
Pourquoi les lapins ne portent pas de culotte
Durée: 13m1s
Date de sortie: 26/10/2025
Une histoire écrite par Antonin Louchard, sur une proposition de Sophia et Claire, mise en voix par Caleb et Chloé.
Une histoire à écouter dès 5 ans, où la société des lapins se trouve chamboulée par l'arrivée des culottes; mais attention, elle ne finit pas en happy end !
Musique : les quatre saisons de Vivaldi
Pourquoi les lapins ne portent pas de culottes ?
Par Antonin Louchard
Il était une fois un petit lapin qui s'appelait GluM Fötrthothu. Il habitait en Provence,
près de Cucuron. GluM Fötrthothu était un prénom très courant chez les lapins,
mais comme ce mot était impossible à prononcer, nous l'appellerons tout simplement Zu.
Comme les lapins n'ont pas encore inventé l'école, Zu passe toutes ses journées à
gambader dans les champs et dans les prêts. Quand il a une petite soif, il s'arrête pour l'appellot
du torrent et quand il a une petite fin, une grignote, quelques baisses ovages. C'est moins bon
que les glaces et les frites, mais les lapins ne les ont pas inventés non plus.
Quand il est un peu fatigué, Zu s'allonge à l'ombre d'une flûteille pour révaser ou faire la sieste.
Bien sûr, il regarderait volontiers la télé, mais vous vous doutez bien que les lapins sont encore
très loin de l'inventer un jour. Vous aurez compris que, bien que les lapins ne soient pas très malins,
malins, et n'aient pas inventé grand chose, Zu a néanmoins la belle vie. Il fait ce qu'il veut,
quand il veut, où il veut.
Le matin de notre histoire, Zu est joyeux, très joyeux même, bien plus joyeux qu'un lapin ordinaire.
Et tandis qu'il se promène dans le maquis, il freudonne une petite chanson.
Je gambade dans les prêts, je suis un lapin, je suis un lapin, je gambade dans les champs,
je suis un lapin, et je suis content.
Sa chanson n'est pas terrible, terrible, mais il l'aime bien parce que c'est lui qui l'a inventé
que de toute façon, c'est la seule chanson qui connaisse dans sa petite tête de lapin.
Je cueille des fleurs dans les champs, je suis un lapin, c'est épatant.
Il fait beau, l'air est pur, la campagne fleure bon, le thym est le romarin dont on
accomode le civet. Mais ça ne sont pas les parfums du maquis qui réjouissent notre lapro.
Et Zou n'est pas un civet, c'est encore un joli petit lapin blanc.
Non, si il est joyeux ce matin là, c'est pour une toute autre raison.
Je suis amoureux !
Zou est amoureux.
Il a décidé de déclarer son amour à la jeune et jolie bêtie.
Il a décidé aussi que sa déclaration serait bien plus remarquable si elle était accompagnée d'un petit cadeau.
C'est donc une fleur à la main qu'il réussit à murmurer.
Bêtie, j'ai t'aime beaucoup.
Et d'ajouter.
Je t'occupe même pensée quand je cours dans les prix et pour toi j'ai cueilli quelques fleurs du maquis.
Ce qui est mignon mais aussi assez prodigieux quand on considère qu'il s'agit d'un lapin.
Mais Bêtie reste indifférente au prodige.
D'autant quand ce beau matin de printemps, Zou n'est pas le seul à lui faire la cour.
Elle n'arrive décidément pas à choisir un fiancé parmi tous ses prétendants qui se ressemblent étrangement et dont elle peine à retenir les prénoms.
Intimidée, Zou s'empresse alors d'ajouter.
Mais si tu veux, j'ai peut aussi te chanter une super petite chanson que j'ai inventée.
Heureusement pour nous, la jeune lapine ne bronche toujours pas et la que basse,
même si cela ne se remarque pas beaucoup chez les lapins,
qui sont plutôt décorés d'une sorte de pompon, Zou quitte la scène pour revoir sa copie.
Zou a beau glanner dans le maquis des cadeaux de plus en plus beaux.
Ah, là j'ai cueilli toutes les fleurs du prix.
Multiplier les invitations à dîner.
Tu veux une carotte ?
Ou manifester un vif intérêt pour le paranormal et les mystères de la nature.
Voici un trèfle à quatre feuilles qui te portera bonheur.
Bétis reste de marbre.
Zou a beau faire les plus belles cabrioles.
Il a beau inventer les histoires les plus extravagantes et les plus touchantes.
Il a beau faire les grimaces les plus drôles du monde.
Bétis ne s'intéresse pas plus à lui qu'à un autre lapin.
Il faut dire que les cadeaux de Zou restent des cadeaux de lapin,
des choses un peu cuckus en somme.
Aurait-il eu plus de succès en offrant à Bétis une Porsche 911
ou un pied-à-terre dans le marais ?
Nous ne le saurons jamais,
car il lui fallait pour cela que les lapins ust inventer l'argent.
Au bout d'une semaine, alors que Zou est toujours à la recherche d'un cadeau pour Bétis,
des tâches de couleur flottant au vent attirent son attention.
Tiens tiens, des vêtements sur un fil à linge.
Après de nombreux essais, Zou réussit enfin
à glisser ses deux pattes dans une voyante culotte rouge.
Bonjour mon prince.
Dis Bétis qu'il repère tout de suite dans la foule des prétendants.
À peine Bétis a-t-elle déposé un baiser sur la joue de Zou
que les soupirants s'agitent dans tous les sens.
Ils veulent eux aussi trouver une culotte pour attirer l'attention de la lapine.
Mais les vêtements ne sont pas des fruits ou des légumes qui poseraient dans la nature.
Les lapins ont baufouillé les champs, les potager et les vergers.
Ils ne trouvent pas plus de culotte que de beurre en branche.
Il finit ce n'est en moins par comprendre que là où il y a des hommes, il y a des habits.
Aussi se mettent-ils à explorer les plages, les terrains de camping
et les airs de pique-nique pour délester les touristes négligents de leurs vêtements.
A la nuit tombée, ils s'approchent même dangereusement des maisons des hommes
pour y subtiliser le linge qui sèche sur les étendoires.
La mode des vêtements se propage à la vitesse de la mixe aux matoses
et bientôt tous les lapins se mettent à porter la culotte, filles et garçons.
Au début, ça ne change pas grand chose à l'ordinaire de nos petits rongeurs
qui continuent à se balader librement dans la nature en les guayant maintenant de jolies couleurs.
Ils inventent même un sport qui se joue en équipe portant des culottes identiques.
Ça ressemble un peu au foot.
Mais cette frénésie vestimentaire n'a pas que des avantages.
Quelques lapins qui ne savent pas où se procurer des culottes
les volent bientôt à leur semblable, ou bien les déchirent par jalousie.
D'autres les accumulent par convoitise,
ce qui raret fit le nombre de culottes disponibles et augmente artificiellement leur prix.
Bientôt, il faut créer des banques.
Pour les culottes bien sûr, mais aussi pour les carottes et le trèfle
qui deviennent les premières monnaies d'échange des lapins.
Ainsi, le prix de certaines culottes peut atteindre la somme somptuaire de 800 carottes.
Vous me direz sans doute que maintenant que les lapins ont inventé une monnaie,
ils pourraient enfin acheter des Porsche 911.
Mais non, ce n'est pas possible, car aucun concessionnaire automobile
n'accepterait de vendre une auto à un lapin et de se faire payer en carottes.
Pour protéger l'ordre social et empêcher le vol des culottes,
les lapins doivent rapidement créer une milice.
Les culottes noires.
Et pour diriger la milice, il faut bien nommer un chef qui, comme c'est lui le chef,
peut porter une culotte de la couleur qu'il veut.
Bien sûr, le travail de la milice ne fait pas que des heureux,
car il arrive plus d'une fois que des innocents soient envoyés en prison.
Aussi, faut-il nommer un comité de surveillance pour prévenir les erreurs des militiens.
Ce sont les culottes rouges.
Du coup, les culottes jaunes décident de se regrouper
pour surveiller les culottes rouges qui surveillent les culottes noires
qui surveillent tout le monde.
Suis bien qu'au bout d'un moment, la société des lapins
finit par se diviser en tribut de même couleur
qui se surveillent les unes les autres.
On pose des pièges, on dénonce, on trahit.
...
Pour couronner le tout, Betty finit par quitter Zou
pour un autre lapin vêtue d'une plus belle culotte.
Triste et honteux, il disparaît alors dans son terrier.
Pour cacher ses larmes, bien sûr, mais aussi pour réfléchir à une idée
pour reconquérir le cœur de Betty.
...
Certes, les lapins n'ont pas bouleversé l'histoire des arts plastiques.
Mais si ils avaient eu des ailes à la place des oreilles,
ils auraient pu s'élever très haut dans le ciel
et porter fièrement leur regard vers les petits confettis de couleur
qui décorait désormais les champs et les prêts.
Mais, avec leur museau aura des pâcrettes,
les lapins n'ont pas vu le ciel s'assombrir au-dessus de leur tête.
Ils n'ont pas remarqué les aigles aux yeux perçants et exercés
qui planent maintenant dans les airs,
attirés par ces jolis taches de couleurs.
...
Et quand ils décident enfin d'enlever leurs culottes trop voyantes,
il est trop tard.
Plusieurs d'entre eux se sont envolés entre les serres des rapaces.
...
Voilà pourquoi depuis l'or, les lapins ne portent pas de culottes.
Voilà pourquoi aussi, ils n'inventeront jamais
ni les cols, ni les glaces, ni la télé.
Voilà pourquoi enfin, ils resteront à tout jamais,
un peu bébêtes et naïfs,
et continueront à gambader joyeusement dans les prêts toute la scène journée.
Tiens, mais au fait, où est donc Passezou ?
Ah le voici qui sort enfin de son trou.
Il est toujours à la recherche d'une idée pour séduire Betty,
une idée forte, originale et surprenante.
Et tandis qu'il cherche, il freudonne encore sa petite chanson.
...
Mais au détour d'un buissant,
Zou aperçoit un joli châpeau rouge abandonné dans le maquis.
...
Il le met sur sa tête et...
Ah non Zou !
Oh non !
Fin.
...
C'était pourquoi les lapins ne portent pas de culottes
sur une proposition de Claire et Sofia racontée par Calais Bécloé.
Episode suivant:
Les infos glanées
Histoiresdusoir
Lecture d'histoires pour enfants, dès 3ans.
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