
Robert Badinter et l'abolition de la peine de mort
Durée: 16m8s
Date de sortie: 07/10/2025
durée : 00:16:08 - Les Odyssées - Le 9 octobre 2025, Robert Badinter entre au Panthéon. Découvre l'aventure exceptionnelle de cet avocat et ancien ministre qui a marqué l'Histoire de notre pays en faisant taire la guillotine. Bourreaux, passez votre chemin, depuis 1981, en France, pour vous y'a plus de boulot !
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Hé ! Salut, Célo !
L'audicet que tu vas entendre raconte l'histoire de l'abolition de la peine de mort.
C'est un sujet délicat.
Aussi, je te conseille peut-être de l'écouter en famille.
Paris.
Jeudi 9 octobre 2025.
Le soleil brille sur le pantalon.
Euuh ! Pardon ! Le panthéon.
Vous avez fait ça droit ?
Oui, vous savez, ce grand bâtiment blanc
où reposent les âmes de cels et ceux
qui ont fait faire de sacré bon à la République.
Lui haut, lui haut, encore.
Un petit clou à gauche.
Redressé.
Cours.
Un petit clou à droite.
C'est bon.
Et voilà ! Impeccable !
Bien, bien.
Vous avez vu comme un ébel ma banderone ?
C'est pour accueillir Robert Badinter,
le grand avocat,
l'homme qui a changé l'histoire de notre pays
en faisant abolir la peine de mort.
Vous arrivez à lire ?
Bienvenue, cher Robert Badinter au panthéon.
Et surtout, pense à prendre
deux ou trois macarons.
Bah oui, si, la fin.
Ouais, bon, allez.
Tout de façon, c'est l'heure de ma pause.
Quoi ? Mais, qui me parle ?
Là.
Ben.
Ici, là.
La dernière la poubelle.
Oh !
Monsieur Badinter.
Ouais, enfin, son fantôme.
La vache, vous êtes super en avance pour la cérémonie ?
Oui, ben, justement.
En parlant de ça, je ne peux plus y aller au panthéon.
Ah bon ?
Non, vous avez vu ce qui est écrit sur le fronton
aux grands hommes de la patrie reconnaissante.
Bon, la pression.
Oh, mais vous allez rencontrer plein de nouveaux copains.
Il y a déjà le résistant Jean Moulin.
Vous épariez qui roule, je...
Ah !
Euh... Voltaire, le philosophe.
Bon, il y a les panards qui chantent.
Merci.
Zut !
Et Victor Hugo ?
Lui, ah oui, on devrait bien s'entendre.
Faites-moi confiance, vous allez vous éclater.
Et en attendant la cérémonie...
Oh, et si on se repassait le film de votre vie ?
Le sang pour le sang, c'est un vieux cri barbare.
Ce n'est pas la justice.
Que rardon, droit dans ses bottes.
Avocat ministre écrivant militant.
Voici l'odyssée de Robert Badinter.
L'homme juste qui aimait la vie.
Celui qui a fait terre la guillotine.
Oh ! Passez votre chemin.
Depuis 1981, en France, pour vous, il n'y a plus de boulot.
Haute 1944.
Hé, les gars, regardez ces vaches. Elles sont trômigones.
Allez, vive l'ensemble.
Baba, des soldats américains foussent à toute Berzingue
en direction de Chambéry pour libérer la ville.
Assez à l'avant du premier véhicule, Robert Badinter,
16 ans, tout jeune résistant, sans son coeur d'en dire de bonheur.
Les troupes allemandes viennent de prendre la fuite.
La seconde guerre mondiale est enfin terminée.
Mais la légrise hélas n'est que de courte durée.
Après la libération, sans l'heure de l'épuration.
Dans les rues de Chambéry, on punit tous ceux
qu'on accuse d'avoir aidé les soldats ennemis.
Robert voit des femmes se faire tomber.
Elles ont été dénoncées par un voisin, un ennemi,
parce qu'elles ont soi-disant fricoté à la guémasi.
L'adolescent a l'estomac retourné.
À quoi ça leur sert de blesser et de humilier ces femmes ?
Robert pourtant a lui aussi des raisons d'être en colère.
En fond juif, il a passé toute la guerre à se cacher
pour fuir la barbarie nazie.
Son père, son oncle et sa grand-mère ont été déportés.
Ça jive !
Or, la vermine jive !
On n'a pas vu la société !
On démarre !
Sur l'exclusion et sur la haine, Robert en connaît un rayon.
Mains de fois, il a serré son poing impuissant,
ravalé ses larmes et crié dans le silence.
Alors oui, il beau, il bouillait à lui-même.
Mais ce qu'on fait à ses femmes, non, vraiment,
il ne comprend pas.
Ce vanger, c'est ça la justice ?
La paix revenue, chaque jour Robert attend son père.
Mais là où les nazis l'ont envoyé,
ça les ombres peuvent trouver le chemin du retour.
Et où mon fils, tu rebasses ?
Allez, zoou, tu ouvres ses livres et tu bûches.
Les bas d'inter viennent d'ailleurs,
de l'actuel Moldavi.
Là-bas non plus, on aimait pas les Juifs.
Avec ton père, on a émigré en France
parce que c'est la patrie des droits de l'homme.
Pour trouver sa place dans la République,
il faut réussir à l'école.
Mais ça, je reçus 5 sur 5 !
Brilliant, vif et ultra curieux,
Robert a su avoir de tout et surtout dit des nouvelles.
Le ciel bleu sur nos peuples secondes...
Grand mince, cheveux au vent,
il s'y onde pari sur sa mobilette et devient avocat.
Que m'a...
Ouh la la, fou !
C'est pas passé loin.
Un sang froid, tout est preuve.
Une grande intelligence.
Robert devient en fil des années un avocat qui compte.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six,
parce que les autres,
ils ne savent pas.
En 1972, un coup de téléphone change sa vie.
Et après soir à moule, pour mon cabinet,
vous nous remercie mon vieux, on en a pas besoin.
Oups !
Autant pour moi, je dois être un peu en avance.
Pas de problème, on va attendre.
L'affaire des mutins assassins,
bien sûr, vous pouvez compter sur moi.
Alors ?
J'ai accepté de défendre Roger Bontan.
Il risque la peine capitale.
Un client face à la mort,
Robert savait qu'un jour ou l'autre,
il y serait confronté.
En France, en ces années,
toute personne reconnue coupable de haute trahison,
d'attentat, d'insurrection,
de meurtres,
ou encore de vol graves,
peut avoir le coup tranché.
La pratique remonte à loin, à la révolution.
En 1791,
les députés optent pour la guillotine,
parce qu'elle est soi-disant efficace et sans douleur.
Jadis réservée au noble,
elle semble la façon la moins déshonorante
pour les citoyens de quitter ce monde.
Mais Roger Bontan ne finira pas sa vie sur les chafaux.
Allez, Lord, on y va.
Mais où ?
À la prison, on va voir mon client.
Accrochez votre casque.
Roller assassin, ce n'est pas le crime pour défendre ces hommes.
Hé, Robert, qu'est-ce que vous racontez ?
Une phrase que m'a dit un jour un très grand avocat,
être solidaire de l'homme,
défendre son client coûte que coûte, c'est la règle d'or.
En attendant, je vous laisse résumer l'affaire.
Il y a un an,
alors qu'il tente de s'évader de la prison de Clairvaux,
dans l'Est,
Roger Bontan et son camarade de cellules,
Claude Buffet,
prennent une infirmière et un gardien en otage.
Lorsque la police pénètre enfin dans l'infirmierelle le lendemain,
les deux otages sont morts.
L'enquête révèle que c'est Claude Buffet qui a commis les deux crimes.
Pourtant,
tous deux risquent la même peine.
Oula, le procès a déjà commencé ?
L'atmosphère est très tendue au palais de justice.
Silence !
Les odiens sont interrompus par les crées et les menaces.
C'est ça ça !
Robert se bat comme un tigre, comme un lion.
Bontan n'a pas de sang sur les mains,
alors on ne peut pas le condamner à mort.
La partie est serrée.
Partout, dans les cafés à l'entour,
les restaurants, à l'hôtel où il loge,
Robert sent la même odeur puante, le même désir.
Celui de voir mourir.
Le sang pour le sang, c'est un vieux cri barba.
Ce n'est pas la justice.
Robert, jusqu'au bout, garde espoir.
Celui qui n'a pas tué ne peut pas être tué.
La cour se retire pour délibérer.
En conséquence, la cour est le jury.
Enfin.
Après en avoir délibéré en commun,
à la majorité, et sans désemparer.
Le verdict tombe.
Condamne du fait Claude et bontan rejet,
à la peine de mort.
C'est la pleine capitale.
L'avocat regarde et sous-client dans les yeux.
On n'oublie pas ces regards-là.
Robert rend visite à bontan tous les matins.
Un lien extrêmement fort s'est noué entre eux.
Si la vie de bontan avait été différente,
il aurait pu devenir instituteur.
Pour la dernière fois, il le sert dans ses bras.
Comment accepter qu'un homme meurt au nom de la justice ?
Quand on donne la mort,
ne devient-on pas soi-même un assassin ?
Le 28 novembre 1972, à l'aube,
bontan est guillotiné.
Le crime a changé de camp.
Les jours, les semaines, les mois passent.
Robert se repasse le procès en boucle.
Qu'est-ce que j'ai loupé ?
Où est-ce que je me suis trompé ?
Autour de lui, la vie suit son cours.
On dirait que rien a changé, et pourtant tout a changé.
Jamais plus je n'accepterai cette justice qui tue.
Je défendrai désormais tout ce qui risque la mort.
Robert devient militant, abolitionniste.
Il écrit un livre et des articles, il donne des interviews.
La peine de mort n'a jamais dissuadé quiconque de commettre des crimes.
Et puis il arrive que la justice se trompe.
Comment supporter alors qu'un innocent meurt ?
La mort, c'est tout le contraire de la justice.
Parce qu'il n'y a pas de retour en arrière.
Il faut se battre pour la vie.
En 1976, une terrible affaire secoue la France.
Le petit Philippe Bertrand, 7 ans, enlevé à ses parents le 30 en vieil dernier,
vient d'être retrouvé mort.
L'assassin présumé Patrick Henry a été arrêté par la police ce matin.
Il soit représenté par maître Robert Banninter.
Les Français, à un juste titre, sont bouleversés par la mort du petit garçon.
La haine atteint des sommets.
Un type comme ça, je te l'emmène à la guillotine, direct.
Les citoyens, les médias et même les ministres réclament la tête de Patrick Henry.
Dans tous les palais de justice où Robert se rend, il est accueilli par la même sombre mélodie.
Laissez-moi passer, laissez-moi passer, s'il vous plaît, laissez-moi passer.
Robert est devenu en quelques semaines l'avocat le plus détesté du pays.
Robert, deux secondes, vous êtes sûr de votre coup là ?
Je veux dire, c'est horrible Patrick Henry.
Il mérite peut-être de mourir en fin de compte, non ?
Donnez la mort, l'or, c'est prolonger la haine.
Aucune société ne peut vivre dans la haine, car elle n'aurait pas rien, jamais.
Qui a le droit de tuer ?
Robert travaille sa plaidoirée.
Je dois trouver la clé, celle qui fera vaciller les jurés.
L'avocat écrit, rature, écrit encore.
Le jour de sa plaidoirée arrive.
Robert se lève.
Hé, psss, psss, Robert ! Vous prenez pas vos feuilles ?
Non, ça va alors. J'ai décidé d'improviser.
Oh, la classe !
Face aux jurés et à la cour, le visage pâle.
L'avocat se lance dans un vibre en discours d'une heure et demie.
Vous, vous et vous !
Si vous décidez de tuer Patrick Henry,
c'est chacun de vous que je verrai au petit matin à l'aube.
Et je me dirais que c'est vous et vous seuls qui avez décidé.
Fortige. Il met chaque juré face à sa responsabilité.
Viens, messieurs ! La cour !
Verdict.
Patrick Henry, condamné à la prison à vie, échappe à la guillotine.
Inclusion criminelle à perpétuité. L'occurrence est levée.
Robert Badinter a sauvé cinq autres hommes qui risquaient la peine capitale.
Mais le combat ne s'arrête pas là.
Les Français, jusqu'à l'heure en grande majorité, favorables à la peine de mort,
semblent changer d'avis. Il est temps de changer la loi.
En 1981, François Mitterrand nomme Robert Badinter ministre de la Justice.
Sa mission ? Faire abolir la peine de mort.
La parole est à monsieur de Gardnesso, ministre de la Justice.
Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue.
Le 17 septembre, à l'Assemblée nationale,
ils s'adressent aux députés pour leur demander de faire taire la guillotine à tout jamais.
Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.
Le 9 octobre 1981, la loi qui abolit la peine de mort est promulguée.
Depuis ce jour, dans notre pays, plus personne ne meurt au nom de la justice.
Même dans l'obscurité, Robert Badinter continuait de chercher la lumière.
Et ma foi, il avait diablement raison.
Sans lumière, sans blague. Comment faire à l'humanité pour continuer à avancer ?
Bah oui, voilà, on se prendrait des réverbaires.
Derrière cet épisode, Ilia, Marion Lollet, Fanny Le Roi, Loïc Frapsos, Baptiste Collion,
François Morel et moi, leur grand Besançon.
Est-ce qu'il serait possible de rétablir la peine de mort en France ?
A priori, non. Depuis 2007, l'abolition fait partie de la Constitution.
Pour revenir dessus, il faudrait qu'un président la modifie.
Or, c'est la loi suprême en France. Donc, ce serait un chouillard compliqué.
D'autant qu'il faudrait aussi déchirer la convention européenne des droits de l'homme.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Hey, pisse pisse ! Tu veux poursuivre l'aventure ?
Accompli par des hérants eux, des héros héroïnes pour un jeu émotionnel !
Les Odyssey, de leur grand Besançon, une coédition France Inter.
Un must de la bibliothèque !
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France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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