...
Nouvelles héroïnes.
...
Quand je nage dans l'eau, j'ai l'impression d'être un poisson
et de faire partie de sa grande famille.
J'ai l'impression que j'adopte une nouvelle famille
et que je fais partie de cette grande famille de poissons.
Comme je fais partie de cette famille et que je les aime,
ils ne vont pas me faire du mal.
C'est ma manière de voir les choses.
Après, oui, l'éroquin s'est potentiellement endangé
sur cette traversée de l'Atlantique.
Nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes.
En fait, j'ai beaucoup de mal, surtout après une aventure,
de me sentir fière.
Même quand je regarde un peu les aventures précédentes,
j'ai déjà du mal à dire que c'était moi
et j'ai du mal à me sentir fière de ces aventures.
Parce que je me dis toujours, mais oui, mais en fait, c'est grâce aux autres.
Et moi, j'étais juste rien là-dedans.
J'ai vraiment du mal à ressentir cette fierté.
Et donc là, je suis en train de beaucoup travailler
un peu cette confiance en moi pour me dire
comment est-ce que cette aventure qui va en plus durer très longtemps ?
Comment est-ce que même déjà au milieu,
quand on leur a atteint la moitié, je pourrais me dire
mais en fait, je suis déjà fière de ces premiers mois de nage.
Et déjà, je suis fière d'en arriver là.
Nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes.
Elle est une nouvelle héroïne
qui a choisi de traverser l'Atlantique à la nage.
Pas pour la gloire, ni pour battre le record.
Mais pour réveiller les consciences.
Aujourd'hui, je t'emmène à la rencontre de Chloé Légé, vit de route.
Elle a 28 ans, elle est nageuse en eau libre
et elle est dit qu'elle est une éco-aventurière.
Elle est amoureuse des grands défis collectifs,
fondatrice de l'OMG Swim for Change
et surtout, c'est une voie forte pour un sport qui a du sens.
Elle a déjà traversé le détroit de Gibraltar.
Elle a descendu la Seine à la nage.
Elle a nagé de Marseille à Barcelone
pour sensibiliser à la pollution des mégots.
Chloé n'a pas choisi la facilité.
Elle a choisi le sens et c'est aussi ça être une nouvelle héroïne.
Bienvenue dans le monde surprenant des nouvelles héroïnes.
Aujourd'hui, les pieds dans l'eau et l'esprit en éveil.
Nouvelles héroïnes.
Tu disais au tout début que quand tu étais en Chine,
tu n'avais pas encore cette conscience environnementale.
A quel moment y a eu un seau point de bascule ?
C'était plus dans mon diplôme d'ingénieur.
Dans mes études où j'ai pris conscience,
je me suis dit que ce diplôme m'a mené vers un métier.
Je peux ou faire beaucoup de bien avec ou de mal.
Je le voyais d'une manière binaire.
Je me suis posé la question de quel type d'ingénieur j'ai envie d'être.
Est-ce que j'ai envie d'être quelqu'un qui va travailler
dans des industries qui ne m'attirent pas trop,
qui vont peut-être aussi développer des industries très polluantes ?
Ou est-ce que j'ai plus tant envie d'utiliser ce cerveau
pour essayer de créer des meilleurs produits,
réfléchir à de la modularité, à de la réparabilité, à des choses comme ça ?
C'est pendant mon diplôme que j'ai pris conscience de l'impact,
en plus en faisant des stages, tout ça,
et en voyant un peu l'impact de l'industrie.
Et se dire comment est-ce que je vais pouvoir me retrouver là-dedans
dans ce métier que j'ai envie de faire après ?
Et en école d'ingénieur ou sensibilise, à ce côté,
goûte gaille, bad guy ?
Pas vraiment, surtout que nous, beaucoup d'entreprises qui venaient voir
et qui voulaient nous recruter, c'était beaucoup d'entreprises d'automobiles.
En Angleterre, il y a Jaguar Lund Rover,
il y a beaucoup d'entreprises comme ça,
et moi j'ai dit, je n'ai pas toute envie d'aller travailler
pour débattre comme ça.
Et en fait, à un moment, j'ai voulu postuler pour un stage
pour faire travailler avec les ingénieurs sans frontières,
donc qui, eux, vont aller faire des projets
souvent dans des pays en voie de développement
qui vont amener d'électricité solaire ou d'autres
dans des communautés qui sont très très loin de la civilisation.
Et j'ai pas eu ce stage, j'étais en dernière étape,
j'ai pas eu ce stage, j'étais assez frustrée de ça
parce que j'avais vraiment, je me dis,
j'ai vraiment envie de travailler sur un projet comme ça.
Et donc j'ai décidé, pendant mes études,
de monter une association qui s'appelait les ingénieurs sans frontières,
qui était une filiale de cette grosse ONG mondiale,
mais pour l'université.
Et en fait, on organisait des événements pour les élèves
pour qu'ils puissent travailler sur 24 heures sur un projet,
un impact.
Et donc on organisait un peu un hackathon de 24 heures.
On avait plein de brifs de projets un peu dans le monde entier.
Et les élèves, comme ça, ça leur donnait l'opportunité
en plus de leurs études d'essayer de travailler sur d'autres projets.
Parce que sinon, tous les autres projets sur lesquels on travaillait,
c'était des moteurs de voiture, c'était l'aviation,
c'était des choses comme ça.
Et j'avais vraiment envie que certains élèves prennent conscience
qu'en fait, notre diplôme, il pouvait être utilisé pour autre chose.
Et à quel moment, parce que ta première association s'appelait zéro mégot,
puisque tu peux me raconter la jeunesse et pourquoi le mégot ?
Quand j'ai fini mon master,
quelques mois plus tard, en fait,
on avait l'opportunité de faire la traversée du détroit de Gibraltar à l'anage.
On s'est dit.
Qui t'a donné cette opportunité ?
C'est Mathieu.
On s'est rencontrés quand je faisais mes études.
On s'est rencontrés quand j'étais en troisième année.
En Angleterre ?
En Angleterre.
On était dans le même club de triathlon.
Toute rencontre autour du sport.
Lui avait trouvé cette opportunité de traverser le détroit de Gibraltar.
Il allait faire un tour du monde en vélo et en fait,
il voulait vraiment essayer de pas prendre l'avion et donc pour traverser
jusqu'au continent africain, il s'est dit,
est-ce que je pourrais le faire à l'anage ?
Mais par contre, pour faire cette traversée,
en fait, il y a deux ans de liste d'attente et donc quand il a postulé,
il avait même oublié qu'il avait demandé d'être sur cette liste d'attente.
Et un mois plus tard, on lui dit, en fait, c'est ton tour l'année prochaine.
T'as un slot en octobre et quand tu as l'opportunité et un slot pour le faire,
t'as le droit d'inviter trois personnes pour le faire avec toi.
Mais ils prennent quatre personnes maximum par traversée.
Et Mathieu lui avait proposé à plein de ses amis très sportifs,
qu'il y avait un homme autour de lui,
tiens, j'ai cette place, est-ce que vous voulez venir faire
à la traversée du détroit de Gibraltar à l'anage ?
Aucun de ses amis avait dit oui,
il lui avait dit, mais c'est 17 km, c'est hyper long,
je serais jamais prêt pour faire ça.
Et nous, on commençait juste à se voir,
on était au tout début de notre relation avec Mathieu.
Et un jour, il me dit,
je sais pas, ça pourrait t'intéresser peut-être de faire cette traversée.
Et moi, j'avais même pas besoin de réfléchir.
C'était un automatique, oui, bien sûr, je suis là.
Et il me dit, mais t'es sûr, t'as pas envie de réfléchir,
c'est beaucoup, ça va être dur.
C'est bon, c'est réfléchi, je suis là.
Et donc, on a réussi à faire cette traversée du détroit de Gibraltar.
C'était en octobre 2019,
avec tous les périspécies qu'il y avait autour de cette aventure, bien sûr.
Concrètement, quel est ton équipement quand tu traverses à la neige ?
Donc, la mer.
La mer.
On avait, donc on traverse du sud de l'Espagne jusqu'au d'or du Maroc.
Donc, on traverse vraiment entre l'Espagne et le Maroc.
Il y a deux bateaux qui accompagnent pour nous protéger aussi des gros pâques beaux qui passent.
Oui, il y a des cargo.
Gros cargo qui passent à cet endroit-là.
Et en plus, c'est eux qui mesurent aussi beaucoup les courants,
parce que c'est un passage qui est très compliqué.
Par exemple, versus la manche, où il y a beaucoup, beaucoup de courants.
Et donc, il faut nager à une certaine vitesse.
Et il faut jamais aller en dessous de cette vitesse, sinon...
Et quelle est cette vitesse ?
C'est 3 km.
C'est 3 km.
Tu nages à la brasse, en crawl.
En crawl, c'est la nage la plus efficace.
En combinaison, l'eau est un peu froide, surtout en octobre.
Et donc, pour autant de temps dans l'eau, notre corps, il dépense beaucoup d'énergie,
et il essaie de se réchauffer.
Donc, la combinaison aide, une combinaison intégrale pour nager aide.
Donc, une combinaison jusque la tête aussi, t'es couverte ?
Juste les mains, les chevilles.
D'accord.
Juste les poignées, les chevilles.
Et après, des lunettes et un bonnet.
Et un bonnet.
Pour les cheveux.
Et en partage, donc, on était à 3, on était avec Mathieu et Lucas.
Lucas et le frère de Mathieu.
L'idée, c'était de rester ensemble.
Il fallait absolument qu'on reste tous les 3 ensemble,
parce que le bateau pouvait que encadrer un petit groupe.
C'est pour ça que c'est 4 maximums.
C'est vraiment, il faut rester ensemble.
C'est pas chacun nage à sa vitesse.
C'est chacun ensemble.
On doit réussir, c'est de traverser, et on doit la réussir ensemble.
Donc, c'est de la natation collective.
Exactement.
On se fait des relais, un peu comme en vélo aussi.
Donc, si on se met derrière quelqu'un, on peut profiter de l'aspiration.
Donc, on fait des relais pareils en natation.
Et t'as une houle de combien de mètres sur cette distance ?
On avait des conditions pas faciles ce jour-là.
C'est dur, mais je pense qu'on avait
1 mètres, 2 mètres par endroit.
On avait pas mal de vagues.
Et tu dis ce jour-là, c'est-à-dire que les 17 km,
tu les fais en une journée ?
Une journée, 5 heures.
Ça nous a pris 5 heures 20.
5 heures 20 pour traverser...
Donc, de...
C'est quoi ? C'est le sud, donc c'est Tarifa.
Exactement, Tarifa.
Au sud de Landelouzy,
ok, jusqu'au nord du Maroc.
Exactement.
Et cette aventure, c'était la première...
C'était la première fois que moi, je faisais du sport
sans faire partie d'une course.
Je mettais pas un dossard, je mettais pas inscrit à une course.
C'est la première fois où c'était...
En fait, je faisais du sport, et c'est moi qui l'avais créé, qui l'avais organisé.
Et donc, avec Mathieu Lica, comme on était tous sensibles
sur ce sujet de l'environnement,
on voulait aussi le faire à notre manière.
Donc, on est descendus jusqu'à Tarifa en train.
On a acheté tous nos produits pour se ravitailler,
pour manger pendant la natation.
On les a fait nous-mêmes,
on a acheté localement au marché,
on les a fait zéro déchet,
on n'a pas acheté des bars comme ça dans des sachets plastiques,
on les a fait nous-mêmes.
Donc, tu le laisses sur le bateau,
et le bateau, vous mangez,
vous remontez sur le bateau pour manger ?
Alors, la règle, c'est qu'on n'a pas le droit de toucher le bateau.
D'accord.
Donc, pour vraiment que ce soit une traversée,
on touche l'Espagne avec la main,
on part à la nage,
et en fait, la prochaine fois qu'on touche quelque chose,
c'est le Maroc avec la main.
Pour vraiment valider cette traversée,
donc le bateau n'avait pas le droit de toucher le bateau,
mais en fait, il pouvait nous passer comme ça.
Il y avait ma soeur aussi sur le bateau qui nous aidait,
qui nous préparait notre nourriture.
On avait le droit de s'arrêter une minute par heure,
mais c'était une minute soixante secondes.
Il n'y avait pas une seconde de plus,
parce qu'en fait, à chaque fois qu'on s'arrêtait,
le courant nous emportait,
et en fait, on dérivait trop.
On dérive, oui.
Et donc, tout ça, on avait préparé nous-mêmes,
et on avait vraiment essayé de réfléchir à l'impact
qu'on pourrait potentiellement avoir avec cette aventure,
et essayer de le limiter un maximum.
Et suite à ça, et dans le train du retour,
on a tout excité d'avoir réussi cette traversée,
d'avoir vraiment...
C'était une réussite qui avait un goût encore plus important,
parce qu'on l'avait fait à notre image,
et donc avec toute cette excitation dans le train,
on regardait sur Google Maps
que ce serait un peu les autres aventures possibles,
les autres distances à nager.
Et en rentrant en Paris, c'est là où on s'est dit,
mais en fait, la scène, on la voit tous les jours à Paris.
Est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de nager dans la scène ?
Et on a commencé aussi à réfléchir un peu au déchet,
et on est tombé sur un article qui nous avait beaucoup choqués,
qui nous a dit que le mégot, c'était le premier déchet,
en chiffres, en quantités qu'on trouvait dans l'océan et dans la mer,
parce qu'en fait, il y a tous les mégots qui ont jeté par terre,
ils finissent après dans l'océan,
et donc on s'est dit, il faudrait qu'on crée une association
pour sensibiliser là-dessus, qu'on utilise l'aventure, la nage
pour parler de ça, et de là, il crée des nez,
un peu cette idée de créer cette association.
Qui s'appelait donc Zero Migo ?
Zero Migo, à l'époque, oui.
Kiméan s'appelle Swim for Change,
et donc vous avez descendu la scène à la nage.
Comment ça se passe ?
Est-ce que tu as forcément des contraintes ?
Tu as aussi une combinaison.
L'année dernière a été médiatiser le fait
qu'ils avaient nettoyé la scène.
Donc j'imagine que tu as plein de choses qui peuvent te rendre malade.
Enfin, je sais pas...
Oui, la scène, c'était...
Je pense qu'on s'est lancé dans cette aventure,
on n'avait pas encore trop réfléchi à toutes les contraintes de la scène.
Nous, l'idée de descendre de la scène,
c'était vraiment pour retracer le parcours d'un déchet,
et surtout d'un Mego, de montrer aux gens
que quand on jette quelque chose par terre à Paris,
il va finir dans l'océan.
Même si on a l'impression d'être loin,
il va finir dans l'océan, parce que ce trajet, en fait,
il le fait comme ce trajet qu'on allait descendre à la nage.
Et donc c'est un Mego qui pollue combien de litres ?
500 litres.
500 litres, c'est ce qu'on dit.
Si on met un Mego dans 500 litres d'eau,
il y a à peu près 4500 substances chimiques
et toxiques dans un Mego,
et c'est toutes ces substances qui vont vraiment aller polluer l'eau
autour, donc c'est un tout petit objet qui va vraiment avoir
un gros impact autour.
Et donc pour nager dans la scène, il y avait plusieurs choses.
Il y avait déjà comment est-ce qu'on se protège nous ?
Si on va passer autant de temps à nager dans la scène,
comment est-ce qu'on va s'assurer qu'on va pas tomber malade,
que tout va bien se passer, en tout cas qu'on va pas avoir
de conséquences sur notre corps et notre santé ?
Et après c'était les autorisations aussi,
parce qu'on n'a pas le droit de nager dans la scène,
il y a un arrêté préfectoral.
Donc on a travaillé pendant plus d'un an
pour créer tout un protocole de nage,
donc tout comment est-ce qu'on devait s'habiller,
comment est-ce qu'on devait se protéger,
par exemple on nageait avec un tuba,
pour pas en fait ingérer l'eau,
parce que quand on nage souvent,
on nage un peu avec la bouche ouverte,
il y a de l'eau qui rentre dans la bouche,
et ingérer l'eau ça pouvait avoir,
on pouvait par exemple avoir de la diaréaute,
ça n'allait pas être des choses très compliquées,
mais bon c'était quand même un risque.
Donc par exemple, une des choses dans le protocole,
c'est de nager avec un tuba,
et après on a aussi fait toutes les démarches
pour demander les autorisations à nager dans la scène.
Et tu me disais en début qu'elle est rare, urinée dans la scène,
enfin t'avais pas peur d'attraper effectivement des maladies ?
Non, j'ai jamais trop cette peur quand je suis dans l'eau,
déjà parce qu'en fait on avait fait beaucoup,
on avait beaucoup appris,
et donc on avait conscience,
et donc on avait pris les bonnes mesures,
par exemple, oui on dit qu'il y a l'urine de rats qui est dans la scène,
parce que bien sûr avec les égouts et tout ça,
et donc il y a une maladie qui s'appelle la leptospirose,
qui est possible d'attraper, mais on s'était vacciné pour,
donc en fait on avait pris toutes les précautions pour ces choses-là,
et après en fait ce qu'il faut savoir,
la bonne nouvelle c'est que la scène n'a jamais été aussi propre,
que depuis 100 ans en fait,
on a vraiment fait beaucoup d'améliorations,
qui a encore plus d'espèces de poissons aujourd'hui,
qu'il y avait il y a quelques années,
donc en fait il faut se dire que ça va aussi dans le bon sens,
que notre, est-ce qu'elle est propre, est-ce qu'elle n'est pas propre,
oui bah par rapport à une piscine avec du chlore qui est traité en non-stop,
bien sûr qu'elle est moins propre,
mais aujourd'hui elle est quand même une vraie source de biodiversité,
et qu'en sort de Paris surtout c'est magnifique la scène,
il y a vraiment des belles choses à voir,
il faut pas oublier que c'est avant tout,
nous c'est aussi pour ça qu'on fait ce sport,
c'est pour être en nature, c'est pour être connecté à cet élément,
à ce vivant autour de nous,
et donc dans la scène j'ai quand même ressenti ça,
je me suis dit je me sens vraiment connecté à ce fleuve qui a une superbe à l'histoire,
et qui a aussi source de beaucoup de biodiversité.
Et donc vous neigez jusqu'à Auvres,
ensuite il y a eu d'autres traversés,
Marseille, Barcelone, c'est 500 km,
on en vient à parler de ce projet,
ce grand projet qui est la traversée de l'Atlantique,
alors j'ai beaucoup de questions,
je ne l'ai pas posé pour le détroit de Gilles Brunitar,
mais quand on est dans l'eau,
est-ce qu'on n'a pas peur de croiser des poissons ?
Oui je pense qu'on peut avoir...
Je parle du requin, je...
Moi c'est le premier, alors je ne sais pas où sont les requins,
je ne sais pas s'il y a des requins dans l'Atlantique, si c'est...
Il y a des requins, on a en fait,
chacun un peu son rapport à ça,
moi je sais que personnellement en fait,
quand je nage dans l'eau,
j'ai vraiment l'impression moi-même d'être un poisson,
et de faire partie de sa grande famille,
j'ai l'impression que j'adopte une nouvelle famille
et que je fais partie de cette grande famille de poissons,
et donc comme je fais partie de cette famille
et que je les aime,
ils ne vont pas me faire du mal,
c'est un peu ma manière de voir les choses,
après oui, les requins, c'est potentiellement un danger
sur cette traversée de l'Atlantique,
il y a 4 types de requins,
4 espèces de requins différents qu'on pourrait rencontrer,
certains sont plus sympas que d'autres,
le seul qui est vraiment le grand méchant,
c'est le requin Longimarus, Manus,
qui lui est un requin qui est dans des déserts océaniques,
donc au milieu de l'Atlantique, il n'y a pas beaucoup de poissons,
beaucoup des poissons sont plutôt sur le long des côtes,
où il y a les corailles, tout ça,
donc au milieu d'Atlantique, il n'y a pas grand chose,
il y a potentiellement ce requin-là,
qui en plus, comme il n'y a pas beaucoup de poissons à manger,
il a faim, donc il va manger un peu tout ce qu'il peut trouver.
Et donc, c'est un requin qui, oui, il faut faire attention,
parce qu'en fait, les requins, pour avoir le goût,
leur sensation de goût, elle est derrière là-dedans,
donc ils sont obligés de croquer pour savoir si c'est bon ou pas,
et malheureusement, ils pourraient croquer une partie de notre corps.
Donc on met en place des protocoles pour s'assurer de se protéger des requins,
déjà les requins, on les voit venir,
parce que souvent, ils vont faire des petits tours autour
pour essayer de préparer leur attaque,
ils vont être curieux, ils vont essayer de comprendre c'est quoi cette chose,
est-ce que c'est quelque chose que je peux manger,
ils vont préparer leur attaque pour toujours attaquer par surprise.
Donc déjà, par exemple, les gens qui sont autour de nous pourront nous dire,
ah bah tiens, je vois venir un requin, on sort de l'eau tout de suite,
on remonte sur le bateau.
Et après, on a aussi des dispositifs,
il y a quelque chose qui s'appelle des shark bands,
donc c'est des petits bracelets qu'on peut mettre autour des poignées,
qui n'utilisent jamais vraiment le requin,
ils s'approchent à 2 mètres, donc vraiment très très proches,
ça fait un petit choc, il lui fait pas mal du tout,
mais c'est un peu comme quand on...
La tasseur.
Exactement, mais c'est pas physique,
donc c'est plus par exemple, si nous on nous mettait une musique très très aigu,
ça nous ferait un peu mal à l'oreille,
on serait un peu déboussolé, on voudrait partir,
bah eux c'est un peu ça, et comme ça, ça nous protège vraiment
en dernière minute si jamais il y a un problème.
Quand vous aviez fini la traversée du détroit de Gilles Brattard,
vous étiez en train, vous aviez décidé de faire une autre traversée de la scène.
Quelle a été avec Mathieu ?
Vous avez dit bon bah on va traverser l'Atlantique à l'anage.
Alors tu... d'après tout ce que tu viens de dire,
je pense que...
et on avait cette héroïne qui avait traversé à l'anage, la manche,
j'imagine que c'était toujours quelque chose qui était en toi,
et que à chaque nouvelle traversée, tu devais te dire,
bah je peux aller encore plus loin.
Est-ce que ça a été comme ça, ou vous avez dit un moment donné,
bah il faut qu'on fasse un truc complètement fou,
parce qu'on a cette envie de raconter des histoires,
de sensibiliser de plus grands nombres de personnes,
à la protection des océans et de la nature, de la biodiversité.
C'était plus ça, c'était plus...
il faut qu'on fasse un truc complètement fou,
si on a envie vraiment d'avoir un gros impact,
et vraiment aller embarquer beaucoup d'enfants,
on savait qu'il fallait que ce soit complètement fou.
Je pense que quand...
En fait, Gibraltar, ça a quand même été ce moment de déblocage,
un peu comme ce premier semi-ironman, où vraiment tu te dis,
en fait, si j'ai réussi ça, je peux faire plein de choses.
Et de pouvoir nager d'un pays à l'autre,
une fois qu'on a réussi ça, on se dit,
mais ça veut dire qu'en fait, je pourrais faire plein de choses.
Et donc après, je pense que l'Atlantique était un petit idée
dans le coin de la tête, mais il y avait encore ce I.M.
C'est impossible avant le fait que ce soit possible.
Et c'est des amis à nous qui ont fait la traversée en bateau.
On en parlait avec eux et qui nous ont dit,
et moi, je leur ai posé un peu comme ça naïvement la question,
mais quand vous avez traversé l'Atlantique en bateau
pour garder un petit peu autour de vous,
est-ce que vous vous êtes dit, tiens, ce serait possible de nager ?
Et eux qui ne sont pas du tout nageurs ont dit, mais oui, bien sûr,
je pense que ce serait possible de nager.
Et en fait, viens un peu avec ce commentaire-là,
peut-être que c'est possible,
et peut-être qu'on pourrait réellement réaliser cette aventure.
Et l'envie derrière, c'est de dire,
comment est-ce que si on fait une aventure aussi folle,
comment est-ce qu'on peut vraiment embarquer un maximum de monde
et avoir un vrai impact derrière,
et quel est l'impact qu'on a envie d'avoir derrière ça ?
Qui a dit 8 en premier entre toi et Mathieu ?
On se les tous les deux dit ensemble.
En fait, souvent avec Mathieu, quand on doit décider quelque chose
et même des trucs tout bêtes, on dit en même temps,
on se dit bon, à 1, 2, 3, on dit notre réponse.
Ah, génial !
Et comme ça, parce qu'en fait, si l'un parle avant l'autre,
il va forcément influencer l'autre.
Donc souvent, comme ça, en fait, quand on sait qu'on a tous les deux des choses en tête,
on se dit bon, 1, 2, 3, on se le dit.
Avant de venir sur un peu la préparation de cette traversée,
j'ai trouvé une stade que tu disais dans une interview,
c'est qu'aujourd'hui, vous voulez sensibiliser les enfants,
parce qu'un enfant, sensibilise cet adulte.
Pourquoi pour toi, il y a une telle résistance des adultes à la protection de la nature ?
Pourquoi c'est sainement difficile de changer de paradigme
et de changer les mentalités des adultes ?
Alors je ne sais, je pense que la réponse à cette question est longue,
mais il y a quelque chose que j'ai appris à quelques semaines
qui m'a vachement interpellé là-dessus,
quand on a une information qui nous choque, qui nous fait ressentir des émotions,
quand on prend un enfant et un adulte,
un enfant, cette émotion, cette envie d'agir,
vraiment cette réaction, il va la ressentir pendant beaucoup plus longtemps.
Elle peut durer vraiment quelques jours, quelques heures,
il va vraiment la ressentir assez longtemps.
Qu'un adulte, ce sentiment choqué, enragé, j'ai envie de faire quelque chose,
ça va durer très peu en temps, en fait.
Donc l'enfant, lui, a le temps de se dire,
qu'est-ce que je vais faire, comment est-ce que je vais agir,
comment est-ce que je vais changer mon comportement,
comment est-ce que j'ai envie d'agir là-dessus ?
Qu'un adulte, en fait, en quelques minutes,
passe à quelque chose d'autre, c'est bon, c'est passé.
Je ressens plus cette émotion.
Et donc je pense que déjà ça, ça explique beaucoup de choses.
Quand en fait, je pense qu'adultes, on voit beaucoup de choses.
Autour de nous, on est submergés par plein d'informations
et qu'en fait, ça nous passe un peu,
ça nous coule un peu sur la peau et on ne laisse pas assez l'émotion,
vraiment s'asseoir être là, à la ressentir
et donc se dire, comment est-ce que cette émotion-là,
comment est-ce que je vais la transformer en action, en fait ?
Et dans cette hape de temps, il aura plus de personnes
avec qui il va pouvoir en discuter à l'école.
Exactement.
Un enfant qui apprend quelque chose à l'école,
qui va le révolter, on va lui dire,
tiens, il y a tant de tonnes de plastique dans l'océan,
le soir, il va en parler à ses parents,
ça va encore trotter dans sa tête,
il va se dire, ben oui, ben en fait, demain, si on fait les courses,
faudrait acheter moins de plastique, en fait,
tous ces choses-là et donc l'enfant, en fait,
dans cette période-là peut déjà agir et faire beaucoup de choses.
C'est pour ça que pour cette aventure,
vous embarquez les enfants avec vous.
Comment va pouvoir suivre votre aventure, nous ?
Alors déjà, les auditrices et les adjouteurs de Nouvelles-Deroines,
qu'est-ce que vous allez faire pour les enfants
pour suivre tout ce parcours qui va durer au moins trois mois ?
C'est ça ?
C'est ça, la partie natation qui entre le cap vert et la goite loup
va durer à peu près trois mois.
En nageant tous les jours, on a 3 800 km à nager,
donc à peu près trois mois de nage avec Mathieu.
Nous, pour nous suivre, on a créé, en fait, avec la Water Family,
qui est une association qui sont vraiment experts sur ces sujets de contenu
et création de contenu pédagogique autour de l'environnement et de l'eau.
Un parcours pédagogique, donc c'est un parcours qui dure trois mois,
qui dure le temps de cette aventure,
surtout pour, déjà avant tout, destiné pour les enseignants
et donc pour faire avec leurs élèves,
mais ça peut aussi être très bien fait par des parents
qui prennent le temps de le faire avec leurs enfants, par exemple, au week-end.
L'idée, c'est que chaque semaine, les enseignants et donc les enfants
vont recevoir la thématique de la semaine,
donc on va apprendre sur toutes les thématiques autour de l'océan.
On va apprendre sur la pêche, la pollution, la biodiversité,
vraiment pour aller en détail et comprendre tous les enjeux
qu'il y a autour de l'océan,
à chaque fois avec des activités à faire pour apprendre,
mais aussi une vidéo pour aller, qu'on va créer avec Mathieu,
pour aller un peu plus loin dans les sujets,
un petit podcast pour suivre l'aventure,
il y aura bien sûr aussi la carte
ou de voir où on en est dans notre aventure.
Et plein de, plein de challenges et d'activités aussi à faire par les enfants.
Donc c'est un parcours où on espère en fait, au bout de ces trois mois,
on va avoir des enfants qui ont déjà ce sens de connecter à l'océan,
donc par notre aventure, par toutes les émotions que nous, on va leur partager.
Et après, qu'ils auront réellement compris aussi les enjeux
et les problématiques aujourd'hui qu'on a à l'océan.
Et même si on vit au milieu de la France
et qu'on a l'impression vraiment d'être loin de l'océan,
qu'en fait, elle a un impact chaque jour sur nous
et que nous, surtout, on a un impact sur elle.
Alors comment tu te prépares physiquement à cette traversée ?
Il y a beaucoup de choses qui rentrent dans cette préparation.
J'ai dû un peu faire des choses de nouveau dans cette préparation.
J'ai dû faire de la musculation que je faisais jamais avant.
Et donc c'est assez bizarre parce que ça a aussi fait encore changer mon corps.
Donc j'ai un peu l'impression d'être revenue à cette adolescence
et de la préparation de la préparation.
Où mon corps avait tellement changé
et là, je vois que mon corps est encore en train de changer avec cette préparation.
Donc il y a plusieurs choses.
Il y a déjà une phase où il faut vraiment apprendre la technique de la natation.
La natation, c'est un sport très technique.
Il faut avoir une technique parfaite si on ne veut pas se blesser
parce qu'avec les milliers milliers de coups de bras qu'on va faire,
un petit coup de bras qui n'est pas parfait peut créer des douleurs aux muscles et autres.
Tu peux avoir des crampes.
Des crampes, des tendinites.
Donc vraiment, besoin de perfectionner la technique.
La deuxième phase, c'est de la musculation.
Donc vraiment faire travailler les muscles, s'assurer qu'ils sont prêts
et qu'ils vont être prêts pour cette traversée.
En plus, ça nous permet de ne pas trop se blesser.
Si on a des muscles qui sont prêts à engendrer tous ces efforts,
ils vont moins se blesser et après faire beaucoup de volume de natation.
Donc actuellement, je suis en train de nager à peu près 6 kilomètres.
Donc 2 heures de natation par jour, 5 fois par semaine.
Tu vas nager 5 heures par jour, c'est ça ?
Ouais, 5-6 heures.
5-6 heures par jour.
Donc nous, sur la Terre, on a un agenda, on a un planning, on a une toudouliste.
Toi, est-ce que tu as une toudouliste quand tu nages ?
J'ai surtout une toudouliste de mes pensées.
Donc moi, ma journée, par exemple, sur le bateau,
ça va être le soleil, il se réveille à 6 heures.
C'est entre 6 heures et 18 heures parce qu'on est proche de l'équateur.
Donc moi, par exemple, mon agenda de la journée, ce sera nager entre 6 et 8 heures.
Après, j'ai 2 heures, Mathieu prend le relais pour 2 heures.
Donc après, moi, je nage entre midi et 14 heures.
Et après, je fais 16 heures à 18 heures.
Et donc, j'ai un agenda aussi de pensée.
Donc je vais dire, pas pendant les premières 2 heures, je vais penser,
par exemple, je vais créer dans ma tête ma future maison de mes rêves.
Ça, je vais réfléchir à ça.
Après, les 2 prochaines heures, je vais réfléchir à autre chose.
Moi, j'aime beaucoup créer des histoires d'amour dans ma tête.
Donc je crée, Mr. Adam.
J'ai entendu ça.
Je crée une petite histoire d'amour dans ma tête.
Et je planifie aussi mes pensées pour pas m'ennuyer
et toujours garder le moral et le mental en agent.
J'ai entendu aussi que tu allais chanter.
Je chante aussi, oui.
J'aime beaucoup chanter et j'aime beaucoup aussi écrire des chansons.
Donc des fois, je chante, des fois, j'essaye de réfléchir un peu à des paroles pour des chansons.
Et qu'est-ce que tu chantes comme chanson ?
J'aime, moi, je suis très femme, beaucoup de chanteuse femme.
Donc j'écoute beaucoup un peu de Beyoncé.
De détesseur.
D'ailleurs, je la vois ce soir en concierge.
Ah, c'est bon ça que tu as parlé ?
Exactement.
Ah, génial.
Donc beaucoup de Beyoncé, de Rihanna, de Taylor Swift.
Voilà, beaucoup de chanteuse femme.
Je pense que j'aime beaucoup leurs chansons parce que je m'identifie aussi beaucoup à leurs chansons.
Il y a une énergie incroyable.
Il y a une énergie qui est folle.
Donc tu as une préparation physique, tu as une préparation mentale
parce que tu pars pendant trois mois.
Qu'est-ce que tu travailles mentalement ?
Alors tu seras avec ton mari.
Mais c'est d'être loin de ta famille, c'est d'être focalisé sur l'arrivée ?
Il y a plein de choses à travailler mentalement.
Bien sûr, déjà, c'est d'être loin de sa famille.
Moi, ça va être la première fois que je vais passer Noël sans ma famille.
On sera sur le bateau au milieu de l'Atlantique.
Donc déjà, préparer ça, de vivre aussi en communauté,
de vivre toujours avec.
On va être six sur le bateau, soit un petit bateau quand même.
Et donc dans un espace confidé, c'est un peu le plus...
Un bateau à voile ?
Un bateau à voile, un catamaran.
Donc vivre un peu un confinement plus, plus, plus au milieu d'Atlantique en étant un peu fatigué.
Il y a aussi tout ce travail mental en couple.
Donc bien savoir communiquer entre nous, savoir parler entre nous.
Vous avez fait une thérapie ?
On a fait une thérapie de couple, bien sûr.
On est aussi deux personnalités très différentes.
Donc mieux comprendre l'autre pour savoir que voilà, lui, quand il réagit dans cette situation,
il réagit comme ça parce qu'il est comme ça.
Et voici comment est-ce que moi, je peux faire pour l'aider dans cette situation-là.
Et après, le gros travail mental sur moi, c'est plus cette confiance en moi.
En fait, j'ai beaucoup de mal, surtout après une aventure de me sentir fière.
Même quand je regarde un peu les aventures précédentes,
j'ai déjà du mal à dire que c'était moi et j'ai du mal à me sentir fière de ces aventures
parce que je me dis toujours, mais oui, mais en fait, c'est grâce aux autres.
Et moi, j'étais juste rien là-dedans.
Enfin, j'ai vraiment du mal à ressentir cette fierté.
Et donc là, je suis en train de beaucoup travailler un peu cette confiance en moi pour me dire,
bah comment est-ce que cette aventure qui va en plus durer très longtemps ?
Comment est-ce que même déjà au milieu, quand on leur a atteint la moitié,
je pourrais me dire, mais en fait, je suis déjà fière de ces premiers mois de nage.
Et déjà, je suis fière d'en arriver là.
Parce que pour l'instant, j'ai du mal à ressentir ça.
Comment tu gères les règles ?
Parce que dans l'eau, on les a pas. Comment ça se passe ?
Alors, moi déjà, mes règles, et c'est ma mère qui m'avait trouvé ça déjà,
il y a presque dix ans maintenant, et je suis trop contente, c'est que
moi, j'ai une coupe mensuelle et c'est la seule chose que je mets.
Et c'est trop bien déjà pour faire du sport et ça donne une vraie liberté.
Et en plus, pour sa santé et son bien-être aussi,
c'est un produit qui n'agit pas sur le corps, qui ne laisse pas de traces.
Donc vraiment, c'est un bon confort.
Et donc sur le bateau, et quand je fais des aventures comme ça,
le problème, c'est que si on n'a pas de poubelles,
on ne peut pas jeter nos déchets comme ça,
surtout les protections mensuelles qui sont en plastique.
Donc, j'ai cette coupe mensuelle que je mets donc la journée,
même si on n'a pas nos règles quand on est dans l'eau,
en fait, aussitôt que tu sors, tu les as.
Donc, juste le temps de sortir de l'eau, de ranger son maillot, sa combi,
ben, j'aurais mes règles, donc c'est compliqué.
Donc, je mets toujours la coupe.
Et en fait, comme ça, je me prends juste une petite douche le matin et le soir,
parce que je trouve que c'est le plus facile,
juste de le faire sous l'eau, sous une douche, pour le vider comme ça.
Et après, tous les mois, on aura, voilà, on aura quand même du gaz à bord pour
réchauffer.
Donc, je pourrais réchauffer dans de l'eau bouillante, en fait,
pour bien la nettoyer, parce que comme on va passer 3 mois,
je vais au moins 3 fois mes règles pour bien la nettoyer pour le prochain mois.
Et après, la nage, c'est un sport où, même si on a des crampes,
comme on est à l'horizontale, ça va normalement,
en tout cas, je sens que j'arrive quand même à nager,
même si j'ai des crampes.
Je sais que courir, par exemple, c'est très, très dur.
J'essaie de faire un marathon en ayant mes règles.
C'est mal fini.
Mais nager, je me dis que j'arrive quand même à nager,
même en ayant des crampes ou autres.
Après, je sais que la semaine où j'ai mes règles,
j'ai plus de douleurs.
Je ressens plus mes épaules, tout ça.
Et c'est vraiment quelque chose que je vois pendant l'entraînement.
Donc, c'est peut-être des semaines où, oui, je vais être plus sympa avec moi.
Je vais peut-être nager un peu moins.
C'est pas grave.
Il faut aussi savoir s'écouter et écouter son corps dans ces moments-là.
Et donc, quelle aide pour toi,
cette se mantra qui va te poursuivre pendant toute cette traversée ?
Est-ce que tu vas avoir une phrase le matin que tu vas te dire,
que tu te prépares ?
Je pense à ce qu'on me l'a dit il y a quelques jours,
mais je pense à Dory dans Nemo qui, elle chante
Just keep swimming, just keep swimming, just keep swimming.
Donc, je pense qu'il y a quand même un petit peu de ça,
parce que c'est un bon mantra.
Mais après, je sais que tous les matins, en fait,
j'ai envie de retrouver cette joie d'aller nager, d'avoir hâte d'aller nager,
et donc de mettre la musique, de s'ambiancer, de trouver le...
de me dire voilà, j'ai hâte de sauter dans l'eau et d'aller nager.
Et tant que j'ai ça, je sais que tout ira bien, en fait.
C'est le jour où je perds cet envie-là, que ça va commencer à être compliqué.
On arrive à la fin de cette interview, donc je vais te demander
quel est le message que tu donnerais à Chloé dans 20 ans ?
C'est pas facile. Le message que je donnerais à Chloé dans 20 ans,
je pense que c'est un vrai message de plus de soutien en se disant
mais fais-toi confiance, sois fière de toi.
C'est déjà si dans 20 ans, j'arrive à être fière de moi, à me faire confiance,
et à pas me mettre de limites, pas me freiner, ce sera déjà très, très bien.
Et le message que tu transmettrais aujourd'hui aux auditrices du podcast ?
C'est vraiment le message de se faire plaisir.
Et juste en fait de profiter, d'avoir de la joie dans tout ce qu'on fait.
Si on a envie de commencer un nouveau sport ou de se lancer dans quelque chose,
de s'engager, en fait avant tout il faut trouver le plaisir,
il faut que ça nous donne envie, qu'on ait envie de le faire.
Il faut pas se forcer à faire des choses qu'on n'a pas du tout envie de faire.
Donc de vraiment avoir beaucoup de joie dans notre quotidien
et surtout de se faire plaisir tous les jours.
Il y a quelqu'un qui m'a donné ce conseil récemment qui m'a dit
mais en fait il faut que chaque jour tu te fasses quelque chose qui te fait vraiment plaisir.
Manger la petite glace qui te fait plaisir, faire cette petite marche qui te fait plaisir,
vraiment écouter cette musique qui te fait plaisir.
Parce qu'en fait des fois moi je réalise que pendant des mois je me fais pas plaisir une fois,
que je n'allume pas cette bougie vraiment juste pour moi,
que je l'allume pour les autres mais que je ne l'allume pas pour me faire plaisir à moi.
Donc vraiment se faire plaisir à soi tous les jours.
Et j'ai une question parce qu'il y a des auditeurs aussi sur ce podcast.
Je crois que c'est un homme qui avait traversé à la nage l'Atlantique, Ben Le Comte.
Aujourd'hui tu casses le stéréotype, c'est-à-dire que tu vas traverser
cet immense océan avec ton mari.
Est-ce que pour toi c'est aussi de montrer aux garçons qu'une fille peut le faire ?
Qu'est-ce que t'aimerais passer comme message aux garçons qui écoutent,
qui peut-être au cours de natation, ils sont plus nombreux que les filles,
qu'en cours d'ingénieurs, en école d'ingénieurs ils sont plus nombreux que les filles.
Qu'est-ce que t'aimerais passer comme message ?
C'est pour montrer aux garçons mais c'est déjà pour montrer aux filles en fait que c'est possible.
Après le message pour les garçons c'est pas facile pour eux,
mais c'est de reconnaître qu'il y a une différence, mais pas agir d'une manière très différente.
Moi je pense que dans, tu vois par exemple en école d'ingénieurs,
souvent les garçons, ils voulaient pas que ce soit moi la chef.
Ils étaient dérangés par le fait que ce soit moi qui soit la chef du groupe.
En triathlon, en cours sapis, moi le nombre de garçons qui me disaient
mais j'ai vraiment du mal cloué quand tu me doubles.
En fait c'est accepter que oui une femme elle peut courir plus vite que vous,
ça ne veut pas dire que vous n'êtes pas un bonhomme, c'est juste ok.
C'est une femme qui est très forte et qui court peut-être plus vite que vous,
vous êtes peut-être plus forte qu'elle dans plein d'autres sports.
Oui ça peut être une femme qui est votre chef dans ce groupe
et ben c'est pas grave, c'est ok respecter l'appareil.
Donc c'est plus de vraiment de laisser un peu cette place
aux femmes et de ne pas se sentir affaibli par rapport à ça,
pas se sentir dérangée par rapport à ça et juste de l'accepter,
d'être fière de ça et ok avec ça.
On revient toujours à cette fierté.
Exactement.
Merci beaucoup Chloé.
Merci.
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Nouvelles Héroïnes.
C'était un format un peu différent de ce que je te propose d'habitude
et j'aimerais beaucoup savoir ce que tu en as pensé.
Est-ce que ça t'a plu ?
Est-ce que ça t'a inspiré ?
Est-ce que tu aimerais plus de conversations diffusées
sur le podcast pour la prochaine saison ?
Tes retours comptent vraiment parce que ce podcast,
je le construis aussi avec toi.
Alors écriz-moi sur Instagram,
nouvellezéroïne.podcast ou par email.
Je lis tout et tes messages,
me donnent l'énergie de continuer à raconter ces histoires.
Merci d'être là,
merci de faire vivre ses voix.
A très vite pour la découverte d'une nouvelle héroïne.