C'est l'histoire de Milidae.
Coucou, c'est moi Milidae.
Quand Lô comprend qu'un barrage s'est mis en travers de sa route,
elle est prête à tout pour passer.
Mais le barrage est bien décidé à rester,
et la cohabitation s'annonce compliquée.
Tu es bien installée ?
Je vais te raconter.
Depuis quelques temps, l'eau de la rivière tourne en rond en ronchonnant.
Elle ne comprend pas ce qui se passe.
Oh la la la la, ça fait un moment que j'avais aperçu ce chantier,
entendu des bruits étranges.
Mais j'étais loin de me douter de ce qui se passait.
Oh la la, ce n'est pas vrai, mais qu'est-ce qu'ils m'ont fait ?
Oh, mais je ne peux plus passer moi.
Oh, mais pas comme ça.
Mais l'eau a beau pousser de toutes ses forces.
Elle sort à un mur.
Alors elle zigzag dans tous les sens et tourne comme une toupie.
Un mille en noir qui passe dans le secteur observe l'eau tourbionnée.
Euh, Madame Lô, tout va bien ?
S'inquiète Loiseau.
Pour seule réponse, l'eau se met à glouter.
Le mille en est vexé de se faire ainsi envoyer glouter par l'eau.
Puisque c'est comme ça, je me vole le loin d'ici.
Oh, c'est pas possible, quoi, que je le fasse,
moi du tout, que je me les marme.
Pas envie d'écouter l'eau bouillir pendant des heures
et de me retrouver après, le bec dans l'eau.
Allez, ciao.
Le mille en noir disparaît alors dans le ciel.
Cela ne fait ni chaud ni froid à l'eau.
Elle, ce qui l'amène dans tous ses états,
c'est qu'elle ne peut plus passer comme elle le faisait avant.
Le lit de la rivière a changé et ça ne lui plaît pas du tout.
Qui a osé me barrer la route ?
Mais laissez-moi passer !
Bon sang, bon soir, il y a bien une porte de sortie par ici.
Alors l'eau cogne d'un côté, puis de l'autre.
Oh, oh, oh, il y a quelqu'un.
Vous pouvez m'ouvrir ? Laissez-moi passer.
L'eau entend alors un bainement.
Du calme !
Qui me parle ?
Qui ose me dire de me calmer ?
Hure le lot entre deux bouillons d'écume.
C'est moi le barrage, le grand mire que tu as devant toi.
Mais tu vas te pousser de là, toi ?
Ordonne-lo.
Ah, arrête, arrête une château.
Rigole le barrage.
Et en plus, ça te fait rire.
Alors là, alors là, vraiment, c'est la goutte d'eau
qui fait déborder le vase.
L'eau se ruit contre le barrage.
Elle se jette sur lui, une fois, deux fois, dix fois.
Mais le barrage reste imperturbable.
Alors l'eau finit par se calmer.
C'est bon maintenant ? En fait, armée.
Lui demande le barrage l'eau soupire.
Elle donnerait n'importe quoi pour se transformer
en jaizer et sauter par-dessus ce barrage.
Si j'avais su, j'aurais demandé au gédot de Genève
comment jair et me propulser à 140 mètres de haut.
Mais bon, c'est trop tard.
Alors vas-y, je t'écoute.
Dis-moi pourquoi tu t'es planté sur ma route ?
Alors, déjà, je n'ai rien rectifié.
Je ne suis pas un arbre.
On ne va pas planter ici, mais on va construire.
Ça a d'ailleurs été un sacré travail.
Un barrage ne se construit pas en un claquement de doigts.
Ah non, on doit mesurer.
On doit étudier et faire des plans.
Puis, place à la construction aux vérifications.
Si vous voulez, il faut bien vérifier.
Même si, là, tu suis jusqu'à un moment.
Ah oui, il fait tout.
C'est vraiment très important.
Oui, il faut que je sois solide quand même.
Et ensuite, me voie-lui, me voilà.
Je cache ma joie.
Mais tu ne pouvais pas te trouver un autre endroit ?
Non, d'après ce que j'ai aujourd'hui dit,
c'est justement à cause de toi que je suis là.
Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Tu veux dire que les gens ne voulaient plus me voir ?
Ce n'est pas possible.
Moi, l'eau, je suis la vie.
Les gens ont besoin de moi.
Ils ne vont quand même pas me chasser.
Le barrage est un peu embêté.
Ils ne voudraient pas avec ces l'eau.
Mais en même temps, il faut bien lui expliquer.
Oh, rassure-toi.
Tout le monde t'adore, bien sûr.
C'est juste qu'avec les pluies torrentielles qui tombent parfois par ici,
tu es devenu un peu dangereuse.
Le villa à ta côté est risqué en effet de se retrouver inondé.
C'est donc pour ça que je suis là.
Cela permet de canaliser ton arrivée.
Tu vas donc pouvoir passer, mais plus lentement
et de manière un petit peu détournée.
Enfin, plus en mode chamboune tout quoi.
Tu vois ?
L'eau écoute bouge-bé.
Tu nous as compris tout ce que j'ai dit ?
Demande calmement le barrage.
Ah, mais c'est clair comme de l'eau de roche.
Il faut que je me calme, c'est bien ça ?
Oui, en tout cas, il faudrait inviter les débordements.
C'est bon, je me calme.
Mais il y a aussi autre chose.
Une centrale hydroélectrique a été construite
et grâce à toi, on pourra produire de l'électricité.
Tiens donc, je dois me calmer mais aussi devenir électrique.
Il faudrait savoir ce que tu veux à la fin.
Ça gace l'eau qui continue à rencheuner.
Elle a besoin d'un peu de temps pour digérer ses informations.
Et puis, elle a encore quelques questions.
Dis-moi l'ami, pourquoi il y a un...
Un barrage et...
il fallait que ça tombe sur moi.
Ah, mais tu n'y es pas du tout.
La Suisse, c'est le pays des barrages.
Alors là, première nouvelle.
Moi je croyais que c'était le pays des montres et du chocolat.
Oui, mais si aussi, le pays des barrages.
On en a plus de 200 en Suisse si je compte tous mes copains.
C'est écrit le barrage tout joyeux.
Wow, vous êtes autant que ça.
Et tout ce sillon que toi ?
Oh, je ne suis pas le plus grand, ni le plus beau.
Laisse-moi te parler du roi des barrages en Suisse.
On l'appelle aussi le géant des Alpes.
C'est le barrage de la grande Dixance.
285 mètres de haut et tout en béton.
C'est le plus haut barrage-toit du monde.
Les gens viennent de loin pour le voir et renonner dans la région.
Un vrai champion.
En entendant ces mots, l'eau serait douce et soudain.
Ah, intéressant. Mais il fallait le dire plus tôt.
Moi j'aime bien voir des gens.
Enfin, j'aime surtout que les gens me regardent.
Oh, qu'ils m'admirent.
Je connais un autre barrage que tout le monde admire.
C'est le barrage de Marie, dans le Val d'Amivier.
Il est très impressionnant.
Avec ses eaux turquoises et son placier,
le panorama est de toute beauté.
Enfin, c'est ce que les gens répètent tout le temps.
L'eau jigote à nouveau.
Parfait, c'est très bien.
Alors, maintenant tu vas prendre exemple sur tes petits copains.
Je veux du grand, je veux du beau.
Ecoute-moi bien.
Entre toi, le barrage et moi, l'eau,
ça va être électrique.
Magnifique, fantastique.
Allez, on y va, mon petit barrage.
Faut que ça déménage.
On a de l'électricité à fabriquer.
Allez, Méliturbine, plein régime.
Je sens monter la draina ligne.
Je entends déjà les applaudissements des enfants avec leurs parents.
J'imagine la foule rassemblée
pour nous admirer et nous acclamer.
Pendant que l'eau s'agit à nouveau,
le barrage reste immobile.
Il n'a pas le droit de flancher.
Même si ses eaux commencent sérieusement,
à lui casser les pieds.
Oh, la mailloupie !
Oh non, l'histoire est déjà finie.
T'en fais pas.
Tu peux retrouver Mélit et en t'abonnant
à son podcast, les histoires de Milidae.
Mais oui, le podcast est disponible gratuitement
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Et tu sais quoi, si tu aimes les histoires de Milidae ?
Il y en a qui sont illustrés par des artistes.
Tu peux voir sur le plé de la RTS
et tu verras, c'est trop bien.
C'est trop bien.
C'est trop bien.
Alors, ça t'a plu ?
C'était Seine de ménage entre l'eau et le barrage,
écrit par Christine Pompéi.
Allez, et ciao, bisous !
Voilà, c'était l'histoire.
L'histoire de Milidae.