Nancy Wake, une résistante au service de la France - Épisode 1

Durée: 17m44s

Date de sortie: 05/02/2020

durée : 00:17:44 - Les Odyssées - Nancy Wake est une femme libre. Témoin de la montée du nazisme, elle assiste à des actes antisémites qui la bouleversent. C'est pourquoi elle décide de s'engager au sein de la Résistance française. Voici l'incroyable vie d'une héroïne de la Seconde guerre mondiale dont le seul but est de libérer la France.

Nous sommes en 1940, la France est coupée en deux, à moitié occupée, et tu peux l'imaginer, c'est vraiment bizarre.
Ça fait tout drôle de regarder les soldats allemands déambulés dans les rues, exactement comme s'ils étaient chez eux.
Sans compter que la Gestapo, la police secrète d'Hitler, traîne dans tous les coins.
Elle peut d'arrêter n'importe qui, n'importe quand, sans raison valable.
Ces officiers traitent les opposants, les juifs et les résistants.
Bref, ce sont vraiment de sale type.
Nancy et Henri vivent à Marseille, en zone libre.
La vie n'est pas facile, mais ils ne se laissent pas abattre.
A 9h30 tous les jours, ils vont boire un café sur la canbière.
C'est plus que d'habitude, c'est un principe, une règle de vie.
Un matin, alors qu'ils sont accoudés au comptoir,
ils font la connaissance d'un officier français fort sympathique.
Ils se fait appeler Xavier.
Entre eux, le courant passe tout de suite.
Après un bel échange de blagues sur les Allemands et la moustache d'Hitler,
Xavier sent qu'il peut leur faire confiance.
Ces blagues, en fait, c'était des tests.
De temps en temps, ils leur demandent de transporter des paquets,
de remettre des enveloppes à des personnes dont ils ne peuvent dévoiler l'identité.
Le couple accepte avec joie.
As-tu deviné ce qui est en train d'arriver ?
Oui, c'est exact.
Henri et Nancy ont rejoint la résistance.
La voie dans laquelle ils s'engagent est dangereuse.
Chaque fois qu'ils transportent en colis, ils risquent leur vie.
Mais qu'importe quand on a la joie de donner du fil à retordre aux officiers nazis.
Les résistants ne manquent pas de créativité en la matière.
Ils volent des armes, ils s'abotent des trains, ils font exploser des pôts,
ils inventent de faux messages secrets pour dérouter l'ennemi.
Nancy et Henri viennent tout juste d'arriver.
Ils commencent donc par de plus petites actions.
Ils distribuent des cigarettes, de la nourriture et des faux papiers.
À Marseille, il y a beaucoup de pilotes, de soldats et d'officiers anglais.
Oh Nancy, ador les Britiches !
N'oublie pas qu'elle a habité à Londres.
Avec Henri, ils se lient d'amitié avec plusieurs d'entre eux.
Tous ces anglais ne se retrouvent pas au bord de la Méditerranée pour prendre des bandes soleil.
Ils sont envoyés par un réseau d'évasion secrète, le réseau Pat-au-Lyri.
Ce réseau, le plus grand de France, aide les anglais à rentrer en Angleterre.
Pourquoi ?
Mais pour reprendre le combat, par dit !
Et, crois-moi, ce n'est pas de la tarte,
ou plutôt, devra je dire, du pudding !
Il faut traverser les Pyrenees, puis rejoindre l'Espagne
et enfin embarquer sur un bateau.
Tout ça, sans se faire repérer.
Parfois ça passe, parfois ça casse.
Je te rappelle que la Gestapo vaille au grain, et qu'elle n'est pas du genre à avoir des scrupules.
Dieu sait ce qui arrive à ces anglais lorsqu'ils tombent dans ses filets.
Nancy leur donne de sacrés coups de marre.
Grâce à elle, plus d'un millier de personnes passent en Espagne.
Et pas uniquement des soldats anglais, des civils et des juifs aussi.
Elle transporte également de nombreux messages secrets.
Elle sillonne la Provence en train, en vélo, à pied.
Elle ne se fait jamais arrêter.
Elle rend la Gestapo complètement chèvre.
Les Allemands la surnomment, Weissmauß, la souris blanche.
Parce qu'elle arrive toujours à se forfiler entre les mailles du filet.
Comment ?
Eh bien, elle a deux techniques absolument imparables.
La première, c'est qu'elle a toujours une histoire à raconter
pour justifier chacun de ses déplacements.
Si elle a un rendez-vous secret près d'une pharmacie, par exemple,
eh bien, elle passe d'abord à acheter un tube de dentifrice.
Comme ça, si quelqu'un l'arrête en chemin,
elle peut répondre le plus innaussamment du monde.
Mais monsieur, je suis juste sorti à acheter du dentifrice.
Regardez, le tube est dans mon sac.
La seconde technique, c'est son charme naturel.
Nancy a une sacrée personnalité.
Ses yeux pétillent, elle est très belle,
et elle vit sa vie avec panache.
Alors, lorsqu'elle croise des soldats allemands,
elle n'hésite pas à les draguer pour détourner leur attention.
Et ça marche à tous les coups.
Enfin, presque.
Un soir, Nancy réalise que quelqu'un la suit dans la rue.
Mince ! Elle a fini par se faire repérer.
Pas d'autres solutions, il faut fuir.
Nancy doit quitter Henri.
Il la rejoindra plus tard, mais c'est la guerre.
Qui sait s'ils se reverront un jour ?
Pour se dire au revoir, ils échangent un long ourobézé,
plein de fougues et de passions.
Et c'est ainsi qu'en 1943,
la douleur de deux coeurs réduisent en miettes
vient s'ajouter à l'horreur de la guerre.
Nancy, à son tour, traverse les pyrénées pour rejoindre l'Espagne.
Je te l'ai dit, c'est très dur.
Elle doit recommencer six fois.
Enfin, elle arrive à trouver une place sur un bateau.
Prépare-toi à Londres, Nancy est en chemin.
De retour dans la capitale anglaise,
Miss Wake renoue avec quelques vieilles habitudes.
Elle marche au bord de la tamise,
elle va saluer les gardes devant Buckingham Palace,
elle oublie plusieurs fois son parapluie dans le tube
le Métro-Londonien.
Henri lui manque, terriblement.
Elle espère chaque jour son arrivée.
Elle lui achète un pyjama et des chaussons assortis.
Mais elle les jour passe
et Henri ne montre toujours pas sa frémousse.
Que lui est-il arrivé bon sang ?
Une nuit, elle fait un horrible cauchemar.
Elle rêve qu'Henri s'est fait prendre par la gaisse ta peau
et qu'il est mort.
Le matin, elle se réveille en sueur.
Henri, mort ?
Un nom, impossible.
Elle décide de retourner en France.
Comment ?
Mais enfin, quelle question, tu commences à la connaître.
En aidant les résistants.
Elle réfléchit.
Voilà, elle est en train de se faire croiser.
Voyons, voyons, qu'est-ce qu'elle peut faire de nouveau ?
Elle a transporté des messages secrets.
Elle a réussi à exfiltrer de nombreuses personnes.
Elle est maligne, elle a du cran
et elle connait très bien le sud de la France.
C'est tout trouvé ?
Elle va devenir espionne.
Bingo !
Elle se fait recruter par le SOE,
le Special Operations Executive.
Un service secret britannique
chargé d'aider les résistants dans toute l'Europe.
À Londres, depuis des mois,
on organise le débarquement,
un super plan pour libérer la France.
Comment ?
Un plan génial pour se débarrasser des nazis.
Évidemment, on en ne s'y veut en être.
Hors de questions, quelle rate ça ?
Hey !
Ménu de papillon !
Il faut d'abord s'entraîner.
On ne devient pas espionne professionnelle.
En cinq secondes.
Pendant plusieurs mois,
Nancy a prouvé à fabriquer des explosifs,
à découper des grenades avec un seul doigt,
à neutraliser des tanks avec du miel
et surtout à changer le perruque extrêmement vite.
Enfin, elle est prête.
Prête à quoi ?
Mais à tout.
A commencer par se faire parachuter en Auvergne,
près de Monlusson,
nom de code witch,
nom de guerre, renait ou pas.
Hélène ou André ?
Oui, elle a beaucoup de couverture.
Au cas où les choses tourneraient mal.
Attention !
Pour pimenter le reste du récit,
à partir de maintenant,
je vais utiliser quatre mauvais mots.
Sera-tu les retrouvés ?
C'est ce qu'on va voir.
Nous voici arrivés en point critique de l'aventure.
Avril 1944.
Nancy a la frosse dans son bombardier à élice.
Dis-moi, l'ambiance sonore ne te rappelle rien ?
Oui, c'est l'avion du tout début.
Tu te souviens ?
Ça secoue sec.
Nancy a la nosée, elle n'est pas du tout rassurée.
Elle est tâche et nulle en saut en para-vide.
Euh, parachute.
Mais a-t-elle le choix ?
Non.
Absolument pas.
Trop de gens compte sur elle.
Elle doit sauter.
Nancy saute.
Oups, ce n'était pas prévu.
Elle atterrit au sommet d'un arbre.
La vue n'est pas mal, mais les branches mal placées,
ouille, ça fait mal aux fesses.
Nancy arrive à se dégager.
Elle boite un peu,
mais ça ne l'empêche pas de commencer sa mission.
Heureusement, car elle est de la plus haute importance.
Nancy doit livrer des armes
et préparer les résistances au vernis au débarquement.
Sur le papier, ça a l'air simple, clair, bien organisé.
Dans les fesses, c'est un peu plus compliqué.
Il y a un peu de flottement, mais c'est normal.
C'est la vie, et puis surtout, c'est la guerre.
Il y a toujours des imprévus et quelques arrestations
de dernière minute.
Nancy retrouve Gaspar, le chef du maquis d'auvergne.
Il n'a pas moins de 3 ou 4000 hommes sous ses ordres,
tous prêts à prendre les larmes.
Il n'attend qu'une chose, les instructions de Nancy.
Chaque soir, elle communique avec Londres par radio.
Ils échangent des messages secrets.
La carotte a mis sa casquette.
Je répète, la carotte a mis sa casquette.
Ou c'est basquette ?
Ah bah je sais plus.
Bien sûr, Nancy qui a été entraînée comprend tout ce que cela veut dire.
La nuit, les avions anglaises et américains
parachutent des cargaisons d'armes et d'explosifs.
Nancy les récupère et les distribue au résistant.
Au milieu des paquets, chaque fois, elle espère trouver une lettre
ou un mot d'enri.
Elle est toujours déçue.
Dans le maquis en 1944, le moral est au phobix.
Tous sont persuadés que les alliés vont gagner la guerre.
La question est simplement de savoir quand.
Mais la prudence reste de mise.
Les nazis ne se laissent pas faire.
Ils trappent le résistant et ils les attaquent.
Ces derniers répondent de plus belles.
Les batailles sont fréquentes.
Nancy prend toujours les armes au premier.
Elle n'hésite pas une seule seconde.
Quand il s'agit d'abattre une centinelle ennemie.
Lors d'une attaque allemande particulièrement mouvementée,
les résistants perdent leur radio.
La radio, c'est essentiel.
Internet n'existe pas encore.
C'est leur seule façon de communiquer rapidement avec Londres.
Sans radio, ils ne peuvent rien faire.
C'est la panique à bord.
À couder un tronc de chaîne, Nancy réfléchit.
Une radio, il doit bien y en avoir une quelque part.
Et en effet, il y en a une.
Mais à 200 km, dans une zone remplie de soldats allemands.
Qu'as-ce l'anthienne ?
Nancy enfourche son vélo.
C'est parti.
200 km, ça fait.
400 km, allez, retour.
D'accord.
C'est un peu moins que la distance qui sépare New York de Tokyo.
Mais ça fait beaucoup plus de km
qu'à se mettre contre Lyon et Marseille, Lille et Paris, Toulouse et Lunel.
Nancy pédale, elle est fatiguée.
Pour se donner du courage, elle se murmura elle-même.
Allez Nancy, pédale, jusqu'au prochain arbre.
Arrivé à l'arbre, elle recommence.
Allez, jusqu'au prochain.
Et ainsi de suite, durant des heures et des heures,
qui deviennent une journée qui se transforme en nuit.
Chaque fois qu'elle croise un soldat allemand,
son cœur accélère, il tape très fort dans sa poitrine.
Mais ne t'inquiète pas, elle ne laisse rien paraître.
Elle sourit, elle renoue avec ses bonnes vieilles techniques,
elle flurte et ça marche.
Enfin, elle arrive à destination.
Nancy peut récupérer un poste de radio.
Génial.
Mais maintenant, il faut rentrer.
Et Nancy repédale pendant des heures et des heures.
Lorsqu'elle retrouve son groupe de résistants,
elle s'effondre de fatigue.
Comme ça.
Sur le sol.
Elle doit se reposer pendant plusieurs jours.
Grâce à ce poste de radio,
le maquis d'overnes peut de nouveau communiquer avec l'ondre.
Il était temps car le débarquement approche.
Bientôt, ça sera le D-Day.
Tous les jours, des volontaires rejoignent le maquis.
Les armes continuent d'arriver.
Chaque nuit, plus frileuse.
Le 6 juin 1944,
les alliés débarquent en Normandie.
Et le 15 août, en Provence.
A la tête de son groupe de résistants,
Nancy attaque la Gestapo de Mont-Muisson.
Petit à petit,
toutes les régions françaises sont libérées.
La gestapo est en train de se battre.
Fin août, l'armée allemande quitte Paris.
C'est la fin de l'occupation.
Pour ce qui est de la fin de la guerre,
il faut attendre encore un tout petit peu, mais ça arrive.
Le 8 mai 1945,
l'Allemagne capitule.
Les alliés ont gagné la guerre.
Miss Wake fait dignement la fin de ses six longues années de combat.
Sans merci.
Mais le bonheur est de courte durée.
Nancy apprend une terrible nouvelle.
Henri est mort.
Il a été abattu à Marseille par la Gestapo.
Elle a le souffle coupé.
Elle ne peut plus respirer.
Ses jambes sont tout d'un coup remplies de cotons.
Henri est mort.
Elle se répète cette phrase plusieurs fois sans vraiment pouvoir le croire.
Henri est mort.
Pendant quelque temps, ça ne va pas très fort,
mais elle remonte la pente.
La guerre finit.
Que faire désormais ?
Dans quelle nouvelle aventure se jeter ?
Nancy rentre à Londres.
Elle travaille pour le gouvernement anglais.
Est-elle encore espione ?
Comment savoir ?
En tout cas, elle a toujours la boujotte.
Elle retourne en Australie avant de revenir à Londres.
Miss Wake a eu une de ses vies dont on dit qu'elle est bien remplie.
Femme libre, dure à cuire et grande résistante.
Que peut-on dire encore sur une femme pareille ?
Ah si, oui, c'est vrai.
Elle a été beaucoup décorée.
Mais je ne crois pas que les honneurs, les médailles,
les aimaient vraiment intéressées.
Ce qu'elle aimait, c'était la liberté,
l'aventure et la justice.
Elle a traversé la guerre comme un ouragon,
un ouragon pétillant et plein d'humour.
D'ailleurs, s'il existait un gentil ouragon,
je serais d'avis de lui donner son nom.
Si jamais tu es croisant, surtout écris-nous.
Nous nous occuperons de déposer tous les papiers officiels.
Sous-titres par SousTitre





Pendant l'épisode, je t'ai parlé du maquis d'Auvergne.
Durant la guerre, le maquis, c'est le fièvre des résistants.
A l'origine, le mot désigne un type de végétation bien particulière.
En mélange d'arbustes, de buissons et de broussail tout fût.
Le rêve pour se cacher.
Des maquilles, on en trouve dans plein d'endroits différents,
pas uniquement au Auvergne, en Provence, en Corse,
dans le Vercor, ou encore le Limousin.
Et sinon, dis-moi, est-ce que tu as réussi à repérer
les quatre mauvais mots qui se sont glissés dans la seconde partie du récit ?
J'ai commencé par utiliser l'arme à la place d'armes.
Ensuite, j'ai dit, faux-bix au lieu de beau-fix.
Et enfin, presque à la fin de l'épisode,
j'ai employé frileuse à la place de nombreuses.
Oups, je crois qu'il est temps pour moi de me faire faire des lunettes.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.

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