[INTERVIEW] Lever les tabous sur la santé mentale des jeunes, avec Léa Vigier, bipolaire et aventurière

Durée: 58m50s

Date de sortie: 24/09/2025

Enfant, Léa rêve de devenir présidente de la République, cheffe d'entreprise ou star. Mais la vie n'est pas une ligne droite... et Léa va connaitre des très très hauts jusqu'à l'euphorie et des très très bas jusqu'à la dépression. Avant de découvrir après des années de crises, sa maladie mentale : la bipolarité.


Un échange bouleversant qui évoque la santé mentale chez les jeunes que je recommande à tous les parents d'adolescent.e.s.


⚠️ Note à mes auditrices : l'histoire de Léa Vigier sera diffusée sur le podcast le samedi 27 septembre. Soyez au rendez-vous !


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Crédits : Nouvelles Héroïnes ©️ tous droits réservés.


Interview : Céline Steyer x Léa Vigier.

Enregistrement chez Studio Module dans le 19e arrondissement à Paris.

Réalisation sonore : les belles fréquences

Crédit Photo Léa Vigier : @LéaVigier


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...
Nouvelle séruine.
...
J'ai envie de de brier,
j'ai envie d'être connue,
j'ai envie qu'on m'écoute.
Nouvelle séruine.
N'est pas honte, n'est pas honte de quitter,
n'est pas honte de ce que tu vis,
n'est pas honte de tes faiblesses,
de tes vulnérabilités.
Et accepte, et en acceptant,
tu trouveras la force de mettre en place des choses
pour aller mieux
et tu transcendras toutes tes limites.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Pour moi, ces rêves vont être pour moteur,
pour accepter du coup
toutes les facettes de ta personnalité.
...
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Elle est une nouvelle héroïne
qui vient de finir le GR20 toute seule
et le Tour de France
avec 0 € en poche.
Elle s'appelle Léa Vigier.
Tu l'as peut-être vu dans la rue,
près de chez toi,
avec sa pancarte en carton.
Elle a traversé la jungle,
à vide des montagnes très, très hautes.
Elle a eu peur,
elle a eu mal,
mais elle n'a jamais vraiment arrêté de chercher.
Pas seulement un trésor caché dans la forêt.
Non.
Léa a aussi traversé une tempête.
Dans sa tête.
Et si son histoire ressemble
un tourbillon de la vie,
je suis heureuse de te la présenter
pour qu'elle t'apprenne comment
elle a appris à écouter son corps,
à se faire confiance
et à grapper
sur les plus hauts sommets
toujours avec le sourire.
Alors, respire un bon coup,
entend l'oreille
et on part à l'aventure avec Léa.
Nouvelle séruine.
Bonjour Léa, bienvenue.
Bonjour, merci.
Alors, est-ce que,
pour commencer cette interview,
tu peux me donner un mot
pour qualifier ton enfance,
ton adolescence et aujourd'hui ?
Alors, mon enfant, je vais dire sereine,
mon adolescence explosive
et aujourd'hui construction.
Dans quel environnement as-tu grandi ?
J'ai grandi dans une ville
qui s'appelle Rouaimanouison,
en banlieue parisienne.
Une enfance heureuse.
On avait un appartement
au rez-de-chaussée,
dans le centre-ville.
Donc, on était dans une petite résidence,
je pouvais facilement aller jouer
avec mes copines qui habitaient aussi
dans la résidence.
Je faisais du roller.
Je m'amusais bien.
Je créais des petits business
au sein de chez moi, dès que j'étais petite.
Par exemple, je proposais des services
et c'est une d'un très mauvais exemple
pour les personnes qui écoutent.
Mais je proposais mes services
pour 10 centimes.
Maman, est-ce que tu as envie d'un massage ?
C'est 15 centimes.
J'ai créé pas mal de poèmes
depuis petite.
Quand tu dis petite,
t'avais quel âge à ce moment-là ?
J'avais peut-être des 10 ans.
Donc, c'était déjà prémis,
prêt-ado ?
Oui.
Et puis, adolescence,
un groupe d'amis
très soudés, qui sont toujours
mes meilleures amis aujourd'hui.
On a découvert la vie ensemble.
C'était cool, c'était super.
T'avais des frères et soeurs ?
Oui, j'étais la petite dernière.
J'ai un grand frère qui a 12 ans de plus que moi.
Et une grande soeur qui a 7 ans de plus que moi.
Donc, je faisais partie d'une fratrie.
Mais j'ai plutôt vécu peut-être
une enfance de fille unique.
Parce que, comme il y avait 7 ans de différence
avec ma soeur la plus proche de moi,
et qu'elle est partie à 18 ans,
du coup, j'ai vécu beaucoup
seul avec mes parents.
Et je t'ai pas demandé les métiers
de tes parents ?
Oui.
Donc, ma maman, elle travaillait
dans la téléphonie chez SFR
en respect à produits.
Et mon papa,
il travaillait dans les services généraux
dans une grosse boîte
qui s'appelait Arcelor Mital.
Je me souviens quand j'étais petite,
je disais, mon papa,
c'est la concierge
d'une grosse boîte.
Parce que je comprenais pas le mot service généraux.
Et en fait, c'est qu'il s'occupait
que tout se passe bien dans
les meubles.
Et bien j'irais avec toutes les
entreprises de services.
Donc, ça peut être
le vénage, la plomberie, le chauffage.
Pour que tout se passe bien dans
les meubles de l'entreprise.
C'est drôle parce que, là, depuis le début,
tu parles
de ce que tu as fait,
tu écrives à des poèmes,
tu faisais déjà des petits business. Alors,
juste une petite note, c'est que Kelly Massole
a aussi fait des petits business
et elle vendait des massages
à son grand-père.
Elle a commencé comme ça quand elle est
donc tu as un gros point commun avec Kelly Massole.
Elle a commencé comme ça.
Et je crois que l'Ena situation aussi,
elle était obligée
parce que sa maman lui transmettait
une éducation financière
de vendre des petits objets
pour acheter des livres
et pour pouvoir acheter des livres
ou des bonbons etc.
Donc, il y avait déjà cette petite
âme de business. Ce qui est drôle,
c'est que tes parents n'étaient pas forcément
dans un univers entrepreneurial,
business
et tu avais cette envie de faire
du business déjà à 10 ans.
Tu penses que ça devenait d'où ?
Je sais pas, mais en tout cas,
dès que j'avais 8 ans, quand on me demandait
ce que je voulais faire, soit je disais
présidente de la République, soit chef
d'entreprise, donc des petites,
j'avais une ambition
qui était forte
et j'avais envie de faire des choses
par moi-même,
de monter des projets
quand j'avais
12 ans, je montais
des espèces de restaurants chez moi
ou je préparais tout
et avant que ma famille
aille à à table pour le restaurant, ils allaient dans ma chambre
et dans ma chambre avec mes copines
on avait fait des bracelets
etc. et on leur vendait.
Ah t'avais rien inventé que le mène en fait ?
C'est le bracelet !
Mais ouais, donc
je pense que ça m'amusait
mais c'est vrai que j'avais
personne dans ma famille qui avait fait de l'entrepreneuriat
qui avait monté de boîte
donc je pense que c'était
vraiment parce que j'avais envie
de m'occuper
peut-être un côté créatif
il y a personne qui m'a vraiment influencé
sur ça. Et t'es frère et sœur ?
Parce qu'ils étaient plus grands, peut-être qu'ils se lançaient
dans des études de commerce, non ?
Non, mais frère et sœur
mon frère il a allé dans le milieu de
l'ingénierie, ingénierie médicale
et ma sœur
médecin, enfin elle était
elle était dans les urgences
donc vraiment
Et rien à voir. Et en plus on est dans
les années 90, début 2000
donc il n'y a pas encore de modèles, on n'est pas
encore les réseaux sociaux, enfin t'as pas vraiment
de modèles qui s'appliquent à toi
et ce qui est aussi très drôle c'est que
je t'ai demandé effectivement de me parler
de ton enfance mais t'as pas encore prononcé
le mot «école » du coup t'avais quel rapport
avec l'école ? Donc j'avais des bonnes notes
à l'école, ça je pense que c'était
lié au fait que j'avais un grand frère
et une grande sœur qui avait bien
réussi, qui avait fait des belles études
et donc
j'avais envie d'être à la hauteur
Vous vous mettez à une pression ?
Très grosse pression
Et d'autant plus que j'étais la petite
mais de
beaucoup d'années donc
j'avais un peu ce sentiment
je pense d'être invisible, d'être
le petit bout qui n'a rien à dire
parce que
les autres sont vraiment grands et qu'ils ont
fait tellement de choses dans leur vie
et donc je pense que de là est né
un besoin
de reconnaissance
et d'essayer de se démarquer
Je vois aussi des parents qui donc
étaient un peu plus âgés que la normale
et en plus qui de base étaient des personnes
très détendues, tranquilles
et donc
qui réagissaient pas quand je ramenais
des bonnes notes ou quoi que soit
des termes de « ah ok »
et donc j'ai eu
cette chose en moi de vouloir
à chaque fois montrer que
« hey regarde, je suis première de classe »
etc.
et ce besoin de reconnaissance il est
resté en moi très ancré
et je pense qu'il est toujours en moi
Et donc en fait tes parents réagissaient pas ?
Non, alors quand j'en parle
à ma mère, elle me dit « mais si on était
fiers de toi, on ne sait pas
parce que tu avais des bonnes notes qu'on allait être fiers de toi
et c'est vrai que c'est une question
qu'on se pose
de se dire « bah c'est vrai que le vrai
amour ne doit pas être
lié au fait de ramener des bonnes notes
et en même temps, quand toi
tu te
bâtes pour travailler, être très
bon à l'école et que tu ramènes des bonnes notes
et que tes parents réagissent pas
spécialement
bah t'es frustrée
Et donc tu continues ? Il faut encore que je continue
Il faut que je me démarque
il faut que je me démarque
donc j'ai fait des
grosses études
et j'ai essayé à chaque fois
de faire plus, de faire plus
Donc c'est besoin de reconnaissance
de
l'enfance
et la phase d'adolescence
parce que j'aime bien poser cette question
comment toi tu te percevais
et comment les autres te percevaient
Dernièrement, j'ai des amis
de l'ICSE qui m'ont dit
que dès le
collège et l'ICSE
ça se voyait que j'avais envie
de percer
d'être une star
et c'est vrai que j'avais
un groupe d'amis
on va dire que j'étais plutôt lideuse
sur ce groupe d'amis
que j'organisais plein de soirées
des vacances
Donc voilà
Moi de mon côté, comment je me percevais
je pense que j'avais énormément de mal
à gérer mes émotions
je vivais beaucoup
de montagnes rues
je vivais les choses très intensément
Comment ça se vivait
Dans mes souvenirs, il y avait
plusieurs choses
il y avait un, du coup je pouvais souvent
m'engueuler fortement
avec mes amis
et voilà que ça a pu
ça a pu se crier
que je pleure
donc il y avait ça
et puis il y avait aussi
de l'alcool
en excès
des 14 ans
à partir de 14 ans
on sortait tous les vendredis et samedi soir
et on buvait beaucoup
d'alcool
j'ai eu ce même groupe de potes
pendant la suite
donc fin du collège et l'ICSE
et on comptait même plus le nombre
de blackout
donc blackout c'est quand tu te souviens pas
de la fin de soirée ou de coma
mes parents s'en sont pas rendus compte
et ne m'ont pas expliqué
les dangers
de l'alcool
et de l'alcool en excès
et j'ai été une génération
qui est peut-être tu vois
aujourd'hui c'est peut-être
une génération peut-être plus autour peut-être de la drogue
moi c'était, ma génération c'était
il n'y avait pas de drogue
quelques personnes qui fumaient de la marie reine
il n'y avait pas d'autres drogues
en revanche on était beaucoup dans l'alcool avec s'est
personne n'avait été sensibilisé
aux impacts
de l'alcool dans l'excès
parce qu'en fait
quand tu bois beaucoup d'alcool
c'est important que les gens comprennent
l'alcool c'est quand même une drogue
donc c'est quelque chose
tu finis partie habituée et tu as envie d'en prendre tout le temps
mais l'alcool en excès pour qu'on va faire un blackout
il y a quelque chose qui se passe dans le cerveau
et ça vient complètement
en fait griller nos circuits neurones. Et par exemple, pour moi, ça a été un des
facteurs qui a déclenché ma maladie mentale. Donc l'alcool en excès, c'est très dangereux.
Et malheureusement, il y a une banalisation de l'alcool. L'alcool, c'est cool. L'alcool,
c'est sociable. L'alcool, ça me permet d'être plus à l'aise pour aller parler avec les
autres. L'alcool, ça me permet d'être plus cool pour aller draguer quelqu'un. Il y a
un décinibre. Ça te désinhibe. Ça te permet d'être plus fou-fou. Et donc, t'en oublies le
fait que c'est dangereux et que ça peut t'impacter dans ta vie très fortement. Et donc, c'est pour
ça que je suis disais une adolescence quand même explosive. Est-ce que je buvais quand même beaucoup
en excès et que ça amenait à des clashes quand même dans ma vie ? Ça amenait des émotions très
fortes et ça amenait progressivement au fil des années à commencer quand même à vivre un petit peu
des web à fort. Alors, c'était pas, on va dire, c'était assez fort, mais c'était pas un point où
c'était handicapant dans ma vie tous les jours parce qu'au lycée, j'avais toujours des très bonnes notes.
Et après, je suis allée dans une université qui s'appelle Dauphine, qui est une université sélective.
Oui, qui est très prestigieuse.
Moi, je crois que j'ai eu 17 et demi à mon bac. J'étais très bonne.
Tu as fait un bac S ?
J'ai fait un bac S. Et après, je suis allée à Dauphine et j'étais ma genre de promo.
Donc voilà, et jusqu'au moment où j'ai déclenché même à l'adimental à 23, 24 ans. Et là, pour le
coup, il y a eu un vrai impact sur ma vie tous les jours, que ce soit mes études, etc.
Mais donc premier petit point quand même, quand je vois mon adolescence, pas sensibilisé à l'alcool,
aux excès, pas sensibilisé non plus aux relations avec les hommes, aux consentements, etc.
Donc j'ai vécu des choses un petit peu dures. Donc le mot un peu explosif.
Et tes frères et soeurs à ce moment-là, ils sont loin de la maison.
Donc en fait, ils sont pas ce rôle de chaperon parce que eux, ils sont passés par là ?
Ouais, ils sont pas là.
Ils sont pas là ?
Ouais, ils sont pas là. Ma soeur est partie à 18 ans, sur ses études de médecine.
Mon frère est partie à 18 ans, vu qu'il y a 12 ans de plus que moi. Donc non, ils sont pas là.
Et ton rapport avec le corps ? Parce qu'on a une audience beaucoup d'adolescentes.
Quel était ton rapport avec le corps ?
Ce qui est marrant. Et ça c'est quelque chose, je pense, c'est important à dire aux personnes
adolescentes, etc. Quand tu es, je me souviens quand j'étais ado et tout.
Je me trouvais vraiment moche, vu que j'avais des très bonnes notes et que j'étais un peu
le leader de mon groupe. Ils disaient, les garçons, ils s'intéressent à moi parce que je suis
là l'intelligence du groupe. Je suis dans Totalispice Sam.
D'accord, je sais pas la génération de Totalispice.
Mais dans Totalispice, elle est son trois. Il y a la blonde super belle, il y a l'intelligence.
Je me disais, voilà, j'ai ça, mais je suis pas jolie parce que aussi j'avais une de mes
meilleures amies qui était un peu la plus belle de la ville. Et c'est vraiment parce que
maintenant, quand je regarde les photos, je suis en train de me faire du super mignon.
Et c'est fou comment t'as une vision de toi qui est complètement erronée et que après,
quand tu grandis et que tu regardes des photos, tu te souviens même, à ce moment-là, je me trouvais
grosse, mais tu ne te fais pas du tout grosse. C'est fou quoi.
Donc, ouais, non, j'avais une vision. J'avais ce truc, je pense, qui était très vieil.
J'avais une de mes meilleures amies où tous les hommes, ce garçon était là.
On m'a dit, waouh, waouh, waouh. Et donc moi, je me mettais vraiment en seconde plan.
Et c'est ça aussi qui est venu nourrir cette rage et volonté de reconnaissance et de bris.
La plus petite, après, il y a eu, tu vois, celle dans l'ombre.
La petite dernière.
Ouais, la petite dernière, mais avec beaucoup d'années et différences.
Ensuite, il y a eu, ben, celle dans l'ombre, tu vois, de celle qui est souriante, belle et tout.
Et donc ça, je pense que ça s'est venu faire construire en moi ce côté de...
Qu'est-ce que j'ai envie de briller, j'ai envie d'être reconnu, j'ai envie qu'on m'écoute.
Tout l'envie et le rêve de devenir présidente de la République française.
Ouais.
Ou une business woman, une...
Tu disais une entreprenuse à succès.
C'est ça.
T'as abandonné présidente de la République à un moment donné.
Au lycée, j'ai fait, pendant mes études, j'ai fait une...
Enfin, au lycée, j'ai fait une prépa Sciences Po pour me préparer à devenir présidente.
Et ça ne m'a t'ché pas trop.
Je lui fais très mal le stress.
C'est ça, en fait, j'ai réussi à trouver une manière de travailler qui était bien à moi.
Donc j'avais tout mon process.
Je me fermais dans ma chambre.
Je regardais mes cours, je l'ai stabilité de plein de couleurs différentes.
Ensuite, je prenais des fiches.
Ensuite, je réécrivais avec du visuel.
Après, je prenais mes trucs.
Je chantais mes notes.
Je les chantais.
Et après, c'est bon.
Lors de main, je me suis venu de tout parfaitement.
Et ensuite, quand j'arrivais au moment de mes évaluations,
j'avais toujours au même endroit, la même table.
J'avais un petit rituel où je buvais soit un verre d'eau, soit je prenais un coca.
Je m'en fermais et je usais mon examen.
Et j'avais des excellentes notes.
Mais si, par malheur, il y avait quelque chose d'autre.
Je parais un prof stressant, des choses stressantes.
Ou par exemple, j'avais dû passer des épreuves pour un truc qui s'appelle le gemat.
Je l'ai voulu aller sec après d'aujourd'hui.
Moi qui avait toujours été première de classe, j'ai dû le repasser 3 ou 4 fois.
Et ça m'a coûté très cher.
En plus, c'était très cher.
Vous payez avec mon argent.
Je dis, c'était quoi ?
C'était Anglais et maths.
Et en fait, sur l'écran, il y avait un décompte du temps.
Et ça, je pouvais voir le décompte du temps qui passait.
C'est, je me souvenais plus de rien.
Je partais de la salle en courant et je pleurais et tout.
Donc, en fait, je ne supportais pas du tout le stress.
Un élément déclencheur peut tout bouleverser.
En fait, c'est le grain de sable.
Et du coup, je n'arrivais pas à comprendre parce que, soit,
du coup, dans ces moments-là, j'avais l'impression
d'être la personne la plus stupide qui existait sur cette terre.
Et voilà, je devais partir en courant ou alors je faisais n'importe quoi.
Et j'avais deux.
Soit, quand je suivais bien mon process, ma méthode, j'avais 20.
Et ça, je me souviens des petits,
je comprends pas.
Je suis très entièrement conépente, débile.
Et maintenant, je le comprends.
Maintenant, je comprends que c'est juste que chacun est différent.
Moi, j'ai une sensibilité qui est très forte.
Je ne supporte pas le stress.
Quand on me met du stress, ça m'immobilise plutôt que ça me stimulise.
Voilà Galvanise.
Et du coup, j'ai besoin aussi de suivre mes process à moi,
qui sont différents des autres pour apprendre.
Et voilà, et j'ai trouvé ma manière d'apprendre.
Et c'est là où j'ai de la chance, je pense,
c'est que dès jeune, j'ai réussi à trouver ma manière à moi pour apprendre
et pour bien réussir et que ça marchait bien.
Donc, du coup, j'ai la prépasse en ce pot trop stressante.
Du coup, je n'ai pas voulu aller en prépan non plus de commerce
parce que j'avais peur du stress et je me disais, je vais perdre tous mes moyens.
Et donc, je suis allée à Dauphine.
Donc l'université.
Oui, l'université.
Beaucoup moins stressant.
Et j'ai très bien réussi parce que je suivais mes petits process et tout.
Et donc, à ce moment-là, de Dauphine,
j'allais du coup sur le chemin plutôt de chers entreprises.
Au tout début, vu que j'étais très forte,
on te pousse toujours vers la meilleure filière quand t'es très forte.
Peut-être pas la filière que tu voulais faire,
mais la meilleure.
« M'attends, t'es première dans ce groupe et il faut que tu ailles dans ça.
C'est génial.
Donc moi, je suis allée dans la finance.
C'est la meilleure filière.
Je suis à Dauphine, c'est la finance.
Donc, je suis allée en finance.
Je fais mon master finance.
Je suis allée faire des stages.
Et puis en faisant mes stages,
donc où j'ai un fonds d'investissement,
je me suis rendu compte que bon,
je voulais aller dans le milieu entrepreneuriat.
Et monter des boîtes.
Et donc, je suis allée à Laissez-C, en école de commerce.
Et après, à cette école de commerce,
je me suis lancée dans le milieu entrepreneuriat.
Est-ce que tu peux juste expliquer ton métier ?
Qu'est-ce que tu fais concrètement dans un fonds d'investissement
pour les jeunes qui nous écoutent ?
Oui, oui, oui.
En fonds d'investissement,
donc, qu'est-ce qu'on fait ?
C'est qu'on va chercher des entreprises
dans lesquelles on croit
et on pense qu'elles vont bien marcher.
Et on se dit,
« Ok, je leur donne de l'argent
contre le fait d'avoir quelque part de l'entreprise.
Donc, imaginons, je leur donne de l'argent.
J'ai un quart de l'entreprise.
Et en fait, tu paris sur le fait
que l'entreprise va devenir beaucoup plus grosse
et que du coup, ton quart va valoir beaucoup plus
que l'argent que tu as investi.
Donc, c'est-à-dire que si tu as mis 10 euros,
toi, tu envisages d'avoir 20 euros après,
donc tu as un retour sur ton investissement.
Exactement.
En schématisant.
Non mais c'est exactement ça.
Ok.
Est-ce que tu t'épanouissais dans cette voie ?
Parce qu'on t'a un peu forcé, on t'a dit,
« Bon, ben, t'es la meilleure, tu vas en finance.
C'est généralement, je me souviens, en école de commerce.
C'est toi qui faisais finance, c'est ceux qui voulaient devenir riches.
Oui.
Est-ce que toi, c'était parce que tu voulais devenir une star ?
Est-ce que tu avais…
Tu t'épanouissais dans ce milieu ?
Il y avait des choses que j'aimais bien,
parce que j'aime bien les chiffres et…
Et j'aime bien…
Je pense que ça me rassure aussi d'être posée face à des chiffres.
Il t'a un côté très méthodique,
parce que depuis le début, tu dis que t'avais cette méthode,
et c'est vrai que la finance,
c'est…
Enfin, t'es devant ton tableur Excel,
et tu manipules des chiffres,
donc il y a un côté très méthodique.
Oui.
Alors en fait, j'ai un côté très méthodique,
et puis ce côté méthodique a quand même été un peu explosé
avec l'arrivée de ma maladie mentale.
Tu parles depuis le début de ta maladie mentale.
Moi, j'aimerais savoir comment tu prends le chemin,
enfin, je veux dire parce que t'es partie en Afrique.
Oui.
Et donc comment tu l'as su qu'elle a été le déclic
qui t'a fait comprendre qu'il y a quelque chose
qu'il faut que je regarde de plus près que je te souhaite.
Alors ça a mis du temps,
c'est-à-dire que là, je suis dit qu'il y a eu l'arrivée de ma maladie mentale,
mais à ce moment-là, je savais pas qu'il y avait eu cette arrivée de ma maladie mentale
en revanche quand j'ai fait mes stages en fond de l'arrivée.
Le deuxième stage, mon maître de stage m'a invité au resto à la fin du stage.
Et il m'a dit, écoute Léa, t'es brillante, t'as fait un super stage.
Mais tu penses qu'ici, il y a combien de personnes qui vont voir un psy ?
Je ne sais pas, peut-être une.
Et il me dit non, il y a plus de la moitié des gens dans ce resto qui vont voir un psy.
C'est pas du tout grave d'aller voir un psy.
Quand tu dis psy, c'est psychologue ou psychiatre ?
Si tu vois en général, et il me dit, Léa, tu fais des gros os et des gros bas.
Tu devrais aller voir quelqu'un.
Et moi, je n'ai pas pris au sérieux, je suis allé voir personne, etc.
Mais en fait, il a exactement défini au final ce qui m'arrivait.
C'est-à-dire que j'ai été en train de développer un trouble,
le psy chier qui s'appelle la bipolarité, qui consiste à avoir deux grosses phases
sur plusieurs mois, une phase haute d'exaltation, d'énergie débordante,
d'ambitions énormes, des goûts très développés.
Dix phases, j'ai envie d'être présidente de la République et t'es leur suif.
Ouais, en six mois.
Tu vois, il y a encore un côté, parce qu'au final, il n'y a pas de problème.
Alors d'ambition, enfin je veux dire, c'est temps de devenir président de la République.
Mais que t'as conscience que ça va te prendre 30 années de ta vie,
j'ai envie de te dire, OK, bravo.
Mais par contre, je vais devenir starant.
Si moi, là, tu déconnes un peu quoi.
Et l'autre phase, qui est donc phase basse, dépressive,
où là, c'est tout l'inverse, plus aucune énergie,
ton cerveau qui marche plus, très difficile d'aller au bout d'une idée.
Il y a là un égo qui est très bas,
où tu as l'impression vraiment d'être nul en tout, de ne servir à rien
et que la vie ne serve à rien.
Et donc en fait, ça, je l'ai développé,
mais je m'en suis rendue compte que beaucoup plus tard.
T'avais quel âge ?
Donc ça, je l'ai développé à la...
Enfin, ça s'est vraiment déclenché de manière assez forte à l'âge de 23, 24 ans.
J'ai eu un... On a eu des soupçons à l'âge de 28 ans
et j'étais diagnostiquée à l'âge de 30 ans.
Et aujourd'hui, t'as 32 ?
Et aujourd'hui, j'ai 32.
Et ça, quand même, fait pas mal d'épendre donc ma vie et mes choix, je pense.
Parce que, du coup, quand t'es comme ça, c'est vrai que le côté finance et tout
peut te paraître un peu chiant.
Et donc c'est pour ça que, après la finance,
je suis allée en école de commerce.
Et puis après, j'ai voulu aller dans le milieu entrepreneurial.
Parce que, voilà, l'exaltation, l'exaltation, l'ambition et tout.
Et donc, je suis directement parti en Afrique, en Côte d'Ivoire,
où en fait, j'ai monté une assez grosse boîte pour quelqu'un.
Donc ce monsieur me payait pour que je monte sa boîte.
J'ai commencé par une énorme phase d'exaltation, comme je suis allé raconter.
Donc tout allait pour le mieux.
Et j'allais très vite.
Et le but, c'était de monter une marque de co-working.
Donc en fait, tu as des immeubles qui vont être construits ou à l'intérieur,
tu vas mettre des endroits pour acquérir les startups, des endroits pour
acquérir les plus grosses boîtes, des endroits pour faire des événements, etc.
Et en fait, il n'y avait pas trop ça en Afrique à ce moment-là.
Alors que, dans les pays européens, il y en avait plein.
Et le but, c'était de monter ça.
Ça s'appelait, et ça s'appelle toujours Africa Works.
Et j'ai commencé par des mois comme ça.
Et puis au bout de quelques mois, je suis tombé dans l'autre phase.
Et à ce moment-là, je suis allé voir un psychiatre.
Et j'ai eu pour la première fois un diagnostic de dépression.
Parce que pour bien expliquer aux personnes qui écoutent,
la dépression, donc, t'as ce diagnostic là de la part.
Moi, dans mon cas d'un psychiatre, un psychiatre, c'est le médecin des troubles mentaux.
Et en fait, la dépression, c'est une maladie.
C'est pas un état comme une déprime.
C'est-à-dire que vraiment, ça a besoin d'attaquer ton cerveau.
Et donc, ton cerveau, il va y avoir des connexions neuronales
qui n'existeront plus pendant ta dépression.
Et qui feront que tes pensées ne arrivent pas à aller au bout d'une idée.
Et donc, elles vont se répéter, se répéter, se répéter.
Ce qu'on appelle un peu les rominations.
C'est le fait d'avoir toujours ces idées tristes, mauvaises, etc.
Et ça va venir derrière aussi attaquer ton corps ou ton corps,
du coup, ne va plus avoir d'énergie, plus le foule.
Et donc, tu n'auras plus à te lever le matin.
C'est très compliqué. Tout est dur.
Et c'est ça qui est très important à comprendre.
C'est une maladie. C'est chimique.
C'est la raison pour laquelle, quand tu as une dépression,
le médecin va te proposer des médicaments.
Et c'est pas grave de prendre des médicaments.
Les médicaments, ils sont là pour venir dire à ton cerveau,
« Hello, je vais t'aider à ressecréter »
Ce qu'on appelle des neurotransmetteurs, c'est la serotonine.
« Je vais t'aider à ressecréter ces neurotransmetteurs,
qui sont là pour recréer les connexions neuronales. »
Et ça, je pense que c'est quelque chose qui est important à comprendre.
Parce que, par exemple, moi, ma famille, ma mère, mon père,
ne connaissaient pas du tout ce milieu-là, la dépression et le stint.
Donc, ils connaissaient mal.
Et donc, quand ils ont rendu le mot « médicament »,
« Panique totale », non, non, ma fille peut pas prendre des médicaments.
Alors que c'est pas spécigraph, je veux dire, si tu as une maladie,
la grippe ou si tu prends des médicaments.
Et donc, c'est à ce moment-là, j'ai fait ma première dépression.
Mais je pensais être dépressive,
puisqu'après, on est suivi chaque année où je faisais une dépression.
Et à ce moment-là, on pensait que j'étais juste dépressive.
Et pas bipolar.
Et la bipolarité, on a commencé à la suspecter au bout de plusieurs années.
On se rendant compte que je faisais pas seulement des bas,
mais que avant mes bas, j'étais souvent très, très haut.
Et donc, à partir du moment où tu es…
Ça alterne entre des très gros hauts et des très grands bas.
Et voilà, on parle de bipolarité.
– Est-ce que c'est génétique ? – Oui.
Alors, c'est en grande partie génétique.
Et puis après, tu vas voir des facteurs déclenchants.
Donc moi, dans mon cas, j'ai creusé.
Et en effet, je me suis rendu compte que dans la famille de mon père et de ma mère,
il y avait des personnes qui avaient fait des dépressions,
qui étaient allées à l'hôpital, etc.
Mais on n'en parlait pas du tout, donc j'ai dû creuser.
– Et c'était de dépression, c'était pas bipolarité ?
– Non.
En creusant, je me suis rendu compte sûrement que ma tente était bipolar,
mais il n'avait pas été diagnostiquée.
Mais en tout cas, du côté de mes grands-parents, c'était des dépressions.
Donc c'est des choses qui m'ont été rétitaires.
Et puis après, il y a des choses à éviter.
Quand, parce qu'en fait, c'est une maladie qui va se déclencher au niveau de l'adolescence
et début de vie adulte.
Donc on va dire de 15 à 25 ans.
Donc c'est sur ces années-là où il faut vraiment faire attention.
– Donc en fait, c'est l'attent, c'est-à-dire que c'est dormant.
– Ouais. Et que ça peut se déclencher sur ces années-là.
– Et qu'est-ce qu'il va les déclencher ? Un choc émotionnel ?
– Ça peut être un choc émotionnel ou ça peut être de la prise de substance,
fumer de la marijuana, prendre de la drogue dure ou pouvoir de l'alcool en excès.
Comme je l'ai raconté au début, l'alcool en excès a un impact sur le cerveau.
En fait, toute chose qui va pouvoir avoir un impact sur le cerveau va venir déclencher,
– Réveiller. – Réveiller des troubles psychiques que tu as avoir.
– Et donc comment en fait, petit à petit, tu intègres ces nouvelles,
cette maladie dans ta vie ?
Parce que tu es en Afrique, tu as quitté l'Afrique à ce moment-là,
tu es nouveau en France, comment fait-ce se déroule tes journées ?
– J'ai mis longtemps à comprendre l'importance de cette maladie.
– Tu étais dans le déni ? – Je t'étais dans le déni.
– Ouais. – Et j'étais dans le déni longtemps.
C'est la raison pour laquelle aujourd'hui j'essaye de me battre pour aider les gens à ne pas être dans le déni.
On va dire que ma grande bataille aujourd'hui, elle est de dire n'ayez pas honte,
parce qu'au final le déni est vraiment très lié à de la honte.
N'ayez pas honte, c'est pas de votre faute.
Mais par contre, c'est de votre responsabilité d'accepter que vous avez ces fragilités, ces troubles,
et c'est de votre responsabilité de mettre en place des choses dans votre vie pour aller mieux.
Et moi, j'avais honte, j'ai fermé les yeux pendant très longtemps,
après ça n'a pas été aidé par mon psychiatre,
puisque mon psychiatre ne connaissait pas bien la bipolarité et ne me l'a pas diagnostiqué,
parce que mon entourage ne connaissait pas cette maladie, etc.
et donc ne pouvait pas se rendre compte de ce que c'était,
puisque vu que les gens ont beaucoup de stigmates vis-à-vis des maladies mentales,
ils s'imaginent que quelqu'un qui est bipolar, ça ne peut être que quelqu'un qui est complètement fou.
Ils ne peuvent pas imaginer que c'est leurs frères, leurs sœurs, leurs cousins,
qu'ils adorent, qu'ils n'aiment plus que tout.
Donc du coup, ça va être très difficile pour les proches de s'en rendre compte.
Donc j'ai fermé les yeux pendant longtemps,
et c'est le jour où j'ai été bien diagnostiquée,
que j'ai vraiment ouvert les yeux, que ma vie a commencé à changer,
et que je suis passée dans la phase de construction.
– Oui, parce que tu as accepté tes maladies. – Oui, ça change tout.
Vraiment, il y a un avant et un après de quand tu acceptes.
– Dites-moi ce que je dis, c'est que quand on aime inconditionnellement quelqu'un de notre entourage,
on l'aime dans toutes ces facettes.
Ces facettes positives, ces facettes négatives, on fait tout, on aime tout chez lui.
Malheureusement, on ne nous a pas éduqués à nous aimer de la même façon.
On n'a pas du tout éduqué à ouvrir les yeux, à regarder toutes nos facettes et à les aimer.
Et donc les facettes qui vont être négatives, on préfère fermer les yeux, pas les voir,
parce que sinon on se déteste.
Et je pense que c'est un peu ça le problème.
Si tu ouvres les yeux, voilà, cette maladie, j'ai ce trouble-là, etc.
Et je l'accepte, je l'ai.
Et maintenant, je vais apprendre à vivre avec, je vais apprendre à comprendre comment je marche.
Au final, c'est comme ça qu'on avance.
Et moi pendant très longtemps, je n'ai pas voulu l'accepter parce que je me disais,
si j'ai ça, je me déteste, personne ne voudra de moi, etc.
Et quand je l'ai accepté, ça m'a redonné le pouvoir.
Et redonner le pouvoir, ça veut dire que tu te dis, OK, maintenant, qu'est-ce que je vais faire avec ça ?
Et j'ai commencé à mettre en place plein de choses dans ma vie pour pouvoir vivre avec ça.
– J'ai du question parce que ça veut dire que tu te lèves un matin et tu dis, OK, j'accepte ?
– Pas du tout.
Non, pas du tout.
Je ne me lève pas du tout un matin et je me dis j'accepte.
C'est des années où je vis des dépressions à répétition très très difficiles,
qui s'accentuent au fur et à mesure des années,
donc de plus en plus suicidaires avec des pensées très noires et une vraie bataille pour ne pas me tuer.
Donc vraiment, un moment de râlebole total au bout de plusieurs années où j'ai vécu plein de dépressions,
un changement du coup de psychiatre.
Et donc la lecture de livre sur la bipolarité et de BD qui m'ont permis de me rendre compte
que en fait, c'est pas des fous qui sont bipolar, c'est la personne que tu vas croiser dans la rue,
– C'est le présentateur radio.
– Voilà, le présentateur radio, cette comédienne, etc.
Et toutes ces choses-là qui m'ont amené à faire mon petit bout de chemin.
Et où je me suis dit maintenant, j'ai juste envie de savoir qu'est-ce que j'ai,
arrêter de culpabiliser sur le fait de vivre ça,
et ensuite comprendre comment on peut faire,
quelles sont les traitements, quel est l'accompagnement que je peux avoir,
et quelles sont les choses que je peux mettre en place dans ma vie pour pouvoir mieux vivre avec ça.
Mais le gros point que j'ai mis autant de temps, c'est vraiment le mot honte.
En fait, ça me paraissait tellement la pire chose qui puisse arriver que d'être bipolar, vraiment.
Quand j'ai entendu pour la première fois ce mot-là, mais je me suis effondré par terre,
je prie tout ce qui existe dans ma vie de ne pas être bipolar.
Donc c'est ce mot-là, et à partir du moment où je l'ai enlevée,
maintenant je pense que je l'ai bien enlevée,
puisque je me baladais avec une porte-cartes subipolaires, tu m'invites,
c'est ça qui a changé ma vie.
– Comment, parce que là on me parle de toi,
mais comment en fait on peut accompagner un enfant,
un adolescent, un adulte, un de ses proches dans cette maladie ?
Quel est le comportement à voir, et c'est même plus large par rapport vis-à-vis de la personne dépressive ?
– Premièrement, je vais te dire vis-à-vis de la bipolarité.
En fait, le proche peut aider la personne à avoir du recul sur elle.
En fait, ce qui est très difficile dans la bipolarité, c'est que tu n'arrives pas à avoir du recul
et à te rendre compte que tes phases sont très fortes, et d'autant plus tes phases hautes.
En fait, tu n'arrives pas à te rendre compte que c'est pas normal d'avoir si peu envie de dormir,
d'avoir cette ambition, etc.
Moi, ma mère me disait tout le temps, non, mais lier à calme toi, etc.
Je t'ai amené de toi toute ma mère, tu crois pas en moi.
Puisque je suis petite, moi je veux devenir présidente, je sais que je vais y arriver,
toi tu crois pas en moi.
En fait, ce qu'on fait, du coup, dans ces situations-là, c'est qu'on coupe avec notre entourage.
Tout est là, ils ne me comprennent pas, etc.
Donc quand tu es un proche, ce qui est important, c'est d'aider ton enfant, etc.
à juste prendre un peu de recul sur comment il est et réussir un peu à comprendre
qu'est-ce qui peut venir déclencher un peu tes phases hautes, commenter,
peut-être que tu parles un peu plus vite,
peut-être que tu commences à le lancer dans quatre prochains même temps, etc.
Ça, les proches ont une vision beaucoup plus complète que la personne qui le vit.
Ensuite, l'autre chose, ça peut être pour travailler sur ça,
par exemple, de regarder des contenus sur la bipolarité.
Par exemple, on peut aller sur ma chaîne YouTube où j'ai fait des contenus dessus,
mais on peut acheter une BD qui s'appelle Goupilouface,
qui est une super BD qui raconte l'histoire d'une jeune fille qui est bipolar.
Et en fait, tu te rends compte que c'est une fille comme tout le monde.
Et en fait, tu arrives à te rendre compte au final, vraiment, de ce qu'on vit.
Donc en tant que proche, j'ai visé la bipolarité, elle est vraiment de rester main dans la main
et d'empêcher la personne de nous mettre de côté parce qu'il ne te comprend pas et tout,
et de l'aider à prendre un peu de rupture et à dire, regarde, là,
tu sais, par exemple, faire des dépenses comme ça, c'est pas spécialement normal.
Des choses comme ça.
Vis à y de la dépression, c'est la chose la plus simple mais qui est essentielle.
Comme je te disais, j'ai fait beaucoup de dépression, des dépressions très suicidaires.
Moi, le nombre de jours où la pensée dans ma tête était...
J'aimerais tellement finir, j'aimerais tellement finir.
Je l'avais tout le temps et la seule raison pour laquelle je ne l'ai pas fait,
c'est parce que mon entourage était présent et que je savais qu'il m'émait,
je voulais pas leur faire ça.
Et en fait, c'est pour ça qu'on dit rester présent.
Te t'emmerde, tu peux pas faire grand-chose, si tu es une maladie,
tu ne pourras pas lui enlever cette maladie.
Mais par contre, si t'es là, si t'es présent.
Il faut être présent physiquement.
Non, ça peut être au téléphone.
Tu vois, même si t'es pas présent physiquement, juste d'appeler,
en fait, tu donnes une raison à la personne de se battre.
En fait, elle ne se battra pas pour elle-même.
Moi, me finir, c'était la plus grande libération que je pouvais m'offrir.
C'était le plus grand cadeau que je pouvais me faire.
C'était dire que j'avais plein de moments où je ferme les yeux
et j'imaginais que j'en finissais et je me sensais enfin apaisé.
Tu vois, je me disais, ça va être ma solution pour arrêter de souffrir.
C'est ça, c'est ça que les gens ont du mal à comprendre.
Une dépression, c'est une souffrance continue.
Et donc, vouloir en finir, c'est pas quelque chose de triste pour nous.
C'est pas quelque chose de, tu vois, d'horreur.
C'est plutôt le paradis pour nous.
Donc, il faut qu'il y ait une raison au fait de se battre.
La raison que tu as de se battre,
elle est de ne pas faire de mal à des personnes que tu aimes.
Donc, c'est pour ça qu'on dit, soit juste présent.
Et donc, si t'es pas là, voilà, dans le physique...
Pas grave, juste d'envoyer des petits messages.
Envoyer des petits messages.
Les photos unfiquentes.
Juste ça, juste ça.
Et moi, c'est ça qui m'a amené à tout le temps me battre.
Et à me dire, fait, je peux pas leur faire ça.
Par contre, tu ne me pourras jamais sauver.
Ouais, il y a deux choses.
Un, c'est une maladie.
C'est un qui est ce qui a réussi à enlever le diabète à quelqu'un comme ça.
Et tu peux te sauver que toi-même, en fait.
Voilà.
Et le deuxième, je pense, c'est une phrase, moi, qui a été très importante dans ma vie.
Sauver quelqu'un, c'est lui voler sa victoire.
Et ça, je pense que c'est une phrase que tout le monde devrait regarder.
Hyper fort.
Parce que tu peux réussir à tout donner.
Et à dire, je réussis à le faire sans ça, il retombra après.
Parce que c'est pas lui qui a réussi à s'en sortir par lui-même.
Donc, il n'a pas développé les outils pour réussir à s'en sortir par lui-même.
Donc, il retombra.
C'est, il y a plein de fois, et moi, la première,
d'un vie de tout donner, tel ou en mode, allez, vas-y, viens, sort.
Viens, on va faire ça.
Vient un truc et tu te dis, ouais, je vais réussir et tout à la sauver.
Et moi, j'ai, par exemple,
une de mes meilleurs amis qui pouvait faire ça.
Et du coup, ça m'a limite développé une dépendance où j'étais là.
En fait, je peux être bien que quand tu es là.
Mais c'est horrible, tu vois.
Et du coup, j'avais pas appris à sortir de mes moments durs, seuls.
Et donc, en fait, ça marche pas.
Donc, c'est vraiment un point.
C'est pour ça, vraiment, ne ne culpabilisez pas de pas sauver la personne.
Et c'est à dire, vous ne pouvez pas, par contre,
montrer l'amour que vous avez pour elle et la présence.
Et ça lui donnera une raison de se battre. C'est tout.
Alors, tu es aussi au micro du podcast Nouvelle-Zeroine,
parce que tu es une grande aventurière.
Comment tu en es venue à être cette exploratrice, cette aventurière ?
Comment tu as eu envie ?
Parce que là, tu viens de nous expliquer, effectivement,
ce côté d'exaltation.
Donc, on peut se dire que, bien, gravir un des plus hauts sommets du monde.
Tu as cette envie de te surpasser, d'exaltation,
d'être tout en haut,
donc, il y a un côté un peu présidente de la République et c'est ça.
Comment, en fait, tu l'as mis en place dans ta vie ?
Comment c'est venu ?
Je pense que ça a été tout un cheminement.
Et surtout, comment tu gères ta maladie quand tu pars à l'aventure
et quand tu es sur les routes.

Donc, quand je racontais,
on est une personne avec plein de facettes et que je te disais,
j'ai accepté la facette bipolarité.
Je l'ai accepté.
En revanche, elle ne me définit pas.
C'est-à-dire que je ne suis pas juste bipolar,
je suis aussi plein d'autres choses.
Et ça, c'est un point qui est important.
Les gens vont se dire, ah oui, c'est normal, elle est bipolar.
Du coup, elle veut faire des aventures, se mettre en danger, etc.
Ce n'est rien à voir.
Ce côté aventuré, je l'ai depuis petite.
C'est quelque chose que j'ai complètement à côté de la bipolarité.
Et plutôt, je vais même vous raconter que c'était plutôt un challenge
pour moi de réussir à faire avec ma bipolarité et les aventures.
Mais j'ai ce côté aventure depuis que je suis jeune,
où je pars toute seule, marcher dans la montagne,
où aller me balader dans des pays toute seule,
en m'invitant chez les gens, etc.
C'est quelque chose pour moi qui me fait un bien fou.
Ça m'a air d'esprit.
J'aime être dans la nature, je me sens bien.
La montagne me fait énormément de bien.
Vu que j'ai vécu pas mal de dépression.
La montagne, je trouve que c'est un peu l'inverse,
dans le sens où ça me permet de monter en haut, de voir loin,
à la différence de quand en dépression, où tu vois pas plus loin
qu'un centimètre, où tout est noir et où tu ne trouves pas de solution.
Et puis, t'as cette côté de prendre du recul, prendre de la hauteur.
Tu prends du recul par rapport aux choses.
Exactement.
Tu prends énormément de recul par rapport aux choses.
Et ça, c'est quelque chose qui me fait un besoin de fou.
Et donc, moi, mon challenge, il a été,
t'es une maladie qui fait que t'as des très grosses variations.
Sauf que partir à l'aventure,
et en particulier, par exemple, à les monter des hauts sommets,
physiquement, tu montres très haut et tu redescends très bas.
Et là, il y a un petit hic, parce qu'en fait,
du coup, t'es une maladie qui n'est pas vraiment adaptée à ta volonté d'aventure.
Parce que si tu montes des hauts sommets et que tu redescends,
t'as des très gros risques.
Quand tu redescends, tu faises une très grosse dépression.
Et c'est ce qui m'est arrivé avant d'avoir compris que j'étais bien bipolar, etc.
Je faisais des ascensions et puis après, je me tapais des énormes dépressions.
Et donc là, il a fallu se dire, OK, tous les psychiatres,
tout ce que j'ai pu lire, tout le monde me dit,
bon, t'as cette maladie, elle est dure, elle est difficile, etc.
Il faut que tu aies une vie qui est très, très stable, très monotone.
Il faut que tu oublies ce côté aventure parce que c'est beaucoup trop risqué
au vu de ta maladie.
Et là, tu es face à quelque chose où tu te dis putain merde,
parce que pour moi, l'aventure, c'est pas juste une petite lubie, c'est une façon de vivre.
Et c'est quelque chose qui me rend vivante.
C'est voilà, c'est ma curiosité qui est là.
C'est tout. J'aime partir seul.
J'aime être dans la nature.
J'aime me dépasser.
J'aime comprendre plein de choses sur mon corps, etc.
Et donc là, je me suis dit bon, bâte challenge.
Il faut que je réussisse à faire ces aventures-là.
Et en même temps à dompter ma maladie et pas à faire.
OK, je l'ai pas parce que ça, ça ne servira à rien.
Ça, c'est renie.
C'est ce qu'on a dit. On ne veut pas.
Non, on veut du accepter. J'accepte.
Maman a dit.
Et donc, j'ai trouvé une psychiatre qui m'a aidé à trouver un bon traînement pour ma maladie,
à être bien accompagnée et surtout à être en place plein d'outils
dans ma vie de tous les jours pour pouvoir gérer des aventures ou une vie qu'on peut dire un peu d'instabilité.
Parce que je vais bouger tout le temps d'endroit au chouet ou je vais vivre des gros dépassements, etc.
Donc ça a été vraiment un challenge pour moi de réussir à allier les deux.
Il y a un peu de dire, bon, vous m'avez dit que c'était impossible.
Je vais vous montrer que c'est possible.
Du coup, tu as une vie qui est hyper ritualisée.
Un routinière dans le sens que tu expliquais avec ta méthode, Léa.
Tu l'as aussi maintenant aujourd'hui appliqué.
C'est vrai. C'est marrant.
J'avais jamais pensé à ça.
Mais c'est vrai que j'avais fait tout le final dans ma vie.
J'ai été amenée à développer au final des méthodes pour pouvoir, on va dire,
faire de qui je suis une force et pas une faiblesse.
Comme je te l'ai dit, c'est vrai que quand j'étais jeune, si je n'utilisais pas ma méthode,
j'avais deux.
Si j'avais ma méthode, j'avais vingt.
Je pense que là, c'est un peu la même chose.
Si je n'ai pas mes outils, etc.
C'est catastrophique.
Je finis en dépression dans mon lit sans bouger.
Si j'utilise ma méthode, j'ai une vie incroyable.
Je crois que c'est un peu ça.
Et donc, j'ai développé une méthode avec des routines qui est adaptée au fait que je vais bouger.
Donc, parmi mes routines, tous les matins, j'ai un petit carnet avec un diagramme de lumeur.
Je note de 1 à 10 comment je me sens.
Ça, ça me permet de savoir où est-ce que je me suis tué et avoir une visibilité sur les derniers jours.
Si je suis stable ou si je commence à monter ou si je commence à descendre.
En fonction de comment je vois que je me sens, je vais aller adapter ma journée.
Si je vois que je commence à tomber, je préve dans mes proches.
Je te dis, bon, là, ça ne va pas trop.
Je ne préve la personne avec qui je travaille.
Je dis, bon, je vais faire une petite pause, etc.
Si je vois que je suis en train de monter, j'ai pareil.
Si je commence à monter, je vais arrêter les stimulations, les réseaux sociaux, etc.
Je ne vais pas faire de grosses dépenses.
Je ne vais pas me lancer dans des nouveaux projets.
C'est ça le problème.
Quand tu vas dans les hautes, tu dis, on va monter ça.
On va faire ça.
Et après trois mois après, tu es au bout de ta vie, tu es dans mon vie.
Pourquoi je me suis lancée dans tous ces projets ?
Ensuite, j'ai un autre petit carnet, Livre de 5 Minutes qui est trop bien.
Où j'ai écrit un peu mes gratuitudes et comment j'ai envie de passer ma journée.
Je fais 30 minutes de méditation tous les jours.
Mais pareil, bien adapté au fait que je bouge et tout.
Donc, ce n'est jamais la même heure.
C'est quand j'en ai envie.
Mais j'ai développé un type de méditation que j'aime tellement et qui me fait tellement de bien
que chaque jour, j'ai envie de la faire.
Et je peux la faire d'un pour tout.
Je peux la faire dans le métro.
Je peux la faire 10 000 pas par jour, obligatoirement.
Pareil, ça, j'ai adapté pendant longtemps.
J'étais en mode, il faut du sport, de la course, etc.
En fait, je me suis rendue compte.
Ce n'est pas assez adapté parce que s'il y a des moments, je n'ai pas trop de force et tout,
du coup, je ne vais pas faire mon sport.
Alors, si tu te dis 10 000 pas, tu peux marcher à deux à l'heure et écouter un podcast.
Tu pourras le faire dans tous les cas, tu vois, où tu fais même moins et tout.
Plus d'alcool, j'arrêtais l'alcool.
Le soir pareil, j'ai un petit rituel.
Toutes les semaines, appel avec ma psy.
Dormir, je dors jamais moins de 9 heures par nuit.
Qu'importe ce qui se passe, je vais toujours adapter, etc.
Mais il faut que je fais ça.
Donc, c'est plein de petites choses qui font que je peux vivre des choses instables.
Je pense que le meilleur exemple, quand même, c'est cet été où j'ai fait un tour de France
sans argent avec ma pancarte subiproër.
Tu m'invites, j'étais dépendante 100% des gens.
C'était en pleine canicule, 43 degrés, je me suis tapé.
Et bah, heureusement que j'avais toutes mes petites routines.
Je ne savais pas où est-ce que j'allais dormir chaque soir, etc.
Mais je faisais mes routines et je me sentais très bien.
Et je n'ai pas vécu de crise.
Mais je trouve que cette routine, elle peut même s'appliquer à tout le monde.
Parce qu'en fait, moi, je vois ça.
Enfin, tu veux, ma fille qui est entrée au CP, de « le matin, quelle humeur tu es ? »
« Les gratitudes, le soir, je demande quelle a été ta pépite et quelle a été ton épine ? »
Et en fait, la méditation marchée, en fait, ça devrait être notre quotidien,
notre routine de tous les jours.
Donc, je trouve que c'est un super conseil qu'il faut qu'on s'applique.
Oui, moi, je ne trouve pas du tout que ce que j'ai mis en place,
soit ça soit excessif, etc.
Et moi, ce que j'aime bien dire, c'est que c'est un peu le diamant dans mon épine.
C'est-à-dire que ma maladie m'a obligé à mettre en place ces routines-là.
Parce que si je ne les mets pas en place, ça va être la cata.
Mais au final, ces routines-là, je suis très contente de les avoir mis en place.
Et j'espère à tout le monde de pouvoir les mettre en place dans sa vie,
parce que ça permet juste d'avoir une vie saine, à l'écoute de soi,
à l'écoute de comment on sent, et du coup de pouvoir être ambitieux dans la vie,
sans se cramer.
Et ça, c'est génial.
Ça, c'est trop bien.
Pour les auditeurs, auditrices qui nous écoutent et qui pensent,
moi aussi, je vais être comme Léa, mais j'ai un doute, j'ai peur.
Qu'est-ce que tu leur dirais ?
Moi, je pense qu'il y a une chose qui est essentielle,
et qu'au final, j'ai depuis petite, c'est le rêve.
C'est comme je te l'ai dit à 8 ans, je disais que je vais être président de la République.
Je ne le saurais jamais, président de la République.
Je ne l'ai même plus envie de l'actualiser.
Aujourd'hui, personne ne t'a pas envie de l'être.
Mais on s'en fiche, c'est un rêve.
Et surtout qu'il n'y a pas de petit avondi président de la République,
mais tu peux avoir des rêves.
Non, mais après, maintenant, j'ai des rêves.
Enfin, j'ai envie d'avoir un appartement où vivre.
Tu vois, les rêves, j'ai envie d'avoir ce type de boulot.
J'ai envie d'avoir un équilibre de vie entre réussir à avoir une famille,
et en même temps un boulot dans lequel je suis.
J'ai ce rêve de un jour, aller voyager, aller trois semaines en amnibie.
J'ai ce rêve de rencontrer ta personne.
Le rêve est le fil conducteur de la vie.
En fait, pour moi, ces rêves vont être moteurs
pour accepter du coup toutes les facettes de ta personnalité
et avancer avec, parce que ça va être la seule manière d'y arriver.
Et parce que des rêves, ce n'est pas quelque chose que t'as en une semaine.
Des rêves, c'est une vision de long terme.
Donc, ça te permet de te rendre compte que la vie va être un marathon.
Et pour gagner un marathon, il faut avoir conscience
exactement de qui t'es, de tes forces, de tes faiblesses et de t'écouter en continu
et de bien vivre tout le chemin.
Et c'est ça pour moi, je pense, qui est ultra important.
Donc, moi, j'irais vraiment recommander à ces personnes là de se dire,
OK, essayons de s'imaginer un peu mes rêves à cinq ans, à dix ans.
Je pense qu'il faut voir un peu loin.
Et ensuite, de se dire, OK, comment je vais faire pour tenir
et pour pouvoir bien vivre tout le chemin ?
Tu te rends compte que si en apprenant à être connait,
en comprenant tes limites, en acceptant tes vulnérabilités,
en mettant en place des choses pour pouvoir bien vivre tout ce qui se passe,
parce que des hauts, des bas, des difficultés t'en aura tout le temps.
Et ça, vraiment, je veux dire, c'est la vie.
C'est comment tu fais pour réussir à les passer ?
C'est le moment de haut, c'est le moment de bas.
Et hier, j'ai vu un passage sur France Inter
où le thème, c'était comment on peut être heureux
et qu'est-ce que c'est que le bonheur ?
Et le chroniqueur, il a dit quelque chose et je pense qu'il a vraiment raison.
Il dit, en fait, c'est d'être à sa place.
Et je pense qu'être à sa place, en tout cas,
moi, si je me demande, est-ce que les hautes aient ta place ?
Je dirais oui, je suis à ma place, parce que je suis sur mon chemin.
Vers où je veux aller ?
Et vers où je veux aller ?
J'ai envie d'impacter dans le milieu de la santé mentale.
J'ai envie de casser les tabous sur les maladies mentales.
J'ai envie de permettre aux gens de ne pas avoir honte,
d'avoir des troubles, d'avoir des vulnérabilités, etc.
Du coup, je suis sur mon chemin et du coup, je pense que je suis heureuse.
Mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas des moments difficiles,
ça ne veut pas dire qu'il y a des moments où je pleure,
ça ne veut pas dire que tu vois, mais je suis sur mon chemin.
Et pour savoir si tu es sur ton chemin,
il faut savoir quelle est la destination.
Donc, il faut réfléchir à minimum, à la destination,
sachant qu'elle peut changer dans le temps.
Et ça, c'est OK.
Et peut-être un point quand même qui est très important,
qui est expérimenté puisque tu disais,
oui, si tu vois des personnes, des jeunes ados,
elles sont là en mode, non, mais j'aimerais bien,
mais je ne sais pas, etc.
Il n'y a que le fait de vivre et d'experimenter,
qui te permet de comprendre,
qui tuer ce que tu aimes, ce que tu n'aimes pas,
et qui te permet d'avancer.
Donc, c'est vrai que moi, j'ai toujours été,
j'ai eu cette chance-là,
toujours été quelqu'un dans l'action à faire, faire, faire.
Donc, en effet, quand tu fais, fais, fais,
tu vas avoir 10 fois plus d'échecs que les autres,
mais tu vas avoir aussi 10 fois plus de réussite que les autres.
Donc, je dirais, voilà, ce personne-là,
bah, t'ose pas, je ne sais pas, partir seul,
faire des aventures comme moi,
mais attends, il n'y a pas de soucis,
déjà fait par passage,
par avec une amie,
par dans un truc encadré,
tu vois, genre, étape par étape, quoi.
Donc, c'est ton message final,
aux jeunes auditeurs et auditrices du podcast ?
Je pense, et puis,
casse-la honte, quoi.
N'est pas honte.
J'aime bien, casse-la honte.
Ouais, ouais, n'est pas honte,
n'est pas honte de qui t'es,
n'est pas honte de ce que tu vis,
n'est pas honte de tes faiblesses,
de tes vulnérabilités, etc.
Parce que, c'est ce qu'on dit,
il y a différentes émotions qui ont des fréquences.
La honte, c'est le niveau de fréquence le plus bas,
avec la culpabilité.
C'est les pires choses qu'on peut vivre.
Par exemple, la colère, déjà, c'est plus haut,
tu vois, parce que ça amène à de l'action.
La honte, c'est paralysant.
C'est vraiment la pire énergie.
Donc, vraiment, débarasse-toi de cette honte
et accepte, et en acceptant,
tu trouveras la force de mettre en place des choses
pour aller mieux et tu transcendras tous tes limites.
Parce que, comme je te l'ai raconté,
ben moi, j'ai pu casser les limites qu'on m'avait données
en me disant, tu ne peux pas avoir cette vie, tu ne peux pas...
Merci beaucoup pour ce message.
J'ai une question.
C'est quoi, ton prochain rêve, ta prochaine aventure ?
Moi, là, j'ai fait le tour de France
donc pour casser les tabous sur les bipolaritées
avec ma pancarte subipolaire, tu m'invites.
Je suis concentrée vraiment à fond
sur de monter le documentaire
et d'essayer que, voilà, on puisse le projeter
au maximum, etc.
Donc, on va dire que ça, c'est vraiment mon rêve
vis-à-vis de la cause.
Et puis après, niveau plus aventure,
moi, j'ai envie de repartir dans la montagne.
Donc là, je suis en train de voir pour aller habiter dans la montagne
et m'entraîner pour un sommet qui est difficile.
Qui est lequel ?
Qui s'appelle Lama d'Ablam.
Oui. Voilà.
Et c'est un peu, voilà, mon sommet de rêve depuis des années.
Deux choses qui sont en même temps et qui me galvanisent
et qui sont des objectifs, voilà, quand même,
tu vois, sur plus d'un an.
Donc, voilà.
Et ma dernière question, quelles sont tes nouvelles héroïnes à toi ?
Moi, j'ai...
J'ai une personne, je ne sais pas si tu la connais,
qui s'appelle Abigail.
Abigail Barron, qui est sur Instagram voyageuse naturelle.
Oui, je connais.
Parce que c'est dans la même vibe.
Elle vient, elle va sortir là, un livre pour casser toutes les idées reçues
sur le trouble borderline.
Et c'est une fille hors du commun qui se bat chaque jour
pour déstigmatiser ce trouble-là.
Il y a un cœur énorme et que je trouve hors du commun.
Et c'est quelqu'un qui m'inspire énormément.
Et parce que c'est dans ses mêmes milieux de causes
et parce qu'il y a très peu de personnes au final
qui aident à déstigmatiser les troubles psychiques.
En tout cas, merci beaucoup, Léa, d'avoir été à mon micro
et d'avoir parlé de la bipolarité,
effectivement des jeunes générations qui ne connaissent peut-être pas ce mot.
Et aussi aux parents qui sont de plus en plus nouveaux à m'écouter.
Donc merci beaucoup pour ta venue sur le podcast.
Merci.
Nouvelles héroïnes.
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Nouvelles Héroïnes.
C'était un format un peu différent de ce que je te propose d'habitude.
Et j'aimerais beaucoup savoir ce que tu en as pensé.
Est-ce que ça t'a plu ? Est-ce que ça t'a inspiré ?
Est-ce que tu aimerais plus de conversations diffusées ?
Sur le podcast pour la prochaine saison.
Tes retours comptent vraiment parce que ce podcast,
je le construis aussi avec toi.
Alors écri-moi sur Instagram,
nouvellehéroïne.podcast ou par email.
Je lis tout et tes messages me donnent l'énergie de continuer
à raconter ces histoires.
Merci d'être là.
Merci de faire vivre ses voix.
À très vite pour la découverte d'une nouvelle héroïne.
Nouvelles héroïnes.

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Bienvenue sur Nouvelles Héroïnes, le podcast qui inspire et donne confiance à une nouvelle génération de filles et garçons à travers des histoires vraies de femmes d'hier et d'aujourd'hui, libres, pionnières et singulières comme Miel Abitbol, Violette Dorange, Lena Mahfouf, Simone Biles, Tatiana Brillant, Caroline Aigle, Katia Krafft, Aya Nakamura, Hélèna Bailly, Marguerite et Marine de la Star Academy, Kelly Massol, Jane Goodall, Louane, Clarisse Crémer, Angèle, Surya Bonaly ou encore Clarisse Agbegnenou... Chaque mercredi, je raconte l’histoire d’une femme qui a osé faire de ses rêves une réalité et tracer son propre chemin. Peu importe ses origines. Peu importe ses différences. Peu importe le regard des autres. Dans ces histoires, les filles trouveront un écho à leur propre cheminement et les garçons pourront devenir leurs meilleurs soutiens. J'espère qu’elles seront pour les parents, aussi une réponse à leurs questionnements de parents soucieux de dégommer tous les stéréotypes du quotidien. Un podcast 100% indépendant, imaginé et créé par Céline Steyer (c'est moi 👋), maman de deux petites filles, née avec une agénésie de la main gauche, engagée sur les réseaux sociaux pour l’inclusion et la diversité et élue Femme 2025 du prix ELLE x La Tribune. A partir de 8 ans parce qu'il n'est jamais trop tôt pour rêver grand. ✨ Le podcast est aussi adapté en livre édité par Larousse Jeunesse, RDV chez votre libraire préféré et en ligne ✨ Pour suivre les coulisses du podcast et mon engagement, abonnez-vous à mon LinkedIn (+25k abonnés) ✨ Pour interagir avec les héroïnes, abonnez-vous au compte Instagram (+45k abonnés) P.S. : Vos likes, abonnements et avis 5 étoiles comptent énormément, car ça participe au développement et au financement du podcast ! Alors, je compte sur vous ! Céline 💜 Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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