
Pourquoi le mouvement skinhead est-il antiraciste ?
Durée: 2m47s
Date de sortie: 10/06/2025
Quand on évoque aujourd’hui le mot skinhead, beaucoup l’associent spontanément à des groupes violents d’extrême droite, voire néonazis. Pourtant, ce que l’on sait moins, c’est qu’à ses origines, le mouvement skinhead était tout à fait à l’opposé de ces idéologies. Il était apolitique, prolétaire et profondément multiracial. Alors, comment expliquer ce grand écart ?
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Pourquoi le mouvement Skined est-il antiraciste ?
Alors d'accord, le titre de cet épisode est un peu provocateur.
Quand on évoque aujourd'hui le mot Skined,
on pense spontanément à des groupes violents d'extrême droite voire néonésies, donc forcément racistes.
Pourtant, et c'est pour cela que je vous en parle, ce qu'on sait moins, je crois,
c'est qu'à ces origines, le mouvement Skined était tout à fait à l'opposé de ces idéologies.
Il était apolitique, prolétaire et profondément multiracial.
Alors comment expliquer ce grand écart ?
Eh bien tout commence dans l'Angleterre ouvrière de la fin des années 1960.
Oui, à ce moment-là, le pays connaît d'importantes vagues d'immigration,
venues des Caraïbes, notamment de la Jamaïque.
Et les nouveaux arrivants apportent avec eux leur culture, leur musique,
notamment le Skined et le Réggaet, puis leur style vestimentaire aussi.
Alors dans les quartiers populaires de Londres ou de Birmingham,
une rencontre se produit entre les jeunes blancs issus du milieu ouvrier et les jeunes immigrés jamaïquins.
Souvent d'anciens môtes, c'est le nom d'un mouvement centré sur la musique et l'élégance vestimentaire,
et puis les jeunes immigrés jamaïquins.
Il faut dire que tous les deux partagent les mêmes difficultés sociales,
les mêmes quartiers et une passion commune pour la musique et la danse.
Et, et vous l'avez compris, cette fusion culturelle connaît le style Skined.
Et à l'origine, les Skined arborent un look bien spécifique.
Crane rasée ou alors des cheveux très courts,
des chemises à carreau, des bretelles, des jeans et des bottes.
C'est une manière d'affirmer leur appartenance au monde ouvrier.
Mais surtout, le mouvement est profondément métissé.
Dans les soirées, on danse ensemble blanc et noir sur les sangs jamaïquins.
Leur racisme est donc parfaitement absent de cette culture naissante.
Et puis, politiquement, c'est au départ un politique.
C'est surtout une fierté de classe, vous l'avez compris.
Une revendication d'identité ouvrière face à une société britannique en mutation,
marquée par les inégalités économiques.
Alors si tout cela est vrai, pourquoi ce glissement ?
Dans les années 1970 et 80, certains groupes d'extrême droite, comme le National Front,
vont chercher à récupérer l'esthétique Skined.
Et ce, en attirant les jeunes désoverés vers des discours racistes et nationalistes.
Quant aux médias, eux, ils simplifient tout.
Un peu comme d'habitude.
Pour eux, le look Skined est associé à la violence et au racisme.
Ils occultent totalement ces racines multiraciales.
Alors en réaction de nombreux Skined originelles créent des mouvements,
par exemple, Charpe, pour Skined against racial prejudice.
Ce pour rappeler les vraies valeurs du mouvement.
Voilà donc dire que le mouvement Skined était à l'origine l'opposé des idéologies racistes,
n'est pas un paradoxe finalement.
C'est une réalité historique.
C'est un mouvement né de la rencontre et de la mixité culturelle,
avant d'être dévoyé par des groupes extrémistes.
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