
"Gaucho sans cheval" de Thibault de Montaigu
Durée: 11m3s
Date de sortie: 11/07/2025
durée : 00:11:03 - Une histoire et... Oli - Thibault de Montaigu est écrivain. Il raconte l'histoire de Mateo, un petit garçon pauvre, en Argentine, qui rêvait de devenir gaucho. Un peu comme un cowboy. Mais il lui manquait une chose indispensable : un cheval.
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Prends un père.
C'est Oli. O-L-U-O-C.
La bibli des petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je suis Thibault de Montaigu
et je vais vous raconter l'histoire du gaucho sans cheval.
Il était une fois un vaste pays de l'autre côté de la Terre qui s'appelait l'Argentie.
Et ce vaste pays était tout plat et tout vert et rempli de vaches jusqu'à l'horizon.
Et pour s'occuper de ces vaches par millions,
il y avait des hommes qu'on appelait les gauchos.
Ils ressemblaient un peu à des coboyes,
sauf qu'ils portaient un beret sur la tête
et un étrange lasso fait de trois cordes
terminés par des boules en pierre
qu'ils lançaient pour capturer les animaux
et qu'on appelait des bolasses.
Tous les enfants là-bas rêvaient de devenir gauchos.
Et parmi eux, il y avait Matteo.
Il avait dix ans à peine et vivait dans un vieux wagon rouillé,
vestige d'un temps où les trains osaient encore s'aventurer dans ses contrées sauvages.
Il était très pauvre,
mais avait réussi à se fabriquer une panoplie de vrais gauchos.
Un beret noir posé de travers,
un grand couteau à sa ceinture,
des bottes en cuillers rapiessées
et même un vieux poncho troué.
Mais il lui manquait une chose,
une seule, la plus importante.
Matteo n'avait pas de cheval.
Tous les autres les avaient déjà pris.
Et un gaucho sans cheval,
c'est un peu comme une flèche sans arc
ou un cerf volant sans ciel
ou une crêpe au chocolat sans chocolat.
Bref, ça ne va pas.
Matteo, regardez les autres partir au matin.
La poussière se levant derrière les sabots de leur monture
pendant que lui restait là,
debout dans les hautes herbes,
à lancer ses bolasses dans le vent.
Il les lançait si haut parfois
que les oiseaux devaient les éviter en criant
et on fait un peu attention en dessous,
espèce de gaucho sans cheval.
Mais un matin, il en eut assez.
Il enroula ses bolasses,
posa son beret de travers et déclara
« Puisqu'il n'y a aucun cheval pour moi,
j'irai chercher une autre monture,
une monture que nul gaucho
n'a jamais osé chevaucher.
» Il croisait très vite quelques vaches
qui machaient de l'herbe,
comme si elles avaient toute la vie de ventelles,
ce qui était probablement le cas.
Et il leur demanda poliment
s'il l'une d'entre elles accepterait de le porter.
Les vaches le regardèrent avec un air de vaches.
Puis l'une d'elles finit par lui répondre
« Nous sommes des vaches, pas des taxis. »
Matteo soupira.
Un peu plus loin, il aperçut une autruche,
grande, élégante, un peu hauteine.
Elle avancait à pas presser,
comme si elle était en retard
à un rendez-vous très important avec le vent.
Matteo mit ses mains en porte-voix et cria
« Bonjour, autruche. Je suis gaucho, ou presque.
J'ai un beret, un poncho, un couteau et des bottes.
Il ne me manque que toi.
J'aurais tu d'accord pour devenir ma monture ? »
L'autruche le fixa avec son oeil rond,
comme un point d'interrogation.
Rocheta son cou en arrière,
puis prit la poudre des scampettes.
Matteo, sans hésiter, lance à ses bolosses.
Les pierres sifflèrent dans l'air, et, miracle.
Sans rouler autour des longues pattes de l'autruche
qui s'effondra dans un nuage de poussière et de plumes.
Matteo courut, grimpa tant bien que mal sur son dos.
Sa grippe a son long coup et cria
« On avance, Pégase ! Montre-moi ce que tu as dans les pattes ! »
L'autruche se releva d'un bon, et partit à la vitesse de l'éclair.
On aurait cru qu'une gabe venait de lui biquer le derrière.
Elle tourna brusquement à gauche, à droite.
Il fait un tour complet sur elle-même, et Matteo vola dans les airs
comme un bouchon de champagne avant d'atterrir sur l'aile d'un moulin à avant.
Quand il réussit enfin à en descendre, l'autruche avait disparu.
« Peut-être devrais-je essayer autre chose qu'une autruche ? »
murmuratile pour lui-même.
Un peu plus tard, il aperçut un arbre solitaire planté au milieu de la pompe-pas.
Et sous cet arbre solitaire se reposait un puma.
Il était très rare de croiser des pumas dans les parages.
C'était des bêtes féroces et méfiantes.
Certains les chassaient, mais les pumas accouraient si vite
que les balles tombaient de fatigue avant d'avoir réussi à les atteindre.
Matteo s'approcha donc à pâfotrer.
Un faux mouvement et le puma pouvait fuir sur le champ,
ou le dévorer.
On ne savait jamais avec les pumas.
Il avança encore lentement, très lentement,
et murmurat d'une voix qui se voulait la plus douce possible.
« Très cher, Seigneur Puma, je suis Matteo, caucho sans cheval.
Je sais que tu n'aimes pas beaucoup les hommes,
surtout ceux qui te tirent dessus.
Mais si tu devenais ma monture, nous pourrions devenir les rois de la pompe-pas.
Toi et moi, calopants à travers les plaines,
plus rapides que le vent, plus majestueux que les aigles,
plus redoutés que le tonnerre en pleine nuit,
on parlerait de nous, de la Chine à la terre de feu,
comme de l'atlage le plus incroyable qui soit.
Puma, une créature, mi gaucho, mi fauve.
Imagine un peu !
Le Puma en trouverait un œil,
et bailla longuement, révélant des dents dignes d'un porte-couteau.
Matteo effrayé fit un pas en arrière.
Mais poussé par le désespoir et peut-être un peu par la folie,
il s'en ardit.
Alors, qu'est-ce que tu en penses, très cher Puma ?
Tu es d'accord ?
Et se disant, il s'approcha encore, jusqu'à pouvoir enjamber la bête.
Mais à peine le Puma sentit Matteo sur son dos,
qui te bondit comme un ressort,
rugit comme un tambour en colère et tenta de le mordre.
Heureusement pour Matteo, il était déjà accroché à ses grandes oreilles,
comme un cavalier s'accroche à des reines invisibles.
Le Puma, furieux, se mit à ruer dans tous les sens,
à bondir, à tournoyer, à se cabrer.
Il mordait tout ce qu'il pouvait.
Des touffes d'herbe, des buissons innocents,
et même un nuage qui passait trop bas.
Le beret de Matteo, il passa.
Puis une de ses bottes, puis son pente chaud.
Si bien qu'au bout de quelques secondes de se redé au sauvage,
Matteo se retrouva à l'effet s'atterre.
Les cheveux ébouriffés,
à moitié déshabillés,
avec une chaussette trouée qui battait tristement dans le vent.
Il n'avait plus du tout l'air d'un gaucho,
ni du roi de la pompe pas.
Peut-être qu'au final,
le Puma, ce n'est pas pour moi,
sauf la Tile.
Il remit ce qu'il pouvait et repartit.
Les cheveux pleins de brindilles,
mais toujours son rêve en tête.
Il marcha longtemps, très longtemps.
Peut-être des heures, peut-être des jours.
À force de marcher, il oublia où il allait.
Mais il continuait.
Parce que parfois, quand on cherche quelque chose d'impossible,
il faut continuer, même sans savoir où ça mène.
Et c'est alors au détour d'une rivière qu'il le vit.
Un cheval.
Un cheval sans sel,
sans cavalier,
sans enclos.
Il broutait tranquillement,
mais releva la tête en entendant les pas de Matteo.
Il avait un regard calme,
un regard qui semblait dire
que c'est ce que c'est d'attendre.
Dans la région, on le surnommait le cheval sans gaucho.
Matteo ne pouvait en croire ses yeux.
Il marcha avec précaution dans sa direction,
craignant à chaque instant que celui-ci disparaît, c'était l'amirage.
Mais le cheval ne bougea pas.
Alors Matteo tendit une main.
Le cheval la renifla.
Puis tout doucement, il inclina la tête,
et Matteo posa son front contre le sien.
Aucun des deux n'avait besoin de parler.
Il savait.
Il savait qu'il s'était trouvé.
Et de la même façon que chaque clé finit un jour
par trouver sa serrure,
que chaque ruisseau descend pour rejoindre une rivière,
que chaque nuit se penche vers un matin,
pour chaque gaucho sans cheval, quelque part dans le monde,
il existe un cheval sans gaucho.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, Oli.
Non, il n'autre.
Dans la fin de la vidéo,
nous allons vous montrer les instruments de musique.
Les instruments de musique sont à nous dire
comment ils fonctionnent.
Les instruments de musique,
un livre ludique déjanté disponible en librairie.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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