on aimerait à venir.
Lance-t-elle aux deux autres en leur faisant signe d'approcher.
La Picpus fronce les sourcils.
Attendez, mes mignons, ça ne se n'était que l'entrée en matière.
Marbonne-t-elle.
Les trois amis passent sous le chêne et de longues toiles d'araignées leur tombent sur la tête.
Regardez !
cri Andréa.
Des vraies toiles d'araignées.
Elles sont tellement brillantes.
Je n'en ai jamais vu de si belle.
Les enfants s'arrêtent quelques instants
pour observer les enchevêtresments parfaitement symétriques
des fils d'argent qui s'intiguent sous les reflets de la lune.
La Picpus les regarde depuis sa fenêtre d'un air étonné.
Mais, mais qu'est-ce que c'est que ces gamins ?
moquerait-elle.
J'ai compris.
Il va falloir passer à la vitesse supérieure.
Elle agite sa baguette magique et un tourbillon de fume et noir en sort.
Elle entrebaille la fenêtre et le tourbillon s'échappe en direction des enfants.
Ils foncent sur les trois amis et les enveloppent en faisant voler leurs cheveux
et la capte de sorcière d'Andréa.
La petite loup se met à rire.
C'est quoi ce courant d'air sa manchette, oui ?
Andréa pouf à son tour.
Hum ? On dirait qu'il va emporter mon chapeau.
Ana est sourie.
Ah, bonsoir, je parie que ce manoir
on nous réserve encore des surprises rigolotes.
Dans la cuisine, la Picpus tempête et rouspète.
Les enfants s'avancent sur le pérou et toquent à la porte.
Cette fois-ci, je vais leur envoyer Paulette.
Et ces trois-là feront moins les malins.
Mais qui est Paulette ?
Demande Monique.
Et bah Paulette, la squelette, tu sais bien.
C'est la squelette de mon arrière-grand-mère.
À ces mots, un clic qui se fait entendre dans les escaliers
et un grand adosse avance jusqu'à la porte.
Rais-toi de jouer, ma Paulette.
Fiches-leur une frousse de tous les diables.
La squelette sourit de toutes ses dents et ouvre grand la porte.
Les trois enfants restent interloqués un court instant,
puis Ana est laissé échapper un sifflement admiratif.
Incroyable.
La squelette Paulette fait cliquer son tibia et son pérôné
en écartquillant ses orbites creuses.
Aussitôt, Ana est lève les bras en l'air
et tourbillonne dans son déguisement de squelette.
Youhou !
Ces critères en partant dans une danse effrénée.
Paulette en a la mâchoire qui se décroche.
Celle-ci tombe à ses pieds
et loue la ramasse le plus naturellement du monde.
Tenez, madame, je crois que vous avez perdu quelque chose.
Mais Paulette est trop occupée à admirer la danse de squelette d'Anaet
et sans même qu'elle s'en rend de compte,
la voilà qui se met à battre le pied en rythme,
puis à rouler des rotules.
Elle saute en l'air,
qui est danse avec les trois amis,
au son des hurlements de fantômes
que la pique pousse fait retentir
dans une dernière tentative d'effrayer les enfants.
Mais rien n'y fait.
Et elle se résout à sortir à son tour
sur le seuil de son manoir,
flanqué de monique et babette.
Mais qu'est-ce que vous voulez à la fin ?
Des bonbons ou un sort ?
S'exclament les trois enfants en cœur
en tendant leur panier.
Pfff ! Un sort, un sort.
Est-ce qu'au moins vous en connaissez des sortes ?
Non, pas vraiment.
Mais vous, vous avez l'air d'en connaître des tas.
Observerez à un peu admiratif.
La pique pousse se rangorge
et laisse même échapper un sourire.
C'est que moi, je suis une sorcière, une vraie.
Alors apprenez-nous.
Sugère Annaï.
Oh oui, s'il vous plaît.
Ranchéry Lou.
La pique pousse grimace.
Des enfants chez elle, c'est déjà beaucoup.
Mais qui lui demande en plus de leur apprendre
à faire de la magie ?
Voilà qui a du jamais vu de mémoire de sorcière des bois verts.
Faut dire que ces miroches n'ont pas froid aux yeux.
Remarque babette.
Je dirais même que rien ne les effraie.
Appuie monique.
Bon, bon, bon.
Si vous y tenez, on peut faire un essai.
Fait la pique pousse d'un ton résigné.
Mais en échange, vous nous laissez goûter à vos bonbons.
Ajoute-t-elle en louchant sur le panier bien garni
de friandises des enfants.
Bien sûr, servez-vous.
Souris Anna et entendant le panier aux sorcières.
De toute façon, on préfère émanjer ce que mangent les sorcières.
Vous aurez pas quelques pattes d'haranié frites ?
Ajoute-t-elle dans un clin d'œil.
La pique pousse ouvre des urons.
Décidément, vous n'êtes pas des marmots ordinaires.
Et c'est ainsi que ce soir-là, du 31 octobre,
on entendit raisonner dans les bois verts
des sorzés fraillants et de grands éclats de rire.
Pépé, plaigre, pépé...
Vous venez d'écouter une histoire d'envolée comtée,
une création originale écrite par Lucille Petit.
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À très vite !