Maintenant que vous connaissez toutes et tous, bourreau bête, laissez-moi vous parler d'une
date importante pour le village. Un jour dont tout le monde se souvient, un jour qui a marqué
les mémoires, un jour terrible, mais pas que. Je vous raconte. Nous étions en plein milieu
du chaud-moi de Mélanor, le moi des melons. Tous les animaux profitaient du soleil pour
chauffer leurs poils, sans penser au froid qui reviendrait bientôt avec la rentrée et le
moi de pommes en branche. Certains allaient faire de l'escalade, d'autres faisaient des
pique-niques, d'autres encore faisaient la sieste dans un hamac. Bref, la vie était
douce à bourreau bête. Ils faisaient beau. Ils faisaient chaud. Très chaud même. Trop
chaud même. Est-ce que c'était quelqu'un qui, en plus d'avoir eu la mauvaise idée
de fumer, avait aussi eu la mauvaise idée de mal éteindre sa cigarette ? Et est-ce
quelqu'un qui avait laissé un barbecue sans surveillance ? Et est-ce un fil électrique
tombé par terre ? Et est-ce quelqu'un qui avait fait un feu d'artifice sans trop de
précaution ? Et est-ce la foudre qui était tombée sur un arbre ? Et est-ce même juste
la faute à pas de chance ? On ne saura probablement jamais. Mais toujours est-il que ? Quelque part,
dans la campagne à côté de bourreau bête, dans un petit recoin d'arbres et de branches
et de feuilles, quelque part où ils faisaient très chaud. Dans ce quelque part donc, il
est né. Le monstre feu. Il était tout petit au début, à peine une flamèche de rien du
tout, presque pas chaude, quasiment pas brillante. On aurait pu passer à côté sans la voir.
Mais il était là. Le monstre feu. Et le feu a ceci de terrible qu'il a très très
fin. Et le feu a ceci de bizarre que plus il mange, plus il a faim.
Oh, j'ai faim. Oh, une feuille. Oh, c'est bon. Et le monstre feu grossit un peu.
Oh mais j'ai faim, j'ai faim. Oh, une branche. Oh, c'est bon. Et le monstre feu grossit un
peu. Oh mais j'ai faim, j'ai faim, j'ai faim. Oh, une vieille souche. Oh, c'est bon.
Et le monstre feu grossit un peu. Mais la fin ne le lâche pas, bien au contraire.
Le monstre feu commence à dévorer un arbre. Et celui d'à côté, et celui d'à côté.
Il grandit, enfle, se renforce. Tous de la fumée écragent des étincelles. Les branches
se craquent, il est feuille sans brase. Et le monstre feu mange, mange, mange. Et plus
il mange, plus il grossit, grossit, grossit. Au loin, à l'horizon, on distingue le toit
des maisons de bourreau bête qui pour l'instant ne se doute de rien.
Et ce jour, au commencement d'histoire, Renard et Junior sont dans leur petite tannière
d'amour en train de faire de la compote d'Abrico. Et le nez de Junior le chatouille.
Le nez de Renard aussi est chatouillé parfois, et il faisait avec.
« Miu ! » Et non Junior, je remue bien la confiture, t'inquiète pas, je la laisse
pas brûler.
« Miu ! » Non, je remue, fais-moi confiance.
« Miu ! » Et moi aussi, je trouve que ça sent le cramer, mais je te promets que je
remue. Regarde, c'est pas noir du tout.
« Miu ! » Bon, d'accord, je vais ouvrir la fenêtre pour aérer un peu, mais c'est
noir, sans encore plus le brûler que le dedans.
Renard plisse les yeux pour voir quelque chose. Junior lui grimpe sur l'épaule avec sa
petite oreille tombante et lui demande « Miu ? » Oui Junior, il se passe quelque
chose.
Et le monstre feu, au loin, continue à manger, manger, manger.
« J'ai faim ! » Et agrossir, grossir, grossir, « J'ai faim ! »
Ce matin, Georges Gribouillon, comme à son habitude, se rend à son puits pour se
faire un thé.
Il descend le saut, « Fiuu ! » Il remonte le lourd saut plein d'eau.
Il fait chauffer l'eau.
Il prépare son thé.
Il en prend une gorgée.
« Fiu ! » Mais, mais, mais.
Qui a mis de la fumée dans mon thé ?
Il y a de la poussière dans sa théière, il y a des cendres sur sa robe de chambre.
Bref, il y a de la fumée dans son thé.
Il s'apprête à prendre ses bretelles, sa casque et sa canne pour aller en toucher
deux mots à ses voisins.
Quand il voit, en levant la tête, la crinière de fumée du monstre feu, au loin, qui continue
à manger, manger, manger, « J'ai faim ! » Et agrossir, grossir, grossir, « J'ai faim ! »
Theresa la Jument se réveille de sa sieste en sursaut.
Elle a fait un cauchemar.
Dans son cauchemar, elle se revoit à la ferme, à l'époque, la ferme de l'humain,
le vieux François.
Leur plan fonctionnait bien.
Les chèvres faisaient du bruit la nuit, les animaux faisaient la grève le jour, mais
pour une raison inconnue, le fermier avait su que c'était elle, Theresa, qui avait
déclenché tout ça.
Et dans son rêve, il entrait dans son écuri en lui disant « Maudit Theresa, après tout
ce que j'ai fait pour toi, je vais te transformer en saucisse ! »
Et la suite de son rêve, c'était un peu n'importe quoi, mais ça arrive parfois
dans les rêves.
Le fermier, dans le rêve, il ouvrait grand la bouche comme ça, et sa bouche devenait
un four à saucisse et il s'approchait de la vieille Jument pour l'engloutir.
Elle avait peur et elle sentait la chaleur du four qui s'approchait, jusqu'à lui
roussir les poils de la crinière.
Elle se réveille.
Ce n'était qu'un cauchemar et qu'elle soulage ment.
Mais il fait tout de même bien chaud.
Ce n'était qu'un rêve et pourtant Theresa sort de la maison et voit au loin le monstre
feu qui commence à grignoter les premières maisons du village.
Et il continue à manger, manger, manger.
« J'ai faim et à grossir, grossir, grossir, j'ai faim ! »
Petite truffe, lourde chocolatier et ravi.
Il est revenu de voyage avec le coffre rempli de trésors, dont, entre autres, Lédelweiss
doré, l'esprit de Choupignon et la fleur de Sélopaline, et il fait une tournée de
chocolat chaud parfait.
Et comme toujours, il ravive l'ébraise une dernière fois, il mélange et sert avec
une grande louche en bois, et enfin il souffle sur la tasse fumante pour le refroidir en
y déposant un petit bec d'amour discrètement.
Et… étrange, il y a un goût en plus, un goût de charbon et de danger.
Petite truffe s'apprête à enfourcher son caravélo contre batterie à son aite 3001
pour aller demander conseils à sa grand-mère quand il la perçoit.
Toujours plus énorme, toujours plus méchant.
Le monstre feu qui continue à manger, manger, manger.
J'ai faim et à grossir, grossir, grossir, j'ai faim.
Ce matin, comme tous les matins, c'est Mégadej dans le terrier de la famille lapin.
Mégadej, c'est comme un petit déj, mais pour 81.
Quand un bing attire leur attention, ils ont du courrier.
Comme à chaque fois, Maman lapin attrape sa guitare et va chercher le papier.
Bonjour chère famille lapin, ici Eric le Hérisson,
or une lettre du facteur lui-même, alors ça c'est pas banal.
Je vous écris car j'aimerais bien organiser un grand concours de dessins
pour créer le nouveau timbre de bourre au bête.
Si vous pouviez dire à tout le monde qui veut le participer,
de dessiner sur une feuille bien carrée, le dessin qu'ils veulent, ce serait super.
Mes petites lapines, mes petits lapins, on a du pain sur la planche,
alors au boulot, qui veut participer ?
Moi moi moi moi !
Les volontaires, approchez, les autres, allez jouer.
Alors, boure au bête cherche son nouveau timbre.
Qu'est-ce qui rime avec timbre ?
Ça sent la fumée.
Mais non, fumée ça rime pas avec timbre. Concentrez-vous.
Qu'est-ce qui rime avec timbre ?
Il fait chaud.
Mais non, chaud ça rime pas avec timbre. Concentrez-vous.
Qu'est-ce qui rime avec timbre ?
J'ai les yeux qui piquent.
Mais enfin, pique ça rime pas avec timbre.
Qu'est-ce que vous avez aujourd'hui ?
Enfin !
Mais enfin, feu ça rime pas avec enfin, maman !
Et maman, la peint, lève enfin les yeux de son petit cahier,
pour voir le terrier tout en pli de fumée.
C'est la panique, il y a des lapins qui courent dans tous les sens,
il y a des petits qui pleurent.
Vite, tout le monde attrapent un frère ou une soeur plus petit que soi,
et il est plus petit, il vous attrape une peluche, tout le monde dehors.
Et une grande varendole de lapins, panique et sorte du terrier,
pour voir que s'approche déjà le monstre feu,
qui continue à manger, manger, manger.
J'ai faim et à grossir, grossir, grossir, j'ai faim !
Le monstre feu n'est que faim et ça le rend fou.
Il mange une grande, un moulin, un nid oiseau.
Heureusement, les oiseaux ont eu le temps d'évacuer à temps.
Et debout dans la rue, face à ce danger terrible,
Renard est pétrifié.
Que, que faire ?
C'est fichu, seul je ne peux rien.
Et debout dans son jardin, face à ce danger terrible,
George Gribouillon est pétrifié.
Que, que faire ?
C'est fichu, seul je ne peux rien.
Et debout devant sa maison, face à ce danger terrible,
Thérésa l'ajument est pétrifié.
Que, que faire ?
C'est fichu, seul je ne peux rien.
Et debout, à côté de son vélo, face à ce danger terrible,
Petite truffe est pétrifiée.
Que faire ?
C'est fichu, seul je ne peux rien.
Et debout, à côté de l'ortérié, face à ce danger terrible,
La famille lapin est pétrifiée.
Que faire ?
C'est fichu, seul on ne peut rien.
Et le monstre feu continue à manger, manger, manger.
J'ai faim et à grossir, grossir, grossir, j'ai faim.
Et tous les animaux se disent que s'en est fini de bourrobet.
Mais est-ce que vous pensez que mon histoire se termine là ?
Eh bien oui, elle a...
Elle se termine là et tous les...
Mais non, je rigole, bien sûr que non !
Bien sûr que non, l'histoire ne finit pas comme ça.
Parce qu'une petite idée a germé, en même temps, dans plein d'esprits à la fois.
Est-ce qu'elle est née ?
Cette idée, tout d'abord dans la tête de Gustave le petit lapin ?
Est-ce qu'elle est née ?
Cette idée, tout d'abord dans la tête de la grand-mère vieille truffe ?
Est-ce qu'elle est née ?
Cette idée, tout d'abord dans la casquette de Theresa.
Est-ce qu'elle a émergé de l'eau du Puy de Georges ?
Est-ce qu'elle a jaillie d'un mignon de junior ?
On ne sait pas trop.
Mais cette idée, si puissante qu'elle pouvait déplacer des montagnes,
si puissante qu'elle pouvait sauver le monde,
cette idée, elle disait ceci.
Seul, je ne peux rien faire, mais ensemble, rien ne peut nous arrêter.
À nous deux, monstre-feu, Bourrobet n'a pas dit son dernier mot.
Tous les animaux se sont rassemblés sur la place, un peu paniqués,
mais contents de se retrouver.
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Le seul moyen d'apaiser le monstre-feu, c'est de lui donner à boire.
Il faut l'éteindre.
Où est-ce qu'on pourrait trouver de l'eau en grande quantité ?
Qu'est-ce que tu dis, Georges Gribouillon ?
On peut prendre l'eau de mon puits.
Parle plus fort, le temps presse.
On peut prendre l'eau de mon puits, mais je viens de la nettoyer.
Alors bon, ça m'embête.
Vite, tout le monde chez le hibou.
Ah, est-ce qu'on y arrivera à temps ?
Montez tous dans la remorque de ma caravélo contre batterie à Solette 3001.
Je vous en même.
Ouf, petite truffe à des beaux mollets,
car elle est lourde sa remorque chargée de tout ce monde.
Mais heureusement, la route qui va vers chez Georges Gribouillon descend.
Ils arrivent tous dans le jardin du hibou.
Faites attention à mes ordentia.
Vite, on plonge le saut.
Fiiiih !
Pouf !
Et on le remonte.
Hi, ah, hi, ah.
Et on le verse dans le caravélo.
Hop !
On plonge le saut.
Fiiiih !
Pouf !
On le remonte.
Hi, ah, hi, ah.
Et on le verse dans le caravélo.
Hop !
Et une chaîne humaine,
enfin, une chaîne animale se met en place
pour remplir le caravélo contre batterie à Solette 3001,
plein d'eau.
Et on a beau y verser des litres, des litres d'eau.
Il semble y avoir toujours de la place.
C'est quelque chose qui arrive parfois.
Avec les gens qui voyagent dans le monde entier
ou même dans l'espace,
ils finissent par avoir un véhicule
qui est plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Mais c'est une autre histoire.
Les habitants finissent par remplir le caravélo à rabort.
Il y a peut-être des milliers de litres d'eau à l'intérieur.
Mais au moment de repartir en direction du village,
huuuuh !
huuuuh !
huuuuh !
Impossible pour petite truffe de faire avancer sa machine.
Déjà, une descente dans un sens,
c'est une montée dans l'autre.
Mais surtout,
toute cette haute pèse si lourd,
même en faisant descendre le hibou,
le renard, le chat, l'ajument et les 81 lapins,
lourds n'arrivent pas à faire avancer les roues d'un millimètre.
huuuuh !
huuuuh !
huuuuh !
huuuuh !
Oh !
Un sabot lui tapote l'épaule.
Besoin d'un coup de pâte, camarade,
Thérésa l'ajument.
Elle confie sa casquette à Gustave.
Elle donne sa veste à renard.
Cale son morceau de sucre sous sa langue
fait craquer ses épaules.
Elle dérouille ses vieux muscles.
Ces muscles qui ont tiré la charu pendant tant et tant d'années.
Allez mes vieilles pattes,
j'ai encore besoin de vous une dernière fois.
Elle se met d'un côté du guidon
sur une pédale
l'ours de l'autre côté
sur une pédale
à l'une.
À la deux
et à la trois.
Et Thérésa et petite truffe.
Véritable force de la nature.
Pousse le caravélo contre batterie à son aite 3000.
Un de toutes leurs forcées.
Ooooooh !
Oui ! Il a bougé !
Il a un peu bougé !
Il avance, il avance.
Millimètre par millimètre.
Centimètre par centimètre.
La machine avance.
Les rouages se mettent en place.
Les instruments s'actionnent.
Les voiles se gonflent.
Et toute l'équipe fait route vers le village.
Au son de la famille lapin qui les encourage.
Thérésa et petite truffe.
Ouais ! Ouais !
Thérésa et petite truffe.
Ouais ! Ouais !
Thérésa et petite truffe.
Ouais ! Ouais !
Enfin devant les bâtiments,
on se rend compte que le monstre feu a encore grossi.
Mais cette fois-ci, plus de personnes n'est découragées.
On y croit.
Cette manivelle-ci, c'est la pompe.
À mon signal, vous l'actionnez.
Et l'eau jaillira des trompettes.
Attention, attention.
Maintenant !
Les petits lapins, l'ajument, le vieux hibou,
renard et même junior,
tout le monde se relaye pour actionner la pompe.
Et les trompettes crachent de l'eau en direction du monstre feu.
Et le monstre feu grogne, j'ai mis, mais ne s'éteint pas.
J'ai faim !
Le monstre feu grogne, j'ai mis, mais ne s'éteint pas.
J'ai faim !
Je vais aller manger ailleurs, si par ici, c'est mouillé.
Oh non !
Le feu commence à se répandre dans les autres directions.
Il faut le contenir, il faut empêcher qu'il s'étende.
FAMILAPIN !
C'est la maman lapin avec sa guitare.
On a des poumons de chanteuse et de chanteur.
Et des grandes bouches pleines de rimes.
C'est le moment.
À mon signal, tout le monde prend une grande gorgée d'eau.
Maintenant !
Et tous les petits lapins vont remplir leur bouche d'eau.
Et ils sont rigolos, avec leur joue toute gonflée.
On dirait des hamsters qui reviennent de chez le dentiste.
Certains ils ont même du mal à pas exploser de rire en se voyant la tête des uns des
autres et renverser leur eau partout par terre.
À mon signal, Gustave, arrête d'appuyer sur la joue de ta sœur mon petit chat.
À mon signal, donc, on encercle le feu.
Ne vous approchez pas trop près, pas besoin.
Maintenant !
Et tous les petits lapins, les joues gonflées d'eau, encercle le monstre feu qui ne s'en
rend pas compte.
Il est occupé à grignoter un vieux tonneau.
Et à mon signal, on crache toute notre eau dans une longue note tenue.
Et maintenant !
Allez mes petits baleineaux !
Et c'est une explosion aquatique qui encercle le monstre feu.
Partout autour, on l'entendait.
On l'entendait.
On l'entendait.
Qui jaïsse et qui empêche le monstre de s'enfuir.
Il y a de l'eau de tous les côtés, les petits lapins qui crachent partout et par devant.
L'ours qui arrosse toujours avec sa trompette.
Le monstre feu assaillit de tous les côtés, rétrécit, rapetisse, il va s'éteindre,
il va s'éteindre !
On a réussi ?
Non, pas encore.
Quelque part, caché dans les ruelles, il reprend ses forces.
Il risque de repartir de plus belle.
Il faut aller éteindre son cœur.
Sinon, il peut se rallumer, encore plus vorace qu'avant.
J'y vais, d'ironard.
Je connais ces petits trucs comme ma poche.
L'ours vide un bocal dans lequel il y avait Nédel Vase doré et Laurent Lido.
Tiens mon ami, éteins le cœur du monstre feu avec ça.
Merci, petites truffes.
Promi Junior, je fais attention à moi.
Promi !
Non, promis, il m'arrivera rien.
Promi !
J'aurai craché même.
Et Renard fait un bisou sur l'oreille tombante de Junior.
Et s'élance dans les ruelles en feu.
Des flammes lèchent encore les murs.
De la fumée pique les yeux de Renard.
Le soleil brûlant.
Il est obligé de sauter sur place pour pas se brûler les coussinets.
Il a mis le pull qu'il avait cousu à Junior l'hiver dernier pour se faire un masque
et se protéger de la fumée quand il le voit.
Le cœur du monstre feu.
Il a été affaibli par la trompe à Etao et le concert des lapins balènes.
Mais il n'est pas éteint.
Et quand il le voit, Renard…
Oh, j'ai faim.
Oh mais j'ai faim, j'ai faim.
Oh mais j'ai faim, j'ai faim, j'ai faim.
Je vais dévorer un Renard pour reprendre du poil de la flamme.
Et pour reprendre du feu de la bête, comment on dit ?
Alors pour ça monstre feu, il faudrait d'abord m'attraper.
Et Renard s'enfuit dans les petites rues de mourobête,
Petite rue qu'il connaît comme sa poche poursuivie par le monstre feu.
Oh non, du feu de bois, reviens, renard.
Et le feu, on part.
À gauche.
A gauche.
Tu es en état de combustion.
Reviens, Renard.
Et le feu, on part.
À droite.
À droite.
Tu vas finir en tizon, mon chabon.
Reviens, Renard.
Et le feu, on part.
Et le… Et le… Et le… Et le…
Le panneau, le panneau, le panneau.
Et le monstre feu, qui commençait tout juste à reprendre des forces,
s'est pris le panneau en pleine tête.
Bonjour, le monstre feu.
Oh, oh, oh, bonjour, Renard.
Belle journée n'est-ce pas ?
Mais très certainement.
Il fait chaud, non, tu trouves pas ?
Oui, il fait très chaud, je trouve aussi.
Si tu veux, j'ai de l'eau dans ce bocal.
Oh, ma foi, oui, j'ai une de ses soifes.
Et tout doucement, Renard a donné à boire au monstre feu pour l'éteindre,
et il a disparu dans un grésillement.
Ah, enfin, j'ai plus faim.
J'avais tellement, tellement soif.
Tous les animaux épuisés, tout noir, si de fumer,
le poil roussi, allaient célébrer leur victoire sur le monstre feu.
Mais quand la fumée s'est dissipée,
ils ont vu le triste état de leur village.
Des murs noires, des toits brûlés, des routes fondues.
Mais devant l'ampleur du travail à faire,
avant même qu'il n'ait eu le temps de penser
que faire ses fichus seul, je ne peux rien,
ils ont commencé à s'organiser pour tout reconstruire.
Il y avait certes pas mal de travail à faire,
mais l'idée avait solidement pris racine dans leur tête,
face à un immense défi comme ça,
seul, je ne peux rien, mais ensemble,
rien ne peut nous arrêter.
Ils ont travaillé des jours et des jours,
sans compter leur peine,
pour reconstruire un village encore plus magnifique qu'avant.
Quand ils avaient soif,
George Gribouillon servait du thé à tout le monde.
Quand ils avaient faim,
petites truffes qui avaient organisé une cantine
leur amenait à manger.
Et quand ils se découragaient,
la famille lapin leur chantait des chansons.
Ils ont rebâti un village encore plus coloré,
encore plus joyeux, encore plus beau qu'avant.
Et ils ont fait une grande place
pour que toutes les habitantes,
pour que tous les habitants
puissent encore plus facilement venir se retrouver
pour jouer, pour chanter, pour danser, pour rire,
mais aussi pour débattre, pour discuter,
pour rêver ensemble,
pour que plus jamais, ils ne se retrouvent isolés.
Parce qu'ils avaient compris
cette chose essentielle
qu'ils n'oublieraient plus jamais.
Face à une catastrophe comme un incendie,
une tempête ou un tremblement de terre,
quand on se sent impuissant et tout petit,
face au feu, face au froid,
ou face à la peste brune,
seul, je ne peux rien faire,
mais ensemble,
rr,
ensemble, rien ne peut nous arrêter.
Ensemble,
on peut changer le monde.
Et encore aujourd'hui,
Bourobet rayonne comme jamais.
Et on peut y entendre l'hymne
que la famille Lapin a composé ce jour-là
pour se donner du coeur à l'ouvrage.
Les amis ouvrez vos oreilles,
ouvrez vos coeurs,
et puissent l'âme de Bourobet
vous porter, vous aussi.
Que t'aies des plumes ou des écailles,
que t'aies des plumes ou des écailles,
que tu aies des poils en pagaille,
que tu aies des poils en pagaille,
que tu sois minus
ou bien très gros
que tu sois minus ou bien très gros,
que tu vols ou rampes
ou phase des sauts,
que tu vols ou rampes ou phase des sauts.
On connait un village caché,
on connait un village caché,
qu'ensemble, rien ne peut arrêter,
qu'ensemble, rien ne peut arrêter.
Un endroit drôlement chouette,
Un endroit drôle le mensouette qui s'appelle Bourrobet
Qui s'appelle Bourrobet
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
Si tu veux boire un chocolat
Petit truffé là pour toi
Si tu veux écouter une histoire
C'est Réza qu'il faut aller voir
Si tu veux chanter jusqu'au matin
C'est la mission des lapins
C'est la mission des lapins
Et si t'es carrément grognon
Et si t'es carrément grognon
Tu es comme George Gribouillon
Tu es comme George Gribouillon
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
Renard te fera visiter
Les petites rues tarabiscotées
Et si tu t'endors pas debout
Viens chanter avec nous
Viens chanter avec nous
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
Encore
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
Oh y'a Marie France qui fait du hip hop
Allez Marie France vas-y
Oh là, oh là, y'a Marie France
Elle tourne sur la tête
Attention les corbes, attention les corbes Marie France
Oh là, t'es sûr de toi
Très bien, très bien
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
A Bourrobet
On rigole, on danse, on chante à tu têtes
A Bourrobet
On fait tous les jours la fête
A Bourrobet