Dans un instant, votre nouvelle histoire commence, mais avant, laissez-moi vous souffler une idée
qui met toujours tout le monde d'accord Ă la maison que ce soit.
Pour un petit creux, au petit déjeuner ou au goûter, il y a un nom qui fait saliver
les enfants, et les parents aussi.
Kiri, des portions de fromage frais fabriquées dans l'Ouest de la France, source de calcium,
et adaptées dans le cadre de la diversification alimentaire des 8 ou 9 mois.
On peut les tartiner, les cuisiner ou les savourer, simplement avec les doigts.
Bref, Kiri, c'est le petit plaisir qui accompagne les grandes histoires du quotidien.
Allez, installez-vous confortablement votre nouvelle histoire démarre maintenant.
Bonjour à tous, bonjour les enfants, c'est Céline Kalman, j'espère que vous allez bien.
Aujourd'hui, je vous raconte l'épisode 4 de Chili à l'école des fantômes.
Histoire écrite par Benjamin Müller et réalisée par Alexandre Ferréra.
Le jour se lève sur Ghostie, les élèves fantômes sont déjà entassés dans la grande salle
du petit déjeuner.
Ça sent bon, ils ont faim, et comme tous les matins, tous se jettent sur leur assiette,
avec la délicateuse d'un troupeau de vache normande.
Le buffet est impressionnant.
Il y a des croissants, des pains au chocolat, des gaufres, des pancakes, des donuts, des
céréales, du chocolat chaud, du laitier, des tartines grillées, des pommes, des oranges,
du jus de myrtilles, du jus d'orange, du jus...
Du jus violet ?
Personne ne sait quel goût il a, mais tout le monde en prend quand même.
Et pour ceux qui préfèrent le salet, il y a des ebrouillés, des saucisses de mortaux,
du peintre campagne et même du comté, coupés en énorme morceaux.
Normal, nous sommes dans une école sérieuse.
On ne l'hésine pas avec le petit déjeuner.
Enfin, école sérieuse, école sérieuse, pas toujours.
Parce qu'il y a aussi des bizarris typiques agosties, comme ce saladier rempli dieu de
grenouilles qui clignent tout seul.
Cette assiette de pâtes de canard croustillantes qui semblent encore vouloir courir.
Ou encore cette purée verte posée discrètement au fond de la table qui bouge un peu toute
seule.
Chili traverse la salle avec son plateau et s'assoit avec ses amis.
Butis, Midi et Morair.
Bon, aujourd'hui, dis Butis, je commence par le sucré et le salet.
Pancake plus saucisses, parfait combo.
C'est un crime alimentaire.
C'est délicieux.
répond Butis, qui a réussi l'exploit de ce salire dès sa première bouchée.
Chili regarde le jus violet dans son verre.
Quelqu'un sait quel goût ça.
Nuhage, Midi.
Nuhage de quoi ?
Juste nuage, mais tu sais, le nuage juste avant une tempĂŞte.
Chiligoutte.
Moi, je vais goûter car ça ne m'aide pas vraiment à savoir quel goût ça peut avoir.
Chili goûte et plice les yeux.
Pas mal, un peu bizarre, mais pas mal.
Tout se passe bien, trop bien et agosti.
Quand tout va bien, c'est généralement très mauvais signe parce qu'ils arrivent.
K, M, EP.
Les trois brutes de ghosties, les rois de la moquerie.
Ils n'ont peur de rien.
Et un cerveau qui tourne au ralenti.
Si nous devions utiliser une image les concernant, nous pourrions dire que ce ne sont pas les
trois voitures les plus rapides du circuit automobile.
Vous voyez l'idée ?
Ou qu'ils ne sont pas les ballons qui rebrandissent le mieux du magasin de sport.
Enfin, vous avez compris.
En clair, ils sont un peu neneux et surtout fondamentalement méchants.
Ces trois génies du mal s'approchent avec un sourire mauvais et surtout une énorme
cuillère en bois, une cuillère géante.
Dedans, une grosse dose de mixture blanche et gluante.
« C'est quoi ça ? » demande ma horaire.
« Je connais. » dit Midi.
« C'est un mélange de graines de chat et de lait d'amande. »
« Hum… » dit Boutis.
« Ça c'est super bon ! »
« Ouais… » dit K.
« C'est sain, équilibré et surtout… »
Il lève la cuillère…
« Très collant ! »
Avant que Chili ne puisse comprendre ce qu'elle se passe, la cuillère part en arc de cercle.
La mixture s'écrase en plein sur sa tête.
Chili reste figé.
Il inspire, ferme les yeux, reste calme.
Il s'est suié, souffle doucement.
Il ne dit rien.
« Réponds-lui ! » murmure Boutis.
« Vange-toi ! »
« Non, laisse tomber ! »
Chili se sente humilié.
Mais il a toujours pensé qu'il ne fallait pas répondre à la violence par la violence,
ni Ă la bĂŞtise par la bĂŞtise.
K. rigole.
Au fond de lui, il aurait aimé que Chili riposte.
« Ha ha ha ! Regardez-le ! Il fait sa petite victime ! »
Alors, K. décide de remettre ça.
Cette fois, c'est Boutis qui se prend la glucia amende en pleine figure.
« Mais vous êtes malade ! »
Explose Boutis.
Tout le monde se retourne.
L'attention monte.
Alors, Chili se lève, calmement, sans un mot.
Il avance vers le buffet.
Attrape une énorme cruche en métal remplie de chocolat chaud.
Une vapeur sucrée s'en échappe.
Il pose ses deux mains dessus.
On dirait qu'il hésite.
Puis soudain, il disparaît.
Disparue. Plus vers ce.
« Il est passé où ? »
Du midi.
« Il s'était evaporé ? »
dit Morair.
« Non ! »
Chili vient de se rendre invisible.
Il glisse entre les tables.
Silencieux.
Il passe derrière K.
M.
Et P.
Qui continue Ă rire, comme des idiots.
Et d'un seul geste puissant,
toute la cruche se renverse sur eux.
« Quoi ? Quoi ? C'est quoi ? Un, deux, trois ! »
Du chocolat chaud, plein la tĂŞte, plein les bras,
dans les oreilles, dans les narines.
Ça dégouline de partout.
Il ressemble Ă trois glaces au cacao
qui auraient fondu au soleil.
La salle explose de rire.
MĂŞme les professeurs essaient de se retenir.
C'est raté.
Chili réapparaît doucement,
comme si de rien n'était.
K.
aveuglé par le chocolat,
« Heal ! »
« Qui a fait ça ? »
Et là , une voix claque, énorme, autoritaire.
« Chili ! »
Silence complète.
On pourrait entendre une fourchette tomber.
Mme Fajah,
dans l'embrasure de la porte,
bras croisés,
regard noir, très noir.
« Chili ! »
Dans mon bureau.
Tout de suite !
Quelques minutes plus tard,
une fois arrivée dans le bureau de Mme Fajah,
Chili ne fait pas le malin.
Il sait qu'il va passer un mauvais quart d'heure.
« Chili ! Explique-moi ! »
Ils ont commencé.
Ils m'ont visé avec de la bouillie.
Puis, ils s'en sont pris Ă butices.
« Je me devais de répondre. »
Répondre ? Oui !
Mais pas comme ça !
On n'attaque pas avec de la nourriture !
Jamais !
Mme Fajah marche un peu dans la pièce contrariée.
Puis elle s'arrĂŞte,
soupir,
et regarde Chili,
autrement.
« Mais j'ai une question,
dit-elle doucement.
Comment ?
Comment...
Comment as-tu disparu ?
Ça m'est venu tout seul.
Tout seul ?
Quand je suis en colère,
parfois je deviens invisible.
Je ne sais pas comment je fais.
Je...
Je sens que ça se met en marche tout seul.
Mme Fajah le fixe longtemps.
Elle a l'air, Ă la fois perplexe et...
Intriguée.
Très bien, très bien.
Tu seras puni.
Tu écriras 100 fois.
Je n'ai pas le droit de jouer avec la nourriture.
100 fois ?
100 fois !
Chili baisse la tĂŞte.
Et proprement !
Ajoute-t-elle.
Sinon tu recommences.
77...
78...
99...
Chili écrit sa punition assis dans le couloir.
Autour de lui, les élèves passent.
Certains juchotent.
D'autres ricanent.
Évidemment, K, M et P
n'auront pas ce spectacle pour rien au monde.
Tu écris ?
demande K.
Ah oui, tu écris.
N'oublie pas le majusculeur, je...
dis M.
Et pas de faute Ă nourriture !
Ajoute P.
Il repart en éclat tendris.
Chili sert les dents, finit ses lignes,
puis va rejoindre la salle de bain du dortoir
pour faire sa toilette.
Alors qu'il commence Ă se brosser les dents,
il est rejoint par Butis,
qui lui dit...
Désolé pour tout à l'heure, c'est moi qui t'ai poussé à répondre.
C'est pas grave.
Réponds Chili en se brossant les dents.
On... on...
On m'a juste énervé.
C'était quand même impressionnant ce que t'as fait.
Non Chili.
En fait, t'es prĂŞt ?
Pourquoi ?
Comment ça, pourquoi ? T'as oublié ?
Oubliez quoi ?
Mais... les examens !
Chili repose sa brosse Ă dents.
Quoi ?
Quelles examens ?
Les examens de puissance fantomatique !
C'est aujourd'hui, juste avant les vacances.
Chili blémit.
Oh non !
C'était Chili, à l'école des fantômes.
Épisode 4.
Histoire écrite par Benjamin Mulair,
réalisée par Alexandre Ferréra,
et racontée par moi, c'est Lynn Kalman.
À très vite !