
La découverte de la grotte de Lascaux
Durée: 17m7s
Date de sortie: 16/12/2019
durée : 00:17:07 - Les Odyssées - Un de nos ancêtres de la Préhistoire nous a laissé des traces de son existence : l’homme de Cro-Magnon utilisait des outils, des bijoux, des ossements. Mais surtout des grottes magnifiques dont les murs sont décorés de sublimes peintures dans les tons ocres et orangés. Nous ne pouvons oublier de telles merveilles, à condition d’avoir la chance de les trouver car, bien sûr, ces endroits sont cachés ! Quatre amis ont eu cette chance. Ils ont découvert par hasard la célèbre grotte de Lascaux !
Toi et moi, nous le savons. La présence de l'homme sur cette terre ne date pas d'hier,
ni d'avant-hier, ni d'avant-avant-hier, ni d'il y a une semaine, mais plutôt d'il y a des millions d'années.
Il y a eu l'homme au Abilis, l'homme au Hérectus, l'homme de Néandertal et enfin l'homme aux sapiens,
également appelé Homme de Chromagnon. Depuis tout ce temps, ce vieil ancêtre de la préhistoire, on aurait pu l'oublier.
Heureusement, il nous allait ses quelques traces par ci, par là.
Des outils, des bijoux, des ossements et puis des grottes, des grottes magnifiques dont les murs sont décorés de sublime peinture,
dont les tons ocre et orangés. Ces endroits, bien sûr, sont cachés.
Nous ne disposons d'aucune carte pour les retrouver. Il reste donc secret pendant des milliers d'années.
Jusqu'à ce que quelqu'un les découvre, c'est le cas, par exemple, de la magnifique grotte de Lascaux.
La grotte de Lascaux ? Tu connais ?
C'est un trésor de l'humanité. Une caverne sous-terraine tapissée de superbes peintures de chevaux, de taureaux, de reines et d'autres animaux fantastiques,
dessinées par l'homme il y a 18 000 ans.
Comment ? Et qui a fait cette fabuleuse découverte ? Que contenait la grotte à l'intérieur ?
Il y a t'en trouvé des surprises, comme... oh, je ne sais pas, des hommes de Cro-Magnon endormis en train de... ronfler ?
Prépare-toi. Oui, tu peux enfiler un petit chandaille si tu es frileux. Nous partons en mission d'exploration archéologique.
Où sommes-nous dans la vallée de la Vésère ? Quand ? Dans les années 1940.
Qui dit vallée ? Dis rivière. La Vésère est en cours d'eau vif et remuant, qui parcourt joyeusement la dordogne,
une région ensoleillée et globalement toute verte dans le sud-ouest de la France.
Au milieu des forêts de peintres s'élèvent des collines, au sommet des collines poussent des ifs, des lavandes et des geneuvriers.
Nous sommes le 12 septembre 1940, c'est un jeudi, c'est la fin de l'été.
D'ailleurs, le soleil tape encore fort à travers les carreaux et ça dérange Marcel Ravida, qui a 18 ans, qui se réveille et qui doit plicher les yeux en buvant son café au lait.
Marcel est apprenti mécanicien. Aujourd'hui, c'est repos, il ne travaille pas au garage.
Tant mieux, car il a du pain sur la planche. Marcel est préoccupé. Il y a quatre jours, il a fait une étrange découverte.
Alors qu'il se promenait avec une bande de copains tout en haut de la colline de Lascaux, son chien Robo a disparu sous la terre pendant plusieurs minutes.
Robo est du genre chien fou. Sa passion, sauté dans tous les coins et creusé le sol pour détérer tout ce qu'il peut.
C'est assez drôle, je dois dire. Enfin, surtout au début, parce qu'au bout d'un moment, ça finit par devenir un petit peu agaçant.
Mais pas cette fois. Cette fois, Robo a attiré l'attention de Marcel. Intrigué, il est à les voir.
Qu'est-ce que ce chien encore trouvait là ?
C'est demander le jeune homme. Réponse ? Un trou.
Un simple trou ? Non, non. Pas si vite.
Un trou bizarre, assez étroit et a vu le nez anormalement profond.
Pour mesurer sa taille, Marcel a fait tomber un caillou à l'intérieur.
Un long et lointain écho s'est fait entendre.
Ça alors, comme s'il n'avait pas de fond.
Tiens donc, jusqu'au petit l'allée ce trou, jusqu'au entraille de la terre.
Les garçons se sont regardés d'un air malicieux.
Et si c'était l'entrée du souterrain du château de Lascaux ?
D'après la légende, il conduirait tout droit au trésor du compte du Périgorre.
Tu en as déjà entendu parler ? C'est un veau entièrement fait d'or.
Sans doute lourd à transporter, mais sacrément beau, original et brillant.
Imagine-le, poser au milieu de ton salon.
La classe, non ?
Pour l'instant, personne n'a encore réussi à retrouver sa trace.
Marcel et ses amis se sont mis à creuser.
Mes amas nus, sans outils.
Bonjour la galère.
C'est pratiquement mission impossible.
Alors, que faire ?
Cet après-midi-là, la bande de copains s'est séparée en se promettant de garder le secret.
Trésor ? Pas trésor ?
Depuis, Marcel n'arrête pas d'y penser.
Il faut absolument y retourner et vérifier.
Cette fois, avec de bons outils.
C'est ce qu'il compte faire, aujourd'hui.
Son café est terminé, sans même prendre le temps de passer sous la douche.
Ouest, il est dehors.
Direction la colline de Lascaux.
En chemin, il passe prendre ses copains.
La guigne, ils sont tous occupés.
Mince-moi, ce trésor.
Si trésor il y a, il ne va tout de même pas le découvrir tout seul.
Que va-t-il faire ?
Va-t-il tourner les talons et rentrer bien sagement chez lui ?
Oh non, je serais vraiment trop bête.
Fort heureusement, pile à ce moment-là, passe une autre bande de copains.
Il y a la George, Simon et Jacques.
Ils ont entre 14 et 16 ans, l'esprit curieux et la rigolade facile.
Et puis surtout, ils adorent les aventures.
Un petit détour pour détérer le trésor de Lascaux ?
Un peu, mon devin, qu'ils sont partants.
Arrivé sur les lieux, pas de temps à perdre.
Les garçons se mettent directement au travail.
Leur plan, il est très simple.
Élargir assez le trou pour pouvoir s'il glisser,
puis remonter le sous-terrain jusqu'au trésor.
Ils creusent à l'aide de petits poignards pendant une bonne heure environ.
Ils retirent des branches, des cailloux et même les restes donnent un mort.
Enfin, le trou est assez grand.
Marcel s'y faufile en premier.
Il est suivi de près par ses trois camarades.
Ils avancent lentement, à plaventres, comme une bande de verres de terre.
Laisse-moi te dire que ce n'est pas très confort.
Les parois sont couvertes de petites stalactites et stalagmites
qui rappelent les genoux et les coudes.
Aïe, ouille, ça blessouille !
En plus, ils ne voient pas grand-chose.
Ou vont-ils exactement ?
Difficile à dire.
Ils sentent seulement qu'ils sont en train,
petit à petit, de s'enfoncer sous la terre.
Oula, la pente d'ailleurs est de plus en plus raide,
jusqu'à devenir pratiquement verticale.
Ils sont tombés dans un deuxième tronc.
Tout va bien ? Rien de casser, les gars ?
Demande Marcel.
Non, tout va bien. Mais purée.
Où est-ce qu'on est arrivé ?
Marcel allume sa lampe.
La petite bande poursuit son exploration.
Ils marchent, prudemment, un pas devant l'autre.
Les yeux rivés au sol, histoire de ne pas trébucher et tomber
dans un troisième trou.
Soudain, Jacques Poussin crie.
Il pointe son index dans les airs au-dessus d'eux.
Les copains, les copains, regardez !
Marcel, George et Simon relèvent la tête.
Wow !
Mais qu'est-ce que c'est ?
Le plafond est rempli de peintures,
rouge, jaune et noir.
On dirait...
des animaux ?
Mais de quelle espèce exactement ?
Les garçons ouvrent grand leurs yeux.
Ah !
Des tauraux.
Ce sont des tauraux.
Puis ils tournent à la tête, à gauche et à droite.
Ils pointent leur lampe en direction des murs.
Sous le faisceau lumineux,
apparaît un magnifique bestiaire.
Il y a une vache rouge à la tête noire,
un cheval couché sur le dos,
des serres, des reines, des bouctins,
des vaches, des bisons,
et même une licorne.
Oui, une licorne, je t'assure !
Ou alors, ça y ressemble fortement.
C'est une sorte de grand cheval
avec de longs cornes, légèrement ondulés.
Si ce n'est pas une licorne, dis-moi,
comment tu appelles ça, toi ?
Les garçons sont dingues, ils sont fous.
Ils se changent des tapes dans le dos,
ils se sourient en faisant le signe,
poussant l'air.
Plus ils avancent, plus les peintures sont nombreuses.
Elles sont très grandes, parfois immenses.
Elles recouvrent les parois
sur plusieurs dizaines de mètres.
La petite troupe ne peut quitter des yeux,
le plafond et les murs.
Ils sont émerveillés, fascinés, subjugés.
Ils ont l'impression de tourner les pages
d'un livre gigantesque et extrêmement précieux.
Un grand livre
sur une mythologie jamais encore découverte.
Cela fait une heure qu'ils sont sous terre,
lorsque...
Jut !
La lampe s'éteint.
Il faut remonter à la surface.
Parvenue à l'extérieur,
ils s'assaillent cinq minutes sur un tronc d'arbres.
Personne ne se prononçait un seul mot.
Ils se regardent
dans le silence.
Ils savent tout ce qu'ils ont fait.
Une incroyable découverte.
Les jours suivants,
ils reviennent explorer le reste de la grotte.
Elle est très grande.
C'est une véritable galerie souterraine,
avec de longs couloirs et plusieurs salles.
Marcel, Jacques, Georges et Simo
découvrent d'autres animaux
tout aussi beaux, étranges,
majestueuses et poétiques.
Ils sont dessinés de façon réaliste,
on les reconnaît très bien,
et en même temps, certains traits sont exagérés.
Les chevaux, par exemple, ont des ventres
anormalement gros.
Quant aux bois dessert,
ils sont particulièrement développés.
Qui a bien pu peindre ces magnifiques animaux ?
Et cette grotte ? À quoi servait-elle ?
Jacques a alors une très bonne idée.
Il va toquer à la porte de son ancien instituteur,
Léon Laval.
C'est d'accord, il accepte d'aller jeter en œil.
Le 18 septembre 1940,
six jours après la découverte,
l'instituteur est devant le fameux trou,
où tout a commencé.
Le bonhomme a 55 ans et il n'est pas très sportif.
La descente est encore plus difficile que pour les garçons.
Mais bon, il glisse, il glisse,
et il arrive tout en bas.
A peine a-t-il posé son regard
sur le plafond et sur les murs,
qu'il pousse des cris de joie et d'admiration.
Le premier mot qu'il prononce commence par un M
et se termine par un E,
avec un R, au milieu.
Je te laisse deviner.
En un quart de seconde,
il identifie l'auteur de ces magnifiques dessins d'animaux.
L'homme, préhistorique.
Jacques, George, Marcel et Simon
ont découvert une grotte de la préhistoire.
C'est absolument époustouflant.
Les garçons sont sans voix, ils sont très fiers,
mais cela ne suffit pas à apaiser leurs curiosités.
Ils ont encore...
beaucoup de questions.
Pour éclaircir tout ça,
l'instituteur contacte un grand savant,
l'Abbe-Breuil.
A l'époque, on l'appelle
le pape de la préhistoire.
Sans faire de chichis,
il accepte de se déplacer.
Après un long visite de la grotte,
il répond aux interrogations
de l'instituteur et des adolescents.
Il se met à raconter
l'homme de Lascaux.
L'homme de Lascaux vivait il y a 18 000 ans.
Tu ne seras donc pas surpris d'apprendre
que le monde à son époque est très différent d'une autre.
D'abord, c'est la dernière période glacière.
Il fait beaucoup plus froid.
Ensuite, le niveau de l'océan est très bas
par rapport à aujourd'hui.
La manche ou la mer du Nord n'existe pas
et l'Angleterre est rattaché au continent européen.
Tu imagines, ça fait de sacré différence.
Par contre, l'homme, lui, nous ressemble.
Physiquement, nous sommes identiques.
C'est un nôme aux sapiens exactement comme nous.
Il est nommade, il vit de la chasse et de la cueillette.
Et il peint.
C'est un artiste.
Il est d'ailleurs extrêmement doué.
Il maîtrise parfaitement son coup de pinceau.
Comment le sait-on ?
Eh bien, il n'y a aucune rature,
ni pâté, ni tâche, ni coulure sur les murs.
Pendant des millénaires,
Lascaux a gardé ses secrets.
Elle a été découverte, par hasard,
grâce au courage de quatre garçons intrépides.
Tu imagines, peut-être que tous les jours,
tu marches à côté de trésors de l'histoire,
enfouis sous des tonnes de terre ou de béton.
Oh, je ne te conseille pas de faire des trous partout,
comme au robot, le chien fou.
Mais si tu trouves un trou bizarre,
creuse un peu, même avec une petite cuillère,
on ne sait jamais ce que tu pourrais découvrir.
Lorsque Simon, Jacques, Marcel et George
ont découvert la grotte de Lascaux,
ils se sont faux filés,
dans un étroit couloir,
recouvert de stalactites et de stalagmites.
Dis-moi, est-ce que tu vois ce que c'est ?
Ce sont de drôles de formation rocheuse,
un peu comme des doigts,
qu'on trouve à l'intérieur des grottes,
accrochés au sol,
et au plafond.
Je confonds souvent les deux,
et cela m'embarasse énormément.
Lorsque cela m'arrive, je pense à cette petite astuce.
Les stalactites sont au plafond.
Pourquoi ?
Parce qu'elles tombent avec un T comme dans stalactites.
Les stalagmites, elles se trouvent par terre,
sur le sol.
Comment j'en suis si sûre ?
Eh bien, parce qu'elles montent avec un M comme dans stalagmites.
Et voilà, le tour est joué.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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