...
Nouvelle séruine.
...
J'ai envie de de brier,
j'ai envie d'être connue,
j'ai envie qu'on m'écoute.
Nouvelle séruine.
N'est pas honte, n'est pas honte de quitter,
n'est pas honte de ce que tu vis,
n'est pas honte de tes faiblesses,
de tes vulnérabilités.
Et accepte, et en acceptant,
tu trouveras la force de mettre en place des choses
pour aller mieux
et tu transcendras toutes tes limites.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Pour moi, ces rêves vont être pour moteur,
pour accepter du coup
toutes les facettes de ta personnalité.
...
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Nouvelle séruine.
Elle est une nouvelle héroïne
qui vient de finir le GR20 toute seule
et le Tour de France
avec 0 € en poche.
Elle s'appelle Léa Vigier.
Tu l'as peut-être vu dans la rue,
près de chez toi,
avec sa pancarte en carton.
Elle a traversé la jungle,
à vide des montagnes très, très hautes.
Elle a eu peur,
elle a eu mal,
mais elle n'a jamais vraiment arrêté de chercher.
Pas seulement un trésor caché dans la forêt.
Non.
Léa a aussi traversé une tempête.
Dans sa tête.
Et si son histoire ressemble
un tourbillon de la vie,
je suis heureuse de te la présenter
pour qu'elle t'apprenne comment
elle a appris à écouter son corps,
à se faire confiance
et à grapper
sur les plus hauts sommets
toujours avec le sourire.
Alors, respire un bon coup,
entend l'oreille
et on part à l'aventure avec Léa.
Nouvelle séruine.
Bonjour Léa, bienvenue.
Bonjour, merci.
Alors, est-ce que,
pour commencer cette interview,
tu peux me donner un mot
pour qualifier ton enfance,
ton adolescence et aujourd'hui ?
Alors, mon enfant, je vais dire sereine,
mon adolescence explosive
et aujourd'hui construction.
Dans quel environnement as-tu grandi ?
J'ai grandi dans une ville
qui s'appelle Rouaimanouison,
en banlieue parisienne.
Une enfance heureuse.
On avait un appartement
au rez-de-chaussée,
dans le centre-ville.
Donc, on était dans une petite résidence,
je pouvais facilement aller jouer
avec mes copines qui habitaient aussi
dans la résidence.
Je faisais du roller.
Je m'amusais bien.
Je créais des petits business
au sein de chez moi, dès que j'étais petite.
Par exemple, je proposais des services
et c'est une d'un très mauvais exemple
pour les personnes qui écoutent.
Mais je proposais mes services
pour 10 centimes.
Maman, est-ce que tu as envie d'un massage ?
C'est 15 centimes.
J'ai créé pas mal de poèmes
depuis petite.
Quand tu dis petite,
t'avais quel âge à ce moment-là ?
J'avais peut-être des 10 ans.
Donc, c'était déjà prémis,
prêt-ado ?
Oui.
Et puis, adolescence,
un groupe d'amis
très soudés, qui sont toujours
mes meilleures amis aujourd'hui.
On a découvert la vie ensemble.
C'était cool, c'était super.
T'avais des frères et soeurs ?
Oui, j'étais la petite dernière.
J'ai un grand frère qui a 12 ans de plus que moi.
Et une grande soeur qui a 7 ans de plus que moi.
Donc, je faisais partie d'une fratrie.
Mais j'ai plutôt vécu peut-être
une enfance de fille unique.
Parce que, comme il y avait 7 ans de différence
avec ma soeur la plus proche de moi,
et qu'elle est partie à 18 ans,
du coup, j'ai vécu beaucoup
seul avec mes parents.
Et je t'ai pas demandé les métiers
de tes parents ?
Oui.
Donc, ma maman, elle travaillait
dans la téléphonie chez SFR
en respect à produits.
Et mon papa,
il travaillait dans les services généraux
dans une grosse boîte
qui s'appelait Arcelor Mital.
Je me souviens quand j'étais petite,
je disais, mon papa,
c'est la concierge
d'une grosse boîte.
Parce que je comprenais pas le mot service généraux.
Et en fait, c'est qu'il s'occupait
que tout se passe bien dans
les meubles.
Et bien j'irais avec toutes les
entreprises de services.
Donc, ça peut être
le vénage, la plomberie, le chauffage.
Pour que tout se passe bien dans
les meubles de l'entreprise.
C'est drôle parce que, là, depuis le début,
tu parles
de ce que tu as fait,
tu écrives à des poèmes,
tu faisais déjà des petits business. Alors,
juste une petite note, c'est que Kelly Massole
a aussi fait des petits business
et elle vendait des massages
à son grand-père.
Elle a commencé comme ça quand elle est
donc tu as un gros point commun avec Kelly Massole.
Elle a commencé comme ça.
Et je crois que l'Ena situation aussi,
elle était obligée
parce que sa maman lui transmettait
une éducation financière
de vendre des petits objets
pour acheter des livres
et pour pouvoir acheter des livres
ou des bonbons etc.
Donc, il y avait déjà cette petite
âme de business. Ce qui est drôle,
c'est que tes parents n'étaient pas forcément
dans un univers entrepreneurial,
business
et tu avais cette envie de faire
du business déjà à 10 ans.
Tu penses que ça devenait d'où ?
Je sais pas, mais en tout cas,
dès que j'avais 8 ans, quand on me demandait
ce que je voulais faire, soit je disais
présidente de la République, soit chef
d'entreprise, donc des petites,
j'avais une ambition
qui était forte
et j'avais envie de faire des choses
par moi-même,
de monter des projets
quand j'avais
12 ans, je montais
des espèces de restaurants chez moi
ou je préparais tout
et avant que ma famille
aille à à table pour le restaurant, ils allaient dans ma chambre
et dans ma chambre avec mes copines
on avait fait des bracelets
etc. et on leur vendait.
Ah t'avais rien inventé que le mène en fait ?
C'est le bracelet !
Mais ouais, donc
je pense que ça m'amusait
mais c'est vrai que j'avais
personne dans ma famille qui avait fait de l'entrepreneuriat
qui avait monté de boîte
donc je pense que c'était
vraiment parce que j'avais envie
de m'occuper
peut-être un côté créatif
il y a personne qui m'a vraiment influencé
sur ça. Et t'es frère et sœur ?
Parce qu'ils étaient plus grands, peut-être qu'ils se lançaient
dans des études de commerce, non ?
Non, mais frère et sœur
mon frère il a allé dans le milieu de
l'ingénierie, ingénierie médicale
et ma sœur
médecin, enfin elle était
elle était dans les urgences
donc vraiment
Et rien à voir. Et en plus on est dans
les années 90, début 2000
donc il n'y a pas encore de modèles, on n'est pas
encore les réseaux sociaux, enfin t'as pas vraiment
de modèles qui s'appliquent à toi
et ce qui est aussi très drôle c'est que
je t'ai demandé effectivement de me parler
de ton enfance mais t'as pas encore prononcé
le mot «école » du coup t'avais quel rapport
avec l'école ? Donc j'avais des bonnes notes
à l'école, ça je pense que c'était
lié au fait que j'avais un grand frère
et une grande sœur qui avait bien
réussi, qui avait fait des belles études
et donc
j'avais envie d'être à la hauteur
Vous vous mettez à une pression ?
Très grosse pression
Et d'autant plus que j'étais la petite
mais de
beaucoup d'années donc
j'avais un peu ce sentiment
je pense d'être invisible, d'être
le petit bout qui n'a rien à dire
parce que
les autres sont vraiment grands et qu'ils ont
fait tellement de choses dans leur vie
et donc je pense que de là est né
un besoin
de reconnaissance
et d'essayer de se démarquer
Je vois aussi des parents qui donc
étaient un peu plus âgés que la normale
et en plus qui de base étaient des personnes
très détendues, tranquilles
et donc
qui réagissaient pas quand je ramenais
des bonnes notes ou quoi que soit
des termes de « ah ok »
et donc j'ai eu
cette chose en moi de vouloir
à chaque fois montrer que
« hey regarde, je suis première de classe »
etc.
et ce besoin de reconnaissance il est
resté en moi très ancré
et je pense qu'il est toujours en moi
Et donc en fait tes parents réagissaient pas ?
Non, alors quand j'en parle
à ma mère, elle me dit « mais si on était
fiers de toi, on ne sait pas
parce que tu avais des bonnes notes qu'on allait être fiers de toi
et c'est vrai que c'est une question
qu'on se pose
de se dire « bah c'est vrai que le vrai
amour ne doit pas être
lié au fait de ramener des bonnes notes
et en même temps, quand toi
tu te
bâtes pour travailler, être très
bon à l'école et que tu ramènes des bonnes notes
et que tes parents réagissent pas
spécialement
bah t'es frustrée
Et donc tu continues ? Il faut encore que je continue
Il faut que je me démarque
il faut que je me démarque
donc j'ai fait des
grosses études
et j'ai essayé à chaque fois
de faire plus, de faire plus
Donc c'est besoin de reconnaissance
de
l'enfance
et la phase d'adolescence
parce que j'aime bien poser cette question
comment toi tu te percevais
et comment les autres te percevaient
Dernièrement, j'ai des amis
de l'ICSE qui m'ont dit
que dès le
collège et l'ICSE
ça se voyait que j'avais envie
de percer
d'être une star
et c'est vrai que j'avais
un groupe d'amis
on va dire que j'étais plutôt lideuse
sur ce groupe d'amis
que j'organisais plein de soirées
des vacances
Donc voilà
Moi de mon côté, comment je me percevais
je pense que j'avais énormément de mal
à gérer mes émotions
je vivais beaucoup
de montagnes rues
je vivais les choses très intensément
Comment ça se vivait
Dans mes souvenirs, il y avait
plusieurs choses
il y avait un, du coup je pouvais souvent
m'engueuler fortement
avec mes amis
et voilà que ça a pu
ça a pu se crier
que je pleure
donc il y avait ça
et puis il y avait aussi
de l'alcool
en excès
des 14 ans
à partir de 14 ans
on sortait tous les vendredis et samedi soir
et on buvait beaucoup
d'alcool
j'ai eu ce même groupe de potes
pendant la suite
donc fin du collège et l'ICSE
et on comptait même plus le nombre
de blackout
donc blackout c'est quand tu te souviens pas
de la fin de soirée ou de coma
mes parents s'en sont pas rendus compte
et ne m'ont pas expliqué
les dangers
de l'alcool
et de l'alcool en excès
et j'ai été une génération
qui est peut-être tu vois
aujourd'hui c'est peut-être
une génération peut-être plus autour peut-être de la drogue
moi c'était, ma génération c'était
il n'y avait pas de drogue
quelques personnes qui fumaient de la marie reine
il n'y avait pas de drogue
en revanche on était beaucoup dans l'alcool avec s'il n'y avait
personne n'avait été sensibilisé
aux impacts de l'alcool
en excès
quand tu bois beaucoup d'alcool
déjà c'est important que les gens comprennent
l'alcool c'est quand même une drogue
donc c'est quelque chose, tu finis partie habitué
et tu as envie d'en prendre tout le temps
mais l'alcool en excès pour qu'on va faire un blackout
c'est qu'il y a quelque chose qui se passe
dans le cerveau
et ça vient complètement griller nos circuits neurones
et par exemple pour moi ça a été
un des facteurs qui a déclenché
ma maladie mentale
donc l'alcool en excès c'est très dangereux
et
malheureusement il y a une banalisation
de l'alcool
l'alcool c'est cool, l'alcool c'est sociable
l'alcool ça me permet d'être plus à l'aise
pour aller parler avec les autres
l'alcool ça me permet d'être plus
cool pour aller draguer quelqu'un
il y a vraiment cette banalisation
et ça te désignive
ça te permet d'être
plus foufou
voilà
et donc t'en oublies
le fait que c'est dangereux
et que ça peut t'impacter dans ta vie très fortement
et donc c'est pour ça que je suis disais
une adolescence quand même explosive
est-ce que
je buvais quand même beaucoup en excès
et que ça amenait du coup
à des clashes quand même dans ma vie
ça amenait des émotions très fortes
et ça amenait
progressivement au fil des années
à commencer quand même
à vivre un petit peu
des web à fortes alors c'était pas
c'était assez fort
mais c'était pas un point où c'était
handicapant dans ma vie tous les jours
parce que au lycée
j'avais toujours des très bonnes notes
et après je suis allé dans une université
qui s'appelle Dauphine qui est une université
sélective
qui est très prestigieuse la Paris
moi je trouvais que j'ai eu 17 et demi à mon bac
j'étais très bonne univers
j'ai fait un bac S et après je suis allé
à Dauphine et j'étais
ma genre de promo
et jusqu'au moment où j'ai déclenché
même à l'adimental
à 23-24 ans
et là pour le coup
il y a eu un vrai impact sur ma vie tous les jours
que ce soit mes études etc
mais donc premier petit point quand même
quand je vois
mon adolescence pas
sensibilisé
à l'alcool
aux excès
pas sensibilisé non plus
aux relations
avec les hommes
aux consentements etc
donc j'ai vécu des choses
quand même un petit peu dures
donc le mot un peu explosif
et tes frères et sœurs à ce moment-là
ils sont loin de la maison donc en fait
ils sont pas ce rôle de chaperon
parce que eux ils sont passés par là
ouais ils sont pas là
mais ça a réparti à 18 ans
sur ses études de médecine
mon frère répartit à 18 ans
donc vu qu'il y a 12 ans de plus que moi
donc non ils sont pas là
et ton rapport avec le corps
parce qu'on a une audience
beaucoup d'adolescentes
quel était ton rapport avec le corps ?
ce qui est marrant
et ça c'est quelque chose je pense
je pense que c'est important
à dire aux personnes adolescentes etc
quand t'es
je me souviens quand j'étais à dos et tout
je me trouvais vraiment moche
vu que j'avais des très bonnes notes
et que j'étais un peu leader de mon groupe
ils disaient bah les garçons ils t'intéressent à moi
parce que bon bah je suis là
l'intelligence du groupe
je suis dans TotalEspice
Sam
je sais pas la génération de TotalEspice
mais dans TotalEspice
elle est son troide
la blonde super belle
il y a l'intelligence et tout
je me disais bah voilà j'ai ça
mais je suis pas jolie
parce que aussi j'avais une de mes meilleures amies
qui était un peu la plus belle de la ville
et c'est vraiment parce que maintenant quand je regarde les photos
je suis en train de me faire du super mignon
et c'est fou comment
t'as une vision de toi
qui est complètement erronée
et qu'après quand tu grandis
et que tu regardes des photos
tu te souviens même à ce moment la fin
je me trouvais grosse mais tu te fais pas du tout grosse
c'est fou quoi
donc ouais j'avais une vision
j'avais ce truc je pense qui était très vieille
j'avais une de mes meilleures amies
où tous les hommes
ce garçon était là
waouh waouh waouh
et donc moi je me mettais vraiment en second plan
et c'est ça aussi qui est venu nourrir
cette rage et volonté de reconnaissance
et de brille
la plus petite après il y a eu
tu vois celle dans l'ombre
la petite dernière mais avec beaucoup d'années
différences
ensuite il y a eu bah
celle dans l'ombre tu vois de celle qui
est souriante
belle et tout et donc ça je pense que
c'est venu faire construire en moi
ce côté de
que j'ai envie de
de briller j'ai envie
d'être reconnue j'ai envie qu'on m'écoute
tout l'envie
et le rêve de devenir présidente de la République
française
ou une business woman
une entreprenuse
à succès
t'as abandonné présidente de la République
à un moment donné
au lycée j'ai fait
pendant mes études
j'ai fait une prépare
à Sciences Po
pour me préparer
à devenir présidente
et
ça m'a tué pas trop
je lui fais très mal le stress
en fait j'ai réussi
à trouver une manière
de travailler qui était bien à moi
donc j'avais tout mon process
je m'enfermais dans ma chambre
je regardais mes cours
je stabilité de plein de couleurs différentes
ensuite je prenais des fiches
ensuite je réécrivais avec du visuel
après je prenais mes trucs
je chantais mes notes
je les chantais
et après c'est bon
et ensuite quand j'arrivais au moment de mes évacuations
j'avais toujours au même endroit
la même table
j'avais un petit rituel
où je buvais soit un verre d'eau
soit je prenais un coca
je m'enfermais et je faisais
mon exam et j'avais des excellentes notes
mais si
par malheur y avait quelque chose d'autre
je parais un prof stressant
des choses stressantes
ou par exemple j'avais dû passer des épreuves
pour un truc qui s'appelle le GMAT
j'ai voulu aller sec
après d'autres films
j'ai dû le repasser 3 ou 4 fois
et ça m'a coûté très cher
parce que c'était très cher
de payer avec mon argent
le GMAT c'était quoi ?
anglais et maths
et en fait sur l'écran
il y avait un décompte du temps
et ça je pouvais voir le décompte du temps
qui passait
je me souvenais plus de rien
je partais de la salle
en courant et je pleurais
donc en fait
je ne supportais pas du tout le stress
un élément
déclencheur peut tout bouleverser
c'est le grain de sable
et du coup je n'arrivais pas à comprendre
parce que soit dans ces moments-là
j'avais l'impression d'être la personne la plus stupide
qui existe sur cette terre
et j'avais de la courant
ou alors je faisais n'importe quoi
et j'avais 2
soit quand je suivais mon process
ma méthode
j'avais 20
et ça je me souviens
des petites chétérins mais je ne comprends pas
je suis très entièrement débil
et maintenant je le comprends
maintenant je comprends que c'est juste que
chacun est différent
moi j'ai une sensibilité très forte
je ne supporte pas le stress
quand on me met du stress
ça m'immobilise
plutôt que ça me stimulise
et du coup j'ai besoin
aussi de suivre mes process à moi
qui sont différents des autres
pour apprendre et voilà
et j'ai trouvé ma manière d'apprendre
et c'est là où j'ai eu de la chance je pense
c'est que dès jeune j'ai réussi à trouver ma manière
à moi pour apprendre
et pour bien réussir
et que ça marchait bien
donc du coup j'ai la prépasse en ce pot trop stressante
du coup je n'ai pas voulu aller en prépan
non plus de commerce parce que j'avais peur du stress
et je me disais je vais perdre tous mes moyens
et donc je suis allée à Dauphine
donc l'université
beaucoup moins stressant
et j'ai très bien réussi parce que
je suivais mes petits process et tout
et donc à ce moment là de Dauphine
j'allais du coup sur le chemin
plutôt de chers entreprises
au tout début vu que j'étais très forte
on te pousse toujours vers
la meilleure filière quand t'es très forte
peut-être pas la filière que tu voulais faire
mais la meilleure
t'es première dans ce jeu et il faut que t'ailles dans ça
c'est génial donc moi je suis allée dans la finance
parce que la meilleure filière je fais à Dauphine c'est la finance
donc je suis allée en finance
je fais mon master finance
je suis allée faire des stages
et puis en faisant mes stages
donc où j'ai un fonds d'investissement
je me suis rendu compte que bon je voulais aller
dans le milieu entrepreneuriat
et monter des boîtes et donc je suis allée à Laissez-Cac
en école de commerce
et après cette école de commerce
je me suis lancée dans le milieu entrepreneuriat
est-ce que tu peux juste expliquer
ton métier
qu'est-ce que tu fais concrètement dans un fonds d'investissement
pour les jeunes qui nous écoutent
oui oui oui en fonds d'investissement
donc qu'est-ce qu'on fait
c'est qu'on va chercher des entreprises
dans lesquelles on croit
et on pense que bah elles vont bien marcher
et on se dit
ok je leur donne de l'argent
contre le fait d'avoir
quelque part de l'entreprise
donc imaginons
je leur donne de l'argent
j'ai un quart de l'entreprise
et en fait tu paris sur le fait
que l'entreprise elle va devenir beaucoup plus grosse
et que du coup ton quart
va valoir beaucoup plus que
l'argent que tu as investi
donc c'est-à-dire que si tu as mis 10 euros
bah toi tu envisages d'avoir 20 euros après
donc tu as un retour sur ton investissement
en schématisant
non mais c'est exactement ça
ok et est-ce que tu t'épanouissais
dans cette voie ?
parce qu'on t'a un peu forcé
on t'a dit t'es la meilleure, tu vas en finance
généralement je me souviens
en école de commerce, c'est toi qui faisais finance
et c'est ceux qui voulaient devenir riche
est-ce que toi c'était parce que tu voulais devenir une star
est-ce que tu avais
tu t'épanouissais dans ce milieu
il y avait des choses que j'aimais bien
parce que j'aime bien
les chiffres
et j'aime bien
je pense que ça me rassure aussi
d'être posée face à des chiffres
il y a un côté très méthodique
parce que depuis le début tu dis que t'avais
cette méthode
et c'est vrai que la finance
t'es devant ton tableur
et celle et tu manipules
des chiffres donc il y a un côté très méthodique
en fait j'ai un côté très méthodique
et puis ce côté
méthodique a quand même été un peu
explosé avec
l'arrivée de ma maladie mentale
maintenant
tu parles depuis le début
de ta maladie mentale
moi j'aimerais savoir
comment tu prends le chemin
je vais dire parce que tu es parti en Afrique
comment tu l'as vu
qu'elle a été le déclique
qui t'a fait comprendre
il y a quelque chose qu'il faut que je regarde meer près
que je suite.
Alors ça a mis du temps, c'est-à-dire que là je suis dit il y a eu l'arrivée de
ma maladie mentale mais à ce moment-là je savais pas qu'il y avait eu cette arrivée
de ma maladie mentale.
En revanche quand j'ai fait mes stages en finalissement, le deuxième stage, mon maître
de stage m'a invité au resto à la fin du stage et il m'a dit écoute Léa t'es brillante,
t'as fait un super stage mais tu penses que ici il y a combien de personnes qui vont
voir un psy ? Je ne sais pas, peut-être une et il me dit non il y a plus de la moitié
des gens dans ce resto qui vont voir un psy, c'est pas du tout grave d'aller voir un psy.
Quand tu dis psy, c'est psychologue ou psychiatre ?
Il me dit psy, tu vois en général et il me dit Léa tu vis des gros hauts et des gros
bas, tu devrais aller voir quelqu'un et moi je ne l'ai pas pris au sérieux, je suis
allé voir personne etc.
Mais en fait il a exactement défini au final ce qui m'arrivait, c'est-à-dire que
j'étais en train de développer un trouble, le psy chier qui s'appelle la bipolarité
et qui consiste à avoir deux grosses phases sur plusieurs mois, une phase haute d'exaltation,
d'énergie débordante, d'ambitions énormes, des goûts très développés.
Dites-tu ?
D'une phase, j'ai envie d'être présidente de la République et t'es alors suive.
En 6 mois, tu vois, il y a encore un côté, parce qu'au final il n'y a pas de problème
dans l'ambition, je veux dire, c'est quand même de devenir président de la République
mais que tu as conscience que ça va te prendre 30 années de ta vie, j'ai envie de te dire
ok bravo, mais par contre je vais devenir starant 6 mois, là tu déconnes un peu quoi.
Et l'autre phase qui est donc phase basse, dépressive, où là c'est tout l'inverse,
plus aucune énergie, ton cerveau qui marche plus, très difficile d'aller au bout
d'une idée, et là un égo qui est très bas, où tu as l'impression vraiment d'être
nul en tout, de servir à rien et que la vie serve à rien.
Et donc en fait, ça je l'ai développé, mais je m'en suis rendue compte que beaucoup
plus tard.
T'avais quel âge ?
Donc ça je l'ai développé, ça s'est vraiment déclenché de manière assez forte à l'âge
de 23-24 ans.
On a eu des soupçons à l'âge de 28 ans et j'ai été diagnostiqué à l'âge de
30 ans.
Et aujourd'hui t'as 32 ?
Et aujourd'hui j'ai 32.
Et ça quand même fait pas mal dépendre donc ma vie et mes choix, je pense, parce que
du coup quand t'es comme ça, c'est vrai que le côté finance et tout peut te paraître
un peu chiant.
Et donc c'est pour ça qu'après la finance, je suis allée en école de commerce et puis
après j'ai voulu aller dans le milieu entrepreneurial.
Parce que voilà, l'exercice, l'exercice, l'ambition et tout.
Et donc je suis directement parti en Afrique, en Côte d'Ivoire, où en fait j'ai monté
une assez grosse boîte pour quelqu'un.
Donc ce monsieur me payait pour que je monte sa boîte.
J'ai commencé par une énorme phase d'exaltation comme je suis allée raconter, donc tout allait
pour le mieux.
Et j'allais très vite.
Et le but c'était de monter une marque de co-working.
Donc en fait, t'as des immeubles qui vont être construits ou à l'intérieur tu vas
mettre des endroits pour acquérir les startups, des endroits pour acquérir les plus grosses
boîtes, des endroits pour faire des événements, etc.
Et en fait, il n'y avait pas trop ça en Afrique à ce moment-là.
Alors que dans les pays européens, il y en avait plein.
Le but c'était de monter ça, ça s'appelle toujours Africa Works.
Et j'ai commencé par des mois comme ça et puis au bout de quelques mois, je suis
tombé dans l'autre phase.
Et à ce moment-là, je suis allée voir un psychiatre et j'ai eu pour la première
fois un diagnostic de dépression.
Parce que pour bien expliquer aux personnes qui écoutent, la dépression donc t'as ce
diagnostic-là de la part, donc moi dans mon cas d'un psychiatre, un psychiatre, c'est
le médecin des troubles mentaux.
Et en fait, la dépression, c'est une maladie.
C'est pas un état comme une déprime.
C'est-à-dire que vraiment ça vient attaquer ton cerveau.
Et donc ton cerveau, il va avoir des connexions neuronales qui n'existeront plus pendant
ta dépression et qui feront que tes pensées, elles n'arrivent pas à aller au bout d'une
idée. Et donc elles vont se répéter, se répéter, se répéter.
Ce qu'on appelle un peu les rominations.
C'est le fait d'avoir toujours ces idées tristes, mauvaises, etc.
Et ça va venir derrière aussi attaquer ton corps ou ton corps.
Du coup, ne va plus avoir d'énergie, plus le foule.
Et donc tu n'arrêtes plus à te lever le matin.
C'est très compliqué. Tout est dur.
Et c'est ça qui est très important à comprendre.
C'est une maladie.
C'est-à-dire c'est chimique.
C'est la raison pour laquelle, quand t'as une dépression, le médecin,
va te proposer des médicaments.
Et c'est pas grave de prendre des médicaments.
Les médicaments, ils sont là pour venir dire à ton cerveau,
« Hello, je vais t'aider à ressecréter »
ce qu'on appelle des neurotransmetteurs, c'est la serotonine.
« Je vais t'aider à ressecréter ces neurotransmetteurs,
qui sont là pour recréer les connexions neuronales. »
Et ça, je pense que c'est quelque chose qui est important à comprendre.
Parce que, par exemple, moi, ma famille, ma mère, mon père,
ne connaissaient pas du tout ce milieu-là, la dépression et le stint,
tout au fait qu'ils connaissaient mal.
Et donc, quand ils ont rendu le mot « médicament » panique totale,
« Non, non, ma fille peut pas prendre des médicaments. »
Et alors que c'est pas spécigraph, je veux dire, si t'as une maladie,
la grippe ou si tu prends des médicaments.
Et donc, c'est à ce moment-là où j'ai fait ma première dépression.
Mais je pensais être dépressive,
puisqu'après, on est suivi chaque année où je faisais une dépression.
Et à ce moment-là, on pensait que j'étais juste dépressive et pas bipolar.
Et la bipolarité, on a commencé à la suspecter au bout de plusieurs années.
On se rendant compte que je faisais pas seulement des bas,
mais que avant mes bas, j'étais souvent très, très haut.
Et donc, à partir du moment où tu es que ça alterne
entre des très gros hauts et des très grands bas,
là, on parle de bipolarité.
– Est-ce que c'est génétique ? – Oui.
Alors, c'est en grande partie génétique.
Et puis après, tu vas voir des facteurs déclenchants.
Donc moi, dans mon cas, j'ai creusé.
Et en effet, je me suis rendu compte que dans la famille de mon père et de ma mère,
il y avait des personnes qui avaient fait des dépressions,
qui étaient allées à l'hôpital, etc.
Mais on en parlait pas du tout, donc j'ai dû creuser.
– Et c'était de dépression, c'était pas bipolarité ?
– Non.
En creusant, je me suis rendu compte sûrement que ma tente était bipolar,
mais il n'avait pas été diagnostiquée.
Mais en tout cas, les pariants du côté de mes grands-parents,
c'était des dépressions.
Donc, c'est des choses qui m'ont été rétitaires.
Et puis après, il y a des choses à éviter.
Parce qu'en fait, c'est une maladie qui va se déclencher au niveau de l'adolescence
et début de vie adulte.
Donc, on va dire de 15 à 25 ans.
Donc, c'est sur ces années-là où il faut vraiment faire attention.
– Donc, en fait, c'est l'attent, c'est-à-dire que c'est dormant.
– Ouais.
Et que ça peut se déclencher sur ces années-là.
– Et qu'est-ce qui va les déclencher, un choc émotionnel ?
– Ça peut être un choc émotionnel
ou ça peut être de la prise de substance,
fumer de la marijuana, prendre de la drogue dure,
ou pouvoir de l'alcool en excès.
Comme je l'ai raconté au début,
l'alcool en excès a un impact sur le cerveau.
En fait, toute chose qui va pouvoir avoir un impact sur le cerveau
va venir déclencher,
– Réveiller.
– Réveiller des troubles psychiques que tu as avoir.
– Et donc, comment en fait, petit à petit,
tu intègres ces nouvelles,
cette maladie dans ta vie ?
Parce que tu es en Afrique, tu as quitté l'Afrique à ce moment-là,
tu es nouveau en France,
comment fait-ce se déroule tes journées ?
– J'ai mis longtemps à comprendre
l'importance de cette maladie.
– Tu étais dans le déni ?
– Je t'étais dans le déni.
– Ouais.
– Et j'étais dans le déni longtemps.
C'est la raison pour laquelle,
aujourd'hui, j'essaye de me battre pour aider les gens à ne pas être dans le déni.
On va dire que ma grande bataille aujourd'hui,
elle est de dire n'ayez pas honte,
parce qu'au final, le déni est vraiment très lié à de la honte.
N'ayez pas honte, c'est pas de votre faute.
Mais par contre, c'est de votre responsabilité d'accepter
que vous avez ces fragilités, ces troubles,
et c'est de votre responsabilité
de mettre en place des choses dans votre vie pour aller mieux.
Et moi, j'avais honte,
j'ai fermé les yeux pendant très longtemps,
après, ça n'a pas été aidé par mon psychiatre
puisque mon psychiatre ne connaissait pas bien la bipolarité
et ne me l'a pas diagnostiqué.
Parce que mon entourage ne connaissait pas cette maladie, etc.
et donc ne pouvait pas se rendre compte de ce que c'était,
puisque vu que les gens ont beaucoup de stigmates
vis-à-vis des maladies mentales,
ils s'imaginent que quelqu'un qui est bipolar,
ça ne peut être que quelqu'un qui est complètement fou.
Ils ne peuvent pas imaginer que c'est leurs frères, leurs sœurs, leur cousin,
qu'ils adorent, qu'ils n'aiment plus que tout.
Donc, du coup, ça va être très difficile pour les proches de s'en rendre compte.
Donc, j'ai fermé les yeux pendant longtemps
et c'est le jour où j'ai été bien diagnostiqué,
que j'ai vraiment ouvert les yeux,
que ma vie a commencé à changer,
que je suis passée dans la phase de construction.
– Oui, parce que tu as accepté tes maladies.
– Oui, ça change tout.
Vraiment, il y a un avant et un après de quand tu acceptes.
– Dites-moi ce que je dis, c'est que
quand on aime inconditionnellement quelqu'un de notre entourage,
on l'aime dans toutes ces facettes.
Ces facettes positives, ces facettes négatives,
en fait, on aime tout chez lui.
Malheureusement, on ne nous a pas éduqués à nous aimer de la même façon.
On n'a pas du tout éduqué à ouvrir les yeux,
à regarder toutes nos facettes et à les aimer.
Et donc, les facettes qui vont être négatives,
on préfère fermer les yeux, pas les voir,
parce que sinon, on se déteste.
Et je pense que c'est un peu ça le problème.
Si tu ouvres les yeux, voilà,
moi, cette maladie, j'ai ce trouble-là, etc.
Et je l'accepte, je l'ai.
Et maintenant, je vais apprendre à vivre avec,
je vais apprendre à comprendre comment je marche.
Au final, c'est comme ça qu'on avance.
Et moi pendant très longtemps, je n'ai pas voulu l'accepter,
parce que je me disais, si j'ai ça,
je me déteste,
enfin, personne ne voudra de moi, etc.
Et quand je l'ai accepté,
ça m'a redonné le pouvoir.
Et redonner le pouvoir, ça veut dire que tu te dis,
OK, maintenant, qu'est-ce que je vais faire avec ça ?
Et j'ai commencé à mettre en place plein de choses dans ma vie
pour pouvoir vivre avec ça.
– J'ai du question, parce que ça veut dire que tu te lèves un matin
et tu dis, OK, j'accepte ?
– Pas du tout.
Non, pas du tout.
Je ne me lève pas du tout un matin et je me dis, j'accepte.
C'est des années où je vis des dépressions à répétition,
très, très difficiles, qui s'accentuent au fur et à mesure des années,
de plus en plus suicidaires,
avec des pensées très noires et une vraie bataille pour ne pas me tuer.
Donc vraiment, un moment de râle-bol total au bout de plusieurs années
où j'ai vécu plein de dépressions, un changement du coup de psychiatre.
Et donc, la lecture de livre sur la bipolarité et de BD,
qui m'ont permis de me rendre compte que ce n'est pas des fous qui sont bipolaires,
c'est la personne que tu vas croiser dans la rue,
– C'est le présentateur radio.
– C'est le présentateur radio, cette comédienne, etc.
Et toutes ces choses-là qui m'ont amené à faire mon petit bout de chemin
et où je me suis dit maintenant, j'ai juste envie de savoir qu'est-ce que j'ai,
arrêter de culpabiliser sur le fait de vivre ça.
Et ensuite, comprendre comment on peut faire,
quelles sont les traitements, quel est l'accompagnement que je peux avoir
et quelles sont les choses que je peux mettre en place dans ma vie
pour pouvoir mieux vivre avec ça.
Mais le gros point qu'il y a fait, que j'ai mis autant de temps,
c'est vraiment le mot honte.
En fait, ça me paraissait tellement la pire chose qui puisse arriver que d'être bipolaire, vraiment.
C'est quand j'ai entendu pas la première fois ce mot-là, mais je me suis effondré par terre,
mais je prie tout ce qui existe dans ma vie de ne pas être bipolaire.
Donc c'est ce mot-là et à partir du moment où je l'ai enlevée,
maintenant je pense que je l'ai bien enlevée
puisque je me baladais avec une porte-cartes. Je suis bipolaire, tu m'invites.
C'est ça qui a changé ma vie.
Comment, parce que là on me parle de toi,
mais comment en fait on peut accompagner un enfant,
un adolescent, un adulte, un de ses proches dans cette maladie ?
Quelle est le comportement à voir et c'est même plus large par rapport vis-à-vis de la personne dépressive ?
Premièrement, je vais dire vis-à-vis de la bipolarité.
En fait, le proche peut aider la personne à avoir du recul sur elle.
En fait, ce qui est très difficile dans la bipolarité,
c'est que tu n'arrives pas à avoir du recul et à te rendre compte que tes phases sont très fortes
et d'autant plus tes phases hautes.
Tu n'arrives pas à te rendre compte que ce n'est pas normal d'avoir si peu envie de dormir,
d'avoir cette ambition, etc.
Moi, ma mère me disait tout le temps,
« Nan, Mélia, calme-toi, etc.
Je t'ai emmené de toi toute ma mère, tu crois pas en moi.
Puisque je suis petite, moi je veux devenir présidente,
je sais que je vais y arriver et toi tu crois pas en moi. »
En fait, ce qu'on fait, du coup, dans ces situations-là, c'est qu'on coupe avec notre entourage.
Tout est là en mode « il ne me comprenne pas ».
Donc quand t'es un proche, ce qui est important, c'est d'aider ton enfant, etc.
A juste prendre un peu de recul sur comment il est
et réussir un peu à comprendre qu'est-ce qui peut venir déclencher
un peu tes phases hautes, commenter, peut-être que tu parles un peu plus vite,
peut-être que tu commences à te lancer dans quatre prochains même temps, etc.
Ça, les proches ont une vision beaucoup plus complète que la personne qui le vit.
Ensuite, l'autre chose, ça peut être pour travailler sur ça.
Par exemple, de regarder des contenus sur la bipolarité,
on peut aller sur ma chaîne YouTube où j'ai fait des contenus dessus,
mais on peut acheter une BD qui s'appelle « Goopi Loface »,
une super BD qui raconte l'histoire d'une jeune fille qui est bipolar
et tu te rends compte que c'est une fille comme tout le monde
et en fait, tu arrives à te rendre compte au final de ce qu'on vit.
Donc en tant que proche, je les habile à bipolarité,
elle est vraiment de rester main dans la main
et d'empêcher la personne de nous mettre de côté,
parce qu'il ne te comprend pas et tout,
et de l'aider à prendre un peu de recul
et à dire, regarde, là, tu sais, par exemple,
faire des dépenses comme ça, ce n'est pas spécialement normal.
Des choses comme ça.
Vis à vie de la dépression, c'est la chose la plus simple mais qui est essentielle.
Comme je te disais, j'ai fait beaucoup de dépression,
des dépressions très suicidaires.
Moi, le nombre de jours où la pensée dans ma tête était…
J'aimerais tellement finir, j'aimerais tellement finir.
Je l'avais tout le temps.
Et la seule raison pour laquelle je ne l'ai pas fait,
c'est parce que mon entourage était présent
et que je savais qu'il m'aimait et je ne voulais pas leur faire ça.
Et en fait, c'est pour ça qu'on dit rester présent.
Te demeure, tu ne peux pas faire grand-chose,
si tu es une maladie, tu ne pourras pas lui enlever cette maladie.
Mais par contre, si tu es là, tu es présent.
Et il faut être présent physiquement ?
Non, ça peut être au téléphone.
Tu vois, même si tu n'es pas présent physiquement,
juste d'appeler, en fait, tu donnes une raison à la personne de se battre.
Parce qu'en fait, elle ne se battra pas pour elle-même.
Moi, en finir, c'était la plus grande libération que je pouvais m'offrir.
C'était le plus grand cadeau que je pouvais me faire.
C'est-à-dire que j'avais plein de moments où je ferme les yeux
et j'imaginais que j'en finissais et je me sensais enfin apaiser.
Tu vois, je me disais,
ce serait ma solution pour arrêter de souffrir.
C'est ça, c'est ça que les gens ont du mal à comprendre.
Une dépression, c'est une souffrance continue.
Et donc, vouloir en finir, ce n'est pas quelque chose de triste pour nous.
Ce n'est pas quelque chose de...
Tu vois, d'horrible, c'est plutôt le paradis pour nous.
Donc, il faut qu'il y ait une raison au fait de se battre.
La raison que tu es de se battre,
elle est de ne pas faire de mal à des personnes que tu aimes.
Donc, c'est pour ça qu'on dit, soit juste présent.
Et donc, si tu n'es pas là dans le physique...
Pas grave, on va envoyer des petits messages.
On va envoyer des petits messages.
Les photos, un fixe.
Juste ça.
Juste ça.
Et moi, c'est ça qui m'a amené à tout le temps me battre.
Il y a une petite refait, je ne peux pas leur faire ça.
Par contre, tu ne pourras jamais sauver la personne.
Il y a deux choses.
Un, c'est une maladie.
Il y a un qui est ce qui a réussi à enlever le diabète à quelqu'un.
Et tu peux te sauver que toi-même, en fait.
Et le deuxième, je pense, c'est une phrase,
moi qui a été très importante dans ma vie.
Sauver quelqu'un, c'est lui voler sa victoire.
Et ça, je pense que c'est une phrase
que tout le monde devrait garder.
Hyper fort.
Parce que tu peux réussir à tout donner.
Et à dire, « Yeah, j'ai réussi à le faire sans ça »,
il retombra après.
Parce que ce n'est pas lui qui a réussi à s'en sortir par lui-même.
Donc, il n'a pas développé les outils
pour réussir à s'en sortir par lui-même.
Donc, il retombra.
Il y a plein de fois, et moi, la première,
d'un vie de tout donner, c'est « Allez, vas-y, viens, sort,
viens, on va faire ça ».
Il y a un truc qui est « Ouais, je vais réussir et tout à la sauver ».
Et moi, j'ai par exemple,
une de mes meilleures amis qui pouvait faire ça.
Et du coup, ça m'a limite développé une dépendance
où j'étais là.
En fait, je peux être bien que quand tu es là.
Mais c'est horrible, tu vois.
Et du coup, je n'avais pas appris
à sortir de mes moments durs, seuls.
Et donc, en fait, ça ne marche pas.
Donc, c'est vraiment un point,
c'est pour ça, vraiment, ne culpabilisez pas
de pas sauver la personne, etc.
Vous ne pouvez pas, par contre,
montrer l'amour que vous avez pour elle et la présence.
Et ça lui donnera une raison de se battre.
C'est tout.
Alors, tu es aussi au micro du podcast Nouvelle-Zéroïne,
parce que tu es une grande aventurière.
Comment tu en es venue à être cette exploratrice,
cette aventurière ?
Comment tu as eu envie ?
Parce que là, tu viens nous expliquer, effectivement,
ce côté d'exaltation.
Donc, on peut se dire que, ben,
gravir un des plus hauts sommets du monde,
t'as cette envie de te surpasser,
d'exaltation, d'être tout en haut.
Donc, il y a un coup de poignet.
C'est un côté un peu président de la République et c'est ça.
Comment, en fait, tu l'as mis en place dans ta vie ?
Comment c'est...
Enfin, c'est venu, je pense que ça a été tout un cheminement.
Surtout, comment tu gères ta maladie
quand tu pars à l'aventure et quand tu es sur les routes.
Donc, quand je racontais, on est une personne avec plein de facettes,
et que je te disais, ben, j'ai accepté la facette bipolarité,
je l'ai accepté, en revanche, elle me définit pas.
C'est-à-dire que je ne suis pas juste bipolar,
je suis aussi plein d'autres choses.
Et ça, c'est un point qui est important.
Les gens vont se dire, ah oui, ben, c'est normal, elle est bipolar,
du coup, elle veut faire des aventures,
se mettre en danger, etc.
Ce n'est rien à voir.
Ce côté aventuré, je l'ai depuis petite.
C'est quelque chose que j'ai complètement à côté,
de la bipolarité,
et plutôt, je vais même vous raconter que
ça a été plutôt un challenge pour moi
de réussir à faire avec ma bipolarité et les aventures.
Mais j'ai ce côté aventure depuis que je suis jeune,
où je pars toute seule,
marcher dans la montagne,
ou aller me balader dans des pays toute seule,
en m'invitant chez les gens, etc.
C'est quelque chose pour moi qui me fait un bien fou,
ça m'a air d'esprit,
jamais être dans la nature, je me sens bien.
La montagne me fait énormément de bien.
Vu que j'ai vécu quand même pas mal de dépression,
la montagne, je trouve que c'est un peu l'inverse,
dans le sens où ça me permet de monter en haut,
de voir loin, à la différence de quand t'as en dépression,
où tu vois pas plus loin qu'un centimètre,
où tout est noir,
et où tu ne trouves pas de solution.
Et puis t'as cette côté de prendre du recul,
prendre de la hauteur ?
Tu prends du recul,
par rapport aux choses.
Exactement, tu prends énormément de recul,
par rapport aux choses.
Et là, c'est quelque chose qui me fait un besoin de fou.
Et donc moi, mon challenge,
il a été d'être une maladie,
qui fait que t'as des très grosses variations.
Sauf que partir à l'aventure,
et en particulier par exemple,
aller monter des hauts sommets,
physiquement, tu montres très haut et tu redescends très bas.
Et là, il y a un petit hic,
parce qu'en fait,
du coup, t'as une maladie,
qui n'est pas vraiment adaptée à ta volonté d'aventure,
parce que si tu montres des hauts sommets
et que tu redescends,
t'as des très gros risques,
quand tu redescends,
tu fesses une très grosse dépression.
Et c'est ce qui m'est arrivé,
avant d'avoir compris que j'étais bien bipolar,
etc.
Je faisais des ascensions,
et puis après, je me tapais des énormes dépressions.
Et donc là, il a fallu se dire,
ok, tous les psychiatres,
tout ce que j'ai pu lire,
tout le monde me dit,
bon Léa, t'as cette maladie,
elle est dure, elle est difficile, etc.
Il faut que tu aies une vie
qui est très très stable,
très monotone,
il faut que tu oublies ce côté aventure,
parce que c'est beaucoup trop risqué,
au vu de ta maladie.
Et là, t'effaces à quelque chose
ou tu te dis putain merde,
parce que pour moi,
l'aventure, c'est pas juste une petite lubie,
c'est une façon de vivre.
Et c'est quelque chose qui me rend vivante,
c'est ma curiosité qui est là,
c'est tout,
j'aime partir seul,
j'aime être dans la nature,
j'aime me dépasser,
j'aime comprendre plein de choses sur mon corps, etc.
Et donc là, je me suis dit,
bon, bah challenge,
il faut que je réussisse à faire ces aventures-là,
et en même temps, à dompter
ma maladie et pas à faire,
ok je l'ai pas,
parce que ça, ça ne servira à rien,
ça s'est renié,
c'est ce qu'on a dit, on ne veut pas.
Non, on veut du accepter,
j'accepte,
ma maladie.
Et donc j'ai trouvé une psychiatre
qui m'a aidé
à trouver un bon traitement pour ma maladie,
à être bien accompagnée,
et surtout,
à être en place plein d'outils
dans ma vie de tous les jours,
pour pouvoir gérer des aventures
ou une vie qu'on peut dire un peu d'instabilité,
parce que je vais bouger tout le temps
d'endroits au chouet
ou je vais vivre
des gros dépassements, etc.
Donc ça a été vraiment un challenge
pour moi,
de réussir à allier les deux,
et il y a un peu de dire,
bon, bah vous m'avez dit que c'était impossible,
et je vais vous montrer que c'est possible.
Du coup, t'as une vie
qui est hyper ritualisée alors,
enfin, routineière,
dans le sens que tu expliquais
avec ta méthode, Léa,
tu l'as aussi maintenant aujourd'hui appliqué.
Ouais, c'est vrai, c'est marrant,
j'avais jamais pensé à ça,
mais c'est vrai que j'avais tout final,
dans ma vie,
j'ai été amenée à développer
au final des méthodes
pour pouvoir, on va dire,
faire de qui je suis une force,
et pas une faiblesse,
comme je te l'ai dit, c'est vrai,
quand j'étais jeune,
si j'utilisais pas ma méthode,
bah j'avais deux.
Si j'avais ma méthode,
bah j'avais vingt,
bah je pense que là,
c'est un peu la même chose.
Si j'ai pas mes outils, etc.,
bah c'est catastrophique.
Je finis en dépression,
dans mon lit sans bouger.
Si j'utilise ma méthode,
bah j'ai une vie incroyable.
Je crois que c'est un peu ça.
Et donc, j'ai développé
une méthode avec des routines
qui est adaptée
au fait que je vais bouger,
voilà.
Donc, parmi mes routines,
tous les matins,
j'ai un petit carnet,
avec un diagramme de lumeur,
je note de 1 à 10
comment je me sens.
Ça, ça me permet de savoir
où est-ce que je me suis tué,
et avoir une visibilité
sur les derniers jours,
si je suis stable,
ou si je commence à monter,
ou si je commence à descendre.
En fonction de comment
je vois que je me sens,
je vais aller adapter ma journée.
Si je vois que je commence
à tomber,
je préve dans mes proches,
je te dis,
ça va pas trop,
je préve dans les personnes
avec qui je travaille,
je dis,
je vais faire une petite pause, etc.
Si je vois que je suis en train
de monter,
j'ai pareil.
Si je commence à monter,
je vais arrêter les stimulations,
les réseaux sociaux, etc.
Je vais pas faire de grosses dépenses.
Je vais pas me lancer
dans des nouveaux projets.
C'est ça le problème.
Quand tu vas dans les hauts,
tu te dis,
ouais, on va monter ça,
ouais, on va faire ça.
Et après, 3 mois après,
tu es au bout de ta vie,
tu es dans ma vie.
Pourquoi je me suis lancée
dans tous ces projets ?
Ensuite, j'ai un autre petit carnet,
Livre de 5 minutes,
qui est trop bien,
où j'écris un peu mes gratitudes
et comment j'ai envie de passer
ma journée.
Je fais 30 minutes de méditation
tous les jours,
mais pareil,
bien adapté au fait
que je bouge et tout.
Donc, c'est jamais à la même heure,
c'est quand j'en ai envie,
mais j'ai développé
un type de méditation
que j'aime tellement
et qui me fait tellement de bien
qu'en fait,
chaque jour, j'ai envie de la faire.
Et je peux la faire nain pour tout.
Je peux la faire dans le métro,
je peux la faire 10 000 pas par jour,
obligatoirement.
Pareil, ça, j'ai adapté
pendant longtemps.
J'étais en mode,
il faut du sport, de la course, etc.
En fait, je me suis rendue compte,
c'est pas assez adapté,
parce que,
s'il y a des moments,
j'ai pas trop de force et tout,
du coup, je vais pas faire mon sport.
Alors, si tu te dis 10 000 pas,
tu peux marcher à 2 à l'heure
et écouter un podcast,
tu pourras le faire dans tous les cas,
tu vois,
où tu fais même moins et tout.
Plus d'alcool,
j'arrêtais l'alcool.
Le soir, pareil,
j'ai un petit rituel,
toutes les semaines,
à pêle avec ma psy.
Dormir,
je dors jamais moins de 9 heures
par nuit.
Qu'importe ce qui se passe,
je vais toujours adapter, etc.
Mais il faut que je fais ça.
Donc, c'est plein de petites choses
qui font que
je peux vivre
des choses instables.
Je pense que le meilleur exemple,
quand même,
c'est cet été,
où j'ai fait un tour de France
sans argent
avec ma pancarte subie,
pour être une main vide,
j'étais dépendante 100% des gens.
C'était en pleine canicule,
43°C,
je me suis tapée.
Et bah, heureusement,
que j'avais toutes mes petites routines.
Je ne savais pas
où est-ce que j'allais dormir
chaque soir, etc.
Mais je faisais mes routines
et je me sentais très bien
et j'ai pas vécu de...
de crise, quoi.
Mais je trouve que cette routine,
elle peut même s'appliquer
à tout le monde.
Tout le monde.
Parce qu'en fait,
moi, je vois ça.
Enfin, tu vois,
ma fille qui est entrée au CP
de le matin,
de quelle humeur tuée,
les gratitudes,
le soir, je demande
quelle a été ta pépite
et quelle a été ton épine.
Et en fait,
la méditation marchée,
en fait,
ça devrait être notre quotidien,
notre routine
de tous les jours.
Donc je trouve que c'est un super conseil
qu'il faut qu'on s'applique et...
Oui, moi, je ne trouve pas du tout,
tu vois que ce que j'ai mis en place,
que ça soit excessif,
etc.
Et moi,
ce que j'aime bien dire,
c'est que c'est un peu le diamant
dans mon épine.
C'est-à-dire que ma maladie
m'a obligé
à mettre en place
ces routines-là,
parce que si je ne les mets pas en place,
ça va être la cata.
Mais au final,
ces routines-là,
je suis très contente
de les avoir mis en place
et j'espère à tout le monde
de pouvoir les mettre en place
dans sa vie,
parce que ça permet
juste d'avoir une vie saine,
à l'écoute de soi,
à l'écoute de comment on sent
et du coup,
de pouvoir être ambitieux dans la vie
sans se cramer.
Et ça, c'est génial.
Ça, c'est trop bien.
Pour les auditeurs,
auditrices qui nous écoutent
et qui pensent,
moi aussi,
je vais être comme Léa,
mais j'ai un doute,
j'ai peur.
Qu'est-ce que tu leur dirais ?
Moi, je pense qu'il y a
une chose qui est essentielle
et qu'au final,
j'ai depuis petite,
c'est le rêve.
C'est comme je te l'ai dit
à un peu d'un,
je disais, je vais être président
de la République.
Je ne le saurais jamais,
président de la République.
Je ne l'ai même plus envie de la.
Aujourd'hui, personne ne peut me dire
qu'on s'en fiche.
C'est un rêve.
Et surtout qu'il n'y a pas de petit rêve.
On dit président de la République,
mais tu peux avoir des rêves.
Non, mais après,
maintenant, j'ai des rêves.
Enfin, j'ai envie d'avoir
un appartement
où vivre, tu vois.
Et les rêves,
j'ai envie d'avoir
ce type de boulot.
J'ai envie d'avoir
un équilibre de vie
entre réussir à avoir
une famille,
et en même temps,
un poulot dans lequel je suis.
J'ai ce rêve de un jour
aller voyager
aller trois semaines en amnibie.
J'ai ce rêve de...
On ne sait rien.
De rencontrer ta personne.
Du coup, c'est-à-dire que le rêve
est le fil conducteur de la vie.
En fait, pour moi,
ces rêves vont être
moteurs
pour accepter du coup
toutes les facettes
de ta personnalité
et avancer avec,
parce que ça va être
la seule manière d'y arriver.
Et parce que des rêves,
ce n'est pas quelque chose
que t'as en une semaine.
Des rêves, c'est une vision
de long terme.
Donc, ça te permet
de te rendre compte
que la vie va être un marathon.
Et pour gagner un marathon,
il faut avoir conscience
exactement de qui t'es,
de tes forces,
de tes faiblesses
et de t'écouter en continu,
et de bien vivre
tout le chemin.
Et c'est ça pour moi,
je pense,
qui est ultra important.
Donc, moi, j'irais vraiment
recommander
à 6 personnes là
de se dire, ok,
essayons de s'imaginer
un peu mes rêves
à 5 ans,
à 10 ans.
Je pense qu'il faut voir
un peu loin.
Et ensuite,
de se dire, ok, bon,
comment je vais faire
pour tenir
et pour pouvoir bien vivre
tout le chemin.
Tu te rends compte que,
oui,
si on apprenant à être connait,
en comprenant tes limites,
en acceptant
tes vulnérabilités,
en mettant en place
des choses
pour pouvoir bien vivre
tout ce qui se passe.
Parce que des hauts,
des bas,
des difficultés
t'en aura tout le temps.
Et ça, vraiment,
je veux dire,
c'est la vie, quoi.
Donc, c'est comment tu fais
pour réussir à les passer.
C'est le moment de hauts,
c'est le moment de bas.
Et hier,
j'ai vu un passage
sur France Inter,
où le thème c'était
comment on peut être heureux
et qu'est-ce que c'est que le bonheur.
Et le chroniqueur,
il a dit quelque chose
et je pense qu'il a vraiment raison.
Il dit,
mais en fait,
c'est d'être à sa place.
Et je pense que être à sa place,
en tout cas, moi,
si je me demande,
est-ce que les hautes,
elles sont à ta place ?
Je dirais oui, je suis à ma place.
Est-ce que je suis sur mon chemin
vers où je veux aller ?
Et vers où je veux aller ?
J'ai envie
d'impacter
dans le milieu de la santé mentale.
J'ai envie de casser les tabous
sur les maladies mentales.
J'ai envie de permettre aux gens
de ne pas avoir honte,
d'avoir des troubles,
d'avoir des vulnérabilités, etc.
Du coup, je suis sur mon chemin
et du coup, je pense que je suis heureuse.
Mais ça ne veut pas dire
que je ne veux pas des moments difficiles,
ça ne veut pas dire
qu'il y a des moments où je pleure.
Ça ne veut pas dire que,
mais je suis sur mon chemin.
Et pour savoir si tu es sur ton chemin,
il faut savoir quelle est la destination.
Donc, il faut réfléchir
à la destination,
sachant qu'elle peut changer
dans le temps.
Et ça, c'est OK.
Et peut-être un point,
quand même, qui est très important,
qui est expérimente,
puisque tu disais,
oui, si tu vois des personnes,
voilà, des jeunes ados,
elles sont là en mode,
mais je n'aimerais pas,
mais je ne sais pas, etc.
Il n'y a que le fait
de vivre et d'experimenter,
qui te permet de comprendre
qui tu es, ce que tu aimes,
ce que tu n'aimes pas,
et qui te permet d'avancer.
C'est vrai que moi,
j'ai toujours été,
j'ai eu cette chance-là,
toujours été quelqu'un dans l'action,
à faire, faire, faire.
Donc, en effet,
quand tu fais, fais, fais,
tu vas avoir 10 fois plus d'échecs
que les autres,
mais tu vas avoir
aussi 10 fois plus de réussite
que les autres.
Donc, je dirais,
voilà, cette personne-là,
bah, t'ose pas,
je sais pas, partir
seul, faire des aventures comme moi,
mais attends,
il n'y a pas de soucis,
déjà, fait par pas seul,
avec une amie,
par dans un truc encadré,
tu vois, genre, étape par étape,
quoi.
Donc, c'est un message final
aux jeunes auditeurs
et auditrices du podcast.
Je pense, et puis,
casse-la honte, quoi.
N'est pas honte.
J'aime bien, casse-la honte.
Ouais, ouais.
N'est pas honte.
N'est pas honte de quitté,
n'est pas honte de ce que tu vis,
n'est pas honte de tes faiblesses,
de tes vulnérabilités, et ça,
parce que c'est ce qu'on dit, hein.
Il y a différentes émotions
qui ont des fréquences.
La honte,
c'est le niveau de fréquence
le plus bas,
avec la culpabilité.
C'est les pires choses
qu'on peut vivre.
Par exemple, la colère,
déjà, c'est plus haut, tu vois,
parce que ça amène à de l'action.
La honte, c'est, c'est, c'est, c'est
paralysant.
C'est vraiment, c'est la pire énergie.
Donc, donc vraiment,
débarrasses-toi de cette honte
et acceptes, et en acceptant,
tu trouveras la force
de mettre en place des choses
pour aller mieux
et tu transcendras toutes tes limites
parce que, comme je te l'ai raconté,
bah moi, j'ai pu casser
les limites qu'on m'avait données
en me disant,
tu peux pas avoir cette vie,
tu peux pas, voilà.
Merci beaucoup pour ce message.
J'ai une question.
C'est quoi, alors, ton prochain rêve,
ta prochaine aventure ?
Moi, là, j'ai fait le tour de France,
donc pour casser les tabous
sur les bipolarité avec ma pancarte,
je suis bipolaire, tu m'invites.
Je suis concentrée vraiment à fond
sur de monter le documentaire
et d'essayer que,
voilà, on puisse
le projeter au maximum, etc.
Donc, on va dire que ça,
c'est vraiment mon rêve
vis-à-vis de la cause.
Et puis après, niveau plus aventure,
moi, j'ai envie de repartir
dans la montagne.
Donc là, je suis en train de voir
pour aller habiter dans la montagne
et m'entraîner pour un sommet
qui est difficile.
Qui est lequel ?
Qui s'appelle Lame à dable âme.
Oui.
Voilà.
Et c'est un peu, voilà,
mon sommet de rêve depuis des années.
Deux choses qui sont en même temps
et qui me galvanisent
et qui sont des
des objectifs, voilà,
quand même, tu vois, sur plus d'un an.
Donc, voilà.
Et ma dernière question,
quelles sont tes nouvelles héroïnes à toi ?
Moi, j'ai...
J'ai une personne, je sais pas si tu la connais,
qui s'appelle Abigail.
Abigail Baron, qui est
sur Instagram voyageuse naturelle.
Oui, je connais.
Parce que c'est dans la même vibe,
elle va sortir un livre
pour casser toutes les idées reçues
sur le trouble borderline.
Et c'est une fille
hors du commun
qui se bat chaque jour
pour destigmatiser ce trouble-là.
Il y a un cœur énorme
et que je trouve, voilà,
hors du commun.
Et c'est quelqu'un qui m'inspire
énormément.
Parce que c'est dans ces mêmes milieux de causes
et parce qu'il y a très peu de personnes, au final,
qui aident à destigmatiser les troubles psychiques.
En tout cas, merci beaucoup, Léa,
d'avoir été à mon micro et d'avoir parlé
de la bipolarité,
à effectivement des jeunes générations
qui ne connaissent peut-être pas
ce mot.
Et aussi aux parents qui sont de plus en plus
à m'écouter.
Donc merci beaucoup
pour ta venue sur le podcast.
Merci, Nouvelles Héroïnes.
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode
de Nouvelles Héroïnes.
C'était un format un peu différent
de ce que je te propose d'habitude
et j'aimerais beaucoup savoir
ce que tu en as pensé.
Est-ce que ça t'a plu ?
Est-ce que ça t'a inspiré ?
Est-ce que tu aimerais plus de conversations
diffusées sur le podcast
pour la prochaine saison ?
Tes retours comptent vraiment parce que
ce podcast je le construis
aussi avec toi.
Alors écriz-moi sur Instagram
NouvellesHéroïnes.podcast
ou par e-mail.
Je lis tout et tes messages me donnent
l'énergie de continuer à raconter
ces histoires.
Merci d'être là.
Merci de faire vivre ces voix.
A très vite
pour la découverte d'une
Nouvelle Héroïne.